‹ Notice sur le DahómeyChapitre 53 sur 61 · MOIS · texte numérisé non relu

MOIS

Janvier .

Février .

Mars .

Juillet . .

Août . .....

'Ti p

Novembre .

Décembre .

rivicre Adjarrjl

lut très mauvaise pour les cultures comme étant trop sèche, tandis qu’au contraire l'année 99 avec 128 jours et 0 m. 901 d'eau seulement répartis en petites pluies bien absorbées, parait devoir fournir une très bonne récolte au commencement de 1900.

Les cours d'eau du Dahomey ayant généralement de iortes pentes ne sont navigables que sur une faible partie de leur cours; la saison des pluies les influence d’une façon très considérable et la différence est extrême entre la crue et l’étiage, mais comme ils sont divisés en biefs par des roches il n’y a pas coïncidence entre la crue et les pluies, les eaux devant remplir les biefs et les innombrables marigots qui parsèment la région avant de descendre vers la mer,

Les principaux cours d’eau du Dahomey sont, en commençant par l’Est, l'Ouémé,le plus important de tous, qui prend sa source dans la chaîne de l’Attacora. Ces montagnes servent de ligne de partage entre les affluents du Niger, des Volta et des rivières qui descendent à la côte. L’Ouémé reçoit : sur sa rive gauche l’Ocpara, qui, de Diabata, au 9e degré, sert de frontière entre le Dahomey et l’Agos — sur sa rive droite le Zou.

On rencontre ensuite en allant vers l’Ouest la rivière de So, qui se perd dans le lac Mokoué, le Gouffo et enfin le Mono qui se jette à la mer devant Grand-Popo après avoir, sur une partie de son cours, servi de frontière entre le Dahomey et le Togo.

La tension électrique est généralement très forte au Dahomey et les orages y sont fréquents surtout dans les pays du Nord, mais les années semblent d’autant plus orageuses que les pluies ont été moins abondantes.

Ainsi on constate :

En 1897 jours orageux : 56 ; pluies 0 m. 928.

En 1898, jours orageux : 22 ; pluies 1 m. 637.

En 1899, jours orageux : 187 ; pluies 0 m. 901.

Le bac d'Atchoupa (banlieue de Porto-Novo)

L ' a nnée 1899 fut particulièrement orageuse et le réseau télégraphique de la Colonie eut à en souffrir considérablement.

Parmi les différentes manifestations de l’électricité atmosphérique, la plus remarquable est la tornade qui ne rappelle qu’en petit le cyclone des alizés.

Voici la marche habituelle au météore.

Par temps calme, on aperçoit tout d’abord, sous un ciel pur ou chargé, une bande de nuages en forme d’arc. Ces nuages, légers sur le bord de l’arc, deviennent de plus en plus noirs en approchant du centre et s’interrompent brusquement pour emprisonner un segment de cercle gris pâle, où brillent des éclairs.

Cet arc monte peu à peu; tout à coup, un vent violent arrive du côté de la tornade et cette dernière envahit brusquement tout le ciel. La pluie tombe avec violence, le vent fait rage, le tonnerre est au zénith. Ensuite, le vent cesse subitement, la pluie diminue d’intensité, le tonnerre s’éloigne, puis se rapproche encore, la pluie augmente, une brise faible et contraire au premier vent se lève ; alors, le tonnerre s’éloigne, la pluie cesse et la tornade s’en va se perdre à l’horizon, marchant contre la brise. La durée totale du phénomène est de trois quarts d’heure à deux heures. Les tornades sont plus courtes et plus rares pendant la saison sèche, plus longues et plus fréquentes quand on approche de la saison des pluies. Quand cette dernière est établie, elles disparaissent habituellement pour faire place à des orages ordinaires à marche normale.

