‹ Notice sur le Japon;Chapitre 1 sur 2 · Notice sur le Japon; · texte numérisé non relu

Notice sur le Japon;

fiéogn^ye ^jnqe^ — Situation et supsanGiE. <'- Grand emmn et arebipei de TAsie orientale. Oa désigne ce pays SMisle nom de Dai iVi/7p«n (Grand-Japon) qui est la transcription chinoise de Ta Je-peim, Je-peun Kouo^ empire du Sokil-Levant, comparé an Tchoun^ Kouo^ empire dn Milieu, la Chine. Zipangu de Marco Pob D*est qa'uoe transcription phonétique de Je-peun Kquo^ Nippon (ou Ni- Aon) est la dèugnation officielle depuis 67Ôap. J.*C. Le Japon est encore désigné sous le nom de Finomoio, équivalent de Nippon, et en poésie sous celui de Yamato^ porte des montages ; mais de même que le nom de Nipipon est génô^ ralement restreint à la plus grande des lies de TarchipeL, Hondo^ de même Yainato est plut6t réservé à Tune des pro^ vinces de cette même lie (dans la eireonscriptifan de Kinû) où se trouvent la ville de Nara et les célèbres sanctuaires Shintôw Je citerai enenre les noms de Q-mirkuHÎ, et k cause de sale»gueur, T&yoHuhi'UHira'no-^hi-aki^no-naaa-irluhaki'îia-' mizu-h(MWt-kunL La superficie totale de lea^ire« d'après la stotisti4{ua officielle, est de 3ë'i«416 kiLq.» dont ^^^579 peur Nippon et dépendances, 48,^10 pour Sikokou, etc., 4S,6io pouf Kiou-sioa, etc.^ 94,012 pour Yesso, etc. On a donné d'autres chiffres : Metcbnikov dit 401,^06 kil. q., Relcus 372,818,62 kil. q., VAltmanach de Gaha{iS9^) 382,416 kiL q., Y Atlas des missûms eatMiques 382^447 kil. q.

LiiiRis. — • L*arcfaipel japoaaia forme ujie longue 1

se dirigeant d*utte façon fféâérale du N.-E. au S.-0., de* puis le Kamtchi^ka jusqa à Tile Formose. Dans ses limites officielles, l'empire japonais est compris à l'Ë. defraisTextrémité E. de Vile Shimoushu, provmee de Tehi-shima, long. E. 154M2'; à 1*0. de reitrémité 0. de l'ile Yonakooni-shima, dans Tarohipel Rion-kiou, ou Lio««* tehott. leng. B. 120* 25' : an S«, depaii le S. de l'Ile Hâter* ^^ ' a'ii«h«e(iU9ttJdoa,ktXS4«06'}aiiNM

6 TtOTICE SUR LE JAPON

depuis le N. de l'Ile Âraîto-shima, province de Tchi-shima, lat. N. 50^56^. Par son extrémité septentrionale an N. des Kouriles, le Japon est séparé du cap Lopatka, au S. du Kamtchatka, par le grand détroit des Kouriles; par File de Yesso, il se rapproche de Ttle de Sakhalin,^ russe depuis 1875, dont il est séparé par le détroit de La Pérouse; Kiou-siou est séparé de la presqu'île coréenne par le détroit de Corée, enfin les Iles Riou-kiou, en se rapprochant de Formose, ferment en quelque sorte la mer orientale, Toung-hai des Chinois. Le Grand Océan, dont les dépendances baignent la côte occidentale de Tarchipel japonais, en forme la limite orientale, vaste nappe d'eau qui s'étend jusqu'aux côtes de l'Amérique septentrionale.

Côtes et îles. — Les côtes de l'empire japonais offrent un développement total de 27,600 kil. dont 10,^00 pour Nippon et les Iles adjacentes; 2,500 pour Sikokou, etc., 9,500 pour Kiou-siou, etc., 5,000 pour Yesso, etc. On compte 520 Iles adjacentes dont 189 dépendent de Nippon, 74 de Sikokou, 213 de Kiou-siou et 44 de Yesso. En réalité, ce ne sont pas seulement 520 fies qu'il faudrait compter, mais plus de 8,800 rochers et flots. La côte N.-E. d^Asie, le Kamtchatka, les Kouriles, le N. de Yesso, et l'Ile de Sakhalin forment la mer d'Okhotsk ; si l'on passe par le détroit de La Pérouse entre Sakhalin et Yesso, on piénètre dans la mer du Japon, formée à l'E. par la majeure partie des Iles de l'empire japonais, à l'O. par la Russie d'Asie et la Corée; enfin, si Ton passe entre la Corée et l'Ile de Kiou-siou par le détroit de la Corée, large de 160 milles environ et que franchissent en quatorze ou seize heures les vapeurs de Nagasaki à Fou-san, on arrive dans la mer orientale qui baigne les côtes de Chine et qui est fermée à l'Orient par les lies Riou-kion et Kiou-siou. La côte méridionale et orientale est tiédie par le Kouro^ shivo, courant chaud, tandis que VOya-shivo, courant froid, baigne les Kouriles et Yesso (V. Asie et Courant).

Les principales Iles de l'archipel japonais sont l'ensemble des Kouriles ou Tchi-shima (mille Iles), qui s'étendent du Kamtchatka à Yesso, dont elles sont séparées par le Yessose-to^ détroit de Yesso. La grande lie de Yesso est séparée, comme nous l'avons déjà dit, de Sakhalin par le détroit de La Pérouse. Au large, on trouve à l'O. des fies telles que Rebun-shiri, Rii-shiri, Tsore^shiri^ Y^tge-skiri^ OkU" shiri, O'Shima (Vulcain) .Yesso est séparé de la plus grande lie, Hondo ou Nippon, par le Tsugarur-seto; au large, à l'O., on trouve les Iles Tobi-shima, Awo-shima, la grande Sado'Shima^ Oki^shima; à TE., les Sitsi-to (les- sept tles). Hondo a comme une espèce d'enclave, Sikokou (quatre provinces), dont elle est séparée par le Mi-shimanaday leBingo^nadàyXe Harima-nada, C'est entre Hondo

NoncK sua us japon 7

etSIkokott que se trouve également la fprandefle AwadjU qot sépare VHanma-^nada de nd^iumi-nada, au food da

Soel se trouvent Hiogo et Osaka. Sikokou est séparé de îieu-sioo (neuf provinces) par le Bongû-^tâéa. Kiou*-siou mène est séparé de Hondo par le détroit étroit et célèbre : le Simonosekir-seto; la mer entre Hondo et Kiou*siou porte les noms de Suo^nada el lyo-nada. Les bâtiments <mi^ venant de la côte de Gliine, après avoir fait relàebe 4 Nasasaki dans Kiou-siou, s*en^gent pour se rendre à Yokobama <kns cette mer intérieure, formée entre Kiouaiott, Hondo et Sikokou, ont on des plus beaux spectacles de la nature. Entre Kiou*-eion et la Corée, se trouvent les grandes lies Iki-shima et Tsou-shima. On désigne sous le nom de canal de Krusenstern la partie située entre Kiousiou et Tsoo-sbima, et canal de Brougfaton l'autre partie comprise entre Tsou^sbima et la presqu'île coréenne. Citons encore à TO* de Kiou-siou Goto-shima et Kosiki^shima. -Le S. même de Kiou-siou, Sata-no-^misaki ou cap Tchikalehov, est séparé de Tanega^shima par le détroit de Van Diémen, et Tanega-shima est relié par Yakminshima et Tarcbipel de Linscboten au grand groupe des Riou-kiou. Les lies Bonin ou Ogasawara-shima s'étendent au S.*Ë. de Kiou-siou en trois groupes principaux : Parry, Beechey etCoffin*

Sur ces cétes, la mer forme de nombreux golfes: je ne citerai que Walfisch Baym N. deYesso; la baie du Volcan, an S. de eefte même Ile; Aamoti Van, et Noheji Van au N. de Hondo ; la baie de Yokohama, le Sourouga Van, le Oawari Van au S. de eette même lie, ainsi qu'à ro.le Wakasa Van. Au S. de Kiou-siou, laoéleO. forme nne foule de solfes, et au S. Tlle de Kago^bima se trouve dans un rentonoement assez profond pour être appelé mer deKago-shima, Kago-skimornada. Les cycIooes(tol/(nif»), fréquents à la fin de Tété et en automne, créent à la navigation de grands périls. Elle est paralysée, surtout en hiver, sur Ta cèle inhospitalière de la mer du Japon^ par le vent du nord.

Reuef du sol. — La direetion générale de rarchipel japonais, du N.-E. au S.-C, donne également les grande^ lignes de son système montagneux qui suit les Kourihs, puis l'archipel japonais, et enfin par les Riou-»kiou, Formose et les Iles Philippioes, termine cette longue cbatoe d'Iles qui forme la limite extrême de TAsie vers l'Orient. Une autre ligne montagneuse, venant du S. des lies Bonin, traverse une partie de Hondo, obliquement à l'antre cbatoe, qu'elle croise à Yesso, et forme enfin la grande arrête de Sakhalin ; le point d'intersection de ces deux axes montagneux serait, selon la théorie de L. Metrfanikov, aux abords du Tsugaru-seto, qui séparo Hondo de Yesso.

MVKE.SJB U.Jirai

ftmqêè tatt» Im pics d« «n ^iMVsail des vokHÎM,jtfit iteifits, soit eneore 6d aciitilè. La nostafiMS é%t ttHeoNiit rexfweaaoïi méiiw de la mlart éû pays, ^pw le mot qn i'indiqiie, ytana^ est devena pour le JapmaispraRqoel'éqiiîvaleDt da mirt paysap. Le p<»nt eskannant ^^,769 Bi.)eBl le eélèbfe volcan Fcusi-^yama (V. ee met), dans la ré(;ioDlâ

e» large de Hendo; son loia cet rOn-take (3,(K^ m.). tre m provinoea de Shinane et de Hida s'éièrent les nonlapes Neigeaseft^ d'aspect très sauvage ; e*«si i» masstf granitiqne et perpfayrkyiie, qu dépasse d,êOO m. (¥anga-takfr, 3^439 m.); les cols sost de 4,8Û0 i â,000 m. «C obstrnés par la Beige one fraude partie de TaBoèe. Cli troii^ dmé leceAtre de Tlls beaneosp de cimes de plus de â,SdO m. ; Boas citer«as le Hako-ea», la Tate-Taan <î,89ë m.)« ^ Nbriksra, rAsnaa-yan» (â,&9« m.), fe Mimpa-ean, le Komafa^ake (â,dî3 m.), le âlûraDe>san, le NamaMum (2,541 m.), etc. Daas le N. de Hoodo s'élèvent les frets grands Tolcaas de Ghô k a i na i, Ganju^san, Iwaki- San. An centre de Yesse, le Tokaclii-dake atteint 2,500 m. Le relief est beaucoup moins accentué ài IX). do lac Biwa ; anccft somoet n'atteint 2,00ê m,; on peut citer rOmine^ nn (4,880 m.) dans la presqu'île de Yanato et le D»sen (4^640 m.). Dans File de Kioa^sioQ, lea volcans AsA^yann et Kirishi>yama ont à peu près 4,600 m., ainsi qoe ks erétes sc fciat eiBe s 4» rtle de Sikeken.

GtoiOGiff. — La gécAoete d» Japon n*eat pas encon bicD conDw ; les étades métRodiqQes ne reauntenl qn'à nie vingtaine d*amiées. 11 renferme une grande varikédv'ter-

- ntns sèdÎRMBlaires et èmptifs, profondément booievereés. Le gneiss ne parait qn'en peu d'endroits ; les flcUsIes cristailins sent très développés ; ila forment le neyau et les montagnes de Sikokeu. Les scbistes paléeacSqoes^ les nnmvraokea, les quartmles, les eskaires primittfe ferment le centre de Hondo. Annlessus se sont déposés des sédiments triaaiqoes, jurassiqnesetfrétaoés. On n'a pas eneere signalé do terrains cocènes. I^s dépôts miocènes et pliocènes sont développés le long des rivages, mélangés à des

' grès, à des w histes argilmx, à de» tufs velcaniqaes, etc. liCs granités se sont épanchés abondamment k trarers les sdiiilefli cristaliias et palèoKoiiqnes, altérés par le métamerpiiisroo. An S^-0. et au centre de Hendo sont de vastes masstifs granitiques ; ils atteignent 3,000 m. an Komaga-

. take et forment la masse principrie d'une grande partie dos nwBla|irHes. Les éruptions ultérmores, por^ynques et surtoni trachytiqiies et doléritiqnes, les ont partiellement reooBTcrts. ''— Le Japon fait partie de la ceinture volcaaique qoi borde le Grand Océan. Il compte des centaines de volcans étants et une vingtaine en activité; les principnnx de oeniM sont I rAso-jramt| prêt de Konniinoto (KiMHlon) ;

mtmt SUR ii^ iinfm ^ w

les mont» 4e Nikko^ au N. de TMo*

Après avoir brièvenent Marqué las pnnaîptnx eana»* tères du sd japonais, dous noua eonteateroD» mainte nant d^iodiquer quelques-uns des produite qu'à re&fefno« Sa nature vokaaiqtte est la cause d'un neubre eoilflklé^ rablede sauree^ thermales (généndenent sulforeuaea) «t nUnéraies dont les vertus eufative» sont fort hieu eonaues des Japonais qui les utilisent; toulefoisi» sauf 4ans le Tokairdo, leur oompoaition ebiiii«ie B*a pas été suffisammettt établie sûvant lea métheiMft rigoun^iies de la sfiienee eurepéeuue. La première imue à*ar§êrU> fut 4écoiivegte ea 674 à Tsu-shlawi pendant la période iiak4» de Tenmu-TeaB^. Ou en tceuve en «piantilè considé* cable et on compte boit ré^ious ai|[eBtiières oauipvaiaiil 346 minee^ — Û^ était eoona sous MoiMiiu-TeiiBé eu 701* Dans un même nombre de régions, on Tex^oitediaiB 89 mines, dont les plus importantes soikt eelles de Sade* sbima. — Le euiore est (l*excelle«te qualitèt lioile^ ment exploitable, et ioeontestaUessent une des souroaa de la richesse du Japon ; dans TaBcieo ten^, les ifa^b»* dais en faisaient uBftand commerce à DesfaN&a; lesnittis les plus prospères sont celles d^Ani (Akita)^ -^ Le fer^ et quantité immense, est le plussouve»! de qm^Ué iitfériaiiiie. — La ^dttction An^riomè ne suffit pas eneofo à la ceie sommation ; quant au soufre^ il se reoeoatre partout Le une et le mercure font défaut. Ou dit que le» Geréeae ajpprirent aux Japonais rusage des métaux lorsque leur pi^ t'utenvabi à Tépoque de Timpératrice Ji»-g6 (200 ap. J.^^^ -«• La lumille est une des grandes rickMaaes du Jape» ;eft Texploite surtout à Yesso et à Kioa-simi. Quonfue moiaa vaste que le bassin de Yesso,. gprlwe à sa nesitieft et à sa l^ande quantité de fer, lLiou*sion fournit les quatre cinquièmes de la production totale du ebarbou. Pende»! lenftemps, avant qu'il ne fût queetioa des eharbeue de Forvoae ou de Cluoe, les mines de Kagosbima furent ex^téea* et je crois que ce fureut les premiers charbons indigène» em^ ployés sur les vaisseaux étranger». Le cbarben de Napisaliii ' est aujourd'hui le meilleur charbon du paye» Honda a été insuffisamment étudié; le bassin houiller du N. de Tokio est, jusqu'à iNPéaentt le plusgrand eewm de TUe: ileal de i,8â0 kil. q., mais donne de mauvais produits. «^ Le Japon manoue de rockes de conUruettan^ ae» calcaire» sont trop ijiabies, le granit est trop dur à travailler : e*e8t à enosn de cette absence de matériaux convenables que ko Japonais préfèrent construire leurs maisons en bois*

Régihb be» EMji. — La configuration mémo de Tempire jaMBais4 baigné d'eau de tono e^t la direction do .a«i artUa montofnaoaaif aoBsent fc faim fwmiNndn q«*il

40 NOnCE SUR LE JAPON

ne peut y avoir dans les tles des rivières d*éteiidne emisidérihle. Aussi anean fleuve ii*«ttemt-it une kmevenr de

400 kil. Presque tons ont ime pente rapide dans la partie snpérienre et nn lit ensablé dans la partie inférieure de leur cours. Le plus grand fleuve de Hondo est le Kiso-gawa, long de 368 kiL, qui sort des montagnes dn Sbinano, et prenant une direction méridionale à travers la province de Mino, se jette dans le golfe d*Owari, séparant la province du même nom de celle d*Isé. Citons encore dans la même Ile VÛkoy^awa, entre Toutomi et Snruga, le Ten-riu (dragon céleste), entre le lac Suva et la mer {Toutomi-nada)^ à Tune des embouchures duquel se trouve Hamamatsu. C'est do lac Suva que sort aussi le Tsi-kuma-gawa (fleuve du sang de TOurs) ou Sinano-gawa qui, après un parcours de z50 kil., se jette dans le delta de la rivière de Niigata, oti est construite la ville du même nom. Citons encore le Kita-gami-^awa oui, long de 800 kil., se jette après un cours N.-S., dans le golfe de Sendaï (Rikuzen). — Dans rile de Sikokou, nous ne marquerons oue le Yosimhgawa et le Naka-gawa qui ont plus de 100 kil., et se jettent dans le détroit de Linschoten, entre Sikokou et Hondo; et dans rtle de Kiou-siou, le Tofcusi-gawa. — Enfin, si nous remontons au N., nous marquerons dans Yesso, le Tecivogawa^ Vlsi-kari-gawa avec son grand affluent VOuyégawa, enfin le Kousiro-gawa qui ont tous plus de 300 kil. L^étude des lacs qui forme aujourd'hui une des branches les plus importantes de la géographie physique oS'rirait un vaste et nouveau champ de recherches. Le plus célèbre de ces lacs est celui de Biwa, ainsi nommé d'après sa forme {àiwa, luth à quatre cordes), long du N. au S. de 85 kil., large de TO. à TE. de 25 kil., a 290 kil. de tour; il est situé dans la province Omi (To-san-do) ; entouré de collines tpii, dans le S.-O. deviennent des montagnes que couronne le célèbre monastère bouddhique de Hi-ye-san, il est extrêmement poissonneux. Nous avons déjà parlé du lac Suva; nous citerons encore le lac Asino-umi, au sommet du mont Hakoné, prov. de Sagami, qui est plus grand; le Tsiu-sonzi, au sommet du Nantaï-san (Nikko) ; le Inawa-siro et le^ ZiU'Sari'kata dans le N.

Climat. — Les climats, au Japon, sont très variés à •cause de la situation de ce pays. S'étendantdn 24<^ au 5i<* de lat. N., et s'étageant du niveau de la mer à plus de 3,000 m. d'altitude, l'empire japonais est soumis à des températures différentes selon les localités. Le climat est plus doux que celui du continent asiatique, à cause du Kouro-shivo, grand courant équatorial, qui longe les côtes sur une fort grande étendue, entre le 13® au N. et le 16® au S., mais il est moins chaud que celui des pays de la Méditerranée situés sous la même latitude, et surtout beau*

WmCE SUR LE SkWK AÏ

eo^p plus entrdiioe. Il gèle et neige en hiver le KiottHsibn, sous la latitude du delta du Nil. A Tokio (83»4(Klat. N.), la température moyenne de Taniiée est seulement deH-i3«; le thermomètre descend à — 10^; il monte en juillet à H* 35®; on a compté jusqu'à 60 nuits dégelée; en hiver, de novembre à mars, la température moyenne est de <4* 5<»,5^ Le climat est soumis au régime des moussons ; en été souffle le vent du S., humide et chaude en hiver le irent gfôcé du N.-O. et du N. Il pleut beaucoup, surtout durant Tété ; en hiver le temps est plus sec et le ciel serein. La chute d'eau annuelle est de 1 ,430millim. , dans llondo, et f»endant Pété, les orages représentent 1/40^ de la moyenne annuelle. D'après de récentes statistiques, l'humidité de l'air est de :

Saison froide, li"*, Japon.

