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CHAPITRE VIII

Agriculture. — Commerce. — Industrie

AGRICULTURE. COMMERCE. — ■ INDUSTRIES DIVERSES. — VOIES DE COMMUNICATION. — CENTRES COMMERCIAUX. — MAIN D’ŒUVRE. — PRIX DE REVIENT.

Agriculture. — Dans un rapport adressé au département le 2 décembre 1899, au sujet des concessions territoriales qu'il

Palmiers à huile

Serait possible d’accorder au Dahomey, M. Pascal, secrétaire général de la Colonie divise nos possessions dahoméennes

en trois zones au point de vue agricole : 1°, la zone des palmiers: de la Côte à Savalou; 2°, la région comprise entre le parallèle de Savalou, le Togo, la chaîne de l’Atacora, le Niger et la frontière anglaise ; 3°, le Gourma.

1° Zone des palmiers. — Cette région où sont situées les villes très importantes de Porto-Novo,Ouidah, Agoué et Grand- Popo est. sinon bien arrosée, du moins constamment humide. A peu de distance du sol on trouve en effet l’eau provenant des infiltrations de la lagune et des rivières Ouémé, Zou, So, Couffo etc... La terre, riche en humus, est propre à toutes les cultures, café, cacao etc... ; mais la richesse de cette région, la seule exploitée au Dahomey, est due au palmier à huile qui pousse presque partout et forme de véritables forêts. Dans les parties de cette zone dépourvues de palmiers on rencontre des cultures d’ignames, de manioc, qui servent à l’alimentation des indigènes. En raison de sa richesse cette région est extrêmement peuplée ; on ne fait pas un kilomètre sans rencontrer quelque village. Il ne faut donc pas songer à accorder des concessions importantes près du littoral, la terre atteint partout un prix élevé et chaque palmier a un propriétaire.

A partir de Zagnanado et jusqu’à Savalou les palmiers sont moins nombreux mais le pays est néanmoins très peuplé. Cette contrée, voisine d’Abomey, a été souvent dévastée et bien des villages ont été détruits par les anciens rois ou abandonnés par les habitants. Depuis que la France a pris possession du Dahomey, la confiance est revenue et beaucoup d’indigènes réfugiés à Lagos ou dans les forêts voisines de cette colonie reparaissent dans le pays. En allant de Zagnanado à Savalou on trouve encore des palmiers, mais enpetite quantité. Cependant, d’après les indigènes, la terre se prêterait très bien à la culture de cet arbre. Ce sont les rois du Dahomey qui, paraitil, l’auraient fait disparaître autrefois afin de diriger plus facilement leurs guerriers chez les Mahis et sur la rive gauche de

l’Ocpara où ils allaient chercher leurs esclaves. Actuellement les indigènes cultivent seulement le maïs el l'igname.

En résumé, la prospérité du bas Dahomey est due auhléveloppement de l’agriculture et celle-ci ne réalisera des progrès rapides que si les terres disponibles sont distribuées par petites surfaces à des personnes ayant l'intention sincère de mettre leurs concessions en valeur. 11 faut éviter à tout prix de faire appel aux spéculateurs qui n'ont d’autre but que de réa-

Alarché de Savalou

liser de faciles bénéfices en cédant à d’autres des terrains qui ne leur ont rien coûté.

2° Région comprise entre le parallèle de Savalou, l'Atacora et le Niger. — Dès qu’on a dépassé Savalou, le palmier disparait et est remplacé par d'autres essences parmi lesquelles il convient de citer le karité. Cet arbre fournit une sorte de beurre végétal employé parles indigènes pour l'alimentation et l'éclairage. Cette substance graisseuse pourrait être utilisée comme l'huile de palme. Juqu’à présent le karité n'a pas été

exploité commercialement faute de moyens de transport .

Donc, tant que le chemin de fer projeté n'aura pas été construit, il sera impossible de créer dans le haut Dahomey des exploitations agricoles. Le haut Dahomey ne peut servir actuellement qu’à produire les aliments nécessaires à la nourriture des indigènes qui l’habitent. La terre, presque partout recouverte de hautes herbes, est fertile mais le mil, l’igname et le maïs sont les seules cultures des habitants. De nombreux villages peuhls existent aux environs des villages baribas et font de l’élevage. Les bœufs du haut Dahomey sont de haute taille et constitueront plus tard une source de richesses importante si d’une part un chemin de fer permet de faire descendre le bétail, et si d’autre part la Colonie peut trouver le moyen de l'exporter.

3° La région clu Gourma. — Cette région est d’aspect triste. La riche végétation des autres parties du Dahomey fail défaut. Le sol est ferrugineux, la terre sèche, sans humus. Les arbres sont rares et de petite taille. Le mil est la seule culture du pays. Cette contrée étant complètement inondée pendant la moitié de l'année, l'herbe pousse partout et sert à la nourriture de nombreux troupeaux de bœufs et de moutons. Dans le nord, les villages sont nombreux, mais les habitants des localités où résident les chefs sont pillards et ne prendront pas de longtemps l’habitude d’une existence paisible consacrée à la culture du sol ; ils laissent ce soin aux peuhls dont les cases, cachées dans la brousse, échappent à la-vue. Ces derniers sont essentiellement nomades et n’hésitent pas à quitter le pays avec leurs troupeaux lorsqu’ils estiment trop forte la dime prélevée sur eux par les chefs gourmabés dont il dépendent.

