CHARTRE
Lettres du Duc, escriptes au Roy par messire Michel de l*artenay pour responce des précédentes.
« Mon très redouté seigneur, je me recommande
CORRESPONDANCE IÎŒDITE
très humblement à votre bonne grâce, et vous plaise savoir, mon très redouté seigneur, que ainsi que par ung chevaucheur de vostre escuierie vous ay naguères escript; j'ay par luy receu voz lettres, escriptes à Roye le V 9 jour de ce présent mois, touchant le fait de voz trêves par vous derroinement prinses par mer et par eaue doulce avec le Roy Edouard d'Angleterre, et aussi l'escript des traictié et articles de la dite trêve qu'il vous a pieu m'envoier, lesquels lettres et traictié ensemble et deux autres précédentes lettres, que, sur le fait desdites trêves par vous prinses par terre avec ledit Roy Edouart, j'ay bien à plain reçues et recordées. Mais pour clause ne chappitre que je y aïe peu veoir, je n'ay pas congnu que moy, mes païs et subgitz y aions esté si expressément comprins de vostre part ne en seureté telle que sans autre déclaration ne feussions subgiz à inconvéniant, duquel, s'il avenoit, que Dieu ne veuille, je croy fermement que seriez desplaisant, car autrement ne seroit le prouffit de vous ne de votre royaume. Vous aveu bien veu et congnu la manière et comment le Roy votre père, que Dieu pardoint, se y gouverna en tel cas à la prinse de sa trêve qu'il fist à Tours avec les Anglois et la déclaration et spécification singulière qu'il y mist pour ung chacun d'iceulx qu'il y comprint de sa part; et de votre grâce par mes gens q^ui furent devers vous à Bayonne et mêmes depuis a Poecy, me fîstes savoir que lorsque besoigneriez au fait desdites trêves y comprendriez moy, mes pais et subgiz ; mais parce que y a esté faict jucques à présent ne me semble pas la seureté y estre tele comme on le fist à mes prédécesseurs en semblable cas. Car les Anglois ont publiquement dit, et est chose toute notaire en ceste partie, que à la publication desdites trêves faicte à Fanwichet ailleurs ès costes d'Angleterre, que moy, mesdits pais et subgitz n'y estions en riens par vous comprins, et bien l'ont monstre par ce que, depuis le date de vos dites trêves, ilz
ont prins mesdiz subgiz à la mer et à la terre, et mesmement puis XV jours derroins sont descenduz es parties d'Olonne où illec estoient des marchans de mon pais logez à terre, quelz ont esté prins par les dits Anglois, et, sans aide ne confort y trouver par ceulx desdites parties d'Olonne, ont este emmenez prisonniers en Angleterre. Et ainsi et par ce moien iceulx dommaiges et plusieurs autres en sont avenuz à moy et mon pais et plus grans se porroient ensuir, se remède n'y estoit mis ; parquoy ne doy raisonnablement garder mesdits subgiz ainsi offensez de eulx, en récompense ainczois suis obligé à ce les aider et favoriser. Et tant pour ceste matière que pour autres choses qui touchent les affaires singulières de ma seur, la princesse d'Orange, j'envoie par devers vous mon amé et féal chevalier, conseiller et chambellan, le sieur de Perrigny, auquel ay chargé plus à plain vous remonstrer lesdites choses, en vous suppliant très humblement qu'il vous plaise le oïr et féablement croire de ce qu'il vous en dira de ma part, et sur le fait des dites trêves avoir bon avis. En me faisant sur le tout savoir voz bons plaisirs et commandemens pour les accomplir à mon povoir. Mon très redouté seigneur, je pry le benoist fils de Dieu qu'il vous doint bonne vie et longue. Escript à Nantes le XXIIIP jour dejuing. »
Item, ensuivent autres lettres escriptes par le Roy au Duc, les unes subséquentes des autres.
« De par le Roy,
« Très chier et très amé neveu, nous avons esté advertiz que puisnaguères de ceulx de Saint-Malo out prins sur la mer deux navires d' Anglois avec les biens dedans estans, et contrainct ceux qui y estoient à habandonner lesditz navires, lesquelz, comme on dit,
CORRESPONDANCE INÉDITE
ilz ont emmenez à Saint-Malo ; dont sommes fort esmerveillez, attendu la trêve par mer prinse pour nous et pour noz subgitz avec Iesdits Anglois, ainsi que povez avoir sceu par la publication de la dite trêve que avons fait faire puisnagûères et par avant la dite prinse par tous les ports de mer de nostre royaume ; et ne croyons pas que en ce voulsissiez sou stenir ceuîx qui l'ont fait, car aussi ne le povez ne devez faire, se de tous pointz ne nous voulez désavouer. Et pour ce que nostre entencion est faire faire bonne réparation dudit cas ainsi qu'il appartient. Nous vous en escripvons afin que faciez prandre et arrester lesditz navires et biens avec les gens qui estoient dcmourez et iceulx amener à Chierbourg, pour le tout estre mis et baillé en garde soubz nostre main au cappitaine dudit lieu, 'afin que par lui ledit navire et biens soient restituez à ceulx à oui ils appartiennent, car ledit cappitaine est informe de ce que a esté fait en ceste matière ; et pour la poursuite d'icelle, envoions présentement par devers vous ce cbevaucbeur de nostre escuierie, par lequel nous vueillez escripre ce que en a esté fait. Donné à Amiens, le XIIII* jour de juing. » Ainsi signé: Lots, et J. de Reilhac.
« De par le Roy,
« Très cliier et très amé neveu, naguères vous avons escript et fait savoir par un des chevaucheurs de nostre escuieries certaines destrousses et enlreprinses faictes par mer sur les Anglois par ceulx de Saint- Malo depuis les trêves par mer prinses par nous avec Iesdits Anglois à ce que y voulsissiez donner provision. Et nouvellement avons sceu pour certain que Iesdits de Saint-Malo ont de rechief prins et destroussé ung navire d' Anglois, pescheur devant Bouloigne, dont plus nous donnons merveilles que devant, et pour ce de rechief vous advertissons des entreprises, griefs
et dommaiges que font et portent chacun jour lesdits de Saint-Malo ausdits Anglois sur lesdites trêves par nous prlnses avec eulx, afin que en faciez fere la réparation tele que se doit en tel cas et que devez et êtes tenu de fere, attendu que, comme l'un de noz parens et subgiz, vous êtes comprins de nostre part es dites trêves; car quant vous vouldriez soustenir Jesdits de Saint-Malo à faire telles entreprises contre nous, ce seroit bien mal recongnu le don qu'on dit en avoir esté fait par Tun de nos prédécesseurs aux vostres, et ne le pourrions souffrir. Donné à Luxeu lez Dourlans le XVIP jour de juing. » Ainsi signé : Lots, et de Molihs.