82«, S. de l'Europe.

Saison chaude, 8409, Japon, 70^ S. de l'Europe.

C'est en 4660 que le thermomètre fut introduit au Ja<* pon, mais les premières observations ne datent qoe du S*** juin 4875, où elles furent relevées par l'ingénieur anglais Henry-B. Joyner. La loi du 3 août 4887 constitua un serviee mété^relogique. Les principales stations sont au nombre de huit : Wakayama, Hiroshima, Osaka, Tokio, Nagano, Hakodaté, Sapporo, Némouro.

Il y a d'autres stations secondaires au nombre de 267 : •25 de deuxième ordre et 2412 de troisième ordre.

Le bureau central météorologique comprend quatre services : 4** service de climatologie; 2® service d'avertisse^ ment; 3<* service des tremblements de terre; 4<^ service d'admhiistration. Par les soins de l'administration, il est publié un bulletin renfermant toutes les observations.

Flore et Faane. — On trouve dans l'art. Asie (t. IV, pp. 442 et 445) des indications générales sur la flore et la faune de l'archipel japonais. Nous nous bornerons à y ajouter quelques détails. — La flore du Japon est extraordinairement riche et variée. Elle présente de grandes ressemblances avec celle de la zone forestière du bassin de rAtlanlique (Europe et Amérique d« Nord) et avec celle de l'Europe tertiaire. Elle a aussi beaucoup des plantes de' la région des moussons' (Asie orientale), bambous, camphrier, CamelHa japonica^ diverses Lauf inées et Terstromiacées. Les chênes verts, les conifères, les hêtres, les ormes, les aunes, les magnolias sont très répandus. La flore des montagnes supérieures est celle des régions arctiques. On connaît les emprunts faits par nos jardiniers au Japon : camélia, ma« gnolia, ailante, chrysanthèmes, néflier du Japon {Eriobo^ trya japonicay etc.). — La faune japonaise comporte SO espèces de mammifères, 360 oiseaux, j30 reptiles et

^ilt» ïji i>Im iiimifcltiîiHai m i%miMH pM

niB de Ikadft. €itMs le 8uo«« ttig» j&jpMMé» i

uenkoiar et Scemmmiift. Ob reaMurgae eseoie k renard oeaMUHi, le i\^iei^rm^ viverri9m$^»Melê$Àtiti^ kuméj letttgiîert &e eerf $ika^ VtuMt^entpm; W rit f«Hale el lof» eew k» teiUà défaut de oavee; k aonne eet rar». Il s'y a qu'an ami serpeal vaniaienT ikas ke lakwaaidek proviaM é*Iga, ptèadeEkle» vîlliailiK aiandre géaale (ÛfyyiMnMwàMf /lymiinie).

AsUuDtpatope ti BlUmmiKia — 1 part ke iêlMf (V. eenet) et kaiad%^ dee IknUat-kte, ]m habitants de Feropire mikadonal ne forment qu'on aaal peupky ou floieia m» seak nation. û'aiUeiir& nèae dans rik de Yesso et dan& rarchipd des Kouriks, tluibitatdea Aïnos est de plus en plus entahi par les eoleos japonak. Quatat aox lies Rîou-kîoo, les Japonais y forment presaae la vaèjpitM de la poptriatie». Netsitt en passani qae les kdi^èaes de cea ilea dM E wen t pe»dsaJapoaaw;sa les ià ékte pka veks aoe eu%ré, avoir k nea pks ptoéiûieat et k peau pks roaeèe.

Ua Japooak offrent, ceonme la plupart des peuplas, cer^ laines varkiés dans kar oonfigaratisa physique; e» pe«l réduire ces variétés, avee k pUipart des anteuesi medoTMl (Ekmiia, Mebnike, Skkdd, Mafè, Metehuàov^ lAls, etc.), à deux type» prÎMpaiix* Le pteskr, que Ten p«it qua* liisr de ^ et «ni se rencantre aurteat pmi les cluses sapérieufea de la soeiété, est caraetérisé anai qo'il ank: tailk ëÊÊeèêrtatvê aaaea grék, ciftaedoèieiMcépiiak, kei aUoiffée, yeax tièa oidiqaea^ mt in «uveie, hanche pCK tite. U second type, qas Tea peat désifaor seaa k nwa de grossier y est commun à k masse du peuple. Voici sa earaeléristiqae : eerps trapa, crâne a w ea di» face éfargie, poaHBettes satOantee, yeaa madèrtmsat eUi^oes, nés apkti» bouche k^iemeat fendue (Bftk). L'uaei Taalrede ess types wpartkaaeat k k raeeflBonfok; k prenikr est presqaa imtiqBe à eehiiqae Ken lenosatra parmi kaaobks Coréeaa et dana k N« de k Chine, taadk que k seeoad se lappreehe du type commoB aux Chinok mmdioaMtx el aax peapks îndo-chinms : Annamites, Laetieaa, ete. ; il effire aaasî <|uA|ues traits malais. L'iaftasBceda type maa sur kpeapk iapaaais a été très méettocie; elk ne ae manifeate qae dans k N. de Tlk Nip^. El cependant il esl certain qae^ dans ka teeips pmtohktoriques, ks Aïnee eeeupaient non aeukmeal le N.« mak eaoore le reatre de la Graade Ik« s'étendaal au S. peut-être jusqu'au â^ è^ de kt. N. U est même probable qae les < amas eoquittiera» oa « kJQek-

amddiafs net kafakaadesrampéfla qaaI'eA airoayéf

ûvori* «le*), 4QDt rouvre 4m Aloos, car iw «a tiiHiv«4^ loul àlakaiakffiieftsar la isdto 0. de Yemo, jm» i'Hako^ daté, et dans d^aatrea réffiODS <pi'oitf habitées dans Ica temps htstm^oes ou ^*hwitaiit enedre actodkHMiil Jaa Âinos.

Eo cmiinmtaBt ks donniai de Thistoire avec celles de FanthropologiB, on peut suppeser que les indâvidas du type £n sont les descendants d» tiibus venues par la Corée al les Iles Tsou-shiœa et Iki-shima, dans le S.-û. de NîpiNin, à une époque inoertaioe, niais très reculée. Quant aux flans du type ffroum^ ils peuvent bien descendre des envimis* seuis qui occujpaient, vers le vu** sîècle av. i.-C (d'a^ une chrottolegie douteuse), la côte ouest de File de Kiou» âou, et se mandaient de là dans File de Nippon. Venus soit de la Corée, SMt de la Chine méridionale» ces guerriers envahirent les royaumes fondés par les premieni immi* fflrants et se sont réipandus dans le S. «t le ee^re du Nippon, en y fondant le royaume de Yamato. Vers le II* sièeiei ils «Dgidbèreiit drâs cet Etat les Kmaç^ ou Maumaosif les indigènes de rite lûou^u, dont reiigiae est inconnue. A des é^ioques pkis reculées, las doix éternel^ fusionnés en un seul, fonnèrwt le peuple japouais qui n'a cessé de nefouler tes ahor^èaea du Nippon, Im

Âïnos ou Yebis vers le N. Déjà, au vu* ceux-ci n'occupaient que te partie tout à fait septentrionate de Ftle <|uaqi'au â8* uaraUète à peu nnte$; au laf siè<^, ite recufaent au delà du détrak do Tasi^wrou, dansFlte de YessD, d'où ite venaient tfifiqpur afMiesJapor nais daos te N. du Nippan ancere an ïvi* sM», D'une £içon générale, tes lananais aost pote de tailte

itaiUe mienne des hommes, i«>^59, oelte des femmes, .^47), assez r4>hustes et btea prwortipimés. Ul eeotemr detepeau varie depuis te jaune pâle, presque htenc, jusqu'au jaune hninâtre, couleur de feudte morte* Fait re^ marvnbte, tes Japonate ne présentent pas de luugeur aux joues, malgré teur teint souvent maiaa fimoé <pie eehû des Européens, Par contre, ite ont pnmque tous «ne aecumitr tetiondu p^^ment aurla ligue médiane du venira, et tous tea nouveau-nés offmnt une tacbe caractènatiqoe hteuàtre dans te région saoKhtembaifP» qui disparatt souvent au haut d'un certain nombre d'années <Bà|a). LaaebeueuKaanC mi gé^râRal raides, lisses M murs* U ^qiwme ^^ développé, sauf les eas^ on peut présumer tea aiétenges avec tes Amos. Le crâne est mésecéphate (iodtee cépo. moyen : 78,2 sur te vivant, 79 sur te csàne), avec te tan» dam» f ars te dolirhoréphalio dans te type fa, verstehrir Ayeépbaiie dans le type grosster; il estasses haut<indtea de hautemM ongu au r , 79,8^, vetemiueux ^ offre surtout lieux pariieiilanlés : te maxilteise aupérieur est tièsterga^ trèi £u, dcfourvu de {wie «auiua «t sa partM mii*

i4 irOTfêE SUR LC UPOÎf

rbimafit rourertore msale est moiifs fortement drrîgée en avant quo- chez les Européens; Tos malah*e est très fréquemment divisé en deux parties par une suture transversale plus ou moins complète; tandis que dans les crânes des autres races, on ne rencontre cette suture cfne ^, 3 ou 5 fois sur 400, on la trouve dans les crânes japonais 20 fois sur 400 (Bâk). Aussi a-t-on appelé la portion supérieure du malaire de ces crânes os japoni^ oum. (Hil^endorf).

Les traits saillants du caractère japonais sont la politesse et Taptitnde à dissimuler les émotions ; il ne faut pas en conclure <}ue le fond de leur nature soit mauvais ; au con-> traire, ils -sont très honnêtes, laborieux, gais, enjoués, bienveillants et très courageux (Mohnike, Metchnikov). La civilisation européenne, introduite au Japon depuis un auart de siècle, a beaucoup modifié les mœurs et lesusagei du pays, mais les traits essentiels du caractère national restent inaltérés. Tel, par exemple, fesprit chevaleresque des classes dirigeantes méprisant tout ce qui touche au négoce ou à Tindustrie ; cet esprit explique Fardeur avec laquelle les Japonais instruits se lancent dans les luttes des partis politiques, comme on Ta pu constater maintes fois, depuis <(ue ce peuple se trouve en possession du régime parlementaire.

Religions. — Au point de vue religieux, les Japonais se répartissent en deux croyances : Tune dite nationale; le shmtô on culte des Kamis (divinités indigènes de nature et d'origine diverses) ; l'autre, d'importation étrangère, le bouddhisme. Après s'être disputé avec acharnement la suprématie, après des luttes séculaires oii la victoire oscilla de Tun à Tantre des adversaires, après des persécutions réciproques allant jusqu'à la prise d'assaut, rincendie, le pillage des temples et des monastères et au massacre des prêtres et des fidèles, dégénérant parfois en de petites guerres civiles od le sang coulait à flots, les d<eux ennemies vivent maintenant dans irae paix apparente à Tabri d'un compromis de tolérance imposé par les pro-grès du scepticisme et de Tindifférence religieuse plutôt que librement et sinoèrement consenti. Car les vieilles naines, les jalousies, les ambitions ardentes, les querelles de jadis ne sont pas éteintes entre les deux clergés ; seu* lement, au lieu d'armes meurtrières, elles se règlent aujourd'hui avec des mémoires apologétiques et des controverses plus ou moins courtoises. Dans cette lutte pour l'existence et le pouvoir^ l'avantage est jusqu'à présent au bouddhisme,

3 ni compte au nombre de ses ouaiUes plus des deux tiers e la population, et, selon toutes probabilités, il lui restera en raison de sa supériorité dogmatique et philosophique (si <pi^ae Boaveaa facteur n'entre pas en l^ne), malgré

NOnGE 6UR LE JkWH tô

i'appui que le gouvernement prête au shmtô, dont il tend à faire ane religion d'Etat.

Le Shinto. — Le nom de ihintâ, employé pour dési* gner la religion nationale du Japon, est relativement mo^ derne. Emprunté à la langue chinoise, il ne paraît avoir été adopté qu'après Tintroduetion et rétablissement du bouddhisme (vi<^ siècle) comme terme de distinction entre la nouvelle croyance et Tancienne qui, sans doute, était demeurée innomée tant qu'elle n'avait pas de rivale.

Les auteurs japonais sont unanimes à affirmer la haute antiquité et Torigiiialité absolue de leur religion nationale. Elle remonte, prétendent-ils, au temps même de la créa-» tion du monde et, instituée par les dieux, s'est conservée jusqu'à nos jonrs sans changements et pure de tout em-^ pruut à l'étranger. Ces prétentions, est-il besœn de le dire, ne tiennent pas devant l'examen critique des faits et des maigres documents que nous fournit la littérature religieuse du shinto.

En dehors des nombreux commentaires qui en ont été faits à des époques rapprochées de nous, ces documenta se résument à trois livres : le Ko-zi-ki, le Nihon-shô^ki et le SkwU'U dont le plus ancien, le Ko-zi^ki, ne remonte pas plus haut oue le vin* siècle de notre ère, c.-à-d. à une époque où les idées et la littérature chinoises a^ient pénétré et s'étaient répandues au Japon, ce qui suffirait déjà à nous inspirer une légitime suspicion à l'égard de leur originalité. Ce ne sont, ni les uns, ni les autres, des livres religieux à proprement parler^ car ils ne renferment ni exposés de dogmes, ni prières, ni prescriptions rituelles ou morales ; ce sont de simples recueils de légendes, de traditions populaires hîstorico-mythologiqués choisies parmi les plus accréditées, ainsi que le reconnaît lui-même, dans sa préface, Oho*no-Yasoumar6, Fauteur du Ko^i-kù A côté d'un fonds de croyances enfantines, naïvement extra va^Btes et souvent obscènes, qui sont indubitablement indigènes et fort anciennes, nous y trouvons les traces évidentes d'idées mythologiques chinoises (ce qui n'a rien d'étonnant étant donnée la grande infiuence que la Chine a exeroèe sur le développement de la civilisation japonaise), dlntorpolations et de remaniements relativement récents, destiné», à ce qu'il semble, à corriger ce que It donnée primitive avait de trop matériel.

La mythologie du shinto est très simple. À part les cinq grands dieux — qui paraissent avoir été inventés après coup — toutes ses divinités, les Kamis, sont des personnifications des forces de la nature ou de ses éléments, des génies locaux, des ancêtres, ou bien des héros divinisés. Aucune préoccupation philosophique, aucune conoeptioii rationnelle ne paraissent avoir présidé à leur invei^ion. ils

16 MancE SOI us jàmn

} trop qa*OB sache cMDmeiit, de qnei, m pourquoi; et h plupart, une fois nés, se jouent phis aucun rMe dans la fable. Ils ne sont même pas crâiteurs. Sa 4aBaBOgoBÎe, tout aussi primitive, est du okmbs originale avectftlégeiidedestfui^ lies engendrées par ledieuIzauM-gi M enfantées par la déesse Izana-mi.

« LoTMfue le diaos eommencait à se condenser », dit le JCtHa*«(,€niai84iaenilafor6e, ni la forme ne s'étaient Mcore «anilBStées, et que rien n'existait qui fût nommé, rien auî Kkt fait, qui pouvait connaître sa naéUun ? Cependant le ciel et la terre d'abord se séparèrent et les trois dieux procédèrent au commencement de la créatîott; VEssence active et VEssence passive se développèrent alors et les deux Ecrits devinrent les ancêtres de toutes eboses. p Les trois dieux sont : Anné-no-mirnaka-mmshù fkhkandy < le dieu maître du centre auguste du ciel », TakornU-mausourin'nO'kami^ « le gnnà et auguste dieu nerveiDeox produ^eor », et ii(ami-matf«0ii-H-fUhkami, € le dieu merveilleux producteur », nés par une sorte de |ènération spontanée. Quant aux deux Essences, il est faode de reconnaître en elles les principes Yang et Yméôh. cssmelogib chinoise.

A ce moment, latenreflotte dans le chaos c comme une tache d'Jbnilo » ; elle se eondense* devient viapieuse et c semblable en quelque sorte à une médnae »; de cette viaoQsilé jaOlit « une chose qui dovmt an scion nmge » et dooe scion naissent (ou pouràent) deux noaveaux dieux : OiHnash$F<i$bi-KaH'hikô'dji-ruhkami, ^il'dmable Prince niné du Scion rouge », et Àmé'^nO'tokd^tatdU''no'iMmi^ « le dieu résidant élemellement dans le ciel »•

Ces tiafi divinités constitoent le groupe des grands dieux célestes, invisibles, isdés.

Ensuite apparaissent les Sept GénéraUons divines^ «omposées de deux divimtés isolées etde cinq couples divins mâks et Ismelles, peut-être créés par la triade primitive ou par les deux Producteurs, peut-^tre formés spontanément par Taction des deux Essences; ce seat : i^ Maunir nthiakô-îaUM-mh-kam^ c dieu résidant éternellement sur la. terre » ; 2® Tayâ^kaumo-nau^iO'kami^ « dieu maitre de toute abondance » ; 3^ (kp-hidji^^ni'na-kanU, € dieu du liéMU de la terre», et SatMâji-^irno-kamU « déesse du limon de la terre » ; 4^ TsounoU'qovhi-nO' kami^ € dieu de tout germe », et Ikou-gauhp^o-katnit m déesse de toute vie » ; 5* Oluh-UHno^ji''nO'kami^ < dtsn ateé du firand Espace », et Oho^to-mo-bé'iuh' Juuni^ € déesse du Grand Espace » ; 6® Omo^darourno^ . hami, « dieu à rextérieur parfait », et Ayar-Sashikô-nésèO'4Qami, < déesse vénérable »; T* Ixanar-gi-nO'kami^ « le dieu qui empige », et isuaia-^p^Hû-kamU < la déesse ^ nigHin »• Qm dma deniers ptraiisfut avoir eu un

NOTICE SUR LE JAPON il

corps matériel, d*unc nature se rapprochant de celle du corps humain, et sont les agents actifs de la création du monde terrestre.

Jusqu'ici la terre n'existe toujours que sous une appa^ rence visqueuse, informe. Les dieux engagent Izana>gi et Izana-mi à la rendre solide et, à cet effet, donnent à Izana-gi la lance céleste de pierre précieuse appelée Nou- Kobo. Ces deux dieux se placent alors sur le pont ou Tescalier Ama-no-ouki-kashi, qui relie le ciel à Tabîme, et agitent avec la lance divine le limon des* eaux; quand ils la retirent, la vase restée au bout de la lance dégoutte, s'empile et forme File d'Onogoro. Curieux de visiter leur nouveau domaine, ils descendent dans Tlle et, la trouvant agréable à habiter, ils y commencent Tœuvre de Tenfantement du monde. Leur premier-né est le dieu Hirougo^ être difforme et chétif qu'ils abandonnent aux flots de l'Océan sur une barque de roseaux ; puis ils donnent naissance à rile d'Âha, « Ecume ».

Etonnés et chagrins de la faiblesse et de la laideur de cette progéniture, ils remontent au ciel demander conseil aux grands dieux. Ceux-ci déclarent que la mauvaise constitution de ces enfants provient de la grave inconvenance commise par Izana-mi en faisant la première des avances à son époux. Les deux démiurges redescendent donc dans leur île et, cette fois, agissant selon les règles de la bienséance, donnent naissance d'abord aux huit îles d'Ahadji, de Foutana, de Mitsougô, de Tsoukoushi, d'Iki, de Tsou, de Sadô et de Yamato, qui constituent le Japon proprement dit, puis aux six lies secondaires de Kozhima, d'Adzouki, d'Ohoshima, de Himé, de Tchika et de Foutagô. Après avoir enfanté ces ties, ils engendrent les dix divinités qui président à l'atmosphère, à la terre, aux eaux et à l'automne : Oho-koto-oshi-wo-no-kamù Iha-tsouU chi-biko-no-kami, Iha-dzou-himé-no-kami , Oho-tobi-tuaké-no-kami , Amé-no-fouki-ivo-no-kami^ Ohoya-biko-no-kami , Kaza-gétsou-waké-no-oshi-ivo-nokami , Oho-wata-lsou-mi-no-kami , Minato-no-kami et Haya^aki-dzou-hikô-no-kami; ensuite naissent les dieux du Vent, des Arbres, des Montagnes, la déesse des I Marais, le dieu du Bateau de camphre céleste, la déesse de la Grande Nourriture et enfin le dieu du Feu, Hi-no-liayayagi-wo-no-kami^ dont la naissance coûte la vie à Izana-mi.