Hygiène (1). — Le Dahomey réalise, dans son type le plus pur, le climat de la zone intertropicale. La permanence de la chaleur humide, à peine atténuée aux saisons qualifiées sèches et qui elles-mêmes, sauf aux jours d’harmattan, ne sont que

(1) Les renseignements qui suivent ont été' recueillis et rédigés par M- le L)r Paul Gouzien, médecin principal des colonies, chef du service de santé de la colonie du Dahomey.

des périodes de moindre humidité,' la tension- de la vapeur d’eau jointe à un état électrique subcontinu de-l'atmosphère, les influences telluriques diverses créent, à de certains moments, chez l’Européen qui habite ces conlrées, un état particulier de l'organisme caractérisé par de la paresse digestive, pouvant aller jusqu'à l'embarras gastrique fébrile, de la congestion des viscères abdominaux (foie et rate surtout), une inappétence de durée variable et un certain degré d’apathie intellectuelle. Ces phénomènes, qui se manifestent plus spécialement aux changements de saison (avril, mai, octobre, novembre), constituent, à proprement parler, l'état bilieux , autour duquel gravitent et se groupent la plupart des affections qui composent la physionomie pathologique de l'Ouest africain.

Les précautions hygiéniques à prendre par l’Européen devront surtout avoir pour objet de modérer, dans la mesure compatible avec les exigences de son service ou de ses affaires, les influences nocives du climat. 11 peut beaucoup à cet égard, une bonne part des malaises ou des maladies auxquels il est en butte n’étant que la conséquence d’un mode de vie mal équilibré, qui vient aussi souvent de l'inexpérience que de l'imprudence.

Certes, le Dahomey, pas plus que les pays voisins, ne parait destiné à devenir avant longtemps une colonie de peuplement direct. Lgs Européens, quant à présent, ne peuvent songer à y faire souche; car, à de rares exceptions près, la santé de la femme blanche s'accommode fort mal de son climat; rapidement, elle, s’anémie, ses fonctions spéciales sont diversement troublées, et il est rare qu’elle puisse, sans inconvénient, y prolonger son séjour au delà de six mois.

« Mais, pour le moment, et sans préjuger ce que sera l’avenir, da seule préoccupation de l’Européen immigrant au Bénin doit être d'y vivre, d'y résister. Il est évident qu’il ne peut actuelle

ment songer à y résider d'une manière permanente. Un séjour de deux années consécutives à la côte est une moyenne qu'il ne convient pas, en principe, de dépasser, et bien souvent le rapatriement des fonctionnaires s’impose entre douze et dix-huit mois.

Mais si le paludisme et les diverses influences combinées, qui rendent l’anémie presque fatale au bout d’un temps relativement court, ne permettent pas à l’Européen de prolonger son séjour colonial au delà de certaines limites, il n’est pas sans intérêt de remarquer que le climat de Dahomey ne laisse habituellement pas de traces profondes, se traduisant par des lésions organiques graves, chez ceux qu’elle oblige à quitter prématurément ses rivages insalubres; en sorte qu’en faisant alterner convenablement les séjours à la côte, avec desjpériodes de repos suffisantes en climat tempéré, la plupart de nos fonctionnaires et commerçants arrivent à y résister de telle manière que l’on peut considérer le Dahomey comme étant, au point de vue de l’hygiène, une bonne colonie d’exploitation.

Il serait oiseux d’insister sur les dangers pouvant résulter de l’action du soleil des tropiques sur l’organisme européen. Ici, autant qu’ailleurs, il importe de s’en défendre avec une attention persistante. A moins de nécessité, il vaut mieux éviter de sortir, ou du moins de séjourner au soleil entre onze heures du matin et trois heures de l’après-midi. Mais il convient de remarquer qu’il y a là une question d’accoutumance et d’acclimatement, car nombre d’employés des travaux publics et d’agents de factoreries qui s’exposent, par métier, à l’insolation directe, en subissent rarement de fâcheux eflets, a la condition expresse cependant de s’astreindre systématiquement au port d’un casque confortable à larges bords retombants et de ne point s’adonner à l’usage des boissons iortes. On a assurément moins à redouter, dans ces conditions, de

l'action solaire, que si, aux heures où le soleil est encore haut, on s’y expose avec une coiffure trop légère, protégeant mal la nuque et les yeux. 11 est probable que ce n'est pas à une autre cause qu’il faut attribuer les maux de tête rebelles, compliqués d’insomnie, d’embarras gastrique et parfois d’accidents plus graves dont se plaignent souvent les Européens et qu’un peu d’attention et de prudence eussent pu leur éviter.