« De par le Roy,
« Très chier et très amé neveu, nous vous avons puis aucun temps escript et fait savoir par ung des chevaucheurs de notre escuierie certaines entreprises et destrousses faictes sur les Anglois par ceulx de Saint- Malo depuis les trêves par nous prinses par mer avec les Anglois, à ce que en voulsissiez faire fere réparacion ; depuis vous avons adverty d'autre destrousse par eulx faicte à Boulogne sur lesdits Anglois ; et pour ce que ceste matière nous touche très fort et nostre honneur et que ne vouldrions, ne portions teles choses tollérer, envoyons présentement audit lieu de Saint-Malo, nostre amé et féal notaire et secrétaire maistre Anthoine Reynaut, pour se informer sur lesdites entreprinses et destrousses et de ceulx qui les ont faict ou fait faire, et les couppables adjourner à comparoir en personne par devant nous et les gens de nostre Conseil, et pour la seureté de la dite réparation prandre et saesir leurs biens en nostre main ; et de ces choses vous avons bien voulu advertir. Donné à Luxeu le XVIII 6 jour de juing. » Ainsi signé : Lots, et pour secrétaire : Rollant.
CORRESPONDANCE INÉDITE
Lettre en parchemin,
« De par le Roy,
o Très-chier et très amé neveu, puisnaguères vous avons escript comme avions sceu que ceuix de Saint- Malo avoient fait certaine prinse par mer sur aucuns des subgiz de très hault et puissant prince le Roy Edouard d'Angleterre, nostre cousin, tant à Chierbourg que ailleurs, nonobstant les trêves qui sont par mer et par terre contre nous et nos subgiz et nostre dit cousin et les siens. Et présentement avons esté advertiz que trois navires du dit lieu de Saint-Malo, conduiz par ung nommé Bernard, ung appelle Loys de Rayonne et ung autre qui se nomme Le Bastard, ont enfraint lesdites trêves et rompu le sauf conduit de nostre admirai et prins devant Bouloigne ung nanavire pescheur appartenant aux An^lois ; et en oultre combien que nous eussions donne sauf conduit au comte de Warwicb, nostre cousin, et autres dénommez en icelui, pour venir ès marches de par deçà à rassemblée qui de brief y doit estre tenue, pour eulx et leurs biens quelconques. Néantmoins en enfraignant icelui ils ont prins, pillé et desrobé, grant quantité des biens qui estoient en certain navire, chargié de vivres et autres provisions, que faisoit mener et conduire d'Angleterre à Calays nostre dit cousin de Warwich pour sa provision et despense à sa venue à ladite assemblée, jaçoit ce qu'il leur fust suffisamment apparu de nostre dit sauf conduit; lesquelles choses ont esté faictes en grant (bulle de nostre honneur et à nostre très grant desplaisance ; si vous en advertissons, afin que en la plus grant diligence que faire se pourra, vous faictes prandre les dessus nommez et autres qui depuis lesdites trêves ont fait prinses et destrousses sur lesdits Anglois, et iceulx mal-
faicteurs envoiez prisonniers par devers nous pour en faire fere pugnition et réparation tele que au cas appartient; et vous prions que en ceste matière vueillez monstrer sa bonne volenté que avez d'y garder nostre honneur, et que de vostre part vous entretenez et faictes entretenir lesdites trêves, sans souffrir aucune chose estre faicte au contraire, car se autrement estoit, nous ne le pourrions tollérer. D'autre part il a couru bruyt par deçà, que le sieur de Pembrok est en Bretaigne et se mect sus et fait armée pour descendre en Galles, ce que ne croyons pas que voulsissez souffrir ne permettre, car ce seroit contre la teneur desdites trêves èsquelles vous, vos païs et subgiz estes comprins, ainsi que le vous avons fait savoir. Donné àLuxeu près Dourlans, le XIX e jour de juing. » Ainsi signé : Eoys , et A. Brwon,
a De par le Roy,
« Très chier et très-amé neveu, nous avons sceu que nostre sauf-conduit a puisnaguères esté rompu par trois navires de Saint-Malo, qui est le plus grant desplaisir qui nous porroit avenir, car la chose touche si avant nostre honneur que plus ne peut. Pour laquelle cause escripvons présentement au conte de Maulevrier pour vous parler de ladite matière. Si vous prions que le vueillez croire de ce qu'il vous en dira de par nous. Donné à Luxeu le XX* juing. » Ainsi „ signé : Loys, et pour secrétaire : RoiXAirr.
Autres lettres escriptes par le Roy au Duc, par Pierre de Afontalembert, huissier.
« De parle Roy,
« Très chier et très amé neveu, depuis que derroinement vous avons escript, nous avons sceu que ung
CORRESPONDANCE INÉDITE
appelle Bernard, Loys de Bayonne et ung autre nommé Le Bastard et autres infracteurs de nostre saufconduit, se sont retraiz à Saint-Malo, et pour cette cause envoyons présentement par delà nostre bien amé huissier d'armes, Pierre de Montalembert, escuier, auquel avons chargé fere diligence de recouvrer et prendre lesdits infracteurs de nostre dit sauf conduit et de nous les amener ; si vueillez vous emploier et tenir la main sur tout le service et plaisir que fere nous désirez, à ce que lesdits infracteurs nous soient admenez, car la chose, ainsi que les autresfoiz vous avons fait savoir, nous touche de si près et l'avons tant à cuer que plus ne pourrions. Donné à Hedin, le XXIII - jour de juing. » Ainsi signé : Lots, et le secrétaire : Rollant.
Responce du Duc nus dites lettres erwoiées par ledit de Montalembert, etc. . . .
« Mon très redouté seigneur, je me recommande à votre bonne grâce tant et si très humblement comme faire le puis; vous plaise savoir, mon très redouté seigneur, que puis six jours derreniers j'ay receu trois de voz lettres, qu'il vous a pieu m'escripre, savoir deux par deux chevaucheurs de vostre escuierie, et l'autre par Pierre de Montalembert, vostre huissier d'armes. Le tout d'icelles lettres parlantes d'aucunes
Îninses que dictes mes subgiz ae Saint-Malo avoir àictes à la mer sur les Anglois depuis vos trêves, et pour ce que par avant la réception d'icelles lettres vous avoit pieu m'en envoier d'autres avec aucuns chappitres ûesdictes trêves et pour aucunes choses entervenues depuis i celles. J'avoye despéché mon féal conseiller, chambellan, Michel de Partenay, chevalier, pour aler par devers vous, lequel je croy que de brief se y trouvera, et est mon entencion de lui envoier par instruction et bien à plain la responce de vos
dites derraines lettres pour la vous dire, ou y envoier autres de mes gens à cesle cause, de doubte que ledit de Partenay ne soit parti de devers vous et alé pour besoigner en la charge que lui ay baillée pour ma seur, la princesse d'Oranges ; et quant vous aurez bien sceu la vérité de la matière, je croy estre certain que vous aurez ma responce agréable. Mon très redouté seigneur, vous plaise me mander et commander voz bons plaisirs pour les acomplir de très bon cuer, priant nostre Seigneur qu'il vous doint bonne vie et longue. Escript à Nantes, le VI e jour de juillet etc....»