Les principaux produits cultivés dans la colonie du Dahomey sont :

Noix de palme. — Le palmier à huile produit, les bonnes

années, de 12 à 14 régimes de noix de palme, d’environ 1 5U noix chacun.

La récolte se fait durant les mois de janvier, février, mars et avril. — Une seconde récolte, toujours inférieure à la première, a lieu en août et septembre.

Le rendement d'un palmier est estimé de 4 à 5 francs par

Fabrication de l'huile de palme

an. Souvent les propriétaires louent leurs arbres à des cultivateurs à raison de 2 fr. 5U par pied et par année.

La récolte se fait en coupant sur l’arbre chaque régime d’où l'on extrait les noix une à une.

Huile de palme. — Les noix de palme arrivées à pleine maturité sont réunies dans un vaste récipient, très souvent une pirogue remplie d'eau, où elles sont écrasées soit avec les

pieds, soit avec les mains. Hommes, femmes et enfants participent à ce travail.

Après un repos d'environ 12 heures l'huile monte à la surface. Elle est recueillie, mise dans de grandes marmites et soumise à un feu violent pendant 24 heures. Après refroidissement, l'huile pure est soigneusement enlevée, les corps étrangers et l'eau demeurent au fond des marmites. L’huile peut ainsi être livrée au commerce où elle est vendue a raison de 5 à G fr. 50 la mesure de 20 litres, suivant les cours d’Europe.

Les principaux marchés d’huile de palmes sont: Marseille, ; Liverpool, et Hambourg.

Les huiles sont exportées soit dans des anciennes futailles ayant renfermé de l’alcool et d'une contenance de 450 litres, soit dans des futailles spéciales d'une contenance de 750 à 801) litres.

Les huiles de palme de tout le territoire de Porto-Xovo sont réputées comme très supérieures aux autres huiles de la Côte occidentale d’Afrique.

Pulpes. — Après avoir enlevé l’huile pour la soumettre à l’action de la chaleur, on retire des premiers récipients la pulpe des amandes de palme que les indigènes utilisent pour la cuisson de leurs aliments; aussi est-il impossible de s’en procurer au Dahomey. Sur la Côte d’Or anglaise, au contraire, on en expédie de grandes quantités en Europe où elles sont soumises à une action chimique qui leur fait rendre de 30 à 35 % d’huile de palme.

Amandes de palme. — En outre de la pulpe, après avoir extrait l'huile de palme, il reste le noyau de la noix de palme. Ce noyau est exposé aux rayons du soleil durant plusieurs jours afin d'obtenir un état de sécheresse parfaite. 11 est ensuite cassé entre deux pierres, à la main, et l’on relire l’amande de palme, dont le commerce est aussi important que celui de l’huile.

e marché de Zagnanado-Cové

Les amandes de palme sont expédiées en Europe, soit en vrac dans les cales des navires, soit en sacs de 70 à 75 kilogs.

Dans les pays de production les amandes ont une valeur de 150 à 200 francs la tonne de mille kilogs.

Les principaux marchés sont: Marseille, Liverpool et Hambourg.

En Europe, les amandes de palme sont triturées et donnent une huile abondante et incolore. Le tourteau provenant de cette trituration sert à la nourriture des bestiaux et principalement des porcs.

Kolah. — La kolali du Dahomey est facilement reconnaissable à ce que chaque fruit se divise en 4 et 5 parties. Elle est principalement récoltée à Abomey-Calavi et dans les environs, en septembre et octobre. Les plus gros fruits sont d’une.couleur rose tandis que les petits sont rouge vif; on en trouve même quelques-uns de blancs.

Le commerce en est peu important, les indigènes du bas pays étant seuls à en consommer. La kolah du Dahomey n'est pas appréciée en Europe. 11 y a quelques années on exportait énormément de kolah au Brésil. Les communications directes par voiliers ayant cessé , ce commerce est devenu nul. L’échange de la kolah entre indigènes est un gage d’amitié. Actuellement elle coûte de 2 fr. 50 à 3 fr. le kilogramme.

Coprah. — C’est seulement depuis trois années que les indigènes se sont aperçus qu’ils avaient plus d’intérêt à faire du coprah avec leurs cocos qu’à les employer pour la cuisine ou la nourriture des porcs ou de la volaille.

Malheureusement les cocotiers n’ont jamais été cultivés dans la Colonie et y sont peu nombreux; le commerce du coprah s’y trouvera donc fort limité.

Ce produit, quand il est sain et bien sec, se vend sur place 200 francs la tonne.