Au-dessus de l’insolation, dont il est, en somme, assez facile de se garantir en dehors de certaines circonstances exceptionnelles, le paludisme joue un rôle prépondérant parmi les influences endémiques capables d’entraver les efforts de l'Européen qui cherche à s’acclimater au Dahomey. Mais ici encore, il a les moyens de se défendre efficacement en observant une bonne hygiène et en évitant, autant qu'il est en son pouvoir, les occasions propres à favoriser le développement de l’infection malarienne : promenades le soir sur les bords de la lagune ou, de grand matin, à travers les brouillards qui s’élèvent du sol, excursions cynégétiques, excès de spiritueux ou d’alimentation qui, par la fatigue qu’ils imposent à l’estomac et aux intestins provoquent et préparent la voie à l’intoxication palustre. 11 devra se mettre également en garde contreles diverses causes de refroidissement, surtout fréquentes aux changements de saison et pendant les brises d’harmattan, époque que la faible élévation des eaux dans la lagune et un ensemble de conditions climatériques, dont la détermination est encore obscure, rendent éminemment propices à l’éclosion de la malaria dans ses formes variées et, spécialement, de la fièvre bilieuse hématurique, une des affections les plus redoutables de la côte occidentale d’Afrique.

C’est surtout à de telles époques qu’il conviendra, à côté de certaines mesures générales de précaution, telles que le port delà flanelle ou d’un tissu de coton fin sous la chemise, de faire un usage méthodique de la quinine à titre préventif.

Sans vouloir entrer dans le débat d'une question aussi controversée, nous dirons qu'à cet égard deux opinions dominent: celle qui consiste à préconiser l’emploi journalier du sel quinine à doses faibles (10 à 20 centigrammes), — c’est la pratique habituelle des missionnaires, dont plusieurs sont indemnes d’accidents palustres, — et la méthode des doses plus fortes, prises à intervalles espacés. Cette dernière prévaut actuellement, surtout depuis les récents travaux du savant allemand Koch. On prend, par exemple, 50 centigrammes de quinine tous les 5 jours ou 75 centigrammes toutes les semaines, de préférence au repas du soir, et cette pratique que tout nouvel arrivant peut adopter, au moins pendant les premiers temps d’acclimatement, est surtout recommandable aux sujets déjà éprouvés parle paludisme, Mais ce précepte n’a rien d'absolu, et, nous serions porté, pour notre part, à nous écarter de ce type régulier d’administration de la quinine, la périodicité des prises provoquant chez certains sujets de légers malaises cédant à la quinine elle-même; aussi conseillerions-nous plus volontiers une imprégnation en quelque sorte discontinue de l'organisme par le spécifique antimalarien, afin d'éviter ces appels qui font songer, dans une mesure fort atténuée sans doute, aux sollicitations plus pressantes du morphinisme ou .le l’éthérisme.

On pourra donc faire succéder les prises dans un ordre plutôt irrégulier, par exemple en les séparant par des intervalles de cinq jours, puis neuf, puis sept etc..., et en graduant les doses d’après ces intervalles, de manière à assurer la permanente intluence de l'agent médicamenteux.

En dehors de cet emploi systématique de la quinine, on se trouvera bien d’y recourir, toujours à titre palliatif, dans les circonstances où son emploi paraîtra utile, soitpour combattre une indisposition légère qui n’est souvent qu’un symptôme avant-coureur de la fièvre, soit pour se prémunir contre les

influences malariennes auxquelles on peut se trouver occasionnellement exposé: voyages en lagunes, explorations, marches forcées sous la pluie...

La fièvre bilieuse hématüriqtje est une des affections les plus graves qui se rencontrent au Dahomey. C'est aussi l'entité morbide la plus fréquemment observée. Fort heureusement, on dispose aujourd’hui, pour la combattre, d’un ensemble de moyens des plus efficaces et parmi lesquels la sérothérapie artiftcime ou, pour mieux préciser, la solution physiologique de sel marin (7 pour 1000), en lavements ou en injections hypodermiques massives, tient la première place. Cette médication nouvelle, érigée en méthode ordinaire de traitement, a donné au Dahomey des résultats particulièrement encourageants et tels que cette affection, naguère fort redoutée des Européens, est en voie de perdre une bonne partie de sa fâcheuse renommée.