Autre responce feue te du Duc, sur les autres lettres précédentes, luy apportées par mais ire Anthoine Reynaut et autres, ainsi que ensuit :
« Mon très redouté seigneur, je me recommande très humblement à vostre bonne grâce, et vous plaise savoir, mon très redouté seigneur, que j'ay receu deux de voz lettres, l'une par maistre Anthoine Reynaut, vostre secrétaire, datée du XVIII e jour dejuing derroin passé, et l'autre par le Galays du XXI e jour ensuivant. Icelles lettres parlantes de certaines prinses qu'on vous a rapporté aucuns mes subgiz de Saint- Malo, nommez esdites lettres, avoir faictes à la mer sur les Anglois depuis la publication de certaines trêves prinses par mer entre vous et le Roy Edouart d'Angleterre. Et pareeque par avant la réception d'icelles voz lettres, vous avoit pieu m'en rescripre plusieurs autres contenans celle matière ; aussi , pour vous fere remonstrance de plusieurs déliz et entreprinses faictes par les Anglois sur mes subgiz en mon pais et ailleurs, depuis icelles, j'avoye despeschié mon féal conseilhr, chambellan, le sieur de Perrigny, chevalier, pour aîer par devers vous, lequel je croy que de ceste heure y peut estre, auquel pour tant que le contenu en vosdites
T. V, î' PARTIE.
CORRESPONDANCE INÉDITE
§ remières lettres touche lacharge principalle de Fenvoy udit de Partenay, mon entencion est de brief lui envoier par instruction bien à plain tout ce que me semble estre à vous y remonstrer et respondre selon toute vérité, ou vous envoier homme tout espreu pour ce fere, laquelle par vous bien oye et entendue, je croy fermement que serez contant. Au regart d'un vostre saufconduit baillé au conte de Warwich qu'on vous a dit mes subgiz avoir enfraint, dont me advertissez pour fere prandre les délinquans et réparer l'infraction d'icelui, je m'en suis le mieulx que j'ay peu informé depuis la venue de vos dessus dits serviteurs, et partout ce que j'en ay peu savoir, je trouve que mes dits subgiz, que dittes avoir touché aux biens dudit de Warwich, n'ont riens fait contre icelui, mais bien trouvé par information que j'en ay peu faire que aucuns mes subgiz abordèrent de nuyt, puis pou de temps, ung navire qui se disoit estre audit conte de Warwich, les gens duquel se misdrent en deftense sans parler de nul saufconduit, jucques à ce qu ilz furent tous prins et grant temps demourez en la subrection de mes diz subgiz et qu'il fut grant jour. Mais ainsi qu'ilz les en emmenoient, apparurent ung vidimus d'un saufconduit, scellé d'un seau à eulx incongnu et auquel ne apparaissoit aucune emprainte de voz armes, el ce nonobstant tout incontinant, pour révérance de vous, rendirent et restituèrent aux Anglois leur navire et tout ce qu'ilz en avoient prins, et telement que nulle doléance n'en a esté faicte par deçà; et quant complainte m'en eust esté faicte, vous ne eussiez eu mestier de m'en escripre, car j'en eusse fait faire réparation et pugnition, telles ou plus rigoureuses comme je eusse peu faire du mien propre en pareil cas. Toutefois puis qu'il vous a pieu m'en escripre, j'en feray plus ample information, et dès à présent, j'envoye de mes gens bien féables à Saint-Malo et ailleurs, où Ton en pourra avoir conguoissance, pour
auparssus m'en informer plus à plain et y faire ce que sera à faire; et se je trouve que la restitution n'en ait esté entièrement faicte ou autrement fait contre vostre dit saufconduit, je feray et m* y conduiray telement et à vostre honneur que vous aurez cause d en eslre bien contant, car je vouldroie à mon pouvoir garder et deflendre vostre dit honneur comme pourroit faire autre homme vivant. Et en tant que touche le fait du sieur de Pembrok, dont m'avez escript comme il court bruyt par delà que il est en mon pais, où il se mect sus et fait armée pour descendre en Galles, ce que ne povez croire que le voulsisse souffrir ne permectre pour ce que ce seroit contre la teneur des dessus dites trêves, esquelles dittes moy, mes païs et subgiz estre comprins et le me avoir fait savoir, mon très redouté seigneur, vous n'avez aussi cause de croire le contraire, car dudit sieur de Pembrok n'avoye jamais eu congnoissance, lorsque ou mois de marsderroin passé il me apporta en sa faveur lettres de recommendacion de par vous, pour révérance desquelles lui fis bonne récepcion, aide de passaige et deffroy pour envoier en Galles ainsi que m'escripviez, et aussi pour ce que par deux autres voz précédentes lettres me aviez lait savoir certaines trêves que aviez prinses et faictes avec le Roy Henry, souverain seigneur dudit de Pembrok, esquelles disiez avoir comprins moy, mes païs et subgiz, me requérant les tenir de ma part et donner faveur audit Roy Henry, ce que j'ay de bon cuer fait jucques cy, pensant que tousjours voulsissiez continuer en ce que aviez commancé, en faveur desquelles choses permis audit de Pembrok par aucuns jours résider en mon païs; mais puis qu'il vous plaist que autrement soit, j'ensuivrai vostre bon plaisir, combien que long temps a, et jucques à ce que à l'occasion de la venue de voz ambassadeur et messaigers devers moy, le dit de Pembrok n'avoit esté en mon dit pais et que tousjours il s'en estoit tenu hors, auquel ay fait desclairer
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le contenu en vos dites lettres, afin qu'il puisse aviser ou temps avenir qu'il aura a faire. Mon très redouté seigneur, je vous suppli très humblement que tousjours vous plaise me mander et commander vos bons plaisirs pour les acomplir à mon povoir, priant le benoist fils de Dieu qu'il vous doint bonne vie et longue. Escriptà Nantes le VII e jour de juillet. »
Item ensuit la teneur de la lettre envoyée au Roy /jar Thomas" de Kerazret, prévost de la maison du Duc, qui a la charge de mener Le Bastard devers le Roy :
« Mon très redoublé seigneur, je me recommande à vostre bonne grâce tant et si humblement, très humblement que faire le puis, et vous plaise savoir, mon très redoublé seigneur, que puis le partement de inaistre Anthoine Regnaut, vostre secrétaire, par lequel entre autres m'avez escript, touchant l'infraction de vostre sauf conduit donné au sieur de Warwich et aucuns de ses gens, je grant désire de tout mon cuer que de ce que y auroit esté fait, réparatiou soit faicte a vostre honneur, ay en toute diligence envoie es lieux où vraysemblablement pensoie faire trouver ceulx qui par vosdites lettres dictes infracteurs d'iceluy, mais encores n'en ay peu faire appréhender, fors ung nommé Le Bastard, de la prinse duquel, je suis tant joyeux que plus ne puis, et combien que ledit Le Bastard se soit offert justifier devant moy, je n'eu ay point voulu prandre la congnoissance, ains à ce que puissiez mieulx congnoistre le cas tel qu'il est et en faire tout ainsi qu'il vous plaira, le vous envoyé par mon amé et féal escuier, Thomas de Kerazret, prévost de ma maison ; et à faire prandre les autres feray toute la plus grande et curieuse diligence que je pourray, car vostre foulle et desplaisir, se le cas en advenoit, me desplairoit autant que pourroit le faire à nul autre.
