NOTICE SUR LF CANADA
grand avantage pour nos armateurs de pouvoir acquérir des navi. res canadiens, qu'ils pourraient se procurer à des prix beaucoup moins élevés.
Le sol du Canada convient parfaitement à l’agriculture, et, dès que la neige a fondu aux rayons du soleil de mai, elle est remplacée par une végétation luxuriante,
Dans le Haut-Canada, le climat est meilleur; les terres, plus profondes et plus riches, donnent de belles récoltes, et la plupart des fruits d'Europe peuvent y màrir. Les immigrants de cette province sont, pour la plupart, d'origiüc irlandaise, écossaise ou allemande : presque tous, bientôt "is de cet amour du nouveau, celte fièvre américaine qui semble pousser sans cesse vers des pays nouveaux et de nouvelles aventures, manquent de persévérance dans leurs exploitations et tendent à les abandonner trop aisément pour aller s'installer dans d'autres districts plus reculés.
Le Bas-Canada, plus montagneux, plus froid, rend peut-être moins au cultivateur ; mais celui-ci a conservé les habitudes de ses ancêtres, Bretons ou Normands, et est plus attaché au sol et à sa ferme que l'habitant du Haut-Canada. Le Bas-Canadien émigre peu, fidèle à ses souvenirs d’origine, de langue et de religion ; il manque peut-être d'initiative et ne s’est presque pas américanisé.
L'immigration, en infusant du sang nouveau dans la population canadienne, a favorisé le développement rapide du Canada. Bien que les agents d’émigration essayent d'entraîner les émigrants dans les régions du Sud, où ils auront à lutter contre les cyclones, les serpents et d'innombrables Myriapodes, au détri-
ment de régions septentrionales, remarquables par leur salubrité et la longévité du plus grand nombre des Setilers, de nombreux individus se dirigent chaque année vers le Canada, la Colombie anglaise et les grandes pl'ines du nord ; ils sont assurés d'y trouver, à des conditions avantageuses, de riches terrains, susceptibles de les nourrir et même de les enrichir !.
1 Dans la région que traverse le Canadian Pacific Railway, on peut se procu-
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Le Canada, qui fut autrefois une de nos colonies, possède encore une population exclusivement française, surtout dans le Bas-Canada, au nord et à l’est de la rivière Ottaoua. Dans le Haut-Canada, on trouve principalement une population d’origine anglaise. On compte, en outre, dans la colonie un assez grand nombre (40,000 à 50,000) d’Allemands, Hollandais et Norvégiens, répartis en plusieurs groupes importants.
En 1784, le Canada comptait 1,500,000 habitants ; en 1881, le recensement a indiqué 4,324,810 habitants, soit un accroissement de population de 3,000 °/,, plus considérable que celui des États-Unis pendant la mème période de temps (1,250 o/). On compte environ 1,750,000 Français ou descendants de Français. Remarquons qu’au moment de la cession du Canada à l’Angleterre il n’y avait guère que 60,000 Canadiens d’origine française; ce qui semblerait contredire l’assertion de certains auteurs, que la race française est impropre à la colonisation.
En 1871, il y avait au Canada 22 cités et villes de 5,000 habitants et au-dessus, et ayant une population totale de 494,699 habitants. En 1882, il existait 32 cités et villes du même ordre, avec une population totale de 641,703 habitants.
Bien que la population canadienne soit composée de représentants de nationalités différentes, les habitants vivent en bonne
inteiligence, et on peut dire que cette population, hétérogène | par son origine, est réunio en un seul groupe de Canadiens, animés de sentiments communs pour leur patrie.
Le Dominion jouit du Self Government, gouvernement constitutionnel, et de toutes les franchises qui en découlent, entre autres de la liberté du commerce. Il est divisé en sept provinces :
10 Ontario (Haut-Canada), d’une superficie de 263,473 kil. carrés et ayant une population de 1,923,228 âmes ; capitale, Toranto, qui comptait, en 1842, 13,000 habitants, en 1852,
rer un bon terrain, propre à l'établissement d'une ferme, pour 100 à 500 livres sterling (2,500 à 12,500 francs).
NOTICE SUR LE CANADA. 11 e en- 30,736 habitants, en 1856, 42,000 habitants, et aujourd’hui en ns le compte plus de 50,000.
ns le 2° Québec (Bas-Canada), d’une superficie de 488,676 kil. carigine rés et ayant une population de 1,359,027 habitants ; capitale, rand Québec‘.