L’iiuile de coprah étant surtout employée pour la savonnerie, le meilleur marché d’Europe est Marseille.

Caoutchouc. — Jusqu’àprésent le Dahomey produit peu de caoutchouc. Les forêts d'Allada et celles qui sont comprises entre l’Ouémé et la frontière anglaise, contiennent cependant beaucoup de lianes produisant un caoutchouc d’excellente qualité. Malheureusement les indigènes les exploitent mal et n’en connaissent pas encore la valeur. Ils récoltent le latex

Marché de Tchaourou

pendant toute l’année, mais surtout en septembre, octobre et novembre.

La valeur courante du caoutchouc est de 5 fr. le kilog. Des efforts sont faits par l’administration pour augmenter la production du caoutchouc.

Indigo. — L’indigo se récolte dans tout le Dahomey, les indigènes l’emploient énormément, la couleur bleue étant la seule adoptée par la population. Sa valeur est de 2 à 3 fr. le kilog.

Haricots. — Une espèce particulière, petite et brune, est cultivée dans toutes les parties du Dahomey et sert à l’alimentation de la population.

Les semis se font en mars et avril ou en octobre. Les récoltes ont lieu en juin, juillet, décembre et janvier. La valeur marchande est de 30 à 40 centimes le kilogramme.

Arachides. — Sont peu cultivées, létaux des frets pour l’Europe n’en permettant pas l'exportation toute la récolte sert à la consommation des indigènes.

Les semis ont lieu en mars et avril. La récolte en juin et juillet. La valeur marchande est de 0 fr. 30 à 0 fr. 35 le kilogramme non décortiqué.

Maïs. — Le maïs est la culture la plus répandue dans tout le bas Dahomey dont le climat semble lui convenir particulièrement car les récoltes sont presque toujours très abondantes sauf quand les sauterelles ont passé, ce qui fort heureusement n'arrive que rarement.

C'est la base de la nourriture de la population, qui le réduit en farine et le consomme sous les formes les plus diverses. Il s'en récolte des quantités considérables.

Les indigènes cultivent et consomment indifféremment le maïs blanc ou le maïs jaune ; ils connaissent également le maïs rouge mais il est d'une culture et d’un usage peu répandus.

En général il se conserve mal et est rapidement attaqué par les insectes. Cela tient, tant à l’humidité de l'atmosphère, qu'au manque de soins des indigènes qui le récoltent généralement avant qu'il soit complètement mûr et ne prennent aucune précaution pour l’emmagasiner.

Sa valeur courante n'est que de 4 à 5 francs les 100 kilog. et si les indigènes apportaient plus de soin à le récolter il pourrait peut être supporter les frais du transport en Europe. Les semis se font soit en mars et avril, au commencement de la

saison de pluies, soit en octobre. Les récoltes en juin, juillet et en décembre et janvier.

Manioc. — La population indigène consomme aussi beaucoup de farine de manioc. Sa consommation semble même

Marché de Paouignan

depuis quelques années, augmenter au détriment de celle du maïs.

On plante le manioc par boutures en mars et avril, au début de la saison des pluies ; la récolte se fait en septembre. La valeur de la farine de manioc est d'environ 0 fr. 10 le kilogramme.

Le manioc vient remarquablement bien dans tout le Dahomey et il serait facile de l’exploiter en grand pour produire de

la fécule qui trouverait en Europe un débouché illimité à des prix rémunérateurs.

Mil blanc. — Le mil blanc se sème généralement en avril et sa culture demande certains soins.

Les indigènes opèrent de la façon suivante :

Au moyen d'une houe, ils tracent des sillons en rejetant 1a. terre au milieu de façon à séparer chacun d’eux par une arête vive qu'ils aplatissent ensuite légèrement avec le pied.

Dans cette terre fraîchement préparée, ils font des trous où ils placent une dizaine de graines qu’ils recouvrent de terre. Ils tassent ensuite la terre légèrement. La distance entre chaque semis est d’un pas et 0 m. 50 entre chaque bande.

Peu de temps après l'ensemencement des graines, quelques jours après qu’elles ont commencé à germer, on fait un piochage avec des houes du pays pour nettoyer et ameublir le sol durci par les pluies et le soleil. Dès que les plants ont pris une certaine consistance, on élimine ceux qui sont rachitiques afin de permettre aux autres de se développer avec plus de vigueur. Trois mois après les semis, c'est-à-dire en juin, les indigènes font la récolte en coupant l’épi. Pour en retirer les graines ils l’exposent au soleil et le frappent vigoureusement contre le sol. La récolte ne se fait qu’une fois par an; le prix de vente est de 0 l'r. 05 par kilog. Le mil n’est pas cultivé le long de la côte : on ne commence à le rencontrer qu’à partir d’Abomey et de Zagnanado. Les indigènes l’emploient aussi bien pour leur nourriture que pour celle des chevaux. Il sert aussi à fabriquer une boisson fermentée (Shappalou-ou-dolo) qui remplace les alcools de traite dans le nord où ils ne pénètrent encore que difficilement par suite du manque de moyens de transport.