Mon très redoubté seigneur, vous plaise toujours me mander et commander vos bons plaisirs pour les acomplir à mon povoir, à l'aide de Dieu auquel je pry, mon très redoubté seigneur, qu'il vous doint bonne vie et longue. Escript à Nantes le X e jour de juillet. *>
Item une autre lettre escripte par le Roy à Pierre de Montalambert) huissier estant j'à part/ de devers le Duc:
« De par le Roy,
« Chier et bien aimé, depuis vostre partement Ricliart Whereilly nous a envoié par déclaration, signée de sa main, les parties et prinses laictes sur le navire pour lequel vous avons envoié par delà soubz nostre saufconduit, et aussi aucuns autres dommaiges qu'ilz dient avoir esté fait par ceulx de Bretaigne, nonobstant les trêves par nous prinses par mer et par terre; de laquelle déclaration , nous vous envoyons le double, signé de maistre Adam Rolland, nostre secrétaire, afin que monstre/ le dit double par delà à nostre beau neveu de Bretaigne et autres que verrez estre à faire, à ce que réparation et restitution en soit faitte, ce que nous désirons, autrement nous y pourverrons ainsi que le cas le requiert; et au sourplus besongnez en la charge et commission que vous avons baillé le plus diligentement que vous pourrez et gardez qu'en ce n'ait faulte. Donné à Dampierre le XXVIII e jour de uing ». Ainsi signé : Lots, et le secrétaire : Rolland.
Item une autre lettre du Duc escripte au Roy pour F envoy de la finance que les Anglois disoient avoir perdu soubz le saufconduit etc..,*
« Mon très redoubté seigneur, je me recommande
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très humblement à vostre bonne grâce, et vous plaise savoir, mon très redoubté seigneur, que depuis ce que je vous ay envoie ung nommé Le Bastard, lequel disiez par vos dites lettres avoir esté l'ungdesinfracteurs de vostre sau (conduit, j'ay veu les lettres que vostre plaisir a esté escrire à Pierre de Montalembert, qui à ceste cause de son chemin retourna devers moy et me bailla certaine déclaration de ce que les Anglois disoient avoir perdu soubz vostre dit saufconduit, estimé valloir en tout iiii c lxix escuz et demi n deniers esterlins demy part, et pour ce que en toutes choses soubz ma possibilité je vous voulroie complaire, obéir et faire service, j'ay, sans autre information en vouloir faire, fait bailler à Bretaigne, le hérault, mon serviteur , présent porteur , la pareille somme de mi* lxix escuz et demi n deniers esterlins demi part pour les délivrer à qui vostre plaisir fera nommer; et pour sur ce et autres choses vous fere aucunes remontrances de mes affaires, j 'ay entencion d'envoier de brief devers vous aucuns de mes autres gens, par quy je vous escripray de toutes choses bien au long. Mon très redoubté seigneur, je vous supplie qu'il vous plaise me tousjours mander et commander vos bons plaisirs pour les acomplir à mon povoir, à l'aide nostre seigneur, qui par sa saincte garde vous doint bonne vie et longue. Escript à Nantes le XX° jour de juillet. »
Ensuit leffect des choses dictes par motis. le conte de Maulevrier, ambassadeur du Rojr y au Duc, soubz la créance qui lui avoit esté chargiée par le Roy sur les choses quelles par Anthoine de Beaiwau et le président de Bretaigne, ambassadeurs du Duc, avoient esté remonstrées au Roy :
Après la présentacion des lectres du Roy faictes au Duc par ledit conte, dist celui conte au Duc que le Roy avoit receu ses lectres par Anthoine de Beauvàu et le prési-
dent de Bretaigne, ses ambassadeurs ; et ouy ce que de sa part ilz lui a voient remonstré, et pour ce que entre autres ilz luiavoientdit que son plaisir n'est oit se rendre bien certain du bon vouloir du Duc, parceque lesdits de Beauvau et président luy avoient dit : le Duc désireroit bien que le Roy envoyast devers luy homme à luy bien féable, lequel il creust entièrement de ce que il luy rapporteroit du vouloir et intencion du Roy et aussi à qui le Duc peust amplement et privéement dire son bon vouloir, pour luy en faire loyal rapport, il avoit envoie ledit conte devers le Duc pour luy déclairer l 'intencion du Roy et aussi pour ouyr privéement et autrement à son bon plaisir ce que luy vouldroit dire et déclairer à son vouloir pour le rapporter au Roy. Disant ledit conte que le Roy avoit esté et estoit bien joyeux des bonnes parolles que par lesdits de Beauvau et président il avoit fait dire au Roy, esquelles il monstroit le bon vouloir qu'il avoit à luy dont le Roy le mercyoit et lui avoit chargié luy dire que le Roy le avoit bien pour recommandé et le vouldroit traictier et ses affaires en toute faveur comme son bon parent.
Item que le Roy estoit adverty que les ré gai les de Bretaigne et plusieurs autres droiz royaulx et souverains luy appartenoient oudit pais. Et que le Duc et ses prédécesseurs y avoient fait plusieurs entreprises troubles et empeschemens. Et par espécial le Duc en tant qu'il a voulu contraindre Tévesque de Nantes à lui faire hommaige ou serment de fidélité. Et pour son reffus prandre le régalle de Nantes en sa main et contraindre ledit évesque à s'en aller hors du pais.
Item combien que le Roy eustpeu faire procéder à l'encontre du Duc à la réparacion desdiles entreprinses par sa court de Parlement, toutesfoiz il ne l'a pas voulu faire, mais a voulu procéder avecques luy plus favorablement et a esté content que Monsieur du Maine, acompaigné de Monsieur de Poitiers, de
CORRESPONDANCE INEDITE
Monsieur de Comminge, du président de Tholoze et maître Pierres Poignant, congneust de ces matières et en disculast sommièrement et de plain ; lequel Monsieur du Maine, accompagné des dessusdits, y a entendu et devant luy ont esté les matières ouvertes et débat ues bien longuement à Tours.
