FT
Les lettres saivantes sont contenues dans un petit in-folio de quinze feuillets de papier , conservé dans les archives départementales des Basses- Pyrénées (série £, n® 72).
Le duc de Bretarae François II avait fait copier cette correspondance et 1 avait adressée à Gaston lY , comte de Foix, qui, en apparence, était Pallié de Louis XI. A ces lettres se trouve jomt le texte d'une trêve entre le roi de France et celui d* Angleterre. Elle porte que le premier ne devra donner aucun secours à Henn YI, chassé de son royaume, ni à Marguerite d'Anjou , sa femme ; cette clause plaçait le duc de Bretagne dans une fâcheuse position, car il secourait Mar^erite tandis que Louis XI lui répétait sans cesse quil était compris dans la trêve, et lui mandait de plus qu'il était esmerveillé de voir les habitants de Saint-Malo continuer leurs entreprises contre les Anglais. Ces hardis corsaires avaient pris en Iner un navire appartenant au fameux Warwick, envoyé du roi d'Angleterre. Les lettres échangées à cette occasion ne sont pas les moins curieuses.
Les historiens de la Bretagne paraissent avoir ignoré l'existence des documents que nous publions.
Paul RAYMOND.
i64 GOBRESPONDANCE INÉDITE
En ce cayer sont contenues les matières tant de lettres closes que autres escriptures faictes entre le Roy et le Duc^ depuis la première rescripcion faicte par le Roy au Duc^ ou moys de Novembre IIIP LXIII^ touchant la trêve par luy prinse à Scunt-Omer aire les AngloiSf tant sur le fait de la treize que (T autres choses touchant le différant d^ entre eulx jucques au cin^ jour daoust Van millIIP LXIIIl.
tf De par le Roy,
ir Très chier et très amé cousin et neveu, vous avez sceu par ce que avons dit à vos gens et officiers , qui derroinement ont esté devers nous, l'assemblée qui s'est tenue à Sainct-Omer, par le moïen et à la requeste de nostre très chier et très amé on'clè le duc de Bourgoigne, de noz ambassadeurs avec ceulx de la part du Roy Edouard d'Angleterre, nostre adversaire, pour trouver moïen d'aucune pacification ou trêve entre les deux royaumes, pour mieux entendre à secourir la Chrétienté et à l'expulsion du Turc ennemy de la foy^ En quoy nostre dit oncle a singulier et grand désir de soy emploier; mais à icelle assemblée na esté prinse aucune conclusion de pacification ou trêve; pourquoy à la requeste de nostre dit oncle autre jour^ née a esté prinse à assembler, au dit lieu de Saint Orner, au XXI"' jour d'avril prochain venant. Et en ce temps pendant sont aucunement les hoslillitez assoppées, dont vous avons bien voulu advertir, afin que congnoissez les termes en quoy les choses sont. Et en ce qui a esté fait n'ont^ esté nommez d'une part ne d'autre, aucuns princes allez ne subgetz, combien que ouverture en ait esté faicte. Mais il a semblé que
i. Iwe pape Sixte IV faisait alors lever des subsides en France pour une croisade.
attendu que par ce qui est fait on ne peut communiquer ne aler raarchandamment ne autrement de Tune obéissance en l'autre, que on n'y devoit aucuns nommer; et toutesvoies il a esté dit et déclairé de nostre part ausdits Anglois que nous entendons y compren • dre vous, vos pals et subgetz, et les autres pais et subgetz de nostre royaume, dont ilz ont dit qu ilz estoient contans, si vueillez de vostre part entretenir ce qui a esté fait. Donné au chasteau de Hedin^ le X V"* jour d'octobre. » Ainsi signé : Loys.
Ausquelles lettres, le Duc en escripsit unes au Roy faisantes mencion de la récepcion d'icelles, lui suppliant lui faire plus ample déclaracion du fait de la trêve, que par le contenu desdites lettres ne povoit estre entendu pour de sa part ensuir le bon plaisir du Roy. Après lesquelles le Roy escripsit au Duc tes lettres qui ensuivent :
a De par le Roy,
« 1 rès chier et très amé neveu , nous avons receu les lettres que escriptes nous avez , par ce porteur vostre poursuivant et par icelles nous merciez de ce
aue avons déclairé que entendons vous oomprandre e nostre part es appointemens prins à Saint-Omer avec les Anglois; et pour mieuU estre acertenné du contenu en iceulx et les entretenir de vostre part et faire entretenir par vos subgez vous en veuillons certiffier. Sur quoy pour mieux vous advertir de ce que a esté besoigné avec lesdiz Anglois, entre noz gens et eulx, a esté conclut et appointé que durant le temps et terme d'un an, à commancer du premier jour d'octobre derrenier passé, par lesdiz Anglois, leurs subgez ou tenans leur party, ne doit estre fait descente, guerre ou hostillité par terre en nostre royaume, ne pareillement par noz subgez ou dit royaume d'Àngle-
166 CORB£SPOia)ANCE INÉDITE
terre et es marches de Calays, et sont comprins en la dite abstinance les portz , havres de mer et rivières d'une part et d'autre, tant comme lesdictes rivières portent leur nom ; mais au regart de la guerre de la mer, elle est demourée pour le dit temps eu Testai qu'elle estoit par avant, et fut dit par exprès que vous et voz païs et subgetz y estes comprins de nostre part, et dëcfairèrent lesdiz Ânglois que ainsi rentendoient et pour ce porrez entendre comme les choses sont passées. Et vous escripvons ces choses , afin que de vostre partie entretenez et faictes entretenir en la forme que desisus. Donné à Abbeville le XXIX"** jour de novembre. » Ainsi signé : Lots.
« De par le Roy,
ce Très chier et très amé cousin , pour certaines causes à ce nous mouvans et nosmément pour le bien et continuation de la marchandise d'entre noz subgitz etceulx du royaume d'Angleterre , nous avons puis naguères prinses abstinances de guerre par mer avec le Roy Edouard d'Angleterre, commenzans le XX*"" jour de may derroin passé et durans jucquesau
Eremier jour d'octobre prochain venant, telle%et sem* labiés que les avions prinses avec eulx par terre juc- 3ues au dit jour, ainsi que savez, et pour ce que ésirans lesdites trêves ainsi derroinement prinses estre entretenues et gardées comme les autres précédentes, nous le vous signifions^ et vous en envoionsie double avec ces présentes. Donné à Roye le V* jour de juing. » Ainsi signé : Lots, et pour secrétaire : Vuxe-