Une plante du pays que les indigènes connaissent sous le nom d 'Ahouandèmè (Djedji), Rere (Nago), et qui n'est autre que le Cassia Occidentales, de la famille des légumineuses, assez répandue dans plusieurs autres contrées de l’Afrique et du monde, parait également douée de propriétés spécifiques assez remarquables contre l’agent pathogène de la « fièvre à urines noires ». 11 résulte, en effet, d’essais récemment effectués au Dahomey, que la décoction de feuilles de cel le plante, prise à haute dose, dès le début de l’affection, amène fréquemment l’arrêt rapide, presque immédiat de l'évolution morbide, arrêt qui se traduit objectivement par l’éclaircissement des urines et leur émission en plus copieuse quantité.

Au demeurant, sur plus de cinquante cas de fièvre bilieuse hématurique traités dans ces trois dernières années, tant à Porto-Novo qu’à Cotonou et dans les autres postes médicaux de la colonie, aucun n'a été suivi de décès. Les quelques ca-° de mort survenus dans les localités dépourvues de médecin.

ù les moyens de traitement sont souvent des plus précaires ne feraient que confirmer l’efficacité de la médication nouvelle, devenue en quelque sorte classique dans les établissements hospitaliers du Dahomey ; pour ne citer que l’année 1809, les 25 cas observés, dont 9 particulièrement graves, se sont terminés par la guérison.

D’ailleurs, indépendamment de ce fait, que nous avons tenu à mettre spécialement en évidence, la statistique générale de mortalité, par causes endémiques, dans la colonie du Bénin, devient de plus en plus favorable, au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la période de conquête et que se multiplient les efforts de l'Administration en vue d’améliorer, par des travaux d’ordre public, les conditions d’hygiène générale et de salubrité de la Colonie. La future construction d’une ligne de chemin de fer réalisera encore, à cet égard, un progrès appréciable, eiratténuant les fatigues du voyage pour les fonctionnaires que leur service appelle dans les postes du Nord, et en facilitant le ravitaillement de ces derniers.

11 sera nécessaire également de prévoir, pour un avenir prochain, l’établissement d’un sanatorium sur un des points les plus salubres, les plus élevés, les mieux cultivés de la Colonie où l’eau de consommation soit saine et abondante, les ressources locales suffisantes pour alimenter un certain nombre d’Européens convalescents. Sous ce rapport, le poste de Zagnanado situé à environ 120 kilomètres de Porto-Novo, à 45 kilomètres d’Abomey, non loin du fleuve Ouémé semble particulièrement indiqué, car il réunit dans leur ensemble la plupart des conditions précitées et sera, en outre, fort peu distant de la voie ferrée projetée. Actuellement, les convalescents sont habituellement dirigés sur Cotonou. Ils y trouvent, avec le repos, l’air vivifiant des bords de la mer et font ainsi provision de forces pour affronter à nouveau les régions moins salubres d’au-delà des lagunes. Mais cette localité est loin de répondre

au Lut d’une station sanitaire type, et il est notamment une période de l'année, celle de décembre à février, correspondant aux brises d'harmattan, pendant laquelle les émanations delà lagune, balayées par le vent de N. E., traversent, avant de gagner la mer, la bande de sable qu’occupe la ville de Cotonou, occasionnant une recrudescence de paludisme et, à peu près toujours, d’accès bilieux hématuriques.

Poursuivant l’énumération des maladies endémiques au Dahomey, nous dirons que la dysenterie y est assez rare et cède facilement au traitement ordinaire. Le foie, si souvent en cause dans la pathologie de ces contrées, n'est pourtant que très rarement le siège de lésions graves.

Une affection assez commune depuis quelques années à la Côte est V obstruction intestinale spasmodique , caractérisée par une stase fécale, dont la durée moyenne est de trois jours et qui paraît due à une contracture nerveuse de l’intestin. Celte maladie, qui a de grandes analogies avec la colique sèche des pays chauds, est extrêmement douloureuse, d’allure inquiétante, mais sans gravité immédiate, et n’atteint, en général, que les sujets déjà passablement anémiés par le climat. Comme elle récidive le plus souvent, et que chaque crise accentue l’état de faiblesse du malade, le rapatriement s'impose dans le plus bref délai.