Au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la côte, on voit la culture du mil se substituer à celle du maïs et du manioc. Il

sert de base à la nourriture des habitants dans tout le haut- Dahomey.

Mil rouge.. — Le mil rouge se cultive comme le mil blanc ; la récolte se fait de la même façon. Les semis ont cependant lieu un peu plus tard, en juin; la récolte a lieu en novembre 5 mois après. Le prix de vente est de 0 fr. 04 centimes le kilog.

Marché de Savé

Riz rouge. — Les semis de riz rouge se font le plus souvent à proximité des cours d’eau. Le terrain est préparé comme pour les plantations de mil blanc, on met les graines en terre par paquets de 5 ou 6 placés à 0 m. 10 les uns des autres.

Les semis se font en avril. Dès que les graines commencent à apparaître on fait un désherbage puis elles sont abandonnées à elles-mêmes.

La récolte se l'ait trois mois après, les indigènes coupent les épis un par un au fur et à mesure qu'ils mûrissent. Ils les exposent au soleil pour les sécher et les secouent pour en faire tomber les graines.

Le riz se vend 0 fr. 07 en paille, 0 fr. 25 le kilog. décortiqué.

On ne commence à rencontrer cette culture qu’à partir d’Abomey, il semble cependant qu’elle réussirait parfaitement dans les terrains marécageux de la côte et pourrait devenir, en même temps qu’une ressource alimentaire de premier ordre, un produit susceptible d’être exporté. Des essais dans ce sens sont actuellement tentés par les soins de l’administration avec du riz du pays et du riz de Cochinchine.

Coton. — La culture du coton est assez répandue mais il n’a été jusqu’à ce jour employé que parles indigènes qui le tissent pour en faire des étoffes. Il n’a été fait jusqu’ici aucun essai sérieux d’exportation, tant à cause du peu d'importance de la culture de ce produit que de sa qualité inférieure. Les soies en sont courtes et seraient en Europe d’une vente difficile. Il se vend 0 fr. 25 le kilog.

Tabac en feuilles, nom indigène cacla. — Il est cultivé plus particulièrement dans les environs de Savalou, les feuilles sont dures, fibreuses et ne donnent qu’un produit de qualité inférieure ; l’indigène place une certaine quantité de graines en terre les unes près des autres et les couvre de terre en tassant légèrement. Les graines commencent à germer au bout de 6 à 8 jours. La récolte se fait 8 ou 9 mois après le semis (en janvier, saison sèche) en coupant les feuilles une à une quand elles ont complètement séché sur pied. Les indigènes consomment beaucoup de tabac, et il en est importé de grandes quantités d’Amérique. Ce dernier, qui est naturellement préféré au produit indigène récolté d'une façon primitive, se vend de 1 fr. 80 à 2, le kilog.

Le Karité. — Le karité est connu souslenomde«Cotoblé»

parjes indigènes. Il est très répandu dans les régions de Savalou et dans tout le haut pays.

Il produit, en abondance, des fruits vers le mois de juin. Les indigènes mangent la pulpe, qui a une saveur douce, et conservent l'amande dont ils obtiennent une graisse — « limou » — bien connue sous le nom de beurre de Karité.

Un chargement d'huile de palme dans une iactorerie

On le trouve couramment sur tous les marchés, en pains de 3 ou 4 kilog. que l'on vend de 3 à 4 francs.

Le prix élevé de cette denrée est dû au long travail que nécessitent les moyens primitifs employés pour sa préparation.

Ce produit sert à l'alimentation, à la fabrication de savon indigène, à l'éclairage, etc.

11 donne lieu à un commerce, déjà important, entre indigènes. 11 pourrait être considérablement développé.

Le pays produit le karité en assez grande abondance pour permettre d’espérer qu'il serait susceptible d'être l’objet d’un intéressant et important trafic avec la métropole.

Les indigènes n’en recueillent qu’une bien infime partie et laissent perdre le reste sur place, faute de débouchés ou de moyens pratiques pour l’exploiter lucrativement, et surtout pour le transporter.

Comme on vient de le voir, celte énumération ne comprend guère que les cultures indigènes proprement dites. Il y en a cependant d'autres, et, bien que la Colonie ne date que de quelques années, des' essais des plus intéressants ont été entrepris tant par des Européens que par des indigènes du pays.

Les cultures qui semblent devoir donner les meilleurs rendements, d’après les résultats acquis dès maintenant, sont le cacao et le café. Ce' dernier produit suffit presque d’ores et déjà à satisfaire aux besoins de la consommation locale; quand les plantations déjà faites à Porto-Novo à Ouidali et à Allada seront en plein rapport, il pourra en être exporté des quantités importantes,

De nombreux essais ont été faits, tant par l’administration que par les particuliers, pour déterminer quelle est la meilleure espèce de liane à caoutchouc à introduire dans la Colonie, mais aucun résultat définitif n’a encore été obtenu.