Désolé de la perte de sa compagne, Izana-gi verse d'abondantes larmes, et de ces larmes naît Naki-saha-mé-7iokami, « déesse des cris et des pleurs » ; puis il enterre la morte au sommet du mont Hiba, et, fou de douleur, d'un revers de son terrible sabre, Amé-no-wo-ha-bari,- tranche la tète du dieu du Feu, cause involontaire de la mort de sa mère. Du sang de ce dieu naquirent huit divinités, et

huit autres de ses divers membres. Après cette exécution, rinconsolable Izana-gi entreprend d*arracher leur proie aux enfers et descend au « lieu de putréfaction» ; mais Izana-mi a € mangé la nourriture Je Tenter » et ne peut lui être rendue. Au moins veut-il la voir une dernière fois ; mais il n'aperçoit plus qu'un cadavre en décomposition, pâture de vers repoussants, et s'enfuit plein d'horreur poursuivi jusque

sur la terre par Izana-mi et les puissances de l'enfer, à qui it n'échappe qu'en fermant avec un énorme rocher le passage qui conduit au sombre séjour. Délivré de leur poursuite, le dieu s'empresse de se plonger dans un ruisseau afin de se purifier, et alors de chaque vêtement dont il 4'^ se dépouille, de

i> J5 chaque partie de '^'-^' son corps que touche l'eau purifiante, nait une divinité ; de son œil gauche sort la déesse AmatérasoU'Oho-mikami à laquelle il donne l'empire du soleil ; de son œil droit, le dieu Tsouki-yomi^ nO'kami dont il fait le régent de la lune; de son nez, le dieu Také- Itaya-Sousa-fwwo-no-mikoto — plus généralement appelé Sousa-no — qui reçoit en partage l'empire de l'Océan. A partir de ce moment, il n'est plus question d'Izana-gi ; quant à Izana-mi, elle devient la grande déesse de l'enfer, sous le nom d'Yomo-tsou-oho-kamû

Ama-térasou-oho-kami (d'après dessin japonais).

L*espace nous manque pour analyser, ainsi qu'il conviendrait, les légendes des démêlés du turbulent Sousa-no avec sa sœur Ama-térasou, et de son exil sur la terre, — du meurtre de la d^sse de la Grande-Nourriture, Ohbgé'tsoU'himé, du cadavre de laquelle naissent les animaux domestiques et les céréales, — de la victoire de Sousa-no sur le dragon à huit queues, et résumer les hauts faits de la longue série de dieux terrestres qui se succèdent sur le sol du Japon, depuis rétablissement de Sousa-no à Souga, dans la province d'Idzoumo, jusqu'à Tavènement de Pempereur Zim-mou^ le premier dieu humain, fondateur de la dynastie impériale du Japon. Du reste, ces traditions mythologiques, qui appartiennent plutôt au cycle héroïque, ne nous apprendraient pas grand'chose au pomt de vue religieux ; elles ont surtout pour objet d'établir la filiation divine des daïris ou mikados.

Il est bien difficile de se faire, d'après ces documents, une idée nette de ce qu'était anciennement la religion des Japonais. Le rôle effacé des grands dieux^ l'oubli dans lequel on les laisse aussitôt après avoir constaté leur existence autorisent à supposer qu'ils ne faisaient pas partie du panthéon primitif et ne sont qu'une imitation de la trinité chinoise San-thsîng, tandis que l'importance donnée à la déesse du soleil, Ama-térasou, semble indiquer qu'elle a été — comme elle l'est encore du reste dans la croyance populaire — la grande divinité principale. Mais il ne faudrait pas conclure de ce fait à L'existence d'un monothéisme primitif; nous sommes ici en présence d'un polythéisme, ou, si l'on veut, d'un polydémonisme parfaitement caractérisé.

Un fait, d'autant plus curieux à constater qu'il est très rare, c'est Labsence complète de toute idée de morale et de tout culte; en fait de rites, nous ne trouvons dans les cent quatre-vingt sections du Ko-zi-ki que celui de la purification par l'eau. La notion de l'existence et de l'immortalité de l'âme paraît absolument inconnue aux anciens Japonais, de même c|ue l'idée d'une autre vie et de récompenses et de châtiments futurs. Le ciel, Takama-no^ hara^ est une contrée toute semblable à la terre, avec des montagnes, dès rivières, des champs, des forêts, des palais, résidences des dieux; il est situé à une portée de flèche au-dessus du monde terrestre et on y accède par un escalier. Les hommes y ont-ils accès après leur mort? C'est très douteux. Cependant la tradition populaire y fait monter Izana-gi après la mort d'Izana-mi; mais il ne faut pas oublier que ce personnage a plus d'un dieu que d'un homme. L'enfer, Yomo ou Yomo-tsou-kouni, est simplement la contrée des morts, un pays ténébreux conçu à rimage du monde de la terre, sans qu'il s'y rattache une idée quelconque de châtiment ou de supplice ; il est situé

âO NOTICE SUR LE JAt»()N

au-dessous de la terre et communique avec le monde des vivants par un passage étroit.

Un état religieux aussi primitif ne pouvait évidemment pas durer bien longtemps ; aussi, dès le vi*^ siècle avant notre ère, si nous en croyons les historiens japonais, il se transforme et un véritable culte s'établit. Les dieux étant considérés comme les ancêtres de la dynastie impériale et de la nation japonaise, ce culte prit naturellement la forme ancestrale et ce fut l'empereur lui-même qui eut la charge d'offrir les sacrifices à ses divins ancêtres en son nom personnel et pour tout son peuple. Quant aux particuliers, chacun honorait ses ancêtres à domicile d'une façon à peu

f)rès identique au culte ancestral chinois. Les prêtres, dont a charge est de bonne heure devenue héréditaire, ne remplissaient que des fonctions subalternes ; ils entretenaient les temples et participaient aux cérémonies solennelles en chantant des hymnes avec accompagnement de musique et en exécutant les danses sacrées. Les temples, construits en bois brut sans autre ornementation que des rameaux verts et des bandelettes de papier blanc, consistaient en un sanctuaire ne renfermant qu'un miroir de métal, un sabre et un gohei (bâton de bois blanc décoré de papier blanc découpé en losanges) posés sur une table de bois naturel, et souvent fermé par un voile blanc, ainsi que l'est encore aujourd'hui le sanctuaire célèbre d'Ama-térasou à Isé. Il était interdit de faire des images des dieux. S'il n'est pas certain qu'on ait jamais sacrifié des victimes humaines devant les autels, par contre les sacrifices humains étaient pratiqués à l'occasion des funérailles, et l'usage d'enterrer vivants avec les morts illustres non seulement leurs serviteurs, mais encore un certain nombre de leurs amis, se conserva d'une façon régulière jusqu'au f' siècle de notre ère. Il fut aboli, dit-on, par l'empereur Souinin-Tennô en Tan 2 av. J.-C; mais il parait certain qu'il persista accidentellement jusqu'en 646, c.-à-d. presque jusqu'à l'époque (712) oii Fauteur du Ko-zi-ki compilait ce recueil à la demande de l'impératrice Gem-miyô, veuve de l'empereur Temmu.

Les progrès de la civilisation, l'influence de plus en plus grande de la littérature et de la philosophie chinoises, peutêtre aussi la concurrence redoutable du bouddhisme, amenèrent peu à peu dans le shinto de nouvelles modifications tendant à le rapprocher du niveau des autres religions voisines. Si le respect tle l'antiquité et des choses sacrées ne permit pas de toucher au texte même des anciennes traditions, de nombreux commentateurs s'efforcèrent de les expliquer de façon à en faire disparaître ou à atténuer ce QUI pouvait paraître trop extravagant ou trop grossier à 1 esprit moderne, et à présenter le polythéisme du shinto sous l'aspect d'une sorte de monothéisme, en sacrifiant les

dieux secondaires, réduits à Tétat de simples esprits ou de personnifications des vertus et des énergies du dieu suprême. D'après cette nouvelle école, Amé-no-mi-nakanoushi-no-kami, Esprit ou Essence dépourvu de forme matérielle, est le dieu unique, incréé, éternel, invisible et créateur; conception qui le rapproche beaucoup du Shangti des Chinois. Taka-mi-mousou-bi-no-kami et Kami-mousou-bi-no-kami ne sont pas des dieux distincts, mais représentent les deux facultés ou pouvoirs essentiels du dieu unique : le premier donne la forme matérielle aux èlres et aux choses, le second anime la matière. (Cette conception, cela va sans dire, est celle des lettrés et des philosophes; le peuple demeure fidèle à ses anciennes croyances et son culte se porte presque exclusivement sur la déesse solaire Ama-lérasou.) L'âme humaine, œuvre de Kami-raousou-bi, est immortelle et possède deux principes, ou facultés, indestructibles : FomjoiL-mi-tama^ principe du bien, et Ara-mi-tamay principe du mal; la vertu consiste dans la prédominance du bon principe. L'âme est faite de la même essence que le dieu suprême; elle peut s'en rapprocher indéfiniment par ses mérites et, après la mort, aller se reposer à ses côtés dans le Takama-no-hara, ou monde des dieux. L'âme coupable descend dans l'enfer, Néno-kouni Soko-no-kouni, pour y subir des supplices incessants. L'idée de la transmigration n'est pas admise.

Au point de vue de la morale, les shintoïstes modernes ont tout simplement adopté celle de Confucius; ils ne pouvaient faire un meilleur choix.

Actuellement le culte est à peu près dépourvu de cérémonial extérieur; comme aux premiers temps, le sacrifice consiste en une simple ofi'rande de viandes, de poisson, de volailles, de fruits, de riz cuit et d'eau pure, après laquelle les prêtres exécutent leurs chants et leurs danses conformément à l'ancien rituel. L'introduction de la morale dans la religion a étendu les charges de ces derniers ; en dehors des sacrifices, d'ailleurs peu fréquents, ils enseignent les préceptes religieux et moraux et prononcent des sermons, entrecoupés de chants saprés, qui ne sont pas sans quelque rapport avec les prêches protestants.

Enfin, le culte domestique a également été simplifié ; les offrandes déposées devant les tablettes ancestrales, qui étaient autrefois de véritables repas de plusieurs plats, ne se composent plus aujourd'hui que de riz cuit à l'eau et sans sel, d'eau pure et de bâtonnets d'encens.

Le Bouddhisme. — Il existe trois versions relatives à l'introduction du bouddhisme au Japon. L'une en attribue l'honneur à une mission coréenne venue au Nippon à la suite de la conquête de la Corée par la célèbre impératrice 7iin-gô-Kogô, au iv° siècle de notre ère; une autre le fait

arriver en 552 dans les bagages d'une ambassade chinoise; la troisième, enfin, donne le mérite de son importation au prêtre Oô-shin envoyé, à cette même date, par le roi de Corée, avec sept autres religieux coréens, pour apporter à Tempereur une image du Bouddha en cuivre doré et tous les livres bouddhiques qui étaient traduits en chinois à cette époque. La première de ces traditions, qu'aucune preuve n'accompagne, doit être écartée en raison du caractère trop légendaire de la conquête problématique de la Corée par Zin-g6. Quant aux deux autres, faute de documents suffisants, il est impossible de se prononcer entre elles, et nous ne retenons qu'un seul point de leur récit, sur lequel presque tous les historiographes du bouddhisme japonais sont d'accord, la date de 552. Un autre point semble également acquis, c'est que l'image sacrée, apportée par l'ambassade chinoise ou coréenne, fut déposée dans la maison que le courtisan Ina-mé possédait à Moukawara (Yamato), qui, transformée par ses soins pieux, devint le premier temple bouddhiste du Japon.

Ce ne fut pas sans peine que le bouddhisme parvint à s'implanter, ayant à lutter non seulement contre une religion d'Etat et la superstition populaire, mais encore contre la politique d'un gouvernement dont le souverain était considéré comme le descendant direct des dieux du pays et quelque peu dieu lui-même. Après avoir végété pendant

λlus de 300 ans, il commença à se développer, après 'édosion de ses premières sectes, vers le ix® siècle, pour atteindre son apogée du xiu® au xvi^^, grâce à la protection qu'il trouva auprès du gouvernement des shogouns.

Quand Yori-tomo fonda, au th^ siècle, cette institution du shôgounat si curieusement semblable à la mairie du palais de notre dynastie mérovingienne, il jugea de bonne guerre de s'appuyer sur le bouddhisme pour faire opposition au mikado, chef du shint6, et cette politique habile, suivie par ses successeurs, fut très probablement le point de départ de la fortune du bouddhisme au Japon, de même

Ïae, quelques centaines d'années auparavant, la protection 'Açoka lui avait donné la suprématie dans l'Inde. Les bouddhistes reconnaissants embrassèrent résolument le parti des shogouns ; on vit les monastères se changer en forteresses, les moines troquer la chape contre la cuirasse, et maintes fois un empereur ayant cessé de plaire à son puissant vassal alla, la tête rasée, méditer à l'ombre d'un cloître sur la fragilité de la grandeur humaine. Plus tard, au temps du grand Taï-kô et de Yéyas, tous les daimyôs furent contraints de s'affilier à l'une des sectes bouddhiques.

Le bouddhisme japonais appartient au système Mahàyâna ou bouddhisme du Nord, et aux écoles dites mâdhyamika ou madhyama-yàna, yogàcàrya et kâlàcakra (Y. Boud- DmsME), bien que deux de ses sectes les plus anciennes

iNOTICE SUR LE JAPON

passent pour professer la doctrine Hina-yâna ou du bouddhisme du Sud, assertion douteuse jusqu*à plus ample informé. Comme celui du Népaul, du Tibet et de quelques sectes chinoises, son culte s'adresse, outre Çàkyamouni {Sliaka), aux cinq Dhyâni-Bouddhas, Daï-lSitchi « Mahâ- Vairocana », Ashikou « Akshobya », Hô-shiô « Ratna Sambhava», Amida « Amitdbha », Fokoii-djô -djôu « Amogha-Siddha », et aux mille Bouddhas des trois mondes (passéprésent -futur), qu'il désigne par les noms génériques de Nio-raï « Tathâgata » et Boutsou « Bouddha ». Les cinc[ Dhyâni-Bouddhas jouissent d'une importance toute particulière en tant qu'essences et origines de tous les autres Bouddhas, — bien que les quatre derniers ne soient que des intelligences ou qualités deDaï-Nitchi, le Bouddha suprême, existant par lui-même, éternel, — et parmi eux celui dontle culte est le plus répandu est Amida y personnification de la Charité, régent de la

Daï-Nitchi-nio-rar (Bouddha suprême, bois du xviii» siècle).

Terre pure (paradis) de SoukhâvatI, inspirateur et en quelque sorte père spirituel de Shaka-mouni. Au contraire, Daï-Nitchi est, en général, assez négligé, sauf dans les sectes do Tén-daï et de Shin-gon qui le reconnaissent pour leur divinité suprême. Shaka-mouni, quoique reconnu comme le fondateur du bouddhisme actuel, n'occupe qu'un rang secondaire (excepté dans la secte de Nitchirén ou Hokké-shou) ce qui tient à sa situation d'émanation d'Amida. Au-dessous des Bouddhas, nous trouvons comme objets d'un culte secondaire les Bossatsoii ou Bodhisattvas, parmi lesquels se distinguent au premier rang Mon-djou, € Manjuçri », Fougjién, « Samantabhadra », et surtout Kouan-on, « Avalokitè-çvara », personnification de l'énergie charitable d'Amida, qui forme une sorte de triade avec ce liouddha et Shakamouni. Dans la classe des Bodhisattvas

figurent les Seize Rakans, « Mahâ-Sthavlrâs », et les principaux fondateurs d'écoles et de sectes. En plus des Bouddhas et des Bodhisattvas, les cieux bouddhiques sont peuplés d'innombrables divinités de puissance et de rangs variés, les Mio-Ô, « Mahâ-dévas », pour la plupart d'origine çi-

vaïque, les Tériy « Dc- \as », ou dieux célestes, les Djin ou 5/im, « Esprits », les tJOO Rakans, « Arbats », les Téngou, génies des montagnes et des forêts.

Enfin les mondes inférieurs sont habités par des légions de démons, tels que les Ashmira, « Asuras », les Yakha, « Yakshas», etc., d'origine indienne et japonaise.

Un certain nombre de Kamis ont été admis au nombre des divinités bouddhistes.

Sous le rapport des dogmes et des doctrines, il ne s'écarte guère des traditions du Maliâyâna indien que sur quelques points de minime importance et de pure inlerprétalion, et sur la date du Nirvana de (^kya - niouni , qu'il place en Tan 4000 avant notre ère. Cependant il est intéressant de signaler sa conception du Nirvana, Né-han^ 'beaucoup plus précise et plus affirmative que celles des autres écoles bouddhiques ; pour lui, le Nirvana n'est ni un lieu (paradis), ni le néant ou l'anéantissement; mais une union intime, une sorte de fusion du moi de l'être avec le Bouddha, la réalisation parfaite du principe « le Bouddha, les Etres et la Matière ne font qu'un », qui fait de l'être un véritable Bouddha parfait et qui s'obtient par « l'acquisition de l'Esprit de Bodaî (Bodhi) » et la destruction des passions, état auquel le saint peut parvenir sans quitter la vie terrestre et, même, que le prêtre atteint temporairement, selon la doctrine des sectes Tén-daï et Shin-gon, pendant qu'il officie dans certaines cérémonies. Cet état devient définitif après

Rakan (terre cuite du ix» siècle).

NOTICE SUR LE J.VPOîf 23

la mort du saint et le délivre à tout jamais des chaînes de la transmigration.

Toutes les sectes japonaises reconnaissent et professent deux degrés d'enseignement appropriés à Tintelligence et à rétat d'âme des disciples : Kén-kiô ou doctrine exotérique, pour le commun des fidèles et les novices, et Mi-kiô^ on doctrine ésotérique. Cette dernière, qui, seule, mène à Tacquisition de TËsprit de Bodhi, ne peut être enseignée qu'aux initiés d'une capacité et d'une ferveur éprouvées.

Au Japon même on n'est pas d'accord sur le nombre des sectes, par la raison qu'elles sont divisées et subdivisées à l'infini en sous-sectes plus ou moins importantes dont certaines ont pris le rang de sectes, et aussi parce que quel- 3ues-unes ont disparu ou se sont fondues avec d'autres e doctrines similaires. En les étudiant d'un peu près on pourrait peut-être les ramener à cinq ou six types originaux. En général, on en compte huit, douze ou quinze. C'est cette dernière classification, adoptée par la secte Shin- *gon, que nous croyons devoir suivre en raison de la réputation de savoir des prêtres de Shin-gon. De ces quinze sectes, neuf sont dites anciennes parce qu'elles ont été fondées du vil® au IX* siècle, et six modernes, établies entre le xii® et le xvic siècle.

Sectes anciennes, La première secte japonaise fut instituée en 625 par un prêtre coréen, nommé E-kouan, qui s'était fixé au temple de Gouangôdji, à Aska (Yamato). Elle reçut le nom de San-ron. Sa doctrine repose sur la négation des phénomènes extérieurs et intérieurs et fait consister la vérité en un terme moyen qui n'est ni l'être, ni le néant. En même temps E-kouan professait la doctrine de la non-réalité du moi et des éléments des cinq agrégats, qui fut adoptée par la secte Djô-djitsou. Actuellement ces deux sectes n'ont plus ni disciples, ni représentants. En 653, la secte llossô fut fondée, dans ce même temple de Gouangrtdji, par Dô-shô, élève du prêtre chinois Géndjô- Sanzô. La base de sa doctrine est qu'il n'y a rien de réel que la pensée, tout le reste est illusion. D6-shô enseignait aussi le dogme des Quatre Vérités Excellentes et des Huit Bons Chemins, qui devint le credo de la secte Kou-sha, Los livres de ces deux sectes sont étudiés par toutes les autres écoles ; mais le Kou-sha a disparu et la secte Hossô n'a plus que 48 temples, desservis par 14 prêtres seulement.