PVÉ— 3° Nouvelle-Écosse, annexée au Dominion en 1867, ayant une population de 440,572 habitants; capitale, Halifax. 881, 4° Nouveau-Brunswick, annexé en 1867, et ayant une popula= il rois- tion de 321,233 habitants ; capitale, Frederictown. celui 5° Manitoba, annexé en 1870, ayant une population de | On 65,954 habitants ; capitale, Winnipez?. | çais. 60 Colombie anglaise, annexée en 1871, avec une population gle- de 49,459 habitants ; capitale, Victoria. il ran- 70 Ile du Prince-Édouard, annexée en 1873, ayant une popu- | uTS, lation de 108,891 âmes; capitale, Chariottetown. fr: À ces provinces, il faut ajouter les Territoires du Nord-Ouest, 000 qui furent, en 1870, achetés à la Compagnie de la baie d'Hudson de et qui ont une superficie de 6,902,721 kil. carrés, avec une À du population de 56,446 âmes, dont 49,472? sauvages. Ces terri- L abi- toires ont été partagés en plusieurs circonscriptions: Aeewatin, hi en 1876 (500,000 milles carrés, 10,000 habitants); Assiniboine L ré (95,000 milles carrés); Saskatcheouan (114,000 milles carrés); À nne Alberta (100,000 milles carrés), et Athabaska (122,000 milles 1 ène carrés). Ces dernières circonscriptions ont été cunstituées en jo ns, 1882. | i Sous la haute direction d’un gouverneur général, nommé par ll sti- le gouvernement de la Reine et assisté d’un conseil exécutif qu’il il tre es : ï 1 Québec, fondé en 1608 par Champlain sur l'emplacement de Stadaconé, où kil. avait débarqué Jacques Cartier en 1535, n'a pas tout d’abord pris un grand ile, développement, : commerce (es peines ayant fait “u aux défrichements. \ Montréal, fondé en 1642 par de Maisonneuve sur l'emplacement de Hochelaga’ 22 que visita J, Cartier en 1535, a dû à sa position à l'embouchure de la rivière Ottaoua une prospérité rapide.
2 Winnipeg, naguère encore une bourgade sans importance, doit à la prodi- tt vres gieuse fertilité de son territoire l'accroissement énorme de sa population, qui, de
7,985 habitants en 1881, est arrivée à près de 16,000 âmes en 1882,
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choisit, le pays administre lui-même ses affaires, Lo Dominion, ou parlement fédéral, contrôle la dette publique, les propriétés gouvernementales, le commerce général, la poste, la milice, la navigation, les aaturalisations, etc. Les anciennes provinces ont des législatures locales qui règlent les affaires civiles, la justice, l’édu” on, et contrôlent les institutions municipales.
Les membres du Parlement ou des législatüres sont choisis parmi les sujets anglais ayant trois ans de résidence et justifiant d’un certain cens. Les électeurs doivent être sujets anglais ou avoir été naturalisés après trois ans de résidence et être inscrits pour une contribution de 20 dollars dans les districts ruraux, de 30 dollars dans les villes et cités.
Il n’y a pas, au Canada, de Poor law system (taxe des pauvres) ni de Workhouse; ce sont des sociétés privées qui s'occupent de pourvoir aux besoins des pauvres de nationalité anglaise, irlandaise ou écossaise. Les Français et les Allemands ont des institutions similaires pour leurs nationaux.
Le revenu, qui était, en 1869, d'environ 14,000,000 dollars, a été, en 1872, de 32,000,000 dollars, et, en 1883, d'environ 36,000,000 dollars.
Les dépenses ont aussi augmenté dans la même proportion, mais elles n’ont pas dépassé les recettes ; si bien que dans les . trois dernières années on a pu appliquer environ 17,000,000 ‘de dollars d'économie à la réduction de l’impôt et à de grands travaux publics.
Les recettes proviennent surtout des droits de douane, dont le produit se partage entre les diverses provinces, au prorata de leur population. Il y a aussi des taxes provinciales et munici-
pa!es, appliquées surtout à développer l'instruction.
Les caisses C’épargne postale ont reçu en dépôt: en 1879, 9,207,683 dollars ; en 1882, 21,768,661 dollars. On sait qu'il y a eu accroissement pour les dépôts de 1883, mais les chiffres exacts n’ont pas encore été publiés.
