‹ Notice sur le cartulaire du comté de RéthelChapitre 129 sur 131 · INÉDITE DE · texte numérisé non relu

INÉDITE DE

(1463 et 1464.)

Les lettres suivantes sont contenues dans un petit in-folio de quinze feuillets de papier , conservé dans les archives départementales des Basses- Pyrénées (série E, n° 72).

Le duc de Bretagne François II avait fait copier cette correspondance et 1 avait adressée à Gaston IV , comte de Foix, qui, en apparence, était l'allié de Louis XI. A ces lettres se trouve joint le texte d'une trêve entre le roi de France et celui d'Angleterre. Elle porte que le premier ne devra donner aucun secours à Henri VI, chassé de son royaume, ni à Marguerite d'Anjou , sa femme ; cette clause plaçait le duc de Bretagne dans une fâcheuse position, car il secourait Marguerite tandis que Louis XI lui répétait sans cesse qu il était compris dans la trêve , et lui mandait de plus qu'il était esmerveillè de voir les habitants de Saint-Malo continuer leurs entreprises contre les Anglais. Ces hardis corsaires avaient pris en mer un navire appartenant au fameux Warwick, envoyé du roi d'Angleterre. Ixîs lettres échangées à cette occasion ne sont pas les moins curieuses.

Les historiens de la Bretagne paraissent avoir ignoré l'existence des documents que nous publions.

Paul RAYMOND.

CORRESPONDANCE INÉDITE

En ce cayer sont contenues les matières tant de lettres closes que autres escriptures faictes entre le Roy et le Duc, depuis la première rescripcion faicte /jar le Roy au Duc, ou moys de Novembre IJII C LXIII, touchant la trêve par luy prinse à Saint-Omer avec les Jnglois, tant sur le fait de la trêve que d'autres choses touchant le différant d 'entre eulx Jacques au cinq* jour oVaousl Van mil 1111 e LXIIII.

« De par le Roy,

«r Très chier et très amé cousin et neveu, vous avez sceu par ce que avons dit à vos gens et officiers, qui derroinement ont esté* devers nous, l'assemblée qui s'est tenue à Sainct-Omer, par le moïen et à la requeste de nostre très chier et très amé oncle le duc de Bourgoigne, de noz ambassadeurs avec ceulx de la part du Roy Edouard d 1 Angleterre, nostre adversaire, pour trouver moïen d'aucune pacification ou trêve entre les deux royaumes, pour mieux entendre à secourir la Chrétienté et à l'expulsion du Turc ennemy de la foy\ En quoy nostre dit oncle a singulier et grand désir de soy emploier; mais à icelle assemblée n'a esté prinse aucune conclusion de pacification ou trêve; pourquoy à la requeste de nostre dit oncle autre jour' née a esté prinse à assembler, au dit lieu de Saint Omer, au XXI 0 " jour d'avril prochain venant. Et en ce temps pendant sont aucunement les hostillitez assoppées, dont vous avons bien voulu advertir, afin que congnoissez les termes en quoy les choses sont. Et en ce qui a esté fait n'ont esté nommez d'une part ne d'autre, aucuns princes aliez ne subgetz, combien que ouverture en ait esté faicte. Mais il a semblé que

\. Le pape 6ixte IV faisait alort lever des subsides en France pour une croisade.

DE LOUIS XI AVEC LE DUC DE BRETAGNE. iG5

attendu que parce qui est fait on ne peut communiquer ne aler marchandamment ne autrement de l'une obéissance en l'autre, que on n'y devoit aucuns nommer; et toutesvoies il a esté dit et déclairé de nostre part ausdits Anglois que nous entendons y compren • dre vous, vos païs et subgetz, et les autres païs et subgetz de nostre royaume, dont ilz ont dit qu ilz estoient contans, si vueilîez de vostre part entretenir ce qui a esté fait. Donné au chas t eau de Hedin, le XV"** jour d'octobre. » Ainsi signé : Loys.

Ausquelles lettres, le Duc en escripsit unes au Roy faisantes mencion de la récepcion d'icelles, lui suppliant lui faire plus ample déclaracion du fait de la trêve, que par le contenu desdites lettres ne povoit estre entendu pour de sa part ensuir le bon plaisir du Roy. Après lesquelles le Roy escripsit au Duc tes lettres qui ensuivent :

<c De par le Roy,

« 1res chier et très amé neveu , nous avons receu les lettres que escriptes nous avez , par ce porteur vostre poursuivant et par icelles nous merciez de ce que avons déclairé que entendons vous corn pran dre ae nostre part ès appointemens prins à Saint-Omer avec les Anglois; et pour mieulx estre acerlenné du contenu en iceulx et les entretenir de vostre part et faire entretenir par vos subgez vous en veuillons certifïîer. Sur quoy pour mieux vous advertir de ce que a esté besoigné avec lesdiz Anglois, entre noz gens et eulx, a esté conclut et appointé que durant le temps et terme d'un an, à commancer du premier jour d'octobre derrenier passé, par lesdiz Anglois, leurs subgez ou tenans leur party, ne doit estre fait descente, guerre ou bostillité par terre en nostre royaume, ne pareillement par noz subgez ou dit royaume d'Angle-

166 • CORRESPONDANCE INÉDITE

terre et es marches de Calays, et sont comprins en la dite abstinance les portz, havres de mer et rivières d'une part et d'autre, tant comme lesdictes rivières portent leur nom ; mais au regart de la guerre de la mer, elle est demourée pour le dit temps eu l 'estai qu'elle estoit par avant, et fut dit par exprès que vous et voz païs et suhgetz y estes comprins de nostre part, et déclairèrent lesdiz Anglois que ainsi l'entendoient et pour ce porrez entendre comme les choses sont passées. Et vous escripvons ces choses , afin que de vostre partie entretenez et faictes entretenir en la forme que dessus. Donné à Abbeville le XXIX <D * jour de novembre. » Ainsi signé : Lots.

« De par le Roy,

« Très chier et très amé cousin, pour certaines causes à ce nous mouvans et nosmément pour le bien et continuation de la marchandise d'entre noz subgitz etceuhc du royaume d'Angleterre, nous avons puis naguères prinses abstinances de guerre par mer avec le Roy Edouard d'Angleterre, commenzans le XX m * jour de may derroin passé et durans jucquesau

Eremier jour d'octobre prochain venant, telle%et seralabiés que les avions prinses avec eulx par terre juc-

3ues au dit jour, ainsi que savez, et pour ce que ésirans lesdites trêves ainsi derroinement prinses estre entretenues et gardées comme les autres précédentes, nous le vous signifions, et vous en envoionsle double avec ces présentes. Donné à Roye le V* jour de juing. » Ainsi signé : Lots, et pour secrétaire : Vuxe-

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