En 699, le prêtre En-no Shô-kakou fonda la secte Shougkén, aujourd'hui absorbée dans les sectes Shin-gon et Tén-daï.

La secte Kégon fut instituée en 843 par Ryôbén, disciple de Oô-yéi et de Dji-koun ; elle s'est fondue dans les autres sectes et ne possède plus en propre que 22 temples avec 10 prêtres seulement.

En 754, le prêtre chinois Gan-djio fonda la secte Ri-

tsou, basée sar Tétude du Vinaya, ou Règles de discipline ; ses doctrines sont adoptées par toutes les autres sectes, mais maintenant elle n*a plus d*existence propre.

En 805, le grand prêtre Saïtchô, ou Déngyô-daï-shi, construisit le temple d*En-ryakou-dji et institua la secte Téndaï, dont renseignement, empreint de mysticisme, est basé sur le principe de « Tunité de nature du Bouddha, des Etres et des Choses », et sur la doctrine ésotérique du Saddharmapundarika-sûtra ou I^tus de la Bonne Loi. Elle appartient à Tccole Yogâcârya. Très importante et très prospère, elle possède actuellement 4,800 temples et 2,800 prêtres.

La secte Shin-gon^ « Vraie Parole », fondée en 806 par le prêtre Koukaï, plus connu sous le nom de Koô-boô-daï-

Ko6-boô-daï-slii (bois du xvii" siècle).

shi, repose également sur le principe de Tunité du Bouddha, des Etres et des Choses ; mais elle y a ajouté, comme moyen de parvenir à Tétat de Bouddha, la récitation des formules mystiques, Tantras et Dhàranis, et Tusage des Mùdras, signes cabalistiques faits avec les doigts constituant une formule magiaue et une prière muettes. Elle représente au Japon Técole de mysticisme ou kâlâcakra. Son enseignement est presque entièrement ésotérique. Elle possède 13,600 temples desservis par 7,060 prêtres.

Sectes modernes. Pendant à peu près trois cents ans aucune nouvelle secte ne se constitua; mais, en 1148, le prêtre Ryô^nin fonda dans le temple de Raikôdji, à Ohara (Yama-shirô), la secte Youzovr-nemboutsou basée sur

« réchange de la vertu personnelle avec celle d*autrui, au moyen de la récitation du nom d'Âmida ou Charité éternelle >. Sans être prospère, elle compte à Theure actuelle 357 temples avec plus de 200 prêtres.

En 4175, la secte Djô-dô, « Terre fure », fut fondée par H6-nen, d'après les principes du prêtre chinois Zén-d6. Sa doctrine repose sur « Tacquisition de la Bodhi par la contemplation du Bouddha », considérée comme le moyen de parvenir à la Terre pure de Sookhâvati, étape de repos bienheureux sur le chemin de Nirvana. Avec ses deux ordres ou sous-sectes, de Séizan et de Tchinzei, elle compte 8,300 temples et 5,500 prêtres.

La secte Zén, basée sur la méditation abstraite, Dhyâna, se compose de trois ordres ou sous-sectes, établis : le premier, Rinzaïy par le prêtre Yéisaï en 4201 ; le second, Sôtô, en 4245, parDO-guén; le troisième, Wôbakou, par Douguén en 4663. Ses temples, au nombre de 20,780, sont desservis par 1 5,600 prêtres. L'ordre de Sôtô est le plus florissant des trois ordres de Zén.

La secte japonaise la plus importante par le nombre de ses adhérents, attirés par la simplicité et la facilité de ses

Shin-ran (bois du xvi« siècle).

doctrines, le Shin-shouon « Vraie Secte », date do 1224 et a pour fondateur Shin-ran, disciple de Hô-nen. Elle enseigne que l'esprit de Bodhi s'acquiert exclusivement par la grâce de la Vérité éternelle qui a pris l'engagement de

âS KOTICE SUR LE JAPON

délivrer toutes les créatures, et qu'il suffit, pour provoquer Taction efficace de cette grâce, d'invoquer le nom sacré d'Amida, qui est réellement la Vérité éternelle. Contrairement à la rè^le bouddhique universelle, qui prescrit le célibat des religieux et l'abstinence de toute chair, ceux de celte secte sont autorisés à se marier et à se nourrir de viande et de poisson. Elle possède 10 grands temples et 49,100 temples secondaires relevant des premiers, avec 48,700 prêtres pour les desservir. Grâce à l'autorisation du mariage des prêtres, la prêtrise est très fréquemment héréditaire dans cette secte.

Dans le courant du x*' siècle, vers Tan 949, un prince de la famille impériale, fils de l'empereur Téi-g6, se voua à la vie religieuse sous le nom de Kouya-Djô-nin et, à l'imitation de Çâkya-mouni, se mit à parcourir e pays en prêchant la doctrine de la conquête de la Terre pure au moyen de l'illumination produite par la Bodhi, s'acquérant par la prière, les actions de grâce et les invocations à la Vérité éternelle personnifiée par Amida, c.-à-d. à peu de chose près celle de la secte Djô-dô ; mais cette tentative prématurée n'eut point de succès. Le prêtre Ippen, se disant inspiré par l'esprit de Kouya-Djô-nin, la reprit en 1275 et donna à la secte qu'il fonda le nom de Dji-shou, Très peu suivi, à cause sans doute de sa trop grande similitude avec Djô-dô, le Dji-shou a peu de fidèles et possède seulement 350 temples avec 200 prêtres.

La secte Nitchi-ren fut fondée en 4261 par le prêtre Nilchi-ren, disciple de Tén-daï dont elle est considérée comme une sous-secte. On lui donne aussi le nom de Hokkésfwu. Sa doctrine repose sur l'autorité du Saddharmapundarlka-sùtra, ou Lotus de la Bonne Loi (en japonais, Miô'hô^rén-ghé-kiô)^ et sur l'efficacité exclusive de la méditation pour parvenir à la connaissance du Bouddha et à l'acquisition de la Bodhi. Elle proclame l'unité de tous les Bouddhas passés avec Çàkya-mouni, Bouddha du temps présent. Comme adjuvant à la contemplation, elle recommande la répétition incessante du titre de son sûtra fondamental précédé de la formule d'adoration iVa-moM. Sur les autels de cette secte la formule fia-mou-miô-hô-rênghé-kiô, « adoration au Lotus de la Bonne Loi », inscrite sur une tablette, est placée entre deux Bouddhas, Shakamouni et Ta-hô ; cet ensemble appelé Sam-bô^ « Tri-ratna, trois Trésors », représente la trinité bouddhique : « Bouddha, Dharma, Sangha », le Bouddha, la Loi et l'Eglise. Le Nitchi-ren-shou possède 3,060 temples et 2,500 prêtres.

Si nous faisons le compte des temples possédés actuellement par les 40 survivantes des 15 sectes primitives, nous arrivons au total de 70,647 temples desservis par 52,584 prêtres. Ces chiffres, s'ils sont sincères, donnent une haute idée de la prospérité et de la puissance du bouddhisme au

NOtICE SUR LE ikPOU

Japon ; mais ils accusent en même temps une disproportion considérable entre le nombre des temples et celui des desservants, d'autant plus étonnante au premier abord qu'elle est inverse de ce qu'on pourrait raisonnablement attendre. Cette disproportion tient à ce que les petits temples ou chapelles, très nombreux dans les villes et les campagnes, n'ont pas de desservants attitrés et pas de cérémonies jour* nalières ; le service y est fait, quand les circonstances le réclament, par des prêtres fournis par les temples princi*

Nitchi-ren (bois du xvii« siècle).

paux. Le nom de monastères conviendrait mieux que celui de temples à ces derniers qui comportent, outre le sanctuaire, une bibliothèque, des salles de réunion et des maisons pour le logement des prêtres, groupées autour de l'habilation du supérieur. Sauf ceux de la secte Shin-shou, qui se fixent volontiers dans les villages, il est très rare que les religieux bouddbistéS résident en dehors des temples. Les religions étrangères sont faiblement représentées au Japon. Le judaïsme et le mahométisme n'ont aucun adhérent parmi les Japonais ; quant au christianisme catholique et protestant, malgré les efforts de ses missionnaires, il n'a fait jusqu'à présent qu'un nombre insignifiant de conversions. Le Japonais tient à son individualité ; s'il reconnaît la supériorité des Européens au point de vue scientifique et industriel et cherche aies égaler, il la nie en ce qui

coDcerne la religion et, malgré le scepticisme qae lui a incalqné le confacianisme, se refuse énergiquement à renier ses traditions nationales.

Mœurs et contnmes. — Les Japonais sont vifs, gais et braves, ayant au plus haut degré le sentiment de la patrie. Un de leurs traits les plus caractéristiques est la propreté ; et, dans Tancien temps, ils étaient plongés constamment dans les rivières on dans les piscines, comme des canards, hommes et femmes mêlés. Il y a environ huit eents bains à Tokio. La femme japonaise est d'un naturel aimable, de petite taille, mais gracieuse ; elle doit obéissance à son père, jeune fille; à son mari, épouse ; à son fibalné, veuve. Quoiqu'elle ne soit pas maltraitée, la femme tend maintenant, sous l'influence des idées occidentales, à transformer sa situation sociale et à augmenter son indépendance ; sans aucun doute, Tadoption des modes européennes contribuera beaucoup à sa transformation. — Les Japonais portent plusieurs noms : le iianori ou jitsumyoj vrai nom ; le zokumyoou tsusftOy nom commun qui correspNond à notre prénom ; le uji ou myojU surnom, souvent tiré du lieu de la résidence; le azana, sobriquet; le go, nom de guerre des artistes; les vieux noms aristocratiques comme Tokugawa, Minamoto, sont des kdbane ou sei; les noms posthumes des empereurs comme Jimmu-Tenno, par exemple, sont des okuri-na; pour les prêtres bouddhistes, le nom posthume est homyo ou kaimyo ; les noms de femmes, yobi-na^ sont généralement tirés d'un objet gracieux, d'une fleur par exemple, en faisant précéder ce nom d'O, € honorable », ainsi 0~kiku, chrysanthème. — Je puise ces renseignements dans M. Chamberlain. — Les cérémonies de mariage ressemblent singulièrement à celles de la Chine ; quand un jeune homme est d'âge à se marier, la famille s'adresse à un entremetteur (nakodo), souvent un ami de la maison, qui, lorsqu'il a trouvé un parti, ménage une entrevue (mt-at) ; si les partis se conviennent, un échange de présents (yuino) a lieu. Après le choix d'un jour heureux pour le manage, la fiancée se rend chez le fiancé, en blanc, couleur de deuil, pour bien marquer qu'elle est morte pour sa famille. Les principales cérémonies du mariage consistent dans le san-suTl ku-do (trois fois, neuf fois), parce que les fiancés boivent trois fois, de chacun des trois vins qui leur sont offerts. Quelques jours après la cérémonie, les nouveaux mariés font une visite (satogaeri) aux parents de la fiancée. Le divorce est relativement rare au Japon, et les causes n'en sont pas toujours très claires, je crois qu'elles doivent ressembler à celles

3ui existent en Chine. Le deuil consiste principalement ans le port de vêtements de deuil et d'abstention de viande animale ; sa durée varie suivant le degré de parenté

NOTICE SDR LE JAPON 3l

et pour le port des vêtements et poar Fabstention de nourriture. Pour le père et la mère, le port des vêtements de deuil est de treize mois et pour Tabstention de viande animale, cin({uante jours ; pour un dis aîné, vêtements, quatrevingt-dix jours, et nourriture, vingt jours; les visites périodiques que le Japonais doit faire aux tombes de ses morts se nomment haka'Tnairi.—h ne puis mieux décrire le costume japonais que dans les propres termes de M. Chamberlain : « D'abord une ceinture {shita-obi) de mousseline blanchie ; ensuite une chemise (juban) de soie ou de coton, à laquelle on ajoute en hiver une jaquette {dogi) en même étoffe ; puis vient la robe extérieure (kimono), ou, en hiver, deux robes doublées [shitagi et utvagi), retenues par une étroite ceinture (obi). Dans les cérémonies, on porte en outre une sorte de large pantalon, nous devrions plutôt dire deux basques, appelées hakama^ et un habit empesé (haoïi). Le hakama et le haorisont invariablement de soie, et le haori est orné en trois endroits avec les armoiries ou mon de son propriétaire. La tète est presque toujours nue ; elle est quelquefois couverte d 'un large chapeau de paille, tandis qu'aux pieds il y a une sorte de chaussettes, appelées ta/dj qui atteint seulement jusqu'à la cheville, et qui a un compartiment séparé pour le gros orteil. Il y a deux espèces de sandales en paille, les %07'i qui sont libres, et employés pour les légers travaux, et le warajU qui sont attachés étroitement autour des pieds et employés pour les grandes marches seulement. Les gens à leur aise portent seulement le tabi à Tintérieur et une paire de socques en bois, appelés geta, au dehors. Le costume national d'un gentleman japonais est complété par un éventail, un parasol, et, dans sa ceinture, par une pipe et une blague à tabac. I^s négociants portent aussi à leur ceinture ce qui est appelé yatate, sorte d'encrier portatif avec une plume dedans. Une espèce bon marché de kimono ou robe, est le yukatay robe de chambre en coton, destinée à l'origine pour aller au bain, mais qni est souvent maintenant portée le soir comme déshabillé. » Les Japonais aiment le jeu et la danse ; les danses anciennes et classiques sont dénommées sous le nom de mai, les danses modernes et populaires sous celui d'odori; le kagura est une danse religieuse, danse avec des robes de damas et avec des masques sur la figure; lebon-odori est une danse d'été, d'origine bouddhiste ; le bugaku était jadis dansé à la cour, et avait un caractère symbolique ; le no était moins une danse qu'un opéra : c'était la seule permise à la cour de Tokugawa. U place nous manque pour entrer dans le détail d'autres choses intéressantes, concernant le Japon, telles que les lutteurs, mais je ne puis ne pas mentionner cette façon spéciale de se donner la mort, appelée hara-kiriy qui consiste à s'ouvrir le ventre avec un sabre. Dans les derniers temps,

32 NOTICE SUn LE JAPON

la victime se contentait d'un simulacre en se faisant une simple entaille, pendant qu'un ami le décapitait en même

Démographie. — D'après la statistique officielle, la population se montait au 31 janv. 1 89 1 à 40,353,461 hab., et le i" janv. 189^2 ou l'évaluait à 40,718,(377, dont 20,563,416 du sexe masculin et 20,455,261 du sexe féminin. La prépondérance du sexe masculin est assez marquée; on sait qu'en Europe et particulièrement en France, on observe le phénomène inverse.

La population se répartissait comme suit entre les diverses régions :

Nippon central ( iles ^î^- q- Habitants w. t.

Bonin comprises)... 94.793 15.776.841 166

Nippon septentrional . . 78 . 225 6 . 1 90 . 028 ' 79

— occidenul . . . . 53.561 9.279.740 173

Sikokou 18.210 2.887.397 159

Kiou-siou (iles Riou-

kiou comprises).... 43.615 6.270.863 144 Yesso ( lies Kouriles

comprises) 94.012 314.108 3

Total 382.416 40.718.677 106

Dans le vieux Japon, abstraction faite des iles du Nord, la densité atteint 140 bab. par kil. carré, le double de celle de la France.

Le mouvement de la population est accusé par les chiffres suivants :

btéint in Naissances Décès Mariages iiisunees nt

Ces chiffres ne comprennent pas les mort-nés. La dernière période quinquennale, du 31 déc. 1 886au 31 déc.l 891 , a donné un accroissement de population de 2.211,500, dépassant sensiblement celui qui ressortirait de l'excédent des naissances. Comme il ne s'explique pas par une immigration, il s'ensuit que probablement le premier recensement ou les déclarations de naissances ne sont pas tout à fait complets.

Au 1^'^janv. 1892, la population se répartissait comme suit entre les castes : kwazokou (nobles), 3,844; sizokou (anciens samouraï ou guerriers), 2,009, 396; hei^ min (simples particuliers), 38,705,437.

Notice soft le japon 33

A cette dste, on comptait 9,550 étrangers au Japoo : 5,344 Chinois; 1J08 Anglais; 967 Américains; 523 Allemands; 378 Français, etc. An 31 déc. 1885, cette population n'était que de 6,805. Par contre, le nombre des Japonais résidant à Tétranger aurait passé de H, 580 à 32,446 ; ils sont surtout établis en Corée, en Chine, puis aux Etats-Unis.

Voici la liste des villes ayant plus de 50,000 hab. au i^'jan?. 1892 :

Tokio

Nagasaki

Osaka

Tokoushima . . .

Kioto

Toyama

Nagoya

Hakodaté

Kobé

Koumamoto. . .

Yokohama . .

Kagoshima....

Kanazawa. . .

Wakayama. . . .

Hiroshima . .

Foukouoka . . . .

Sendaï

Géographie politique. — Gouvernement. — Au Japon, la monarchie est héréditaire et constitutionnelle, représentée par un empereur qu'on désigne sous le nom de Tennô, qui correspond au Tien-fumang des Chinois, c.-à-d. empereur céleste. On le désigne également par les appellations de TenshU équivalent du chinois Tien^tseu^ fils du Ciel, ou encore Shujôy TEtre suprême ; le terme de Mikado qui est employé au Japon dans le sens poétique est celui par lequel Fempereur est le plus connu à l'étranger. L'origine de Texpression n'est pas exactement connue ; en général, on suppose que Kado, qui veut dire porte^ correspond au mot chinois men, et que mi veut dire auguste, ce qui nous donne, comme le fait remarquer M. Chamberlain, un équivalent de la Sublime Porte des Turcs. De même qu'en Chine, les périodes impériales (nt^n-/iao) sont représentées par des nen-go; ainsi, l'empereur actuel, MutsuhitOf né à Yedo le 3 nov. 4852, a le nen-go de mei-djij en chinois ming-tche. L'impératrice actuelle porte le nom de HarU'ko (impératrice printemps); née le 28 mai 4850, elle est la fille du noble Tadaka, de l'illustre maison Fujiwara Itchidjo, de la cour de Kioto. L'impératrice mère, Asako, née à Yedo le 23 janv. 4834, vit encore. Quelques impératrices se sont rendues illustres dans l'histoire de l'empire, mais la constitution du 41 févr. 4889 ayant introduit la loi salique au Japon, le rôle de ces dernières est singulièrement diminué.