En 1868, le commerce d'exportation et d'importation a donné 130,000,000 de dollars; en 1882, 229,556,000 dollars, soit une
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augmentation de 70 °/, en quatorze ans. L’exportation comprend : les minerais, les bois, les poissons !, les animaux et leurs produits, les produits agricoles, etc. Jusqu'ici ce sont là les articlss qui ont le plus d'importance, surtout les bois et les poissons; mais l’industrie se développe et tend à faire des progrès marqués. On n'importe guère au Canada que des matières brutes ou manufacturées, venant, pour plus de la moitié, de la Grande- Bretagne.
La navigation du golfe du Saint-Laurent est, à certaines époques, rendue difficile et dangereuse par des brumes ou des tempêtes, el de nombreux naufrages n'ont, pendant longtemps, que trop prouve la nécessité d'organiser un système de phares, de signaux qui pussent avertir à temps les marins, et d’autre part donner aux ports des renseignements certains sur le sort des navires en retard. C’est ainsi qu'en 1875 on fut, pendant plusieurs semaines, très inquiet du sort de sept grands steamers, ne sachant s’ils avaient été jetés à la côte par les glaces ou s'ils étaient simplement retenus à l'entrée du golfe du Saint-Laurent par une barrière infranchissable de glace. D'autre part, plusieurs fois des navires avaient été jetés à la côte près d’Anticosti, comme le Grampus, en 1828, dont les marins et passagers périrent en proie à toutes les horreurs de la faim et du cannibalisme, faute de secours possible. Considérant qu’on pourrait prévenir de tels malheurs et aussi arriver à sauver les navires en détresse par un système bien anénagé de signaux et de postes de secours, l’Honorable M. Fortin, M. P., à qui près de vingt années d’inspection des pêcheries ont appris à bien connaître le golfe du Saint- Laurent, se fit le promoteur d’un mouvement en faveur de la création de cet auxiliaire puissant de la navigation du Saint- Laurent. Aprés quelques tâtonnements et quelques mécomptes, le gouvernement canadien est parvenu à installer, en outre du système des phares qui avait déjà amoindri les dangers de la navigation, un réseau de lignes télégraphiques terrestres
{ En 1882, les pêcheries ont donné un produit de 16,800,000 dollars, dont la moitié représente l'exportation.
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(895 milles et demi) et de câbles sous-marins (119 milles) desservi par 65 stations. La valeur des cargaisons qu’on a pu sauver ainsi, grâce à ce système d'indications, est déjà de beaucoup supérieure à celle du coût d'installation des lignes.
La navigation étant devenue beaucoup moins périlleuse, le taux des assurances a diminué de beaucoup: il devient aisé de donner aux navires les indications qui peuvent assurer leur marche ou leur faire connaître les ports ou marchés les plus avantageux pour se défaire de leurs cargaisons. On possède en outre le moyen, dans le cas d'accident, de faire arriver en temps utile les secours nécessaires.
D'autre part, à l’imitation de ce qui se pratique en Norvège, en Hollande et sur la côte de Cornouailles, on a établi, sur toute la côte, des postes de signaux qui font connaître aux pêcheurs les mouvements des poissons et facilitent ainsi le succès de la pêche.
Le système télégraphique des côtes et îles du golfe et du bas du Saint-Laurent, et des côtes des provinces maritimes, si souvent rendues dangereuses par des brumes intenses, est u1e œuvre dont il faut féliciter le gouvernement canadien et le promoteur, l'Honorable M. Fortin, ancien président de la Société de Géographie de Québecet membre de la Chambredes Représentants du Canada.
La plus grande tolérance religieuse est pratiquée au Canada. Dans le Haut-Canada, les catholiques forment un sixième de la population ; ils sont en majorité dans le Bas-Canada, où ils constituent les cinq sixièmes des habitants.
On a souvent reproché aux Américains du Nord, non sans certaine raison, leur amour immodéré des liqueurs fortes, et on sait que l’eau-de-vie a détruit plus de peuplades indigènes que la guerre et la famine. Depuis quelque temps déjà, les gouvernements des États-Unis et du Canada ont interdit la vente aux Indiens des liqueurs fortes, et Loul récemment les habitants de Manitoba demandaient avec instance au gouvernement du Canada la sunpression de toute vente de liqueurs alcooliques aux indigènes des territoires du N.-0. nouvellement annexés.