Item pour ce que mondit sieur du Maine n'estoit pas assez informé des droiztant d'une partie que d'autre, et que par les parties fut demandé délay pour en informer, fut par Juy appointié du consentement des
Nostre-Dame de septembre à Chinon. A laquelle journée lesdictes parties pourroient monslrer et informer plus amplement de leur droiz, et que le procureur du Roy de sa part, et le Duc de la sienne, pourroient cependant faire diligence de sercher et recouvrer toutes les lectres et enseignemens qui pourroient servir à leur intencion sur le fait des regalles et autres questions d'enlr'eulx ; et que combien que l'exécution dudit appointement ne se peust ne deust faire sans compulsoire ou commission du Roy et saus appeller les parties, toutesfoiz que le Roy avoit esté adverty et informé que les vichancelier et aumosnier du Duc, par son commandement et ordonnance, sans commission du Roy ne de Monsieur du Maine, et sans appeler le procureur du Roy, s'estoient transportez en l'église de Nantes, et illecques et en plusieurs autres églises et chappitres de Bretaigne avoient se relié toutes les lectres et registres qui y estoieot, et avoient prins et emporté celles qui faisoient pour eulx et contre culx afin que le Roy ne ses gens n'en eussent congnoissance, qui est chose et manière bien est range et grandes entreprinses contre la souveraineté du Roy.
lieu» que par mondit sieur du Maine avoil esté traictié appointement avec les gens du Duc touchant ladministraiion, gouvernement et recepte des fruiz, tant escheuz que à escheoir, de la temporalité dudit éves-
parties que la journée
à la
cbié de Nantes, par lequel icelle temporalité se devoit mectre ès mains du chantre de Nantes et de maistre Georges Moreau, ce que n'avoit esté fait et ne l'avoit voulu le Duc consentir, dont le Rov estoit bien merveillie, entendu que par le dit raportement ledit évesque n'estoit point restably en sa joissance, et que iceluy appointement ne peult porter préjudice au Duc, et que le Duc le voulsist consentir ou autrement le Roy ne pourroit dényer audit évesque deluy dényer justice.
Item et que de nouvel le Duc s'estoit esforcié de faire édifïier à Nantes ou territoire de l'éveschié certains belovars et fortifticacions, sans le vouloir et assentement de l'évesque, et pareillement s'est esforcié de faire rompre la chaussée et de faire tourner le cours de l'eaue des moulins dudit évesque en grant domaige de l'évesque et de sa temporalité à l'estimacion de cinq cens livres de rente, combien que le Duc ne le puisse ne doye faire et que le Roy vouloit et entendoit que lesdits entreprises et attemptatz feussent réparez, car le Roy ne le pourroit tollérer ne souffrir qu'il n'y donnast provision et remède convenable.
Item que pour les termes que le Duc tenoit en cesle matière qu'il sembloit que le Duc tendeist à ce que le Roy le laissast joir des régalles et autres droiz royaulx qui sont entreulx en débat ou que la chose demourast tousjours en ce trouble, qu'il semble au Roy bien estrange, car pour riens il ne consentiront ne souffreroit que lesdits régalles et autres droiz rovaulx démolirashent au Duc, pour ce que ce seroit trop grand préjudice à luy et à sa couronne, et d'autre part de laissier ces questions tousjours en ce trouble, ne seroit pas le mieulx el que le Duc devroit désirer que la discucion en feust faicte, pourquoy sembloit que ceste matière deust prandre yssue par l'une des trois voyes, c'est assavoir : de suivir ladite journée de septembre prouchain ou que la matière feust toute remise en Parlement ou autrement que tout ce que a esté fait et en-
J86 CORRESPONDANCE INÉDITE
treprins de la part du Duc et de ses gens contre l'autorité et souveraineté du Roy et de ses droits royaulx soit réparé, et que l'on vive et que l'on se gouverne tant d'une partie que d'autre ainsi qu'on faisoit ou temps du Duc Jeban et duDucFransois, et que le Duc choisist lequel de ces trois partiz qu'il vouldroit et que le Roy en seroit content.
Rem que combien que Anthoine de Beauvau et le président de Bretaigne eussent puisnagaires dit au Roy qu'il y avoit appointement entre le Duc et Monsieur l'évesque de Challons touchant la rescompense de l'abbaye de Challons que le duc devoft faire avoir à frère Artur de Montauban, et de laquelle rescompense lesdits Anthoine de Beauvau et président dévoient apporter la déclaracion au Roy, que le Roy a depuis fait parler sur ce audit évesque de Challons qui a respondu que sur la dicte rescompense n'y avoit nul appointement entre le Duc et luy, combien que le Duc luy avoit bien parlé et fait parler de bailler son éveschié de Challons audit frère Artur, et que en rescompense Ton luy bailleroit ladicte abbaye de Redon, ce qu'il n'a pas voulu accorder et que jamais ne le feroit, et que le Roy estoit bien merveillé que le Duc ne luy a fait autre response et qu'il ne luy a envoié la déclaracion de ladite rescompense et que le Duc voulsist déclairer et faire bailler ladite rescompense audit frère Artur, autrement le Roy ne pourroit dissimuler qu'il ne donnast et l'eist donner provision à iceluy frère Artur pour joir de la dite abbaye de Redon ainsi qu'il appartendra par raison.
Cest la responce faicte à Monsieur de Maulevrier, venu de par le Roy devers le Duc, sur sa charge baillée par escript avec lectrcs de créance telles que ensuit:
« Mon très redouté seigneur, je me recommande
très humblement à vostre bonne grâce, et vous plaise savoir, mon très redouté seigneur, que j'ay receu les lectres que par mon cousin de Maulevrier vous avoit pieu m'escripre, et oy ce qu'il m'a voulu dire de par vous. Sur ce luy ay fait responce tele que par son rapport pourrez bien à plain savoir, de laquelle responce que serez contant, car en toutes choses, à moy possibles de faire, vous vouldroie tousjours obéir, servir et complaire, à l'aide du benoist fils de Dieu qui, mon très redouté seigneur, vous doint bonne vie et longue. Escript à Nantes le XVIII e jour de juillet. »
Responce à mondit sieur de Maulevrier des matières desquelles il a parlé au Duc en sa credance de par le Roy.
