TOTAL
Première
mise
Inspecteur de l'0 classe .
» de 2e classe . .
» de 3e classe . .
Garde principal de 1" classe ....
» de 2e classe ....
Garde principal indigène de 1" classe
» 2e classe
Brigadier .
Sous-brigadier .
Clairon .
Garde de lre .
» de 2“ .
Situation [politique de la colonie à la fin de 1894. — Au point de vue politique, la situation était bonne. Le colonel Dumas n’avait à signaler au ministre de la marine, à la date du 15 juillet 1894, que quelques actes de brigandage, commis sur le Mono et promptement réprimés, et certaines difficultés du côté d'Abomey où Ago-li-Agbo essayait d’étendre son influence à l’Est comme à l'Ouest sur des territoires soumis autrefois à la suzeraineté du Dahomey, mais heureux, aujourd’hui, de se sentir en sécurité et désireux de redevenir indépendants. « Le peuple dahoméen, écrivait à cette époque le colonel Dumas, ne regrette pas l’ancien régime... L’hostilité latente que nous rencontrons dans l’entourage d' Ago-li-Agbo provient de ce que les anciens fidèles de Béhanzin qui le composent regrettent les abus dont ils bénéficiaient. La population qui n’en profite guère et qui est pressurée par ses chefs à défaut des esclaves nagots que nous avons libérés, nous préfère à ses maîtres indigènes. Les Dahoméens enrôlés dans nos rangs seraient probablement fidèles comme les Sénégalais. » De son côté, M. Ballot, tout en préparant les missions qui devaient successivemenl le conduire àCarnotville et à Boussa
appréciait la situation politique en ces termes dans son rapport du 21 août : « A Porto-Novo, à Cotonou, à Grand-Popo et à Agoué, ainsi qu'à Guidait et à Allada, la tranquillité est assurée. Les relations entre les rois d'Abomey et cl’Allada sont devenues plus cordiales. Les quelques conflits qui ont attiré à un certain moment notre attention, et qui avaient pris naissance à la suite d'une contestation de territoires, sont terminés. Les limites fixées par les traités des 29 janvier et 4 février sont aujourd'hui respectées de part et d’autre et les droits de chacun établis et surveillés par les résidents chargés de l’exercice du protectorat à Abomey et Allada.
(( La partie du royaume d’Abomey située entre le Zou et l'Ouémé comprenant surtout les villages de Cové, Zagnanado, Agony reste encore quelque peu troublée. Bien qu’aucune manifestation sérieuse n’ait, été signalée, il n’en existe pas moins contre Ago-li-Agbo une sourde hostilité qui ne s’explique que par le désir qu’ont les habitants de ces pays de conserver une indépendance et gune neutralité entières iS-à-vis d’Abomey. Comme leurs voisins du Haut-Ouémé ils voudraient être directement administrés par nous.
« La région d’Abomey, quoique légèrement troublée, n'oft're aucun caractère inquiétant. Après les opérations d'Abomey et la délivrance du territoire, il fallait évidemment s'attendre, pendant quelque temps encore, sinon à une situation très tendue, tout au moins à une période d’agitation. En quelques mots, on peut résumer ainsi la politique actuelle d’Abomey :
« Aglo-li-Agbo a pris le pouvoir dans un pays réduit et devenu presque pauvre par les nécessités de la guerre. Afin de conserver le luxe et le prestige qui entouraient l'ancien roi, il a exigé de ses sujets, et même de ses voisins, des charges auxquelles ceux-ci ne pouvaient répondre. Ces exigences ont provoqué des mécontentements sérieux et des divisions dont hs derniers partisans de Béhanzin ont profité pour créer des
Hôtel du Gouvernement, à Porlo-Novo
intrigues, combattre l'influence d’Ago-li-Agbo et provoquer même une immigration. D’autre part, le roi d’Abomey ayant à différentes reprises essayé d’imposer sa souveraineté sur les territoires voisins devenus indépendants par le traité du 29 janvier a, par ce moyen, rendu encore plus difficile sa position vis-à-vis des chefs influents jaloux de leur autonomie. Souvent rappelé à l’ordre pour ces questions d’empiètement de territoires, il semble aujourd’hui comprendre l’inutilité de ses prétentions, mais il reste chez ses sujets, comme chez ses voisins, une impression que le temps et une attitude plus correcte de sa part feront peu à peu disparaître. »
Le 20 décembre 1894, avant de partir pour son deuxième voyage de Cotonou à Boussa, M. Ballot écrivait au ministre : « La situation politique de la colonie peut être considérée comme très bonne. Si quelques régions conservaient, il y a peu de temps encore, la crainte du Dahomey, à la chute absolue duquel personne ne voulait croire, le dernier voyage que j’ai entrepris et au cours duquel je me suis attaché à rassurer les esprits dans tous les centres que j’ai traversés, a donné à tous la confiance indispensable pour permettre de reprendre les travaux et rendre au pays sa prospérité d’autrefois.