Le tétanos existe à l’état endémique dans la colonie ; plusieurs Européens ont succombé à cette affection au cours de l’expédition de guerre, et les indigènes lui paient annuellement un assez lourd tribut. C’est ainsi au’en 1897. cina décès de ce genre ont eu lieu à l’hôpital de Porlo-Novo. Depuis que nous employons systématiquement les injections sous-cutanées de sérum antitétanique, à titre préventif, dans les lésions traumatiques graves, notamment quand il s’agit de plaies anfractueuses, souillées par la terre et autres corps étrangers

«le 'nature suspecte, aucune. complication semblable ne s’est produite dans nos postes médicaux de la Colonie.

Ln lèpre, sans être très répandue au Dahomey, atteint pourtant un assez grand nombre de noirs. On n’en cite pas de cas chez les Européens. La création prochaine d'une léproserie aux environs de Porto-Novo permettra de- surveiller les malades de cette catégorie et de prévenir la dissémination de cette endémie redoutable.

Quant aux morsures de serpents, elles sont fort rares, bien que le pays .régorge . de reptiles, parmi lesquels certaines espèces dangereuses, telles que le trigonocéphale, le serpentminute et le serpent-cracheur. Aucun décès, à notre connaissance, ne relève de cette cause.

Les affections épidémiques sont rares à la Côte des Esclaves. On n’y connaît ni le choléra, ni la peste, ni la fièvre jaune, Quelques cas d'influenza y ont été observés. Par contre, la variole sévit gravement sur les indigènes, mais les Européens, qui tous ont été vaccinés, au moins une fois, en sont généralement indemnes. On signale, de temps à autre, une épidémie de rougeole chez les enfants.

Parmi les' [affections, parasitaires les plus fréquentes, nous citerons le ver de Guinée, le ver du Cayor ( Dermalobia ). la puce chique, le c raic-craïc . La g. ale y .est assez rare, l'indigène, étant relativement soucieux de sa. propreté corporelle. Les parasites intestinaux ( ténias . lombrics , strongles) sont d’observation courante chez les noirs.

La furonculose apparaît à de certaines époques, surtout aux changements de saison, par poussées subites, atteignant aussi bien les tempéraments lymphatiques, affaiblis par l’anémie, que ceux qui se distinguent par des dispositions contraires. Cette affection, ordinairement bénigne, a, dans un cas, nécessité le rapatriement.

Mottillc du Dahomey : canonnière Onyx

Quelle est l’époque de l'année la plus favorable à l'acclimatation des Européens au Dahomey? Sur ce point, les avis sont assez partagés, les uns préférant la saison sèche et très chaude (décembre à février) parce que leur tempérament s’en accommode mieux ; les autres, pour un motif analogue, la saison des fortes pluies, où la température subit une baisse notable et se rapproche davantage de celle de nos climats, l'état hygrométique se maintenant toutefois à un taux fort élevé et souvent voisin du point de saturation. Nous nous rangerions assez volontiers à cette seconde opinion qui, d’ailleurs, est la plus communément admise. Juillet, août et septembre sont généralement réputés les mois les meilleurs de l’année, et l’époque la plus propice à l’acclimatation de l’Européen nous paraît être la fin du mois de juin, le nouvel arrivant ayant ainsi devant lui une longue série de beaux jours pour permettre à son organisme de se façonner au milieu nouveau où il est appelé à vivre.

C’est souvent du quatorzième au vingtième jour de son débarquement dans la colonie que l'Européen éprouve les premières manifestations du paludisme. Cependant, l’usage hâtif de la quinine préventive peut retarder la date d’éclosion du premier accès, et l’on rencontre même des tempéraments absolument réfractaires à la malaria.

Chez un certain nombre de sujets, si la quinine n’intervient à propos, la fièvre se reproduit à des intervalles assez réguliers — habituellement quinze jours ou trois semaines — et l'accès lui-même a une durée de trois jours, ou, pour parler plus exactement, se compose d’une série de trois accès quotidiens, séparés par de courts moments d’apyrexie. C’est là un type assez communément observé; mais, fort heureusement, les choses ne vont pas toujours de même. Et par une hygiène bien entendue, en évitant surtout les écarts de régime et toutes autres causes capables d’affaiblir sa résistance au

climat, l’Européen pourra passer de longs mois sans indisposition notable et mener à bonne fin son séjour colonial, s'il ne s'obstine pas à le prolonger au delà de dix-huit mois à deux ans, terme maximum, dans les conditions de vie ordinaires.

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