En résumé le Dahomey est d’une extrême richesse agricole, on verra par le tableau ci-après qui donne le chiffre des exportations depuis dix ans, que, sauf une dépression causée par la mauvaise récolte de 1897, elles ont progressivement augmenté mais sans changer de nature. Cela tient à ce que la population est devenue plus dense et que les indigènes sachant que les produits de leur récolte ne leur seront plus enlevés, cultivent le sol avec plus de soin.

Il y a cependant place pour bien des cultures nouvelles, tant vivrières qu’industrielles ; nous avons déjà parlé de quelques

.urancl marché à Porlo-Novo

unes d'entre elles, le café, le cacao, le riz, le tabac, le caoutchouc. le manioc, le coprah. Les indigènes éclairés commencent à les cultiver, dans quelques années leur exemple sera suivi par ’a masse de la population. Le Dahomey, tout en échappant au danger de la monoculture, connaîtra alors une ère de prospérité sans précédente.

Co/n//t<?m*(l). — Une factorerie au Dahomey est une vaste construction comprenant le logement des employés, confortablement installés, des entrepôts pour emmagasiner les marchandises venant d'Europe, des magasins pour abriter l'huile de palme, des seinoris pour le triage des amandes, un atelier de tonneliers noirs pour le remontage des futailles envoyées d’Europe en botte pour diminuer les prix du fret ; à chaque factorerie est annexé un magasin de -vente au détail, ouvrant sur la rue. sorte de bazar où -sont^étalées toutes les marchandises de traite venant d'Europe : tissus, liqueurs diverses, tabac, poudre et fusils, quincaillerie, verroterie. etc., etc.

On peut estimer à quatre-vingt mille francs environ l'installation d'une factorerie établie dans ces conditions, bâtiments et matériel compris.

Les factoreries sont toutes bâties au bordvle l'océan ou des lagunes qui permettent les communications faciles par eau avec la mer.

Dès le début le commerce était exclusivement basé] sur l'échange : les noirs apportaient à la factorerie les produits-du sol. huile et amandes de palme, et recevaient en échangeâtes marchandises de traite suivant un tarif déterminé ; mais peu à peu le contact des blancs, l imitation de leurs mœurs, ont modifié ces coutumes : le noir connaît aujourd'hui la valeur

1 Les renseignements concernant le commerce, les voies de communication, la main-d’œuvre et les prix de revient ont été rédigés par M • Philippot, chef du service des travaux publics de la colonie.

de 1 argent, son usage, et il exige presque toujours . oaiement de ses produits en argent monnayé. Il en est ré-ulté tout d’abord une certaine diminution dans le- bénéfice- de- gro.~. négociants et une gêne provoquée par la difficulté de faire venir facilement d’Europe les espèces nécessaires. sur ut de la monnaie divisionnaire en argent très en foveur chez les noirs. Profitant de la circonstance, la colonie anjlai— d

Les routeurs de ponctions

Lag dre voisine, établie depuis plus de cinquante ans. qui possède un établis-ement de crédit, inonda 1- DaL mev de monnaie anglaise : malgré un droit d'entrée de 5 ÛfÛ. il en a été importé pour deux millions dans la seule année 1899. Les pièces les plus recherchées par la population indigène sont celles de 1 shilling, six pence, tri pence. En raison de la valeur intrinsèque de l'argent, qui i.' •-• -wir . r : . . -

valeur nominale, il y a grand intérêt pour la France à intro-

duirc et à généraliser chez les noirs l’emploi de la monnaie française en argent. L'administration du Dahomey n’a pas cru devoir proscrire complètement l'usage des monnaies étrangères afin de ne pas entraver les transactions commerciales. La construction du chemin de fer remédiera promptement à cette situation en jetant dans le pays, de Cotonou à Atchéribé, plus de trois millions de pièces d'argent françaises.

Par suite du mari que de moyens de transport, (les bêtes de trait ou de somme ne pouvant s'acclimater au Dahomey), les marchandises ne peuvent être transportées que sur la tête des porteurs noirs et sont par suite, même pour de petits parcours, grevées de frais considérables. Les négociants ; se trouvent ainsi dans l'impossibilité d’étendre leurs opérations dans l’intérieur du pays; aussi dès le début les deux seules maisons importantes établies sur la côte du Dahomey, les maisons- Piégis et Fabre de Marseille, ont-elles limité leur action au littoral proprement dit, se partageant sans concurrence le monopole de tout le commerce. Mais la disparition de Bébanzin et la pacification du pays, la connaissance plus exacte de ses ressources, la construction du wharf de Cotonou, attirèrent bientôt dans le pays des négociants français et étrangers; une concurrence fort vive s’établit de suite entre les anciens et les nouveaux venus, et eût pour conséquence de modifier le système des transactions.