NOTICE SUR LE CANADA. 15 s) des- Mais ce n’est pas tout : le Dominion a voulu favoriser les hasauver bitudes de tempérance parmi les blancs, et a pris, dans ce but, Lucoup des mesures énergiques. Le nombre des débits, les heures d’ouverture, ont été strictement fixés ; les conditions d'autorisation ise, le pour l'ouverture de ces établissements sont entourées de restricisé de tions nombreuses ‘. D'autre part, la verte est formellement interr mar- dite aux personnes en état d'ivresse ou connues pour se livrer avan- habituellement à l'ivrognerie. Évidemment ces mesures sont outre sévères, mais on espère en obtenir les meilleurs résultats pour s utile l’état moral du pays. | La législation dans le Canada français, condensée dans le ge, en Code civil du Bas-Canada, est, à peu de chose près, celle du Code ] pute la civil français. Dans la province de Québec, l’avocat, comme le ê ä rs les plaideur, d’origine française ou anglaise, peuvent faire valoir 41: pêche. leurs prétentions dans leur langue maternelle. Toutes les autres || lu bas provinces sont soumises à la jurisprudence anglaise. i sou- Comme dans toutes les possessions anglaises, l’éducation est | muvre une des plus grandes préoccupations des Canadiens, et chaque 4 oteur, centre de population possède au moins une école, qui est souvent ( Géo- À l'édifice le plus important de la localité. Partout où il y a des ll nts du communions différentes, chacune a son école. Les écoles sontentre- ê tenues, partie par les municipalités au moyen de taxes spéciales, il nada. partie par des subventions provinciales. Les maîtres ont été formés L de la dans des écoles normales supérieures et ne reçoivent, dans le plus {h ù ils grand nombre des cas, aucune rétribution de leurs élèves. Outre 1 ces écoles primaires, il existe des établissements d’instruciion f sans supérieure qui fonctionnent sous la surveillance d’un Comité 1 ss, et (Trstees), des collèges avec boursiers (ce qui en permet l'accès qi rènes aux meilleurs élèves des écoles primaires), puis des universités. gou- L'éducation est également distribuée aux filles dans des écoles rente spéciales, comme elle l’est aux garçons. tants 1 Les autorisations ne sont accordées qu'aux personnes munies d'un certificat t du favor-ble d’un tiers des électeurs du district ; si les autres électeurs s'opposent, fs
l'autorisation est refusée ou annulée. Il faut que le postulant dépose un cautionncment de 2,500 francs, en prévisicn des amendes qu'il pourra encourir, plu: deux cautions de 755 francs chacune, etc,
ques
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L'enseignement supérieur scientifique se donne dans les universités ou aux écoles d'agriculture d’Ontario et de Québec.
En 1858, et le nombre a augmenté depuis, on comptait au Canada 7,239 établissements d'éducation, dont 4,254 dans le Haut-Canada et 2,985 dans le Bas Canada,
L’anglais est presque exclusivement la langue des villes et de la société dans tout le pays ; mais dans le Bas-Canada les campagnards, qui reçoivent leur instruction dans des communautés où on emploie toujours le français, conservent comme langage habituel le français du xvir° siècle, c'est-à-dire celui que parlaient leurs aïeux.
Le Canada est encore habité par un certain nombre d’aborigènes ; mais leur race tend à disparaître, et il n'existe plus que quelques représentants de ces fières tribus d'Algonquins, de Hurons, d’Iroquois, de Sioux, seuls maîtres de ces contrées à l'époque ou Jacques Cartier y vint débarquer. Les guerres inces- santes entre les diverses tribus, les épidémies si fréquentes et si meurtrières que les Indiens attribuent au voisinage des blancs, ont tellement diminué ces peuplades qu’on n’en compte plus que 100,000 dans tout le Dominion. On trouve encore dans l'Ontario quelques Chippewas, Oneidas, Ojibewas, etc. ; dans la province de Québec, des Hurons, des Algonquins, des Iroquois ; dans la Nouvelle-Écosse, le nouveau Brunswick et l’île du Prince-Édouard, des Mic-Macs ; enfin dans les territoires du Nord-Ouest, des Cris, des Corbeaux, des Pieds noirs, des Gros-ventres, et des Sioux. Toutes ces tribus, bien amoindries, et qui depuis longtemps ont enterré la hache de guerre, vivent aujourd'hui, à l'ombre des traités, dans des meilleures conditions que les autres Peaux-Rouges, soumis à l'autorité des États-Unis ou jouissant encore d’un semblant d'indépendance.