Divisions politiques. — La première répartition du Japon en provinces fut faite par Seimu-Tenno en l'an 434 ap. J.-C. La divison, aujourd'hui encore populaire au Japon,

34 Notice sur le jap<5n

en régions on roates (do) remonte à la veuve de Chuai- Tennô, rimpératrice Jm-g6-kog6. On comptait avant les modifications administratives actuelles, neuf régions : I. Kinai ou Go-kinaU qui comprenait cinq provinces (Yamashiro, Yamato, Kawachi, Idzumi ou Senshiû, Settsu) ; située dans Tile de Hondo, c*était, en réalité, le domaine impérial ; ses villes principales étaieot Kioto, Osaka, Hiogo, Kobe, etc. U. Tokai-do (route de la mer Orientale), Hondo, 45 provinces (Iga, Ise ou Seishiû, Shima, Owari ou Bisbiû, Mikawa ou Sanshiû, Tôtômi ou Enshiû, Suruga ou Sunshiû, Kai ou Kôshiû, Idzu, Sagami ou Sôshiù, Musashi on Bushiû, Âwa ou Bôshiû, Kadzosa, Shîmôsa, Hitashi); villes principales : Tokio, Yokohama, Nagoya, etc. III. Tosen-do (région des montagnes orientales) ou Nakasan-do (ré^on des montages centrales), Hondo, 13 provinces (Omi ou Gôshiû, Mino, Hida, Shinano ou Sinshiû, Kodzuke ou lôshiû, Shtmotzuke ou Yashiû, Iwaki, Iwashiro, Rikuzen, Rikuchiû, Mutsu; cinq provinces auxquelles on applique le nom d*Oshiû, les deux suivantes, Uzen et Ugo, recevant celui de Dewa) ; villes principales : Hikoné, Otsou, Sendaï, etc. IV. Hokourokou-do (région continentale du Nord), Hondo, 7 provinces (Wakasa ou Iakushiû, Echizen, Kaga ou Rashiû, Noto, Etchiû, Echîgo, Sado [Ile]) ; villes principales : Fou-koui, Kanazawa, Nii^ata, etc. V. San-yindo (région des montagnes vin, prmcipe femelle, par conséquent, de Tombre), Hondo, 8 provinces (Tamda, Tango, Tadjima, Inaba ou Inshiû, Hôki, Idzumo ou Unshiû, Iwami ou Sekishiù, Oki [île]); villes principales : Tottori, Matsouyé, etc. VI. 5an-y<?-(fo (région des montages yô, principe mâle, par conséquent du soleil et de la lumière), Hondo, 8 provinces (Harima ou Eanshiû, Mimasaka ou Sakushiû, Bizen, Bitchiô, Bîngo, Aki ou Geishiû, Suw6, Nagato ou Chôshiû); villes prmcipales : Himedzi, Okayama, Hiroshima, etc. VIL Nankai'do (rédon de la mer du Sud), Hondo et Sikokou, 6 provinces (Kii ou Kishiû, Âwaiji [lie] ; les quatre suivantes forment Tile de Sikokou, Awa ou Ashiû, Sanuki, lyo, Tosa ou Toshiû) ; villes princi()ales : Vakayama, Tokoù-shîma, etc. VUI. Sai-kai-do (ré^on de la mer de TOuest), Kiou-siou, li provinces (Chikuzen, Chikugo, Buzen, Bungo, Hizen, Higo, Hiuga, Osumi, Satsuma ou Sashiû, Iki [Ile], Tsoushima [lie]); villes principales : Nagasaki, Kago-shima, etc. IX. Hokkai-do (région de la mer du Nord), Yesso, considérée comme colonie jusqu'en 1868, divisée alors en 10 provinces auxquelles s'ajouta celle des lies Kouriles, soit 11 provinces (Oshima, Shiribeshi, Iburi, Ishikari, Hitaka, Tokachi, Teshiwo, Kushiro, Nemuro, Kitami et Ghiijma [Iles Kouriles]) ; villes principales : Hakodaté et Sapporo. Ces neuf régions formaient ainsi un total de 84 provinces et de 717 districts ou kohori^ auxquels il faut ajouter les lies Riou-kiou (Liou-

NOTICE suit LE JAPON 3o

kiou ott Loa-tchou^ et Ogasawara-shima (Bonin). En 1872, ces anciennes divisions furent abolies, et le pays divisé en trois fou : Tokio, Saikio (Kioto), Osaka, et 72 ken ou départements, non compris la colonie de Yesso et le royaume vassal (ban) des lies Riou-kiou. Ce dernier fat médiatisé et le nombre des autres ken réduit à 35, soit un total de 38. En voici la liste : Kanagawa, Hio^, Nagasaki, Nii^ta, Saitama, Chiba, Ibaraki, Gumma, Tochigi, Sakai, Mie, Âichi, Shizuoka, Yamanashi, Shiga, Gifu, Nagano, Miyagi, Fnkoshima, Iwate, Aomori, Yama^ata, Akita, Ishikawa, Tottori, Shimane, Okavama, Hiroshima, Yamaguchi, Wakayama, Ehiroe, Kochi, Fukuoka, Saga, Oita,Koumamoto, Kago-shima et Okinawa; ce dernier ken a été formé des Iles Riou-kion.

Les trois fou ou préfectures des districts dd résidence sont administrés par des gouverneurs, et les ken^ préfectures des districts ruraux, dont on a récemment porté le nombre à 43 (avec Nara, Fou-koui, Toyama, Tokoushima, Myasaki), ont à leur tête des chiyÀy dont dépendent les fonctionnaires des sons-divisions hou, mairies, et goun^ sous-préfectures, au nombre de plus de 800. On peut rattacher soit à Tadministration provinciale, soit puis directement au cabinet des ministres, Tadministration particulière de Yesso, et des lies Kouriles, dont le bureau est désigné sons le nom de Hokkaido-cho (3 ken : Nemoro, Sapporo, Hakodaté).

La capitale du Japon est depuis 1868 Tokio ou Tokei (en chinois Tong-king) qui veut dire cour de TEst, et n*est qu'une désignation, comme dans Tempire du Milieu, de Pe-king, cour du Nord. Tokio n'est autre que Yedo (porte de Testuaire), Pancienne capitale des shdgonns depuis 1590. L'ancienne capitale des mikados a été, de 794 à 1868, Kioto. Kioto, que l'on désigne aussi par le nom de Sai-kio, cour de rOuest, qui correspond au chinois 5t-A:m^. Nous avons de même, enCochinchine, Tong-king, cour de l'Est, qui est Hanoï et Si-king, cour de l'Ouest, qui est Hué, Parmi les anciennes capitales du Japon, je ne citerai que Nara^ dans la province de Yamato, au vin^ siècle, et Kamakura^ près de Yokohama, résidence des shogouns au xii^ siècle, détruite en 1455 et 1526.

BoDGET. — L'année financière va du 1*' juillet au 30 juin. Pour simplifier, nous comptons le yen = 5 fr.

Recettes. Dépenses.

1887-88. . . . 430.294.445 fr. 397.265.180 fr.

36 NOfiCE SUR LE JàPON

Voici le détail des recettes et dépenses pour le badget de 1892-93 : 4<» Recettes: Impôts, 332,445,985 fr. (savoir : douanes, 22,395,480 fr.; impôt foncier, 493,856,695 fr.; impôts sur les revenus, 5,292,205 fr*; impôt sur les liqueurs fermentées, 77,943,285 fr.; sur le tabac, 9,224,305 fr. ; timbre, taxes diverses, 23,404,015 fr.) ; produit net des travaux publics et revenu des domaines, 46,313,545 fr. : recettes judiciaires et licences, 8,834 ,970 fr.; recettes diverses, 40,457,825 fr.; récoltes extraordinaires, 32,624,075 fr. — 2<» Dépenses : Service de la dette, 406,854,350 fr. ; liste civile, apanages et temples, 46,034,055 fr.; pensions diverses, 6,307,445 fr. ; conseil d'Etat et Sénat, 7,209,265 fr.; affaires étrangères, 3,705,/i85 fr. ; intérieur, 34,127,360 fr.; finances, 45,208,000 fr.; guerre, 64,766,825 fr. ; marine, 28,562,355 fr. ; instruction publique, 4,777,915 fr. ; 4,454,470 fr.; communications, 24,602,840 fr.; justice, 48,462,685 fr.; office de Hokkaïdo, 8,245,865 fr.; dépenses diverses, 50,477,665 fr. ; dépenses extraordinaires, 85,444,420 fr.

La dette publique atteignait au 31 mars 4892 les chiffres suivants :

Dette intérieure 4 . 424 . 787 . 695 fr .

— extérieure . 72.443.420 —

Total 4.497.230.845 fr.

Mais il faut en retrancher un actif de 23,058,575 fr. et observer qu'on comprend dans le montant de la dette intérieure 238,544,920 fr. de papier-monnaie et 32,918,475 fr. ne portant pas intérêt. D'autre part, la guerre engagée contre la Chine en 4894 accroîtra probablement beaucoup le capital de la dette.

Armée. — L'oreanisation du système militaire actuel date de Tannée 4866. Auparavant Tarmée japonaise ne se composait que de samouraï, aujourd'hui complètement disparus ou à peu près, à cause des missions étrangères, françaises ou allemandes qui ont créé des troupes homogènes et disciplinées, sur le modèle de celles de leurs pays. C'est à Yokohama que s'établirent les envoyés du gouvernement français, sous la direction du capitaine d'état-major, M. Chanoine. Ils avaient commencé à réorganiser ces bandes ép^rses, quand éclata la révolution de 4868 qui les empêcha de continuer leur œuvre. Cependant, quelques années plus tard, et malgré nos désastres, une deuxième mission fut envoyée avec le colonel d'état-major M. Marguerie, qui, de 4872 à 4880, établit l'organisation de l'armée sur des bases fondamentales. Par les lois de recrutement de 4875, 4879, et puis par celles du 28 déc. 4883 et 21 janv. 1893, le système militaire

fonctionne de la façon suivante. Le service est obligatoire et personnel ; il y a très peu d'exemptions (soiitiens de famille, prêtres, étudiants, professeurs, etc.). Il comprend trois ans dans l'active, quatre dans la première réserve, cinq dans la deuxième, huit dans la territoriale. On procède au moyen du tirage au sort. Les premiers numéros partent dans Tarmée active : les autres forment le dépôt : enfin les plus élevés constituent ce qu'on appelle Tarmée nationale, armée réunie par l'empereur en cas d'invasion et 0(1 sont appelés les individus de dix-sept à quarante ans.

Il est cependant possible de se faire exonérer du service en versant 270 yen pour l'active et 135 pour la réserve. Le volontariat existe. C'est au mois d'avril que les recrues arrivent au régiment après avoir passé devant un conseil de revision, ù minimum de la taille a été fixé à i°*oO pour l'infanterie, i"59 pour la cavalerie et le génie, 1™62 pour l'artillerie. La solde de chaque soldat est de 15 cent. Après quHrante-cina ans, dont vingt-cinq de services, il y a une retraite de 240 fr. La tenue se compose d'une tunique à deux boutons et d'un pantalon en drap bleu. L'arme se reconnaît par la bande du pantalon : rouge pour l'infanterie et la gendarmerie, verte pour la cavalerie, jaune pour l'artillerie, blanche pour le génie et bleue pour l'intendance, le train, le service de santé. La casquette ressemble à celle des soldats russes. L'oi^anisation militaire est ainsi constituée : un ministère formant cinq divisions, un état-major général distinct du ministère et comprenant : i général de division, i général de brigade, 1 colonel, 3 lieutenants, 6 sous-lieutenants (en tout 39 officiers d'état-major, y compris les attachés à l'étranger) ; une inspection générale permanente, dirigée par un général de division ayant sous ses ordres 24 officiers. Le Japon est partagé en six divisions territoriales correspondant à une division dlnfanterie (l'Ile de Yesso en forme une septième) ; en trois directions d'artillerie (Tokio, Osaka, Simonoseki), en trois divisions de génie dans les mêmes villes. En outre il existe un régiment de la garde dont le siège est à Tokio, et des bureaux de recrutement.

Les officiers japonais peuvent être classés en quatre catégories : 1® anciens samourais ; 2^ anciens élèves des écoles; 3° anciens sous-officiers ; 4*^ anciens fonctionnaires civils.

Les écoles militaires sont en effet fort nombreuses : 4° Y Ecole de guerre ^ dirigée par un colonel et recevant 60 élèves âgés de moins de trente ans et ayant déjà servi deux ans dans l'infanterie ou la cavalerie ou un an dans les armes spéciales. Les cours durent deux ans; 2<* V Ecole d'application d'artillerie et du génie; 3° V Ecole spéciale militaire^ sous la direction d'un colonel, admet 464 élèves, âgés de moins de vingt-quatre ans, et les garde

peDdaDt trois oa quatre ans selon Tarme; 4° V Ecole préparatoire militaire; 5» les Ecoles d'infanterie et de cavalerie; 6« ï Ecole de tir de V artillerie; 7» V Ecole d'administration militaire (42 élèves) ; 8** Y Ecole de médecine (?3 médecins stagiaires et 49 élèves-médecins) ; 9" \ Ecole des sous-officiers (4,096 élèves admis par concours, étant célibataires et ayant dix-huit ans an minimum et vingt-cinq ans au maximum). En outre il existe des écoles de maréchalerie, de musique, etc., etc. L*armée active comprend 28 régiments d mfanterie, dont 4 de la garde à 2 bataillons (4 ,o55 hommes, dont 48 officiers, 425 sous-officiers, 4 médecins, 2 officiers d'administration 4,440 soldats et 44 chevaux). Le régiment de ligne renferme 4,724 hommes.

U y a 7 divisions de cavalerie à 3 escadrons, dont un de la garde et 6 de la ligne. L'artillerie de campagne compte un régiment de la garde et 6 de la ligne, et Tartillerie de forteresse, 4 régiments à 3 divisions. Le génie est composé de 7 bataillons dont un de la garde, et le train de 7 bataillons y compris un pour la garde. En plus, il a été formé, par les missions étrangères, deux corps de musique, une milice insulaire de Tsoushima et la colonie militaire du Hokkaïdo. Pour assurer le bon ordre de tous ces services, on a créé 6 légions de gendarmerie. Les troupes sont armées du fusil Mourata, calibre de 4 4 millim., qui est du genre du Gras, du Beaumont et du Mauser. C*est une très bonne arme qui vient de la manufacture de Tokio . La cavalerie est munie de la carabine du même système, avec une cartouche spéciale renfermant moins de poudre. Cette pondre, assez médiocre, sort des établissements Itabashi (Tokio) et d*lwabana (Takazaki). L'artillerie a adopté les pièces de campagne du système Krupp, avec un calibre de 80 millim. U faut, en effet, que les batteries soient facilement transportablcs à travers le sol montagneux du Japon. En 4892, l'armée active en temps de paix comprenait : 2,766 officiers et 57,036 hommes. Certaines modifications ont eu lieu ; avec les services auxiliaires, le total était de 74 ,429 hommes et 7,979 chevaux.

Marine. — La formation de la marine date à peu près de la même époque oue Torganisation de l'arméo. Avant la révolution de 4868, il n'existait que quelques navires en bois appartenant à de puissants seigneurs, et de nombreuses barques, servant aux marins japonais, soit pour la pêcbe, soit pour le pillage. Ce spnt encore des officiers étrangers, français, anglais ou allemands, qui constituèrent une flotte devenue aujourd'hui si importante que les Japonais se considèrent comme les Anglais de l'extrême Orient. Le Japon se divise en deux amirautés dépendant du ministère de Tokio: 4^ Amirauté de l'Est, dont le siège est à

Yokohama, qui eomprend le flokkaîdo et la partie N.-E. à» Tempire sur la mer da Japon josqu^à la pointe de Note, et sur Tocéan Pacifique, jusqa*à la pointe de Oosbima ; ^ Amirauté de rOwest^ dont le si^ est à Miwora, dans la mer intérieoie. Le recrutement des marins s*opère ainsi : par en^ements volontaires de sept ou nenf ans; par choix fait parmi les hommes qui doivent alors servir quatre ans. Les rengagements sont autorisés sans limite d'âge. L'effectif comprend : 865 sous-officiers, 3,500 marins, 450 domestiques, 40 employés civils. Il y a, en outre, une compagnie d'artillerie de marine (100 hommes, 4 officiers), un bataillon d'infanterie de marine (300 hommes). Le recrutement des officiers est réglé sur la loi française de 1834. La plupart sortent de l'académie de Kulé ou des écoles navales étrangères; les autres sont d'anciens premiers maîtres ou viennent de l'Ecole des capitaines au long cours, établie sur un navire dans le fleuve Sumida, k Tokio. Les ingénieurs sortent de l'Université de Tokio, et les médecins, de l'Ecole de médecine navale. Il existe dans la baie de Yedo l'arsenal de Yokoska, qui a été fondé par des ingénieurs français en 1867, et la poudrerie de Mita-Mura. Le service à bord s'exécute d'après des règlements français. L'uniforme est celui de la marine anglaise. La flotte comprend : 31 navires, 26 torpilleurs,

5 transports; mais, sur ces 31 navires, la plupart sont en bois. 11 n'y a pas de transports. Récemment le gouvernement japonais a soumis un plan de constructions navales représentant une dépense de 235,000,000 de fr. Ce plan renferme : 2 cuirassés de 9,500 tonnes, 3 croiseurs cuirassés de 6,000 tonnes, 1 croiseur protégé de 4,500 tonnes,

6 croiseurs de 1 ,500 à 3,000 tonnes, 7 avisos-torpilleurs de 500 tonnes.

Instruction. — On a peu de renseignements sur Thistoire de l'éducation dans l'antiquité, mais depuis l'époque d'Ojin-Tennô (270 ap. J.-C), les empereurs se sont beaucoup occupés de Tinstruction de leur peuple. SousTemmu- Tennô (673-686), l'Université fut établie à Kioto et des écoles furent créées dans diverses parties de l'empire. Les éeoles, très florissantes au vin* siècle, périclitèrent plus tard, et pendant les périodes ho^en (1156) et hei-ji (1159) l'éducation tomba entre les mains des soldats. C'étaient les prêtres bouddhistes oui étaient plus particulièrement chargés de l'éducation. L'avènement au pouvoir de la maison deioku-gawa, au commencement du xvii^ siècle, en même temps qu'elle donnait une impulsion aux études nouvelles, en changea complètement la nature; les grands ouvrages de Confucius furent étudiés avec soin et appris avec le même zèle au'en Chine même. Toutefois, la révolution de 1868 modifia l'ancien système. On désigne squs

le nom de mamhu-sho le département de Téducation et de mombU'kiyo le ministre de l-éducation. Après avoir fait Fessai de plusieurs collèges, on créa enfin une Université impériale à Tokio (TokioHlàigaku) ; elle comprend six facultés : droit, lettres, sciences, art de Tingénieur, médecine et agriculture, et elle renferme à peu près neuf cents étudiants. On compte en outre deux écoles normales supérieures pour les garçons et les filles, une école supérieure du commerce, une école technique, une école des nobles (Gakushiu-in) des académies navale et militaire, une académie de musique, une école des beaux -arts, une école d'aveugles et de sourds-muets, cinq écoles moyennes supérieures et, de plus, un grand nombre de collèges particuliers.

Suivant la Gazette ocelle, à la fin de 4892, le nombre total des périodiques et des journaux était de 972 : 228 étaient consacrés aux nouvelles, H à la juris-

f prudence et à Téconomie politique, 69 à la religion, 251 à 'éducation et aux romans, 40 à la médecine, 167 au commerce, à Tagriculture et à Findustrie, et 26 aux renseignements officiels. En 1892, 244,203,066 journaux ou revues ont été imprimés, c.-à-d. 163 par jour et par 10,000 hab. ; 460 nouveaux journaux ont paru, et 434 ont arrêté leur publication, tandis que 87 ont été interdits par l'autorité. On compte à Tokio 203 revues et journaux ; à Osaka, 57 ; à Kiolo, 46 ; à Kanazawa, 11 ; à Hiogo, 36; à Iwata, 2 seulement. On peut rapprocher de ce chiffre de 1892 celui del89^ 766 périodiques, et celui de 1890, 716. Citons parmi les revues et les journaux étrangers : la Revue française du Japon , la Japaji Gazette^ le Japan Directory^ le Japan Herald^ le Japan Mail, le Hiogo News. Une Asiatic Society of Japan^ qui publie des Transactions fort intéressantes, a été créée en oct. 1872 ; de même en 1873 a été fondée une Deutsche Ge^ sellschaft fur Natur und Volkerkunde Ostasiens qui imprime à Tokio de remarquables Miitheilungen,

Géographie économique. — Acricultore. — Le Japon est un pays essentiellement agricole, d'autant qne jusqu'à la révolution de 1868, le commerce et la plupart des industries étaient méprisés. Le sol est partagé entre les paysans, pour lesquels l'impôt en argent payé à l*Etat remplace l'ancien impôt en nature payé aux daïmyos. I^ grande propriété n'existe pas ; la noblesse n'a guère de biens fonciers. Les champs, travaillés à la bêche, soigneusement fumés et débarrassés des mauvaises herbes, sont soumis à un régime de rotation des cultures. Les rendements sont considérables ; les bonnes terres donnent une récolte en mai ou juin (blé, orge, pois, fèves), une autre à Ig fin de l'automne (riz). La surface cultivée est trè^

NOnCB SUB LE JAPON 41

faiUe : dkmds de 45 Vo de rensemble du Japoo, i 42 ares par tète d'habitant. Les principales Guitares sont : les cinq fruits (Go-koku),riz, blé, gerste, hirse, haricots, puis des oignons, une rave, le taro (Colocasia aniiqu<H rufn)y la patate {Batatas edulis) ; nos arbres fruitiers dégénèrent au Japon, qai ne peut citer que son kaki (Diospyros) et ses mandarines* La culture du thé a nne grande extension dans les collines ; celles du tabac, du coton, du chanvre, du Polygonum tinctarium, du ginseng, sont considérables. Le mûrier à papier (Broussonetia papyrifera) et le mûrier des vers à soie viennent à Tétat sauvage. La production de la soie est concentrée dans le centre de Hondo, surtout dans les prov. de Kodzuke, puis dans celles de Shinano et Koshiu. L*arbre à laque (Rhus ver^ nicifera) prospère au centre et au N. de Tlle. L*élevage est peu développé. Les chevaux sont petits, mais endurants; le bœuf n*est employé que comme béte de somme ; le porc peu répandu ; la volaille (poules, canards, pigeons) abonde. Citons encore les abeilles, le chat à courte queue, le chien de race naine. Il n*y a ni ânes, ni moutons, ni chèvres, ni oies.