Le gérant de factorerie, quoique sédentaire et ne parcourant pas le pays pour y chercher et traiter des affaires, fut, sur l'aiguillon de la concurrence, obligé de se créer des intelligences dans le pays environnant sa factorerie et parut alors un intermédiaire obligé entre le producteur et le négociant, le traitant noir.

Généralement très intelligent, très au courant de nos pratiques commerciales, le traitant noir habite un village indigène à peu de distance de la factorerie, où il se fait ouvrir un

compte courant. Il y vient s’approvisionner de marchandises d’Europe qu’il échange ensuite sur les marchés intérieurs contre les produits du pays. Quand son stock est suffisant, il fait rouler jusqu’à la factorerie, par des sentiers souvent fort mauvais, les barriques ou punchons d’huile de palme et y fait transporter les amandes et depuis quelque temps du caoutchouc. A la réception des produits son compte est balancé ; le

Indigènes allant chercher de l'eau

traitant reçoit en argent la différence souvent assez considérable, et laisse en dépôt à la maison de commerce, à titre de couverture, des sommes quelquefois importantes. Mais il arrive fréquemment que le gérant, poussé par le désir de faire un gros chiffre d’affaires, aiguillonné par des transactions importantes réussies jusqu'alors, se laisse aller à faire au traitant noir de grosses avances, de gros crédits, qu il lui devient impossible de faire rentrer, malgré l’appui officieux que lui

prête toujours l'administration- locale ; de la quelquefois de grosses pertes dues seulement à. l'inexpérience de l’agent ou à sa trop grande confiance.

11 est évident que tous ces procédés commerciaux rudimentaires, absolument insuffisants, ne sont dus qu'au défaut de voies de pénétration, à l'absence complète de tout moyen de transport pratique. Le négociant européen ne peut en effet que difficilement se déplacer pour surveiller de près les opérations de ses clients, les traitants noirs ; il ne peut lui-même parcourir les marchés et conclure directement avec lies producteurs.. Il lui serait encore plus difficile de s’installer à l'intérieur du pays, d’y créer des factoreries ou même de simples annexes. Il était donc indispensable de doter la colonie du Dahomey d'un outil de transport rapide et économique ; M. Decrais, ministre des Colonies, vient de résoudre le problème en décidant la 'création d’une voie ferrée de pénétration longue de 350 kilomètres. La ligne, dont les travaux commence mit le Ier mai 1900, part de Cotonou sur l’Océan pour aboutir à Tchaourou, en traversant, tes régions les plus fertiles du Dahomey; la première conséquence des travaux sera de créer, à chaque station du chemin de fer faisant en quelque sorte l'office d'un port sur l’Océan, une ligne d'opérations commerciales parallèles à la mer, sur laquelle s'effectuera pendant longtemps le commerce, de troc et d’échange qui fut jadis si rémunérateur sur le littoral.

Sans entrer dans des détails trop complexes, il est nécessaire d’attirer l'attention des négociants. français sur les trois points suivants qui sont des vérités évidentes pour qui connaît le pays :

1° En raison des difficultés actuelles de transport, le commerce n'étend réellement son action que sur une bande de terrain de 50 kilomètres de largeur sur 100 kilomètres environ deprofondeur moyenne, soitsur cinq mille kilomètres carrés :

Marche d'Adjarra

le mouvement commercial annuel de celte zone est en moyenne de vingt-cinq millions (25.000.000);

2° Pour les mêmes raisons, la totalité des produits du sol ne peut être exploitée : les deux cinquièmes des. produits au maximum peuvent arriver jusqu'aux factoreries du littoral;

3° L’ouverture du chemin de fer de pénétration permettra au commerce de s'étendre sur un. territoire de dix-huit mille kilomètres carrés, aussi riche et aussi peuplé que le littoral; elle permettra en outre l’exploitation complète de tous les produits du sol.

Exportations

Le commerce d’exportation du Dahomey repose principalement sur deux produits du sol : l'huile et l'amande de palme.

Huile de palme. — Exportation en 1898 : 6.059 tonnes, 539 kilos.

Prix d’achat moyen au Dahomey, 240 francs la tonne.

Fret du Dahomey en Europe, 32 fr. 50 la tonne.

Cours du 27 octobre 1899, 570 francs la tonne.

Cours le plus bas constaté depuis deux ans, 470 francs la tonne.

Principaux débouchés : Marseille, Liverpool, Hambourg. Amandes de palme. — Exportation en 1898 : 18.091 tonnes. 312 kilos.

Prix d'achat moyen au Dahomey, 140 francs la tonne.

Fret du Dahomey en Europe, 27 fr. 50 la tonne.

Cours du 27 octobre 1899, 270 francs la tonne.

Principaux débouchés : Marseille, Liverpool, Hambourg. D’autres produits commencent à être exportés. Caoutchouc. — Exportation en 1897 : 3 tonnes, 633 kilos.

— en 1898, 13 tonnes, 719 kilos.

Prix d’achat sur ,1c littoral, de 2 fr. 75 à 5 francs le kilo, suivant la qualité.

