‹ Notice sur la ville de StrasbourgChapitre 7 sur 53 · ASPECT INTÉRIEUR. MAISONS, BUES , PLACES, PROME- NADES · texte numérisé non relu

ASPECT INTÉRIEUR. MAISONS, BUES , PLACES, PROME- NADES

• L'ancien Argentorat, avec son enceinte carrée, était de peu d'étendue ; il élait situé dans l'angle que forment en se rejoignant les deux bras de 1*111. Nous avons vu dans îa notice historique que cette ville primitive fut plusieurs fois agrandie

1 Ainsi appelée parce que c'est par là qu'entra l'armée revenant victorieuse d'Austerlilz ; sou9 la Restauration elle s'appelait porte Dauphine,

dans le cours du moyen âge ; les derniers agrandissements furent faits dans la première moitié du quinzième siècle. Depuis ce temps l'étendue de la ville est restée la même , jusqu'à ce qu'on y ajouta la citadelle. Aujourd'hui le circuit total de Strasbourg est de 6578 mètres ; la plus grande largeur , depuis la porte de Pierre jusqu'à celle de l'Hôpital , est de 1672 , la plus grande longueur , depuis les glacis de la citadelle jusqu'à la porte Nationale , de 2729 mètres.

La ville, divisée en quatre cantons , du Nord, du Sud, de l'Est et de l'Ouest , compte plus de 3800 maisons , sans y comprendre les bâtiments du gouvernement, les églises, etc. Beaucoup de ces maisons datent encore du moyen âge; ce sont en partie des constructions laides et irrégulières, çà et là encore ' avec des saillies souvent doubles (Ueberkœnge) , qui empêchent la lumière d'arriver dans la rue , et que nos pères s'opinîàtraient à conserver et à reconstruire , malgré les défenses réitérées des magistrats 1 ; en partie ce sont aussi de jolies maisons en bois avec des sculptures curieuses , ou bien de beaux bâtiments de la renaissance. Aujourd'hui beaucoup des anciennes constructions disparaissent, pour faire place à des maisons , il est vrai, plus simples, mais aussi plus commodes, de sorte que notre ville prend de plus en plus un aspect de fraîcheur et de régularité. Elle n'a plus autant de rues sombres, étroites , irrégulières qu'il n'y a pas longtemps encore 2 ; des rues larges, ornées de beaux magasins , bordées de trottoirs en bitume et éclairées au gaz depuis 1840, la traversent en plusieurs sens. L'administration municipale n'a rien négligé depuis dix ans

i Elles forent défendues dès 1319 et fort souvent depuis. En 1319 on permit tout au plus une saillie. 2 Strasbourg compte à peu près trois cents rues et ruell es

pour embellir et pour assainir la ville ; des travaux considérables ont été exécutés ; ici nous n'en citerons que les beaux quais qui longent la rive droite du bras gauche de l'IU , et qui bientôt auront leurs pareils sur la rive gauche. Les quais du bras droit ont été en partie reconstruits. De nombreux é goûts ont été creusés , pour faire disparaître des rues les eaux qui dans les chaleurs de l'été infectaient l'atmosphère.

On compte dans l'intérieur de la ville un assez grand nombre déplaces, plus ou moins grandes, dont plusieurs servent de marchés. La plus grande est l'ancienne place d'Armes 1 , aujourd'hui appelée place Klèber, en l'honneur du héros strasbourgeois, dont la statue en bronze s'élève au centre de la place , sur un piédestal en granit des Vosges. Ce beau monujnent , élevé par les compatriotes et les anciens frères d'armes de Klèber, est du au talent de M. Philippe Grass ; Kléber est représenté dans le costume de général de la République , au moment où , ayant reçu de l'amiral anglais la sommation de se rendre , il s'adresse à ses soldats , avec ces paroles : « Soldats , on ne répond à une telle insolence que par des victoires ; préparez-vous à combattre ! » La bataille d'Héliopolis , qui fut la suite de ces paroles (20 mars 1800), est représentée par le bas-relief de droite ; celui de gauche représente la bataille d'Altenkirchen dans la Prusse rhénane (26 juin 1796) ; sur

1 Jadis Barf tisser platz (place des Cordeliers) , ainsi appelé dd couvent des cordeliers , qui occupait l'emplacement du bâtiment où est aujourd'hui l'élat-major de la place, et qui a été construit eu 1767. A droite du couvent se trouvait une forte tour , flanquée aux quatre angles de tourelles et garnie de créneaux ; on l'appelait le Pfennigthurm (la tour aux pfennings) ; on y conservait les archives et le trésor de la ville ; elle fut abattue en 1768.

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