«Premier: '
« Le Duc remercie le Roy très humblement du bon vouloir qu'il a de tousjours vouloir traicter le Duc et tous ses affaires en doulceur, car c'est la chose qu'il plus désire que d'estre tousjours en la bonne grâce du Roy, et trop seroit courrocé que en riens les matières qui sont ou peuent estre en différence entreulx cheussent en aulcune rigueur.
a Et au regart de ce qui a esté dit par mondit sieur de Maulevrier touchant la cerche des droiz qu'il dit Monsieur de Bretaigne avoir fait faire contre et en autre forme que n'avoit esté appointé à Tours devant Monsieur du Maine, le Duc n'a riens fait contre ledit appointement, recours à l'article d'icelui appointeraient qui plus exprès touche de ceste matière, lequel est cy-apres contenu.
« Sur les questions et différances d'entre le Roy et Monsieur de Bretaigne touchant les régalles et serment de fidélité de l'éveschié de Nantes et autres églises cathédralles de Bretaigne et la juridiction et subjection
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et obéissance de sur le temporel d'icelles et de leurs deppendences. Sur quoy le Roy a baillé et donné commission à Monsieur du Maine et en sa compaignie l'évesque de Poitiers, maistre Jehan Dannet, premier président de Thoulouse, Pierre Poignant, ses conseillers, et Adam Hodon, son secrétaire ; et aussi mondit seigneur de Bretaigne a baillé pouvoir à Monsieur de Laval et en sa compaignie Guillaume Chauvin, son chancelier, Tanguy Du Chaste 1, grant maistre d'ostel, Anthoinede Beauvau, seigneur de Puipean (?), maistre Jehan Loaisel, président de Bretaigne, Pierre Ferré, senneschal de Rennes, et Olivier de Coetlogon, président des Comptes de Bretaigne, pour comparoir devant mondit sieur du Maine et y procéder parvoye amiable, se faire se peult, et se non par jugement. Après que les matières ont esté ouvertes d'une part et d'autre et que les parties ont remonstré aucunes choses, tendant chacun a ses fins, pour ce que les dictes parties ont dit que elles avoient plusieurs autres lectres et enseignemens à recouvrer pour plus amplement informer de leurs droiz et que par ce, pour le présent, la matière n'est pas en état que on ne puisse faire décision final, a esté advisé que mondit sieur du Maine prandra et assignera autre journée, laquelle il a dès à présent assignée, c'est assavoir à la Rostre-Dame de septembre prouchain venant, en la ville de Chinon, pour besongner et procéder oultre sur le fait desdites matières. Auquel jour seront lesdites parties receuz, oultre ce que ilz ont allégué et monstré, à dire, alléguer et monstrer ce que bon leur semblera tant de droit que de fait, et à requérir temps et délay, se mestier est, pour en infourmer et sur ce procéder' ainsi que au cas appartendra et comme raison sera.
« Et à ce que il a dit que à Tours avoit esté conclus que le temporel de l'évesque de Nantes estant en la main du Duc seroit mis es mains de gens d'église quelz furent nommez.
« Bien est vray que le xxix' jour de février l'an mil iiii c lxiii touchant les différences d'entre les gens du Roy et les gens de Monsieur de Bretaigne sur aucuns articles et advis faiz tant d'une part que d'autre, le xvi* jour de janvier précédent dont en l'ung d'iceulx articles entre les autres est contenu en effect que au regart de la temporalité de l'éveschié de Nantes qui estoit prinse en la main de mondit seigneur de Bretaigne et qu'il a fait exercer et emporter les fruiz par ses officiers ordinaires, fut advise et fait ouverture que l'administration, exercice, recette et les fruitz depuis la main-mise seroient baillez a maistre Georges Moreau, chanoine de Saint- Malo, et maistre Guil-? laume Fleury, chantre de Nantes, du consentement des parties et sans préjudice etc., et jusques à ce que à ladite journée ou autre deppendante d icelleen feust autrement ordonné; et fut advisé que aucuns des gens du Hoy yroient devers luy, et semblablement devers le Duc aucuns des siens, pour sur ce et autres articles différens savoir leur bon plaisir, ce qui fut fait. Mais
J)our ce que au retour d'iceulx envoiez et depputez es gens de mondit seigneur de Bretaigne ne acceptèrent ledit article pour plusieurs raisons, qui depuis ont esté dictes et remonstrées au Roy, il fut fait autre ouverture que les fruiz levez et à lever par les officiers du Duc soubz ladicte main-mise feussent baillez à Guillaume de Launay et Jamet Thomas, bourgeois et marchans de Nantes, pour les garder au prou Hit et à qui estre devra, et sans préjudice comme dessus. Quelle ouverture ne fut pas du tout accordée, ainsois demourèrent les parties à ung sur le contenu de l'article qui ensuit.
« Touchant l'article et advis de la temporalité de l'évêchié de Nantes qui fut fait au xvi e jour de janvier derrenier, a esté advisé qu'il demourera en estât et suspens jusques au premier jour de may prouchain venant, pendant lequel temps sera rapporté au Roy la
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difficulté que fait mon dit seigneur de Bretaigne sur ledit article et l'advis sur ce rapporté par ses gens, et pareillement mondit seigneur de Bretaigne envoiera devers le Roy dedans ledit temps aucuns de ses gens pour lui faire remonstrance de son intencion et ad vis sur ledit article et sur iceluy savoir le bon plaisir du Roy.
« Et depuis pour satisfaire à ce que dessus estoit advisé le Duc a envoié dedans ledit temps du premier jour de may devers le Roy à Meslay, Chartes, Nogent et Paris de ses gens, c'est assavoir Anthoine de Beauvau et le président de Bretaigne qui luy ont fait les remonstrances ausquelz le Roy respondit qu'il envoyeroit devers le Duc le conte de Maulevrier pour en faire la response et de ce apportèrent au Duc une lectre de crédence.
« Et combien que les gens du Roy ayent assez veu et congneu du bon droit du Duc en la matière pour en pouvoir bien informer le Roy et qu'il ne soit besoiug d'y faire plus grans longueurs, ne lui y donner trouble, toutesfoiz le Duc est et sera content, pour tousjours complaire au Roy, de fournir à la dicte derrenière ouverture, ainsi qu'il est contenu à la fin de l'article cydessus commenczant : « Bien est vray. »
« Et au regart desbelovars qu'on dit que le Duc a fait commencier ou fyé de l'église, et aussi d'avoir destourné la rivière d'Arde, quelles choses l'évesque dit estre à son dommaige de plus de cinquante livres de rente, le Duc n'a de nouvel aucune chose fait édiffier hors son demaine ne destourné le cours de la dicte rivière, ainsi que mondit sieur de Maulevrier l'a assez
{jeut veoir, se il s'en voulu enquérir, combien que se e Duc voit qu'il soit bon de édiffier soit ou fyé de l'église ou ailleurs pour la fortifïicacion du chastel ou de la ville et bien de la chose publique de son pais, faire le peult, et le fera en baillant rescompense vallable. Et en ce que sont les trois poins dont mondit
sieur de Maulevrier a fait ouverture au Duc de par le Roy, pour la pacificacion et conclusion des différences qui sont entreulz touchant les regaires de Bretaigne.