« La création de postes militaires sur plusieurs points de la colonie (Kétou, Badagba, Agoua, Dadjo et Carnotville) et l’installation définitive des résidents de Savalou, Sagon et Athiémé, qui ont pris récemment possession de leur poste, ont prouvé aux indigènes la puérilité de leurs craintes.
« Aujourd'hui, chacun a repris ses occupations : les champs sont cultivés à nouveau et les commerçants circulent librement dans tout le Dahomey.
« Gomme j'ai eu l’honneur de vous l’écrire dans le rapport de mon voyage dans le Haut pays, j'ai pu m’assurer par moi-méme que nous n’avions plus rien à redouter du royaume d’Abomey. Si quelques manifestations se produi-
sent encore dans la province d’Agony la cause première en est le recrutement des nombreux porteurs qu’il a fallu prélever dans ces villages pour le transport des grandes quantités de vivres nécessaires aux missions.
« 11 ne faut pas perdre de vue également que la population de toute cette contrée, ayant longtemps espéré acquérir son indépendance, en récompense de sa bonne attitude pendant l’expédition, supporte avec peine le joug très lourd de ses anciens oppresseurs. Nous serons obligés, avant longtemps, afin d'éviter de nouveaux troubles, de séparer la province d’Agony du royaume d’Abomey ».
Trois nouvelles tentatives de soulèvement contre l’autorité d’Agoliagbo ayant encore eu lieu, dans cette région, soulèvements occasionnés par les exactions et les cruautés du roi d’Abomey et de ses Cabécères, le gouverneur, afin d’assurer la tranquillité et après en avoir obtenu l’autorisation du Ministre des Colonies, se décida à proclamer le 3 septembre 1895 l’indépendance de la province d’Agony-Zagnanado.
Nous reproduisons ci-après le texte de l'arrêté du 3 septembre 1895.
ARRÊTÉ
Le gouverneur du Dahomey et dépendances, commandeur de la Légion d’honneur ;
Vu le traité passé le 2J janvier 1894, entre le général Dodds, commandant supérieur des établissements français du Bénin, au nom du gouvernement français et Ago li-Agbo, roi du Dahomey ,
Vu l’arrêté ministériel en date du 22 juin 1894, déterminant les divisions politiques et administratives de la colonie du Dahomey et dépendances;
Vu l’acte en date du 21 juin 1895 par lequel le roi Ago-li-Agbo renonce à toute autorité sur la province d’Agony annexée à son royaume par le traité du 29 janvier 1891 précité;
Vu le télégramme ministériel en date du 31 août approuvant ledit acte;
Le Conseil d’administration entendu ;
Article premier. — Le territoire d’Agony, compris entre l’Ouémé et son affluent le Zou, limité au nord par la rivière Paco et le territoire de Paouignan est déclaré indépendant du royaume du Dahomey et placé directement sous l'autorité exclusive du résident de Sagon.
Art. 2. — Le pays d’Agôny devenant province du protectorat de Ouéré- Ketou, ce protectorat sera dorénavant dénommé : Agony-Ouéré-Ketou.
Art. 3 — Dossou-Sdeou, chef de Gové, est nommé chef supérieur de la province d'Agony.
Art. 4. — Le présent arrêté sera affiché partout au besoin et sera inséré au Journal Officiel de la Colonie.
