FORTIFICATIONS. CITADBLLE. CASERNES
Sous le rapport militaire , Strasbourg est un des points les plus importants de notre pays. Située sur la frontière de Test, à peu de dislance du Rhin, traversée par les grandes routes qui , de l'intérieur, conduisent en Allemagne , notre ville est de ce côté la clef de la France. Déjà dans les temps les plus reculés , elle a eu cette même importance militaire ; l'Argentorat gaulois était déjà entouré de murs; nous avons parlé plus haut des fortifications romaines dont on retrouve encore tous les jours des restes. Au moyen âge, Strasbourg n'était pas moins bien défendu, tant par ses remparts que par le courage de ses citoyens et de ses soldats , et dans des circonstances dont beaucoup d'entre nous se souviennent encore , les mêmes moyens de défense ont empêché l'ennemi de pénétrer dans la ville.
Nous ne dirons que peu de mots des fortifications de Strasbourg ; outre l'exiguité de l'espace, il est des motifs plus graves qui nous empêchent d'entrer ici dans beaucoup de détails sur cette matière.
Après le dernier agrandissement de la ville , dans la première moitié du quinzième siècle , tous les faubourgs étaient enfer-
mes dans l'enceinte ; celle-ci était formée de murailles de briques, crénelées et fournies de galeries, flanquée de quatrevingt-dix tours carrées et couvertes, et entourée de faux-remparts et de fossés ; elle avait à peu près 20,000 mètres, de développement intérieur et comptait onze portes.
Mais lorsque les places furent attaquées avec du canon, le système de défense dut être changé. En conséquence , on entreprit , dès le commencement du quinzième siècle , d'augmenter et de perfectionner les fortifications de la ville, en suivant d'abord le système hollandais d'alors , et plus tard , en construisant, à parlir de 1632, des bastions au corps de place et plusieurs ouvrages extérieurs réguliers.
Après l'achèvement de ces travaux et jusqu'en 1681 , où elle fut réunie à la France, la ville de Strasbourg était -défendue par une enceinte baslionnée à double rempart, deux ouvrages à cornes et plusieurs autres ouvrages extérieurs ; elle avait huit portes : les portes d' A usterlitz , de l'Hôpital, la porte Blanche , celle de Saverne , de Pierres , des Juifs , des Pécheurs et la porte Neuve ; cette dernière a été démolie lors de la construction de la citadelle.
Cependant ces moyens de défense ne furent pas jugés suffisants depuis l'occupation française , et l'on augmenta et perfectionna de nouveau les fortifications de la ville , d'après les projets du célèbre ingénieur, le maréchal de Vauban. On construisit d'abord, sur le côté oriental, une citadelle qui fut liée à la place par deux communications. Cet important ouvrage fut établi de 1682 à 1685; il forme un pentagone, et se compose de cinq bastions et d'autant de demi-lunes ; les autres projets reçurent leur exécution vers la fin du dix-septième siècle , et dans la première moitié du dix-huitième. Les ouvrages de défense, construits pendant les guerres de la
révolution , ne sont pas assez remarquables pour être signalés; mais depuis la paix générale , on a entrepris des réparations très-considérables , tant au corps de place qu'aux manœuvres d'eaux , et si cette paix n'est pas troublée , la place de Strasbourg sera bientôt un des plus formidables boulevards sur la frontière est de la France.
La ville a huit casernes , ce sont les suivantes : les quartiers de Saverne , des Pécheurs, des Juifs (pontonniers), de la Finclmatt, d'Austerlitz (artillerie), de Saint-Nicolas (artillerie), des Ponts-Couverts, et celui des ouvriers d'artillerie. Toutes ces casernes ont été construites dans le cours du dix-huitième siècle ; ce sont des édifices solides en pierres ; plusieurs ont des cours belles et spacieuses, en partie plantées d'arbres. Celle du quartier Saint-Nicolas sera augmentée de deux ailes, qui en ce moment sont en construction. Depuis 1830 , on a ajouté à ces casernes, les vastes bâtiments de l'ancien couvent de Sainte- Marguerite. Dans les huit casernes de la ville on peut Joger 7290 hommes et 853 chevaux ; dans celles de la citadelle 1749 hommes et 20 chevaux.
Dans les fortifications se trouvent quatre magasins à poudre, dont la construction a commencé dès la réunion de Strasbourg à la France , et qui ont été achevés dans les premières années du dix-huitième siècle.