« I^e Duc ne peult pas congnoistre que par nul d'iceulx la matière puisse mieulx ne en plus brief temps prandre fin que par celuy de pièça encommencié qui est l'ung des trois dessus dits.
a Mais se il semble au Roy que par autre voye que celle la matière se puisse mieulx délibérer et conclure et son plaisir soit qu'elle se congnoisse devant luy et les seigneurs de son sang bien assemblez et aussi les gens de ses Estats, le Duc, qui désire semectre en tout devoir envers luy et que son bon droit viengne à la conguoissance de touz les dessusdits, sera de ce très joyeux et leur fera apparoir et monstrer touz ses droiz et pocessions , et iceulx bien à plain veuz et entenduz et ses gens sur ce oiz, sera contant de tenir ce que par eulx sera meurement délibéré et conclut.
« En ce que a esté par mondit sieur de Maulevrier remonstré touchant l'abbaye de Redon : Ainsi que le Duc a fait derrenièrement dire au Roy son intencion estoit que l'évesque de Challons deust avoir besongné en celle matière par manière que le Roy en deust estre content, car il avoit expressément nommé ledit de Challons et dit qu'il désiroit qu'il eust ledit Redon et par ce pensoit le Duc avoir satisfait à ce que en avoit esté parlé, mesmement que ledit de Challons avoit requis le Duc le consentir, ce qu'il octroya en contemplacion du Roy très voulentiers.
« Mais puisque ainsi est que ledit de Challons n'y a voulu entendre, le Duc, lorsque Monsieur de Montauban envoiera homme o povoir suffisant de besongner et appointer la matière, y entendra et fera entendre, selon l'appointement ouvert à Nantes avec ledit de Montaubân, tellement que le Roy en devra estre content. »
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Item ensuit une lectre du Duc escripte au Roy par Eustaiche de Les pi na y pour remonstrance de toutes les matières, etc. , lesquelles portent crédence.
a Mon très redoubté seigneur, je me recommande très humblement à vostre bonne grâce, et vous plaise savoir, mon très redoubté seigneur, que puis nagaires j'ay receu plusieurs voz lectres touchant les trêves prinses par vous avec le Roy Edouard d'Angleterre et ung vostre sauf-conduit donné au conte de Warvich, par lesquelles est contenu icelles trêves et saufconduit avoir esté enfrains par aucuns de mes subgelz , et aussi ay oy la créance que sur ce par vous m'a dicte mon cousin le conte de Maulevrier, dont en tant que touche vostre dit sauf-conduit, j'ay tant fait qu'il nie semble que en devez estre content. Et au regart de ladicte trêve, ledit roi Edouartneautrenesepeult douloir de chose que aucuns mes subgiz ayent fait depuis icelle, car les Anglois ont publiquement dit, et est chose notoire en ceste partie, que à la publicacion de ladicte trêve faicte à Fanvich et ailleurs ès costes d'Angleterre, moy et mesdiz pais et subgetz n'y estions en rien par vous comprins ne contenuz et bien est apparu parceque tousjours dempuis et nonobstant icelle lesdils Anglois m'ont fait toute guerre par mer et par terre, comme ilz faisoient de par avant , ont prins de mes subgetz, leurs biens, navires et marchandises, tant en la mer que à la terre, en aucuns endroiz du royaume, à grant valeur et sans avoir esté secouruz par ceulx de vos pais où les cas sont advenuz, combien qu'il/ en feussent pas mesdits subgetz requis, ainsi que par le sire de Parigny vous ay nagaires éscript, et mesmes quant lesdils Anglois ont prins navires esquelz avoit Fransois et Bretons ensemble, ilz ont retenu et prins prisonniers les Bretons comme non comprins en ladite trêve et envoiez les
Fransois quictes, comme mondit cousin de Maulevrier et autres vos serviteurs estans pardessa ont esté infourmez par des marchans de Rouan, ausquelzle cas est advenu , pourquoy dure chose me seroit souffrir qu'ilz feussent soustenuz à me fere guerre et j'eusse paix à eulx, ainsi que sur tout ce j'ay aucunement res pondu à mondit cousin et à vos dictes lectres, oultre et avec la response et expédicion que luy ay faicte sur la charge qu'il avoit de par vous touchant le fait du régalle de Nantes et de l'abbaye de Redon, de laquelle j'espéroie que seriez bien content, mais depuis ce, mon très redoublé seigneur, sont venuz devers moy plusieurs de mes subgctz, tant marchans que autres, conplaignans de ce que longtemps et par avant que j'eusse receu aucunes de vos lectres ne que aucunement m'eussiez noiiffié lesdictes infractions, vous aviez fait prandre et arresler, à l'occasion de ce, plusieurs de leurs parents mes subgetz , leurs navires, biens et marchandises, qui lors furent trouvez hors mondit pais, tant a la terre que ès portz et havres de vostre royaume à grant valleur et estimacion , quelx encores y sont détenuz et empeschiez à leur très grant ennu) et domaige et me requièrent les garder de ceste charge et oppression , qui est à eulx et à moy chose très dure à porter. Aussi, mon trèsredoubté seigneur, m'est-il-venu à congnoissance que néantmoins les responses par moy faictes à mondit cousin de Maulevrier et à vosdictes lectres, comme dit est, et la diligence que j'ay faicte touchant vostre dit sauf-conduit et de vous envoier celuy que disiez estre l'ung des principaulx infracteurs d'iceluy, sans ce que j'eusse congnoissance de ladicte infraction, si non parce qu'il vous en a pieu me faire savoir, seulement espérant que par ce vous devriez contenter; vous, avant l'arrivé d'iceluy mon cousin de Maulevrier devers vous, 'auquel j'avoye prié vous rapporter ce que j'avoie fait en celle matière et aussi celle de mes gens que pour
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ee j'ay envoie devers vous, ave/ puis nagaîres de lemps par voz commis et depputez mis et fait mectre en vostre main touz les biens, meubles et immeubles, que mes subgetz ont en votre royaume, et pareillement ceulx de voz subgetz demourans en mou duchié, qui m'est moult estrange chose à veoir et que jamais n'eusse pensé que eussiez voulu faire, mais encores et d'abondant j'ay entendu qu'il est voix commune que avez tenu parolles et fait offre ausdits Anglois , pour et afin de grever moy et mon païs , si dangereux et préjudiciable à vous et à vostre royaume qu'il m'a semblé ne le devoir mectre par escript , mais ay cliargié mon araé et féal escuier et chambellan Eustaiche de Lespinay, seigneur de Trieuc, porteur de cestes, vous en toucher privéement, à ce que vostre plaisir soit, s ainsi est, vous en desmouvoir, et en pareille forme enay adverty aucuns de messeigneursde vostre sang, à ce qu'il/ le vous veuillent aussi remonstrer, doubtant pour cause des termes que m'avez tenuz et tenez que n'ayez pas si agréable la remonstrance sur ce de moy, comme celle qu'il/ vous en pourront fere. Toutesfois, mon très redoubté seigneur, dure et difficille chose m'est à croire quelque desplaisir qu'aie/ prins envers moy que voulsissiez tel mal advenir pour moy sans l'avoir desservy, aclendu le devoir en quoy me suis tousjours mis vers vous et le bon vouloir que j'ay de tout temps eu et ay à servir, secourir et aider au bien de vous et de vostre couronne sans riens y espargner; mesmes l'offre que par moud il cousin de Maulevrier vous ay derrenière faicte de me soubzmectre à touz les difTérens d'entre vous et moy à l'ordonnance de vous et de messeigneurs de vostre sang bien assemblez aussi les gens de voz Estaz. Et pour plus à plain vous infourmer de ce que dit est et d'au- Ires choses dont luy ay donné charge, j'envoie présenlement p..::* devers vous ledit Kustache, vous suppliant très humblemenl , mon très redoublé seigneur, qu'il
vous plaise l'ouyr et adjouster foy à tout ce qu'il vous dira de ma part, et au parssur m 'avoir et tenir tousjours en vostre bonne grâce, en me mandant et faisant savoir touz voz bons plaisirs pour les acomplir de tout mon pouvoir. Mon très redoublé seigneur, je prye au benoist Saint-Esperit qu'il vous doinl bonne vie et longue. Escript à l'Espronnière près Nantes, le cinquiesme jour d'aoust.