Exportations du Dahomey

destination de France, des Colonies françaises et de l'Etranger

Fret. 40 trancs la tonne.

Cours, de 8,000 à 12,000 francs la tonne.

Maïs. — Pousse admirablement dans le Dahomey et donne deux récoltes par an. Des échantillons ont été envoyés dans les usines du Nord et trouvés d’excellente qualité.

Exportation en 1898 : 74 tonnes, 933 kilos.

Prix moyen d’achat au Dahomey, 25 francs la tonne.

Fret jusqu’en Europe, 35 francs la tonne.

Cours à Marseille, de 90 à 120 francs la tonne.

Droits. — Il n'existe au Dahomey aucun droit de sortie sur les marchandises à l’exportation.

Importations

Alcool à 00 degrés. — L’alcool est importé en fûts de 450 litres environ appelés communément punchons (portugais).

Il provient soit du Nord; de la Russie, en transit, par Hambourg, soit de Hongrie, en transit, par un des ports de l’Adriatique et Marseille.

Au lieu de venir en punchons. il est quelquefois logé dans des estagnons d’une contenance de 17 litres réunis par deuxdans des caisses qui forment exactement la charge d’un porteur.

Ce mode d'emballage ne se fait qu’à Hambourg. Il convient pour les contrées où les transports ne peuvent être faits qu'à dos d’hommes. Le prix de vente en gros d'une futaille de 450 litres varie entre 550 et 600 francs.

Les estagnons de 17 litres valent de 24 à 25 francs.

Les taxes de consommation sont de 90 francs par hectolitre d’alcool à 100 degrés, soit environ 365 francs par futaille d’alcool à 90 degrés et de 13 fr. 50 par estagnon de 17 litres.

Alcool à 60 degrés. — Pour faciliter les transactions commerciales, il est importé plus d'alcool à 60 degrés que d’alcool à 90 degrés, les coupages étant toujours mieux faits en Europe. Ils ne viennent qu’en punchons. l'emballage par estagnon

étant plus coûteux et supposant un long transport, n'est employé que pour les alcools à 90 degrés.

Les prix 4e vente de l'alcool à 00 degrés varient entre 350 et 400 trames la futaille de 450 litres. Ainsi que pour l'alcool à 90 degrés, les futailles ne sont pas comprises dans ce prix.

La taxe de consommation est de 243 francs environ par futaille.

Anisado. — C'est de l'alcool réduit à 83 degrés, parfumé avec de l'extrait d’amis russe. Il est contenu dams des caisses renfermant 12 bouteilles rondes -en verre blanc d’une capacité d’environ 50 centilitres, garnies chacune d'une étiquette et d’une capsule en étain.

Ce liquide est spécialement fabriqué à Marseille.

Taxes à la consommation. 1 fr. 05 par caisse.

Prix de vente en gros, de 0 fr. 50 à 7 francs la caisse de 12 bouteilles.

Rosolio, moscatel. liqueurs assorties. — Alcools de traite parfumés, importés à 18 degrés en caisses de 12 bouteilles rondes de verre blanc, chaque bouteille contenant 50 centilitres environ -est "garnie d’une étiquette et fermée par une capsule en étain. ; ces produits sont spécialement fabriqués à Marseille.

Taxes à la consommation, 90 centimes par caisse.

Prix de vente en gros, de G fr. 50 à 7 francs la caisse.

Genièvre. — Importé en caisses de 12 bouteilles carrées de verre vert d’uue contenance de 70 centilitres environ, munies -d’une étiquette et d’une capsule en étain ; fabriqué spécialement à Hambourg, 50 degrés alcooliques.

- Taxe de consommation, environ 0 francs par caisse.

Tabac en feuilles. — Importé d’Amérique, soit en caisses de 180 kilos environ ou en boucauts de 300 à 500 kilos en transbordement à Marseille, Liverpool ou Hambourg,

Prix de vente, de 1 fr. 50 à 2 francs le kilo.

Taxe de consommation, 50 centimes le kilo.

Fusils ronges. — Ce sont des fusils à pierre dont le Lois est peint en rouge et qui sont surtout dangereux pour ceux qui s’en servent. Ils viennent de Liège (Belgique) ou d’Angleterre I ar caisses de 20 fusils et servent à la chasse des gros animaux. plus particulièrement de l’éléphant.

Prix de vente, 20 francs par arme.

Taxes de consommation, 2 francs par fusil.

Fusils noirs. — Sont les mêmes que les précédents, mais sont de plus mauvaises qualité encore ; le Lois est peint en noir. Ils ont la même origine que les précédents et sont importés de la même façon.

Les indigènes s’en servent pour la chasse et pour tirer des coups de fusil en l'air dans les réjouissances.

Prix de vente, de 17 à 18 francs par fusil.

Taxes de consommation, 2 francs par arme.

Poudre de traite. — Importée en barils de France ou d'Allemagne. La poudre de France est de beaucoup préférée par les indigènes aux poudres étrangères. Elle provient de la poudrerie de Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône) ou de Hambourg.