Industrie. — Des industries japonaises, nous connaissons surtout celles de Fart décoratif, dont les produits sont très appréciés en Europe: laques, émaux cloisonnés, bronzes, porcelaines et autres produits céramiques, ivoires, bois sculptés, estampes, etc. Le goût et l'adresse des Japonais sont aniversellement admirés ( V . cinlessous le § Beauxarts). Les laques se font à Nagasaki et dans les grandes cités de. Nippon ; de même les incrustations; pour les bronzes, Kioto, Tokio et Kanazawasont au premier rang; pour les émaux cloisonnés, Kioto, Nagoya et Tokio ; pour le travail des métaux, Kioto. La porcelaine et les grès se font à Arita (prov. Hizen), Satsuma (S. de Kiou-siou), Kioto, Seto (prov. Owari) et Kanazawa. Les plus belles soieries et brocarts viennent de Kioto.

Les industries européennes implantées dans Tarchipel ont fait, depuis (|uelques années, d'énormes progrès. Dans un rapport très intéressant, publié par le consul anglais Hn^h Fraser, nous trouvons qu'en 4892 il n'y avait pas moms de 38 filatures de coton, dont 9 à Osaka seulement, avec 38«H,990 broches, représentant un capital de plus de 50 millions de fr. ; en 4880, il n'y avait qu'une seule filature, celle de Kagoshima. En 4890, la production a été de 42,527,042 livres angl., représentant une consommation de coton brut de 49,334,368 liv. angl. — Il n'y a en ce moment que 2 ateliers de tissage sur le modèle européen, l'un, pour le coton, à Dsaka, l'autre, pour la laine, à Senjiu, faubourg de Tokio, qui appartient au ministère de la guerre. — En dehors des chantiers de eonçtruction navale appartenant au gouvernement, il y en

a 3 antres considérables à Tokio, Hiogo et Na^saki. Ces chantiers constraisent les vapeurs à hélice et à aube, les navires à voiles, les chalands, les dragues, etc.— En dehors de la manufacture de papier du gouvernement à Oji, fau<bourg de Tokio, il y a seulement 6 moulins à papier au Japon : 2 à Tokio, Seishi.ètMi en 1876, et Yukosha, établi en 1874 ; 2 à Osaka, Shimogo, établi en 1876, et 1 autre appartenant à M. Âbe, récemment terminé; 1 à Kioto, UmedTsu^ établi en 1875, et 1 à Kokura, province de Buzen, Senjin, établi en 1891. Ces papiers, fabriqués soit avec des chiffons, soit avec de la paille de riz, ou avec récorce de VAbies firma^ sont destinés à la consommation intérieure. — Les premières fabriques d*allumettes furent installées au Japon en 1876 ; elles sont au nombre de près de 70, dont 60 environ dans les villes de Tokio, Osaka et Hiogo. 11 y a 17 fabriques de savon à Osaka et 1 à Hiogo; en 1890, la valeur des produits d*Osaka était de 15,000 liv. st., dont la moitié a été exportée en Chine; la même année, sur 77,160 boites fabriquées à Hiogo, 1 4,249 boites furent employées seulement dans le pays; le reste fut envoyé en Chine; la plus ^nde manufacture de savon est celle de Yokohama, établie en 1888. — La fabrication du verre est une des plus anciennes industries du Japon; Osaka, Nagasaki sont des centres, mais la pins grande manufacture est celle de Tokio.

Voies de communication. — Le Japon n*a pas un svstème de navigation fluviale aussi considérable que celui de la Chine; mais, en revanche, il a un grand nombre de routes dont quelques-unes fort anciennes et célèbres, telles que le To^kai-do, route qui conduisait de Kioto à Yedo, sur laquelle était établi un service de 53 relais de porteurs (tstigi). Les moyens de transport sont d*ailleurs nombreux : le total de véhicules de toute sorte, qui s*élevait dans Tannée 1876-77 à 257,200, a atteint, en 1884-85, 642,775. Ces chiffres ne comprennent pas seulement les voitures de maître, les chariots traînés par les chevaux,' les chariots traînés par les bœufs, mais aussi les jinriJci^ cka ou pousse-pousse, qui figurent dans cette dernière année pour 169,908. Le mot At jinrikichaymi direlitté* ralement « homme-force-voiture ». Ces véhicules sont, au reste, d^origine relativement récente ; Us ont été inventés vers 1870, et de là, ils ont été transportés naturellement en Chine. D'ailleurs, le Japon a un moyen de transport autrement important qui n existe qu*à Tétat presque rudimentaire en Chine : c'est le chemin de fer.

La première li^e de chemin de fer construite au Japon a été celle de Tokio à Yokohama, commencée en avr. 1870 et terminée en 1872. La distance est courte d'ailleurs : 28 kil. 1 /2. C'est la ligne qui a coûté le plus cher. £n dehors

de cette ligne, i^Ëtat exploite celles de Kôbé à Otso, Tsuruga à Ogaki, Takasaki à Yokogawa, Takétoyo à Atsata, et Témya à Horonaî. Les compagnies particulières n'ont commencé leurs travaux qu'en 4o88. Au 34 mars 4893, le réseau total des chemina de fer au Japon était de 2,974 kil., dont 898 sur les lignes de TEUt ; les projets en vue pour une trentaine d'années augmenteraient jusqu'à 7,400 kil. les lignes de chemin de fer. Ces lignes sont extrêmement prospères, et on en peut ju^er par les intérêts que les principales payaient à leurs actionnaires à la fin de juin 4893 : Nippèn, 40 »/o ; Ryamo, 8 ^lo ; Kobu^ 40% ; Kwansai, i^l^; Sanyo, 4,5 •/«; Kiousiou, 4,7 */o ; Tanko, 7,5 «/o.

Lorsque lye-yasu devint shogoun, il établit un système de postes un peu primitif, laissé plutôt à l'initiative privée d'agences appelées hikyaku-ya; mais en 4874, suivant en cela les conseils américains, une sorte de service à l'européenne fut créé par l'établissement d'un service postal gouvernemental sur le To-kai-do, entré Tokio, Kioto et Osaka. Gomme en Chine, dans les {)orts ouveits au commerce' étranger, les grandes puissances occidentales eurent leur bureau de poste ^)écial jusqu'à ce que le Japon fût entré,* le 4^ avr. 4879, dans l'Union postale universelle. Au 34 déc. 1885, on comptait 4,437 bureaux de poste japonais ; les voies postales étaient : territoriales, 47,366 kil.: fluviales, 405 kil.; maritimes, 23,545 kil. La première ligne télégraphi(]ue fut une ligne d'essai, ouverte en 4869 pour l'administration ; çn 4870, des lignes furent établies entre Tokio et Yokohama d'une part, et Osaka et Kobé d'une autre. En 4893, la longueur des lignes était de 43,576 kil. ; celle des fils, 36,598 kil. ; le nombre de bureaux était de 309 contre 2'80 en 4885-86.

Marine marchande. — En 4892, la marine marchande comprenait i8,70 navires ou jonques de construction japonaise, et 4 ,442 de construction européenne dont 607 vapeurs, jaugeant 95,588 tonneaux, et 835 voiliers jau-

feant 50,137 tonneaux. On compte en outre environ 90,000 bateaux de pèche et 150,000 pour la culture des rizières.

Commerce. — Voici quel était, en 4894, Tétat du commerce général d'après les pays (en milliers de yen) :

PAYS nfPORT&TIOHS EXPORTiTIONS

Grande-Bretagne 4 9 . 996 5 . 633

France 2.834 45.420

Allemagne 5.427 4.457

Suisse 550 259

A reporter: 28.507 22.469

luke

Russie

Repart :

Corée

Chine

Hoog-koDg. . .

Indes.

Australie. . . .

Amériqae du Nord

Autres pays ,

Pour les navires

Totaux

Voici, pour la même année, les principaux articles des importations et des exportations (en milliers de yen) :

Importations

Coton 8.199

Sucre 7.811

Céréales 6.442

Filés de coton. .. 5.673

Pétrole 4.536

Cotonnades 3.428

Drogues, etc 3 . 352

Lainages 3.160

Fer

Machines et instruments

Voitures et navires Articles en fer. . .

Peaux

Vêtements

Armes

Exportations

Camphre i.i

Poterie

Articles en bois

et ouvrages de

paille

Herbes marines..

Drogues, etc...

Soie 31.882

Thé 7.033

Riz 6.214

Cuivre 4.967

Houille 4.831

Soieries 4.782

Poissons et coquilles 2.299

D'après le dernier € livre bleu » publié en août 1894, il y a au Japon 4,006 compagnies par actions représentant un capital de 101,762,349dollar$; 131 banques nationales avec un capital de 48,416,000 dol. et diverses compagnies de chemins de fer avec 73,124,000 dol. de cap. ; 14 nouvelle compagnies sur la vie ont été créées «i 1893, mats on a remarqué que, sur trois personnes, une seule continue à payer sa police d'assurance. 11 y a 11 compagnies d électricité au capital nominal de 2,477,250 dol. , dont 1 ,674,713 dol. versés.

Monnaies, poids, mesorcs. — Les monnaies japonaises sont représentées par le ^»z=5 fr., et le seu = 5 cent.; le yen d'ar^t pèse 26is',9564«a titre de 900 millièmes;

'HfytlCE SUR LE JAPON io

le yen d*orpèse 4S',6667 au titre de 900 millièmes (1»%5 d'or fin). Théoriquement 4 yen =400 sert; 4 sen = 40 rin; 4 rin = 40 mô; 4 md = 10 shu ; 1 shu = 40 kotsu; en pratique officielle, on ignore les monnaies an-dessous du rin ; la monnaie impériale a été installée à Osaka par des Anglais qui ont été depuis lors remplacés par des Japonais. Les monnaies d*argent sont des pièces de 4 yen et ses subdivisions ; il y a également des pièces de nickel de 5 sen, et pour les sommes plus petites des pièces de cuivre; le pai)ier^monnaie qui est au pair de la monnaie d^argent est fabriqué dans la capitale de Tokio à rétablissement appelé Insatsu-kyoku» — Les mesures de longueur sont le n=3,9273 kiiom., le nfn«nn=4,85l8 kil., le tckô=zi ,0909 hectom. ; le A:^ =: 4 ,84 82 m. ; le chakou == 3,0303 décim., c.-à-d. le ri = 36 tûhô ; 4 tchô^ 60 ken ; 4 ken =: 6 chakou ou siak ou pied japonais ; 4 chakou r= 40 soun ou pouces ; 4 souri = 40 houn (fractions) ou 400 rin (cheveux). — Les mesures de surface sont le n carré = 45,4235 kil. q. ; le tchô carré = 99,4736 ares; le tew = 9,9474 ares; le ^5<mèo = 3,3058 m, q. — Les mesures de capacité sont le A»Aott=: 4 80,3907 litres; le to = 48,0394 litres ; le chô ■= 4 ,8039 litres ;\egÔ = 0, 4804 litres. — Les mesures de poids sont le kwan = 3,7563 kiïogr.;le kin = 6,0404 hectogr., lemommé ■=. 3,7565 gr.

Histoire. — Histoire intérieure. — Les origines de Thistoire du Japon et les légendes qui y sont relatives ont été exposées dans les §§ Ethnographie et Religions, Le premier mikado, le premier empereur homme, du Japon, aurait été Kami-yamato-no-Iware-hiko (667 av. J.-C), originaire du S. de Kiou-siou ; après des victoires remportées sur ses voisins rivaux et sur les Aïnos, il conquiert nie de Nippon, jusçjue vers le 30** lat., devient, en 660, empereur sous le titre de Zim^mou-Tennd, et il choisit pour capitale Yamato (Kashiwabara), Il mourut en 585, à Page de cent trente-sept ans, et fut remplacé par son troisième fils, Kami-nuna-gava-mimi-no-mikoto, avec le titre de Suisei-Tennô, Le héros le plus célèbre de Tépogue ancienne du Japon est Yamato-Daké, fîls du 42® mikadfo, Tempereur Keiko (74-4 30), qui conquiert TE. du Japon, la plaine de Yedo (Kuwanto), et, tantôt déguisé en femme, tantôt traversant les flammes, accomplit des merveilles de valeur.

Les premières relations de la Corée avec le Japon remontent à Tan 33 avant notre ère, époque à laquelle une ambassade coréenne arriva au Japon sous le règne de Mimaki-iri-hiko-Ini-yeno-mikoto ( Sujin-Tennô) . C est Tannée avant Tère chrétienne que les sacrifices humains ou même d'animaux sur les tombes des empereurs sont abolis. Une ambassade japonaise fut envoyée en Chine en 57 après

notre ère sovs les règnes de Iku-me-iri-hiko-isati-DO-mikoto (Suinin^Tennô) et de Kouang-wu-ti, des Han orientaux. Rappelons qn*en ÎOO, la veave de Cbuai-Tennô (le 15° mikado) fit la guerre à la Corée divisée en trois royaumes, KâM)-li, Pet-si et S\n-\sL{Kudara, Koma et Shiraki), dont les priaces se soumirent Tannée suivante. De la Corée furent envoyés au Japon des brodeuses (:285 ap. J.-C.) et les livres sacrés chinois (Uongo et Senjimon). C^était alors le règne de Hondano-oiiko (Ojin-Tenno) , sous lequel également (306 ap. J.-C.) des ouvriers chinois apportèrent le tissage au Japon. Les relations de la Corée avec le Japon étaient d'ailleurs extrêmement suivies, nnis sans parler des

Suerres qui eurent lieu entre ces pays depuis le m® siècle e notre ère, nous rappellerons ou'en 55^, le bouddhisme fut importé de Corée, et qu*en 6^4, il fut reeonoii eomme religion officielle. Nous arrivons alors à une période de Tbistoire japonaise beaucoup plus sûre. Les japonistes actuels, M. Aston entre autres, considèrent Tannée 461 de notre ère comme la première date digne de foi de la chronologie japonaise. Sous Obo-hasose-no-mikoto (Yuriaku-Tetinâ), fut introduit le mûrier au Japon.

G*est en 645 de notre ère, 1305 de Tère japonaise, que Thabitude chinoise de compter par période nien-haOy en japonais nen-^o^ fut établie par Ame-yorodu-toho-yinomikoto (KotokU'Tennô), Le premier nen-go est donc de 645 et porte le nom de Dai^kwa ou Tai-kwa^ en chinois Ta-hoa. C'est pendant cette première période que furent, d'une part, réorganisée Tadministration provinciale (646 ap. J.-C.) et d'autre part, dans la capitale, établis les huit ministères au-dessus desquels se trouvait un conseil supérieur, composé d'un dajo-dai-jin (premier ministre), d'un Vr-dai-jin (ministre de gauche) et d'un sa-dai-jin (ministre de droite) (649 ap. J.-C). Notons en 663 ap. J.-C. la défaite des Japonais par les Coréens et les Chinois réunis; le règne important de Temmu-Tennô (673-686 ap. J.-C^.), mar(|ué par des règlements concernant les vêtements ; l'établissement de barrières, appelées seki-sho, pour contrôler les voyajgeurs aux frontières des provinces; la division des Japonais en huit familles ; le règne de Kammu Tennô (le 50« mikado) (78^-807), fondateur de Kioto, promoteur de progrès agricoles, etc. En 799, le cotonnier; en 815, la culture du thé sont introduits au Japon. L'introduction du cérémonial chinois écarta les mikados du commandement militaire et fit passer le gouvernement aux mains de leurs lieutenants. Il s'ensuivit une anarchie de plusieurs siècles, durant laquelle se constitua un régime comparable à la féodalité européenne, avec une noblesse de cour et une classe militaire. La famille de Fujiwara, appartenant à la noblesse de cour, eut une influence prépondérante du vu* au xii*siède. L'ascendant passa alors à deux

ffOnCË SUR LE JAPON 47

familles militaires, ks Taira et les Minamoto. En 888, Mo'alsuDd, prônrier mioistre (Ikijo-daïjin) de la maison de Fùjivrara, reçut à titre hérédilairo la dignité de kambaku (administrateur en chef). Les mikados étaient complètement tombés sous la tutelle des Fujiwara, ne prenant d'épouses et ne mariant leurs filles et sœurs que dans cette l'amiUe. -^Les Taïra se rattachèrent à an petit-fils de Kammu- Tennô. Leur splendeur fut courte. Les Minamoto passent . pour des descendants du 52® mikado, Saga-Tenn6. Ils ont donné au Japon de brillants généraux. Les familles Ashikaga et Tokugawa ne sont que des branches des Minamoto. Un de leurs premiers héros fut Yoriyoshi, qui, au milieu du XI® siècle, soumit les peuplades Émishi du N. de Tlle de Hondo. Son fils Yoshiiye éclipsa ses exploits; les légendes le célèbrent sous le nom de Hadiiman Taro. Au xii® siècle, les intrigues de palais cèdent la place aux guerres civiles. L'usage s'était établi de faire abdiquer les mikados et de les clottrer lorsqu'ils atteignaient \ingt ans, de manière que le souverain nominal fût mineur. Le 75® mikado, Shutoku-Tennô, avait ainsi régné de trois à vingt ans et s'était retiré dans un monastère. Mais à la mort imprévue de son jeune beau-frère, Konoyé-Tennô, qui lui avait succédé, il voulut assurer le trône à son fils. Ce fut l'occasion d'une guerre acharnée; tandis que le chef de la maison de Minamoto, Tametomo, l'appuyait, le Kambaku et les Taira lui opposèrent un fils de son prédécesseur, Toba-Tenn6: le chef des Taïra, Kiyomori, fit prévaloir ce dernier, qui régna sous le nom de Go-Shirakawa-Tennô (ii56). Le frère de Tametomo exilé, Yoshitomo, reprit la lutte, mais fut battu devant Kioto et tué (1159). Ses fils, Yoritomoet Yoshitsune, se soulevèrent à leur tour (1480). La lutte fut terrible. Le souvenir des hauts faits de Yoshitsune et de son serviteur le géant Benke est encore populaire. Il prévalut dans le Sud, tandis que Yoritomo triomphait dans la région de la capitale. Définitivement vainqueur en 1185, Yoritomo fut nommé l'année suivante sotsui-hoshi et, en 119â, seiA-tai-shôgoun, Ce mot de shogoun veut dire généralissime, et il parait avoir été employé pour la première fois par un certain Watamaro, dans une guerre contre les Aïnos en 813 sous l'empereur Kami-no-sin-wau (Saga-Tennô). Le titre de taï-koun donné également au ih^oun, est d'origine chinoise et n'était pas usité chez les Japonais. La victoire deYori-tomolui permit d'exercer au Japon un pouvoir semblable à celui des ckua en Annam, c.-à-d. celui d'un maire du palais auprès d'un roi fainéant. Tandis que le mikado, roi spirituel, ou roi civil (appelé par les Chinois wen-ivang) règne et ne gouverne pas, le shogoun {wour-wang) est le chef guerrier. Cet état de choses a duré jusqu'à la révolution de 1868. Yori-tomo ayant fondé une nouvelle capitale, Kama-kura, sa dynastie

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iS NOTICE son LE ikPOH

est connue (ii9â) sous le nom de shogouns de Kama-kura ou de Mînamoto. Yori-tomo mourut en ii99 et le second shogoun fut son fils Yori4ye (1 199-1202) ; il fut lui-même remplacé par son frère Sane-tomo (1203-1219). Voici la liste de ces shêgouus :

Dynastie Minamoto : Yori-tomo (1186-1201) ; Yori-iye (1202) ; Sane-tomo (1203-1219). — Dynastie Fujiimra: Yori-tsune (1220-1243) ; Yori-tsugu (1244-1251).— Dynastie Jimmu-ien-wo : Mnne-taka (1252-1265); Kor^yasQ (1266-1289); Htsa-akira (1289-1307); Monkuni (1308-1333) ; Mori-yosi (1333-1335) ; Nari-yoshi (1334-1338). — Dynastie Ashikaga : Taka-udji(1334- 4357) ; Yoshi-mon I (1358-1367) ; Yoshi-miUu I (1368- 1393) ; Yoshi-motsi (1394-1422) ; Yoshi-katsu l (1423- 1425) ; Yoshi-motsi (réétahli en 1425-1428) ; Yoshi-nobu (1428-1440); Yoshi-katsu II (1441-1443); Yoshi-nan (1449-1471) ; Yoshi-nao (1473-1489) ; Yoshi-mura (1490-1493) ; Yoshi-mitsu H (1494-1507) ; Yoshi-mura (réétabli, 1508-1521) ; Yoshinara (1521-1545); Yoshifusa (1546-1565); Matu-naga (usurpateur, 1565-1568); Yoshi-sûsa (1568) ; Yoshi-aki (1568-1573). '— Dynastie Taïrano: Taïra-nobu-naga (1574-1582); Aketi»mitahide (usurpateur, 1582); San-bau-si (1582-1586).— Dynastie Toyo-tomi : Hide-yoshi ou Taï-ko-sama (1586- 1590); Hide^tugu (1591-1595) ; Hide-yori (1600-1615). — Dynastie Toku-gawa : Mina-moto-no-iye-yasû-kô (1603-1605); Hide-tada-kô (1605-1622) ; lye-mitu-ko (1623-1649); lye-tuna-kô (1650-1680); Tuna-yosi-kô (1681-1709); lye-nobu-kô (1709-1712); lye-tugu-kd <1713-1715) ; Yoshi-mune-kô (1716-1745); fye-sige-kô (1745-1762); lye-haru-kô (1762-1786); lye-nari-kô (1787-1837); lye-yohi-kô (1838-1853); lye-sada-kô (1853-1858); lye-motsi-kê (1858-1866); Yoshi-hisa-kô (1866-1867).

