‹ Notice sur le DahómeyChapitre 61 sur 61 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous avons montré dans les chapitres qui précèdent comment, les premiers, nos marins sont venus visiter la Côte des Esclaves, en même temps que nous décrivions les origines de la formation politique des diverses peuplades africaines établies sur celte partie du golfe de Guinée. Nous avons ensuite indiqué de quelle manière le protectorat avait été établi à la suite de nombreux traités passéssoit avec les chefs indigènes, soit entre les nations européennes elles-mêmes. Après avoir ainsi vu naître et s’organiser la future colonie du Dahomey, nous avons assisté aux diverses phases de la conquête militaire et à celles de l'organisation administrative et financière ainsi qu’à l’expansion territoriale de la côte au Niger. Nous avons assisté peu à peu au développement économique et commercial du Dahomey et nous nous sommes rendus compte des ressources naturelles que possède la Colonie et des débouchés qu’elle peut offrir; nous en sommes arrivés enfin à démontrer combien la situation au 1er janvier 1900, c’est-à-dire après un peu plus de dix ans d’existence, était riche de promesses 'pour l’avenir.

N’est-il pas permis, en présence des heureux résultats obtenus en si peu de temps, en présence de ceux que l’on peut espérer réaliser dans un avenir très prochain, de ressentir et de laisser percer un sentiment de satisfaction? Il est incontestable que depuis dix ans il a été dépensé dans ce petit coin du continent noir, en dehors des existences noblement sacrifiées, une somme considérable d’énergie et de bonne volonté. C’est grâce à ces efforts que les trois phases de la colonisation, telle

qu'elle est comprise à l'époque contemporaine : occupation du sol, expansion territoriale et mise en valeur, ont pu être rapidement franchies. Et ce qu’il y a de plus remarquable dans cette conjoncture, c’est que le Dahomey] a eu la rare bonne fortune de pouvoir mener de front ces trois conquêtes. En effet, lorsque nos troupes se sont retirées après, la’pacification du Dahomey, les résultats économiques déjà obtenus en dépit des événements étaient si favorables que la Colonie a pu, dès lors, non seulement subvenir par ses propres ressources à la totalité de ses dépenses normales, mais encore procéder aux frais d'études et gager les frais de construction du chemin de fer qui doit, si Dieu le veut, développer encore ses richesses naturelles et affirmer à nouveau son étonnante vitalité.

Le mérite de cette situation doit être attribué aux deux chefs éminents : le général Doods, le gouverneur Ballot qui, dans des sphères d'action différentes, ont su inspirer à leurs collaborateurs, fiers d'avoir servi sous leurs ordres, l’ardeur e^ le dévouement patriotiques dont ils étaient eux-mêmes animés.

En résumé, l’œuvre acccomplie au Dahomey est remarquable, non pas seulement par elle-même, mais surtout parce qu’elle a permis de démontrer une fois de plus, en dépit des formules toutes faites, que la France possède, comme autrefois, l'esprit colonisateur dont on attribue trop facilement le monopole à nos rivaux d’outre-Manche et plus récemment d’Outre-Rhin.

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