Un ministère spécial, aujourd’hui dirigé par sir John Macdonald, s'occupe des affaires indiennes. On a estiyé de donner une certaine instruction aux enfants; les derniers rapports constatent l’assiduité aux éccles d'environ 4,000 enfants. On a institué aussi sur divers points des écoles agricoles et indus-
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trielles pour développer chez les Indiens le goût d’occupations autres que la chasse et la guerre. Si on n’a pas encore obtenu des résultats bien satisfaisants à ce point de vue, on espère qu’il y aura progrès dans l'avenir, el tout donne à penser que le jour viendra où on aura habitué les Indiens à gagner honnêtement leur pain côte à côte avec les blancs.
Les Peaux-Rouges du Canada ne peuvent être mis au même rang que ceux des États-Unis, auxquels ils sont bien supérieurs. Au Canada, le voyageur peut, en toute sûreté, s’endoruir au voisinage d’un camp indien, ce qu’il ne pourrait faire aux États-Unis. Cette différence tient à ce qu’au Canada on a toujours pris bien soin de traiter les tribus avec bienveillance et justice, et de ne pas laisser les agents du gouvernement les pressurer sans miséricorde. Comme l'avait déjà fait judicieusement la Cornpagnie de la baie d’Hudsor, le gouvernement du Canada a sévèrement prohibé le commerce des liqueuis fortes avec les Indiens, et est arrivé ainsi à prévenir leurs emportements et les massacres, trop fréquente conséquence de leurs orgies.
D'autre part, le gouvernement canadien, pour compenser la valeur des terrains qu’il a séquestrés, accorde à chaque Indien, homme, femme et enfant, une ration régulière de viande et de farine, ainsi qu'une certaine somme pour l’achat des couvertures.
Les Indiens du Canada, reconnaissant que les Peaux-Rouges sont traités avec la même justice que les blancs, se plaisent à prendre le nom d'hommes du roi Georges ou de sujets de la grande Mère blanche, et manifestent les sentiments les plus amicaux pour les Anglais.
Ce qui ne les empêche pas d’être, en même temps, une bande de paresseux et de vauriens, qui se refusent à tout travail tant que cela leur est possible. Chasser ou faire la guerre leur semble la seule occupation digne d’un homme : tout travail, même le plus pénible, tel que le labour, retombe sur les femmes. Aussi tout Indien qui se respecte, à qui on parle de cultiver des
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pommes de terre ou des grains, se trouve aussi froissé que le serait un fermier anglais à qui on demanderait de tricoter des bas.
Les Indiens ont certainement de grands défauts et ont peine à se plier aux exigences de notre civilisation. Mais ils forment une race hardie, brave, et capable d’endurer les plus grandes scuffrances. Nous en aurons la preuve dans ce qui se passe à leur fête annuelle de la danse du Soleil, où les jeunes gens se soumettent à des tortures volontaires pour faire preuve de virilité. Le sorcier, ou médecin, ces deux titres se confondent, se tient dans une grande tente, le couteau à la main. Chaque victime volontaire se présente à son tour pour se faire faire sur la poitrine quatre incisions, et par ces blessures on introduit à travers les muscles deux morceaux de bois qui resscrtent de chaque côté ; à chaque extrémité de ce bois on attache des cordes, qu’on fixe d’autre part à un poteau central,
À ce moment, les tambours et la musique font rage, et, tandis que la foule reste en admiration devant leur courage, les guerriers cherchent l’un après l’autre à briser les cordes qui Îles retiennent, malgré les souffrances que leur cause le déchirement des muscles. Ils continuent leurs efforts jusqu’à ce qu'ils se soient détachés, et tombent épuisés. Il est sans doute étonnant de voir quelle énergie les jeunes guerriers déploient en présence des femmes et du reste de la tribu ; mais il faut constater en même temps que, si cette coutume barbare persiste, on voit chaque année diminuer le nombre des jeunes gens qui s’y soumettent.
Les femmes indiennes connaissent l'emploi d’un grand nombre de plantes médicinales, qu’elles emploient en décoctions et cataplasmes, et dont un certain nombre figurent dans la thérapeutique actuelle. C’est à ces femmes que nous devons, en particulier, la connaissance des propriétés du Sarracenia purpurea, du Cimifuga racemosa et du Cephalantus occidentalis.
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