Dans leur première période, presque aussitôt après leur avènement, les shogouns subirent le sort des mikados et furent réduits à une autorité nominale ; le pouvoir réel fut exercé par des shukkens ou régents appartenant à la famille de Hojo, descendant du beau-père de Yori-iye. Des enfants détenaient à Kioto et à Kamakura le titre de mikado et de shogoun. Cette situation dura de 1199 à 1334 ; le plus célèbre des douze régents est Hojo Tokimune qui repoussa Tin vasion des Mongols (1281). La puissance des Hojo fut détruite à Kamakura par le héros Nitta Yoshisada, de la famille de Minamoto, et à Kioto par Ashikaga Takaudji, lequel restaura le pouvoir effectif des shogouns.

En 1331,Taka-haru (Go-D»go), cherchant à secouer le joug de la famille de HôjA, avait été battu et remplacé sur le trône par Kogon-Tennô. Néanmoins, Daïgo ayant été réinstallé en 1334, les successeurs de Kogon contmuèrent

KOTICE soft LE JàPON 49

de régner à Miako (Kioto), en sorte qu'il y eut deux dynasties de mikados : dynastie du Nord et dynastie du Sud. D'ailleurs, la dynastie de Kogon, composée de six princes, dont le dernier, Moto-hito (Go-Kotnatsu) , par suite de l'abdication de l'empereur du Sud, devint, en 439^, seul mikado, régnajusqu'à 1412. La division du Japon en deux empires n'a donc duré que soixante ans, de 1332 à d392.

C'est au xvi® siècle que recommencèrent les grandes luttes, favorisées parla faiblesse des shogouns d'Ashikaga. Membre de la famille Ota (maison de Taïra), petits daimios d'Owari, Nobu-naga commença à lutter contre les shogouns, peu de temps après l'arrivée des Portugais au Japon. Son courage, qui lui avait valu de grandes acquisitions de territoire, lui suscita de nombreuses jalousies ; il n'en eut pas moins assez d'influence pour faire nommer en 1568 Yoshi-aki comme shogoun ; ce devait être le dernier de la maison Ashikaga. Après avoir détruit, en 157tS,le monastère de Hiyeizan,Nobu-naga déposait Yoshiaki, se substituait à lui, restaurait l'autorité du mikado, favorisait le christianisme, combattait vigoureusement les bonzes qui s'étaient déclarés contre lui, les soumettait, mais, trahi ensuite, il se suicidait (lutta- kiri) à l'âge de quarante-neuf ans, en 1582. L'œuvre de Nobu-naga fut continuée par son élève et lieutenant Hide-yoshi, fils d'un paysan, qui réussit à pacifier le Japon, troublé à la mort du grand chef. Vainqueur des ennemis qui avaient causé la mort de Nobu-naga, Hide-yoshi fit la guerre à la Corée, et persécuta les chrétiens qui avaient été jadis protégés par son prédécesseur. Hide-yoshi , qui était un des hommes les plus remarquables du Japon, est également connu sous son nom de dynastie, de famille, Toyo-tomi, ou par son titre de Tai-ko (Tai-ko-sama). Tai-ko-sama mourut le 15 sept. 1598 ; sa succession fut disputée entre son fils et Toku-gav^a-/^^-2/a5û, seigneur de Mika^a, oui gouvernait le Kuwanto et résidait à Yedo. La querelle rut résolue par la sanglante bataille de Sekighara (1600), la

{ilus meurtrière et la plus décisive des annales japonaises, ye-yasû, s'étant emparé du pouvoir, continua l'œuvre de ses deux devanciers et prit, en 1603, le titre de shogoun. Quoioue, deux ans plus tard, il aii abdiqué en faveur de son nls, il conserva ce titre jusqu'à sa mort, arrivée en 1616. Le -shôgounat devait durer dans cette famille de lye-yasû, ou deToku-gawa,qui n'était elle-même qa'une branche des Minamoto, jusqu'à la Révolution de 1868, époque à laquelle cette fonction fut abolie; l'empereur Mutsu-hito étant monté sur le trOne en 1867, le dernier titulaire, le quinzième shogoun de la maison de Toku-gawa, fut Yoshi-hisa-ko, fils du prince de Mito, Nari-akira, qui avait été adopté par le prince de Hilotsubashi. On désigne généralement sous le nom de période féodale

les siècles pendant lesc^aels le Japon fut administré par les shogouns. On donnait le nom de daimio{gnnd nom), titre qui était déjà connu sous Yori-tomo, aux chefs principaux militaires de l'empire dont lye-yasû assura la stabilité aux dépens de leur puissance réelle en les déclarant tous ses vassaux. Ive-yasù divisa les daimios en ftidaï, qui appartenaient à la famille de Toku-gawa ou tout au moins à leurs vassaux et en tozama^ daimios n'appartenant pas à la famille du shogoun, qui ne reconnurent son autorité qu'en 1600. Ceux-ci furent les principaux fauteurs de la révolution de 1868, avec les kuge, la vieille noblesse japonaise, mécontente de Taristocratie militaire des fudaï. Ces kuge, presque tous de sang impérial, appartenaient aux neuf familles : Fujiwara, Sugawara, Taira, Minamoto, Kiowara, Abe, Onakadonii, Urabe et Tamba. Gomme le vrai souverain, le mikado, ces kuge vivaient dans la plus grande oisiveté, et la plapart d'entre eux dans la plus profonde misère. — Les soldats formaient une classe à part, les btike; mais, depuis Yori-tomo, on les appelait plus souvent samurai ou gardes. Ils avaient les classes inférieures {hei-min), dont ils étaient la terreur, en quelque sorte à leur merci. Vivant chez leur daimio, un peu à la façon de nos hommes d'armes du moyen âge, ils avaient le droit de porter deux épées, se mariaient entre eux, et leur fils atné recevait une pension de leur chef. Beaucoup de ces pensions furent rachetées par le gouvernement impérial à partir de déc. 1873; elles le furent toutes à partir d'août 1876. En 1878, le mot de samurai fut changé en celui de shizoku, qui a le même sens. On désignait sous le nom de rânin, vagabonds, les samurai qui avaient cessé d'être attachés à la personne d'un daimio, soit librement, soit par renvoi, soit enfin par le fait de la condamnation de leur chef; le rônin, n'ayant pas de paye, comme le samurai, vivait souvent de rapine,' mais aussi se montrait fort dévoué à celui qui l'employait, ainsi qu'en témoigne l'histoire célèbre des Quarante-sept Rônins , qui furent tous condamnés au hara-kiri pour avoir (avr. 1701) vengé la mort de leur patron, Âsano, seigneur de Ako.

L'arrivée des étrangers au xvi^ siècle, la politique des shogouns à leur égard, aussi bien, sinon plus, que le système féodal protégé par ces derniers, amenèrent la révolution de 1868. Nous continuerons donc l'histoire du Japon dans le chapitre suivant, relatif aux relations étrangères.

Relations étrangères. — Temps anciens et moyen âge. Les anciens ne connaissaient pas le Japon ; les marchands arabes, au contraire, l'ont connu et Ton pourra consulter à ce sujet le mémoire de M. deGoeje : Arabische Berichten over Japan (Amsterdam, 1883). Doit-on dési-

NOTICE SDR LE JÀt»ON 5i

gner les lies de Sila comme Yale, par le Japon, ou comme de Goeje, par la Corée? Aboulféda écrit: « Slla ou Sllâest située au plus haut de la Chine, à TE. Ceux oui voyagent sur mer ne s'y rendent pas souvent. C'est une des lies de la mer Orientale qui font pendant, par leur situation, aux îles Etemelles et Fortunées de la mer Occidentale ; seulement celles-ci sont cultivées et remplies de tous les biens, contrairement à celles-là. » — DansThistoire des Mongols, Youen, Youen-chU le Japon, Je-oeun, est décrit dans le chap. ccviii de la quatrième section, u'est le pays Je-peun Kauo, transcrit phonétiquement et décrit par Marco Polo sous le nom de Zipangu : « Sypangu est une isle en Levant qui est en la haulte mer, lomgs de la terre ferme mille cinq cens milles; et est moult grandisme isle. Les gens sont blans et de belle manière. Ilz sont idolastres, et se tiennent jpar eux ; et si vous dy qu'il ont tant d'or que c'est sans nn; car ilz le trouvent en leurs isles. Ilz sont pou de marchans oui là voiseni, pour ce que c'est si loings ae la terre ferme, di que pour ceste raison leur habonde For oultre mesure. » Rachid-eddin emploie également ce mot modiOé de Zipangu. Le mot de Nippon se trouve déjà au x* siècle de notre ère sous la forme AIrNàfûn, dans le Ikhwdn-dl-Sdfà, En réalité, le Japon, qui a été connu des Occidentaux par la relation de Marco Polo, avait été oublié par eux et l'on peut considérer le Portugal comme l'ayant découvert à nouveau.

Portugal. Dans une lettre adressée en 1505 par le roi de Portugal, Emmanuel, au roi de Castille, il est parlé d'un navire du roi de Calicut, qui fut saisi par les Portugais et à bord duquel on trouva trois instruments astronomiques en argent qu'il avait été chercher dans l'Ile Saponin (Japon). — Le Japon se retrouve sous son ancienne forme de Zipangu, ou ses variantes, dans le globe de Martin Behaim (1492) et dans la relation de voyage de Ma* Î;eilan, par Pigafetta (1521). Mais on peut dire aue le apon n a été connu que par le voyage de Femâo Mondez Pinto (1545). Les Portugais avaient débarcpié à Ta-ne-ga shima en 1542 ; dès l'année suivante, le daimio de Bungo envoyait une ambassade en Portugal. L'arrivée de saint François-Xavier à Ka^o-shima le 15 août 1549 allait donner une grande extension au christianisme dans le Japon. Nobu-naga protégea les chrétiens au détriment des bonzes. Une ambassade envoyée par les daimios de Bungo, d'Anma et d'Omnra, qui quitta le Japon en 1582, l'année de la mort de Nobunaga, arriva en 1585 à Rome, où elle fut reçue par le pape Grégoire XIU. L'ère de Hide-yoshi (Taiko-sama) amena une forte réaction contre les chrétiens; en 1587, un arrêté d'expulsion fut pris contre eux, et ils ne tardèrent pas à être persécutés (1596). En 1597 furent crucifiés à Nagasaki 9 missionnaires et 17 catholiques

b2 NOTICE SUR LE JAW)N

indigèoes. lye-Yasû s'était d'abord appuyé sur les catholiques, maisf prévenu par les Hollandais et les Anglais contre eux, il leur devint hostile. Son fils et son petit-fil^ les exterminèrent.

Hollatidais et Anglais. Une expédition partie en 4607 sous les ordres de Tamiral général Pieter Willeoisz Verhœven qui avait pour mission spéciale d'enlever aux Portugais les lies Moluques, arriva à Bantam en févr. 4609, après avoir envoyé au Japon deux navires, le Leeuw et le Brack. Les Hollandais construisirent en 4609 une factorerie à Firando (Hirado), lie du Saï-kai-do, dépendant de Kiou-siou, à la pointe de la province Hizen, non loin de nie Ikki, et y installèrent comme agent Jacques Speckx. Ce voyage a été raconté par Reynier Diecksz. Le port de Firando était sûr, mais l'accès en était difficile. Les Hollandais curent de telles difficultés dans leur établissement qu% songèrent même en 1617 à l'abandonner, mais ils le maintinrent néanmoins. Ils avaient d'ailleurs rendu de grands services aux Japonais en leur apprenant à fondre des pièces d'artillerie. En 1621, Speckx fut remplacé comme résident par Comelis van Nyenrode. Le 9 nov. 1640, les Japonais donnèrent l'ordre aux Hollandais de démolir tous leurs majgasins nouveaux, ainsi que les établissements oui porteraient des emblèmes chrétiens. François Caron céda à cette injonction, mais le 11 mai 1641, les Japonais forcèrent les Hollandais d'abandonner Firando pour s'installer dans la petite lie de Deshima, sous la surveillance de lautorité de Nagasaki. Cet ordre, qui était en quelque sorte l'expulsion des étrangers du Japon, fut exécuté, et, le 21 mai 1641, les Hollandais quittaient Firando. La factorerie de Firando n'avait pas été pour les Hollandais une possession incontestée. Le capitaine anglais. Saris, commandant le « huitième voyage » de VOld Campany, parti en 1611 , établit en 1613 une agence à Firando dont R. Wickbam fut le premier agent. C'est dans une lettre de Wickham, du 27 juin 1615, adressée à M. Eaton, à Miaco, et conservée dans les archives de la Compagnie, que se trouve la mention la plus ancienne du thé (chaw). En 1616, le privilège accordé aux Anglais de faire le commerce an Japon fut modifié et limité au seul port de Firando. Les Hollandais, jaloux de leurs rivaux, et infiniment supérieurs en nombre, les attaquèrent en 1618 et les auraient certainement massacrés sans la médiation des Japonais. Malgré cet incident, l'année suivante, Anglais et Hollandais, reconnaissant la nécessité d'une entente, réunirent leurs deux factoreries en une seule. L'arrangement dura peu, car, dès 1621, les Hollandais continuèrent seuls leurs opérations. — Firando a toujours été noté pour l'hostilité de ses princes contre le cluristianisme. Quoique les chrétiens fussent très nombreux dès 1606, le Père Augus-

tin Mernando de Saint-Joseph fit en 1616 de vains efforts pour établir une mission et construire une église à Firando, et Tannée 1624 fut marquée par une srande persécution. — On peut dire que depuis que les Hollandais furent relégués à Desbima jusqu'à Tarrivée du commodore américain Perry, en 1853, la situation des étrangers au Japon ne changea guère. Vainement en 1807 les Russes essayèrentils de débarquer à Yesso, vainement les bateaux français ou anglais tentèrent-ils, soit aux lies Lieou-kieoo, soit dans l'archipel japonais proprement dit, d'établir des relations. Nous devons nos connaissances sur Tempire du Soleil-Levant à quelques rares voyageurs : Ëngelbert Kaempfer, qui séjourna au Japon de 4690 à 1692, dont VHistoire, quoiqu'il fût Westphalien, parut en anglais en 1727 ; le Suédois Charles-Pierre Thunberg, élève de Linné, envoyé au Japon en 1772; Philippe Franz, baron de Siebold, qui a publié le grand ouvrage Nippon, Archiu zur Beschreibung von Japan (Leyde, 1832-1851).

Le commodore Perry. Les grands intérêts commerciaux des Etats-Unis dans rExtrème-Orient décidèrent le président Filiimore à envoyer au Japon une escadre suffisante pour obtenir la signature d'un traité. Le commodore Matthew Calbraith Perry, mis à la tête de l'escadre, arrivait en jnil. 4853 à Uraga, à l'entrée delà baie de Yedo, porteur de ses instructions. Il visitait après les lies Lieoukieou et la Chine, et l'année suivante, malgré l'hostilité du prince de Mito et les ennemis des sh6gouns de la maison de Toku-gawa, le bakufu, c.^à-d. le gouvernement shogounal, consentit à signer un traité à Kanapwa^ le 31 mars 1854. Ce traité signé pour les Etats-Unis par le commodore M. C. Perry, l'était pour le Japon par Hayashi, Dai-gaku-no-kami, Ido, prince de Tsoushima, Iza-wa, prince de Mimasaka, et Udono, membre du ministère des finances, et comprend douze articles, dont le plus important est le dixième qui ouvrait aux Américains les ports de Shimoda dans la province d'Idzu, et d'Hakodaté, dans rile de Yesso. Ratifié par le président des Etats-Unis en i 854, les ratifications de ce traité furent échangées à Shimoda le 21 févr. 1855. Ces dates sont le point de départ d'une ère nouvelle : le 14 oct. de la même année, l'amiral anglais, sir James Stirling, signait à Nagasaki un traité qui ouvrait les ports de Nagasaki (Hizen) et d'Hakodaté (Matsmai); venaient ensuite le vice-amiral russe Euphimius Poutiatine (traité de Shimoda, 7 févr. 1855), le chevalier hollandais Jan Hendrik Donker Curtius (traité de Nagasaki, 30 janv. 1856). Un nouveau traité fut signé à Yedo, le 29 juil. 1858, par le consul général américain Townsend Harris qui permettait d'établir un agent diplomatique à Yedo, et qui amena la signature d'un nouveau traité avec la Hollande le 18 août 1858,

avec la Rassie le 7 août, avec la Grande-Bretagne le 26 août, et enfin, avec la France, le 9 oct. 1858. La France, représentée par le baron Gros, obtenait Touverture pour le commerce français de Hakodaté, Kanaza^a et Nagasaki, à partir du 43 août i859, de Ni-i-sata, à partir du !•' janv. 4860, et d'HioffO, à partir du 4*' janv.

4863. A partir du i^' janv. 4862, les sujets français étaient autorisés à résider dans la ville de Yedo, et à dater du 4" janv. 4863, dans la ville d*Osaka, mais seulement pour y faire le commerce. Cependant, Tagitation contre les étrangers augmentait; le 5 juil. 1864, la légation d'Angleterre était attaquée; Tannée suivante, un Anglais, M. Richardson, était assassiné près de Yokohama le 44 sept. 4862 par les gens du daimio de Satsuma. Enfin, le 5 sept.