Porto-Novo, le 3 septembre 1895.
Victor Ballot.
Organisation administrative et financière. — Le budget local de l'exercice 1894 avait été arrêté à la somme de J ,380,000 francs.
La situation financière était fort satisfaisante au moment de l’arrivée du gouverneur. « Pour ce qui est du budget en cours, écrivait le chef de la colonie, sa situation à l’époque de l'année à laquelle nous nous trouvons est des plus favorables. Le mouvement ascensionnel que l'on constate dans les transactions commerciales de la colonie ne peut que s'accroître, étant donné les efforts que l'administration fait pour développer et étendre le plus possible les relations entre les populations de l'intérieur, ainsi que la grande liberté dont jouissent les commerçants. Lorsque des routes auront été construites, de manière à mettre facilement en communication tous les points de la colonie, les transactions deviendront plus importantes et la prospérité de la colonie sera ainsi assurée. Tous mes efforts tendront vers ce but. »
Procédant à la mise en application des textes qui précèdent et particulièrement du décret dn 22 juin 1894, le gouverneur délégua ses pouvoirs financiers au secrétaire général. 11 constituait d’autre part son cabinet comme suit : 1° secrétariat (administrateur Fonssagrives) ; 2° affaires politiques (administrateur Alby) ; 3° Affaires militaires (capitaine d’artillerie Mounier.) En même temps, par décision du 1er août, le lieutenant colonel Nény, de l’infanterie de marine,
■était nommé définitivement commandant supérieur des troupes du Dahomey pendant que le commandant Goldsehœn prenait le commandement de la région de Porto-Novo. Enfin, par un arrêté du 20 août 4894, M. Ballot créait un poste île délégué du gouverneur à Cotonou de manière à y réunir sous une même autorité les différents services jusque là indépendants les uns des autres. La flottille seule commandée par
Hôtel du secrétaire général, à Porto-Novo
le lieutenant de vaisseau Germain restait en dehors del’action du délégué de Cotonou et recevait directement les ordres du gouverneur.
Au cours de l’année 1894 et de l'année 1895, le gouverneur prit un grand nombre de dispositions administratives qu’il serait trop long de citer en détail. Nous énumérerons seulement quelques-uns de ces actes, les autres trouveront leur place dans l'exposé des différents services. Arrêté du 30 oc-
tobre 1894 sur lesagencesspéciales. Arrêté du 23 novembrelS94 fixant les honoraires du fonctionnaire chargé du notariat. Décisions diverses créant de nouvelles agences spéciales et une caisse des menues dépenses au secrétariat général; arrêté du 1er novembre 1894 sur la franchise postale et télégraphique dans la colonie. Décisions du 24 octobre 1894 fixant les divers postes ou garnisons du Dahomey. Arrêté du 8 novembre réglant les pénalités applicables aux Européens dans la garde indigène. Arrêté du 17 décembre 1894 établissant des droits de greffe au profit de la colonie. Arrêté du 17 décembre établissant des droits d’enregistrement. Arrêté du 27 décembre fixant les honoraires du greffier. Décision du 20 décembre 1894 supprimant les fonctions de commandant supérieur des troupes conformément aux instructions du Ministre et remplacement par un chef de bataillon, commandant des troupes. Arrêté du 8 février 1895 fixant à nouveau les taxes de consommation. Arrêté du 7 mai 1895 rappelant et remettant en vigueur l’arrêté du 17 septembre 1890, sur les poids et mesures. Arrêté du 18 août 1895 supprimant la délégation du service administratif à Ouidali et transportant l'ensemble du service administratif à Cotonou. Arrêté du 16 septembre 1895 répar tissant à nouveau le personnel de la garde indigène, etc.
Service cle santé. — Le service de santé est dirigé au Dahomey par un officier du corps de santé des colonies, du grade de médecin principal, qui exerce son autorité dans les conditions prévues par le décret organique du 7 janvier 1890, constituant ie corps de santé des colonies et pays de protectorat et l’arrêté ministériel du 10 mars 1897 sur le fonctionnement des hôpitaux coloniaux.
Les établissements hospitaliers du Dahomey sont entièrement à la charge du service local. Ce sont :