Couramment en vente, en barils de :

7 kilos 500 à . Fr. 12.50

Taxe de consommation, 50 centimes par kilo net.

Sel gemme. — Importé de Hambourg par sacs de 30 ou de 40 kilos.

De vente courante seulement dans le royaume de Porto- No vo.

Prix de vente : En sac de 20 kilos, 1 fr. 85 le kilo.

En sac de 40 kilos, 3 70 —

Taxe de consommation, 14 francs par tonne de 1,000 kilos.

Sel marin. — Importé de Port-de-Bouc (Bouchcs-du- Bliône), en transit à Marseille ou de Cagliari (Sardaigne). Do vente courante aux Popos et dans le Dahomey proprement

dit.

Prix de vente, par sac de 25 kilos, 2 fr. 50.

Taxe de consommation, G francs les 1,000 kilos.

Tissus. — lia été importé dans la seule année'1899 pour plus de 2.000.000 fr. de fil et tissus. Malheureusement, au Dahomey, comme dans toutes les colonies françaises, même celles où existent des droits protecteurs, la plus grande partie vient d’Angleterre et est fabriquée à Manchester.

La faute, il est bon de le dire une fois de plus, en incombe moins aux commerçants coloniaux qu'aux fabricants métropolitains qui consultent leur propre goût, ou se basent sur ceux d’une .clientèle française, au lieu de fabriquer les articles qui conviennent à l'indigène.

Ce dernier n'apprécie ni la qualité, ni l'élégance. 11 a des goûts, des habitudes, des manies, si l’on veut, dont on doit tenir compte sous peine de ne rien lui vendre. Il veut des étoffes de couleur voyante aux dessins variés, mais rentrant dans un certain nombre de types qui varient suivant les colonies et même les différentes races d'un même pays. Il est absolument rebelle au mètre et ne veut que des étoiles pliées au yard. Il faut que les dessins et les couleurs changent constamment. Un tissu trop connu devient invendable. Une balle de 100 pièces par exemple doit contenir au moins dix dessins différents avec plusieurs nuances pour chaque dessin.

Le prix est encore un élément important, car la moindre somme est forte pour l’indigène qui gagne de 0 fr. 75 à 1 fr. 50 par jour. Ce qu’il lui faut, c’est absolument le genre camelote, à aussi bas prix que possible.

il y a quelques années, une société française a essayé de lutter contre les tissus anglais, malheureusement elle a envoyé

de très belles étoiles, d'un prix élevé, qui n’ont pas trouvé d’acheteur.

11 faudrait d'abord envoyer des étoffes à bas prix et de qualité très inférieure, quitte, une fois que la marque et la qualité seraient connus à relever peu à peu le prix et la qualité des marchandises.

A côté des exigences plus ou moins justifiées des indigènes viennent celles des commerçants, motivéespar les conditions particulières dans lesquelles se fait le commerce à la côte.

La première de toutes est la question de l'emballage. Les balles de tissus doivent, par suite des difficultés du débarquement et des transports, être entourées d'une enveloppe imperméable qui permettent, le cas échéant, de retirer une balle tombée à l’eau sans qu’il y ait une seule pièce de mouillée. Les emballages anglais, formés de plusieurs enveloppes de papier glacé, de papier gommé, de toile goudronnée et enfin de toile d’emballage, fortement pressés à la machine et retenus par des cercles en fer, sont incomparablement supérieurs aux emballages français faits de paille et de toile pressées à la main.

Chaque balle doit être suivie de son échantillon de référence de façon qu'on puisse la vendre sans l’ouvrir, car elle ne serait plus transportable et l’acheteur ne la prendrait pas.

La longueur des pièces varie suivant la catégorie. Dans les Régencias, elle est généralement de 26 mètres. Les coulils avaient 12 à 15 mètres, mais ces grandes longueurs tendent à disparaître, car les pièces se vendent d’autant plus facilement qu’elles sont plus courtes. Aux indiennes, qui sont le tissu le plus courant, on ne donne plus aujourd’hui que 7 m. 30 de longueur, soit huit yards qui forment huit plis et sont ensuite repliés en trois.

A côté des tissus courants, il existe une catégorie plus riche, dont la vente est fort importante, c’est celle des soieries et velours.

Ces pièces sont généralement présentées dans de beaux cartons blancs glacés sur filet doré, munis de vignettes élégantes. Elle ne mesurent pas plus de 6 yards de longueur, soif 5 m. 46.

Les velours surtout, d’une vente facile, sont l’objet de toute l’attention des fabricants qui s’étudient à varier de plus en plus les dessins et les nuances.

Les soieries et velours sont plus particulièrement fabriqués en Allemagne.

En résumé tous les tissus ayant cours au Dahomey peuvent se diviser en 8 catégories:

A. Cotonnades écrues ou Régencias.

B. Satinettes, madapolans, broydons, damas, brillantés (tissus blancs).

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