4864, les flottes combinées anglaises, françaises, hollandaises et américaines, détruisent les forts de Shimonoseki. En 4867, Mutsinhito devient mikado; immédiatement la révolution éclate, et la première année du nouveau règne (l 868), qui prend le nom de mei-dji, le shôgounat est aboli : les partisans des anciens shogouns de la maison de Tokugawa sont battus, les traités avec les puissances étrangères sont ratifiés, les ports de Kobe, Osaka, puis (1869) Ni-i-gata et Yedo sont ouverts aux étrangers ; la capitale du mikado est transportée de Kioto à Yedo, qui prend le nom de Tokio.

Epooue contemporaine. — En peu de temps, on voit se transformer non seulement le gouvernement, mais les mœurs du pays. Dès 1871, les fiefs (han) des daimios sont pris par lepuvemement central ; par suite, le régime féodal est abok, et les classes inférieures (eta), parias chargés des métiers vils, et keïmin^ population d'industriels, d'agriculteurs et de commerçants, trouvent l'égalité dans la société. En même temps, le bouddhisme cessait d'être religion officielle ; on établissait des postes et des télégraphes; à Osaka, une monnaie d'Etat était installée pour fabriquer des monnaies sur le modèle européen ; enfin on commençait la rédaction d*un nouveau code pénal ; Tannée suivante (1872) le Japon construisait, avant la Qiine, le premier chemin de fer de TËxtrème-Orient : de Tokio à Yokohama ; l'adoption du calendrier grégorien, des lois sur la conscription et contre la nudité dans les villes, marquèrent de plus en plus le désir d'entrer dans une voie absolument neuve ; en 4873, nous voyons le mouvement s'accentuer encore par l'introduction de la vaccine et de la photographie, et l'adoption des uniformes officiels européens. Mais toutes ces réformes devaient fatalement aboutir à une réaction, dont la première (1874) est la rébellion de Saga, district de la province de Hizen, dans KiouHsiou, qui fut rapidement écrasée par le général Nodzu ;

cette même aDuée, des pécheurs des lies Riou-kiou, ayant . fait naufrage sur la c6te de Formose, furent massacrés; les Chinois ayant refusé de donner satisfaction an Japon pour Tattaque dont cet équipage avait été Tobjet de la part des sauvages de TUe, une expédition sous les ordres du général Saigo-Tsugumitsu débarqua sur la côte sud-est : la guerre était inévitable entre les deux empires de rExtrême-Orient, si les puissances occidentales, et l'Angleterre en particulier, n'avaient servi de médiatrices. Un traité donnant pleine satisfaction au Japon fut signé le 31 oct. 4874; Tannée 1875 fut moins heureuse au point de vue extérieur, car le Japon cédait à la Russie toute Tile de Sakhalin, dont elle occupait jusqu'alors le S., en tM^hangé de Farchlpel stérile des Kourdes. Un édit promulgué en

1876, oui devait avoir force de loi à partir du l*^' janv.

1877, défendit dorénavant aux anciens samurai de porter les deux épées. Cet édit et la politique extérieure du gouvernement amenèrent une nouvelle grande rébellion, cette fois, du clan de Satsuma, dirigée par le frère même du général Saigo-Tsugumichi, Saigo-Takamori, qui se mita la tète d'une force de 14,000 hommes au milieu de févr. 1877. Battue le 19 août, la révolution fut complètement anéantie le 24 sept. 1877, et Saigo se suicida l'année suivante. Cette mort, l'écrasement des rebelles, le triomphe des nouvelles idées turent la cause, le 14 mai 1878, de l'assassinat à Tokio, par des gens de Kaga, du célèbre ministre de l'intérieur Okubo-toshimitsu.

Nous rappellerons que les années suivantes furent marquées par la promulgation des codes pénal et criminel (1 881 ), rétablissement de différents rouages administratifs et judiciaires, la fondation d'une nouvelle constitution (1889), toutes choses dont nous parlons au reste ailleurs. Sijgna- Ions toutefois les visites au Japon de l'ancien président des Etats-Unis, Grant (1879), et celle du tsarévitch, actuellement l'empereur Nicolas II, qui faillit être assassiné à coups de sabre à Otsu, sur les bords du lacBiwa (1891).

Guerre de Corée. — Nous avons déjà, au cours de cet article, fait mention des difficultés qui ont existé pendant des siècles entre la Corée et le Japon. Dès l'année 1872, les Coréens avaient refusé de faire droit aux demandes que les Japonais faisaient remonter à l'impératrice Jingo (V. Corée) ; aussi, après le règlement des affaires de Formose avec la Cliine, une flotte, sous les ordres du général Kuroda, avec une nouvelle ambassade, fut-elle envoyée à Fou-san, où elle arriva le 15 janv. 1876. Le mois suivant, le 26 févr. 1876, un traité fut signé à Kang-hoa, en chinois et en japonais, par Kuroda-Kiyotaka et Inouye-Kaoru pour le Japon, et Sin-Hôn et In-Jâ-syng pour la Corée. Par ce traité ei^trèmement important.

était afiSrmée Tindépendance de Ifi Corée; Tonverture de ports au commerce était accordée. Les Japonais obtenaient donc du premier coup ce que tour à tour la France et les Etats-Unis avaient exigé en vain. Des arrangements et des règlements en 1877, en i882, en 1883 complétaient ou modifiaient le traité de 1876. Entre temps, la Chine ou au moins ses employés prenaient la direction des douanes dans les trois ports ouverts au commerce : Jeutchuan, Yuen-san et Fou-san. Il était évident que la Chine, se considérant comme suzeraine de la Corée, ne se laisserait pas supplanter dans ses droits par sa jeune rivale ; depuis 188^, une double garnison chinoise et japonaise, casemée à Séoul, amenait beaucoup de désordres par suite de leurs jalousies. Le 4 déc. 1884, des troubles sérieux éclataient à Séoul ; sept des ministres furent assassinés ; le lendemain, la lutte se déclarait entre la garnison chinoise et la garnison japonaise. La légation japonaise était brûlée, un grand nombre de Japonais étaient massacrés et les survivants forcés de fuir vers la côte. Les auteurs de cette révolution étaient : Palk-kenm-moun-youi, Kim-ok-kyoum, Saye-koum-pou, Hong-yeng-syetri. Ils paraissent avoir agi pour le compte des Japonais, mais le résultat fut contraire à leurs espérances, puisque ce furent les Chinois, qui, aidés du peuple, eurent le dessus. Il faudrait connaître peu les Japonais pour su pposerqu*ils accepteraient longtemps cette situation, Kim-ok-kyoum, réfugiéau Japon, était indoit par un de ses compatriotes, Hong-tjyong-ou à se rendre avec lui à Chang-haï ; il fut assassiné dans cette ville, à coups de revolver, par son compatriote, qui déclara avoir agi par ordre du roi de Corée (^8 mars 1894). Le corps de Kim-ok-kyoum, transporté en Corée, y fut coupé en huit morceaux, répartis entre les huit provinces do royaume. La guerre à laquelle le Japon se préparait depuis longtemps ne pouvait tarder à éclater.

Avant même la déclaration officielle de la guerre, les hostilités commencèrent. Le 20 juil. le navire anglais Koiushing, capitaine Galsv^orthy, partait de Takou, pour transporter des troupes à Asan, en Corée. Il fut coulé près des lies Shop-sinto et, sur 1,500 hommes, 40 seulement, y compris le capitaine Galsworthy et le capitaine allemand von Hannecken, furent sauvés. Les premières luttes importantes eurent lieu sur terre : une première attaque, les 27 et 28 juil., des Japonais sur les troupes chinoises fortifiées à Asan, ne paraît pas avoir eu de résultats importants, car les Japonais, sous la direction du général comte Yamugafa, s'engagèrent résolument sur la grande route qui conduit de Séoul à Péking par la Mandchourie. Ils prenaient contact le 15 sept, à Ping-yang : les généraux chinois Yeh et Wei, ayant jugé la retraite nécessaire, laissèrent seul le ^énéralTso ; le 16, les Japonais emportaient la positioQ et

les ChÎDote, en débandade, se repliaient vers Yi-lcheoo (Wiju) sur le Yalou, fleuve frontière entre la Corée et la Mandchourie. Deux jours plus tard, le 47 sept., Tamiral chinois Tins, chargé d*acconipagner des troupes à destination de wi-ju, était attaqué à Tentrée du Yaiou par la flotte japonaise, qui rem|M>rtait une grande victoire. Les débris de la flotte chinoise gagnèrent péniblement Port- Arthur. Cependant, les Japonais s'emparaient de Wi-ju le 8 oct., puis, remontant la rive gauche du Yalou, leur général Nodzu franchissait (24 oct.) ce fleuve, et il arrivait après quelques combats à Foung-houang-tcheng, point d'intersection des trois routes de Moukden, de Niou-tchouang et de Port-Arthur. D'antre part, le comte O^ama quittait Hiroshima le 26 sept, et débarquait à Ta--lien-ouan, audessus de Port-Arthur. Un troisième corps japonais, suivant la c6te depuis Wi-jn, était venu renforcer ses troupes par terre. On peut prévoir toutes les éventualités militaires ; rien que la paix — que la Chine demande déjà — pourra empêcher, après la prise de Port- Arthur, la marche des Japonais sur Chan-hai-kouan, an pied de la Grande Muraille, et de là sur Tien-tsin et Péking. Quant aux troupes, sous le commandement du maréchad Yamagata et du général Nodzu, elles ont dû déjà quitter Founghouang-tcheng, et avoir pris en grande partie la route de Moukden, capitale de la Mandchourie, berceau de la famille actuellement régnante à Peking, par conséquent ville sainte {Chena-king), Les quelques diflScnltés que les Japonais laissent derrière eux dans le Sud de la Corée, oii le « parti national », les Tong-hak, lotte contre eux, ne sont rien à comparer avec les terribles embarras des Chinois.

Langue. — La vraie langue japonaise, c.-à-d. le yamah, est une langue agglutinative, polysyllabique ; elle ne ressemble en rien au chinois, mais se rapproche du coréen, des langues tartares roandchone et mongole. D'une façon générale, le qualificatif précède le substantif ; ainsi Tadjectif ou le génitif précède le nom ; Tad verbe, le verbe, etc. Le nombre, comme en chinois, ne se rapporte pas directement à l'objet ; on mot spécial intervient poor établir leurs rapports. Ainsi on ne dit pas : dix chevaux ^ mais dix têtes de chevaux^ etc. Le yamato n'a pas de vraies conjugaisons, les formes verbales étant impersonnelles. « Le verbe s'y produit, dit Metchnikov, sous une forme rudimentaire et se confond souvent avec les autres parties du dboours : narou (devenir), sourou (être), arou (avoir ou être), que l'on serait porté à considérer comme des verbes par excellence, ne sont que des radicaux amphibologiques dont la signiflcation varie suivant leur rôle dans la phrase. Ils se suffixent à d'autres radicaux et les transforment en verbes ou à peu près. Les temps peuvent être indiqués par

58 NOnCE SUR LE JArOH

des changements de terminaisons. Le pluriel qui n'est que rarement énoncé pour les substantifs par la répétition du mot ou par le suffixe d'un radical signi6ant classe, catégorie ou plundité, ne Test jamais pour les verbes. L'actif se change en j>assif, Taffirmatif en négatif, et, de plus, Ton obtient le désidératif, le causatif, le concessif, etc., en intercalant ou en suffisant des radicaux uniformes et qui peuvent se sufûxer à même titre aux autres parties du discours. — 11 existe en japonais des pronoms pour la première (m, a, oavare) et pour la deuxième (nanxi^ imaci) personne, maisFon ne s'en sert jamais dans lalangue parlée. Ils y sont remplacés par des locutions honorifiques, généralement imitées du chinois. Les pronoms possessifs, qui jouent un rôle très important dans les langues tnrco-tartares, font défaut au yamato. > Autres traits : absence de diphtongues, la consonne / manque et est remplacée par r; les sons j, c/i, tch et dj du Sud se prononcent dans le Nord z, Sf ts et dz. — Les relations des Japonais avec les Chinois ont amené l'introduction dans la langue d'un grand nombre de mots chinois, formant un idiome corrompu sinico-japonais appelé vakan.

On place généralement vers l'an 400 de notre ère l'introduction du système idéographique de l'écriture de Chine au Japon ; en plus de ces caractères chinois, on inventa, d'après les caractères chinois les plus employés, un système d'écriture appelé kana, dont il existe deux variétés, le kata-kana, inventé, dit-on, parKibi-no-mabi, mort en 776, et le hira-^ana^ inventé par le saint bouddhiste, Koôboô-daïshi en 835. Le kata-kana est ainsi nommé (écriture de côté) parce qu'il est placé à côté de caractères chinois ; le hiragana est une cursive qui sert à la correspondance, pour les romans populaires, etc.

L'étude de la langue japonaise par les Européens est d'origine relativement récente : une des premières chaires créées, sinon la première chaire de la langue japonaise, est celle du D' J.-J. Hoffmann à Leyde ; depuis sa mort, elle ^est occupée par M. L. Serrurier ; la première chaire de japonais créée à Paris a été celle de l'Ecole des langues orientales (juin 1868) que son premier titulaire, M. Léon de Rosny, occupe encore ; M. Rudolf Lange occupe la chaire de japonais dans le séminaire, nouvel &ment installé, des langues orientales de Berlin. Dans les autres villes, comme Florence, avec MM. Antelmo Severini et Carlo Puini, le japonais n'est qu'une des branches d'un enseignement plus général, quelquefois un auxiliaire du chinois ; mais incontestablement les grands progrès de la langue japonaise sont dus aux savants européens établis au Japon, tels que le missionnaire américain J.-C. Uepbum, et les Anglais Ernest M. Satow, W.-G. Aston, Basil Hall Chamberiain. Dan^ les temps plus anciens, on ne se servait guère que des ou-

vrages des PP. Gollado et Rodrigues; ce dernier nous remet sous la plaine le nom de M. Léon Pages quia édité la grammaire de ce missionnaire ; enfin, comme travailleur mdépendant contemporain^ M. François Turrettini, de Genève, éditeur de VÀtsume-gusa et du Ban-^zai-^au.

Littérature. — M. Ernest Satow, qui suit en cela les bibliographes indigènes, divise la littérature japonaise en seize classes : I. Grandes histoires : outre le KoH-ki et le Nihon-shô-ki dont nous avons parlé au chapitre keligions, citons le DaùNihoiuhù du xvii® siècle. — II. Divers ouvrages historiques : MUsu Kagami, Gempei SeisuikU Heike Monpgatari, qui a été traduit par Turrettini, TaiheikU NÙion Gwaishi, dont les cinq premiers livres ont été traduits par M. Satow. — III. Droit : Byô no Gige et Engi-shiki. — IV. Biographie. — V. Poésie. Les Japonais aiment à chanter les choses gracieuses, les tkurs, les oiseaux, les choses de la nature ; presque toute la poésie japonaise est lyrique, sauf les drames classiques. Nous ne citerons parmi les recueils de poésie que le Man-yô-shu (collection d'une myriade de feuilles) et le Kokinskû (chants anciens et modernes). — VI. Les romans classiques : le plus connu peut-être est le Taketori Monogatari^ rhistoire du coupeur de bambou, qui a été traduit daus plusieurs langues européennes, le Genji Monogatari (1004 ap. J.-C.), remarquable par son style. — VIL Mélanges : Makura no Sôshi et Tmrezure-Gusa. — VIIL Journaux personnels : UôjokU Murasaki^ Shikibu NikL — IX. Voyages : Tosa Niki. — X. Théâtre. On désigne sous le nom de Nô le théâtre des hautes classes et sous celui de Shibai ou Kabuki le théâtre des classes •inférieures; quant aux pièces, on les divise en deux classes : pièces historiques, jidai-mono ; comédies de moeurs, seiva-mono. Le théâtre du Japon remonte à la plus haute antiquité; on y trouve son origine dans les danses religieuses; au v* siècle, ces danses améliorées, jointes à une action théâtrale, formèrent les premiers nô; c'est encore au théâtre qu'on peut encore le mieux étudier les mœurs et les coutumes de Tancien Japon, qui tendent si vite à disparaître. Le plus célèbre auteur dramatique du Japon est Chikamatsu Monzaemon qui a écrit un drame sur la conquête de Formose sur les Hollandais par Koxinga et mis an théâtre Thistoiredes quarante-sept rûnins; cette dernière histoire a été également Tobiet d'une pièce par un dramaturge non moins connu : Takeda huma. Les théâtres de Yedo étaient réputés les meilleurs depuis que Tokugawa lyeyas avait invité Saruvaka-Kan-Saburo, célèbre acteur de Suruga, à venir jouer dans sa capitale. Le plus célèbre acteur actuel est Icnikawa Danjur<), de Tokio. — XL Dictionnaires et ouvrages de philologie : Wakun no ShiorU

60 MOnCE 8UB LE JAPON

Gàgen Shûran^ principaux dictionnaires classiques; GenîuiU dictionnaire récent, plus complet que les précédents ; la meilleure grammaire est Kotoba no Chikamichi^ par Minamoto-no-Shigetane. — Xll. Topographie : on désigne sous le nom de Meishô Zue les guides dans les différentes parties de Fempire; il y a, comme en Chine, des ouvrages topographiques qui ont perdu leur valeur pratique, mais ont conservé un grand intérêt historique. — Xlll. Littérature shintoïste : Kojiki Den^ Koshi Den sont les principaux ouvrages. — XIV. Littérature bouddhiste : les deux meilleurs livres de cette section sont des recueils de morale Jitsti^Go Kyô et Dôji Kyô, — XV. Romans modernes : le plus célèbre romancier moderne du Japon est Bakin (i 767-48 48) dont le roman le plus populaire est Hakkenden, conte des huit chiens. Cit<His encore le Hiza-Kurige «t, parmi les romans historiques, le I-ro-ha Bunko et le Yuki no Akebono, qui donnent la vie des quarante-sept rônins. -* XVL Mélanges : ouvrages sur les sciences, les arts, les antiquités, le confucianisme, etc. — A ces seize divisions de M. Satow, M. Chamberlain ajoute une dix-septième oui comprend la littérature euro[^nne du Japon, c.-à-d. les tmvrages écrits par les Japonais sous rinfluence étrangère,

Beaux- Arts. — L'art japonais dérive de Tart chinois, probablement par Tintermédiaire de la Corée, mais Foriginalité, Tima^nation, la délicatesse de ses artistes ont donné aux productions de Tempire du Soleil Levant un cachet tout A fait particulier qui leur a valu Tadmiration, non seulement des indigènes, mais encore celle des Occidentaux. Il n'est personne en Europe aujourd'hui qui ne sache ce qu'est un kakémono (chose suspendue), c.-à-d. un dessin, une aquarelle, un autographe, destiné à être pendu au mur comme un tableau; ou un svrimono (chose imprimée), carte sur la({uelle les poètes inscrivaient leurs vers, les artistes faisaient imprimer leurs dessins, et qui circulait au nouvel an entre les parents et les amis. On peut diviser en huit périodes Thistoire de la peinture au Japon : I. Ecole bouddhique : l'école la plus ancienne qui fut introduite au vi^' siècle par des pèlerins, dont le plus célèbre représentant est considéré comme le créateur de l'art de peindre, est Kose Kanoaka, qui vivait au ix® siècle et dont on ne connaît qu'une demi-douzaine d'œuvres authentiques. — II. Ecole de Tosa : ainsi nommée de Tsunetaka, peintre fameux, sous -gouverneur de la province de Tosa, au xiu^ siècle, dont la réputation était si grande que le nom de Tosa fut substitué à celui de Yamato^ que portait l'Ecole, dont la plus ancienne branche, celle de Kasuga, avait été fondée vers l'an 1000 par Motomitsu, de la famille de Fujiwara, élève de Kose ; cette école peut-être considérée, comme celle deKioto, nationale par excellence ; outre

NOTICE SUR LE ikPOti

la branche de Kasuga, ainsi nommée d*un temple près de Nara, on notait également la branche de Takuma, d'après son fondateur Takuma Tamenji (vers 1038), et la branche

de SumiyoshU fondée par Keioa (vers 1200), dans Técole de Tosa, dont la décadence commence au xv® siècle. — III. Ecole chinoise dont l'artiste le plus célèbre fut Ses- 5/im (1420-1506); après avoir étudié en Chine (1460), il

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