« Mon très redoublé seigneur, depuis ces lectres escriptes, j'ay esté acerlenné comme depuis peu de temps en plusieurs lieux et mesmement à Grant-Ville, ou quel lieu estoit présent Artur de Montauban , que aucuns voz commissaires à recevoir les monstres ont desctairié que nul ne seroil receu èsdictes monstres s'il ne faisoit serment de vous servir contre touz ceulx qui puent vivre et mourir et nomméement contre messeigneurs de Bourgoigne et de Bourbon et contre moy espécialement , et en aucuns des lieux dessus dits ont nommé monseigneur d'Orléans, duquel serment faire ont esté plusieurs reflusans, quieulx à ceste cause n'ont este receuz esdicles monstres , et pour ce s'en sont venuz devers moy et relirez en mon pais, qui m'est cause de fort doubler plus que jamais les entreprinses dessusdictes estre vrayes, dont à vous mesmes je me plains. Escript comme dessus. »
Instructions audit Eus tache de Lespinay, seigneur de Trieuc* envoie du Duc devers le Roy.
« Premièrement après la présentacion de ses leclre* avecques les recommandacions acoustumées dira au Rbv comme le Duc a oy dire que à l'occasion du desplaisir que le Roy a prins contre luv, oultre les autre* causes contenues es dessusdictes lectres, il fut premièrement meu de prandre trêves avec les Angiois pour ung temps, afin de povoir dedans iceluy temps traic-
CORRESPONDAIS CE INÉDITE
tier une longue trêve ou alliance avec eulx pour grever le Duc et son pais.
a Item et pour ce que sans avoir aucun autre avantaige que de l'amour du Roy et de sa paix seulement , il n'a peu avec eulx avoir paix ne trêve si longue ou aliance telle comme il l'eust bien désiré avoir, il a soubz couleur de certain mariage et autrement tenu parolles ausdits Anglois pour icelles trêves, paix ou alliance, de leur donner l'ung des duchiez de Guyenne, de Normandie ou grant partie d'iceulx, et a requis audit Roy d' Angleterre de luy aidier à conquérir les seigneuries d'aucuns seigneurs comme du duc de Bretaigne et d'autres des plus grans seigneurs de son royaume, dont l'on se taist à présent, pour du leur résoudre son domaine, d'autant comme il ofFroit à bailler ausdits Anglois, et qu'il soit vraysemblable que ainsi est, la nouvelle en est toute commune en Angleterre, ainsi que le Duc en a esté adverty et pareillement es cours des Roys d'Espagne et d'Escosse, devers lesquelz aucuns des serviteurs du Duc ont puis pou de temps esté.
« Item plus que l'on dit que puis pou de temps ença le Roy a dit et déclairé avoir intencion de destruire non seulement le Duc mais trois ou quatre des plus grans seigneurs de son royaume.
« Item pour bien remonstrer qu'il a fait lesdites entreprinses, il est avenu puis pou de temps en plusieurs lieux et mesmement à Grant- Ville, auquel estoit présent Artur de Montauban , que aucuns des commissaires du Roy ordonnez pour recevoir les monstres
ont déclairé (etc.) ainsi qu'il est fait mencion en
une clause en la fin des lectres dessus dictes.
« Item et pour ce que le Duc doubte que mectre ces parolles en escript si les lectres estoient perdues ou veues d'aucuns qui le bien du Roy ne vouldroit, pourrait estre cause d'engendrer inconvénient au Roy et au royaume, voyans iceluy royaume desmembrer et
deppartir aux anciens ennemiz d'iceluy, et pour venir à An de destruire le Duc et trois ou quatre des plus grans seigneurs de son royaume qui ont tant bien servy à oster d'entre les mains desdits Anglois ce que à force ilz avoient conquis, qui seroit la totalle perdicion d'iceluy, parceque a tant ne se tendraient lesdits Anglois sïlz estoient une foiz à ce point parvenuz.
« Item et pour obvier auquel inconvénient en tant qu'il est à doubler que lesdits seigneurs et autres de leur degré et généralement touz les nobles et autres de France se pourraient joindre ensemble pour y contredire, parquoy s'ensuivrait division et guerre ou royaume dont la destruction d'iceluy pour ung temps se pourrait ensuir, a semblé au Duc, pour se acquiter et monstrer l'amour qu'il a au Roy et à son royaume, le devoir faire au Roy savoir, à fin qu'il luy plaise avoir en tout ce bon conseil , advis et délibéracion en manière qu'il aye à bien traictier ses bons parens et serviteurs pour en avoir les cuers et par ce moien les corps, pais et autres biens, qui est la voye par laquelle il pourra vivre, régir et gouverner en paix son royaume ainsi que le Roy son père a fait en son temps , duquel il en a peu veoir bel exemple.
« Fait à Nantes , ou conseil du Duc , le cinquiesme jour d'aoust Van mil 1111 e LXI1II.
(Signé) Richart. »
TABLE DES MATIÈRES
DE L'ANNUAIRE -BULLETIN