‹ Notice sur le pont du Douro, a PortoChapitre 2 sur 7 · NO · texte numérisé non relu

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dage en rivière le rendait exceptionnellement difficile, et il a dû se faire tout entier en ne prenant

d'autre point d'appui que la partie même déjà construite de l'ouvrage. Les pièces étaient

successivement montées en porte à faux à partir de chacune des culées et l’on procédait par

cheminement, en rattachant les pièces nouvelles à celles qui étaient déjà assemblées et rivées. — L'ensemble ainsi formé était maintenu en position par des câbles de retenue attachés aux tabliers à l'aplomb des piles-culées. La progression du montage avait lieu simultanément des deux côtés, et se continuait jusqu'à ce que l'on fût arrivé à la jonction à la clef des deux moitiés d'arc, qui étaient restées en porte à faux jusqu'au moment de cette jonction. La mise en place des différents tronçons se faisait à l’aide de bigues en charpente, placées sur la partie de l'arc déjà montée; ces bigues, actionnées par des treuils installés à terre, prenaient les tronçons d’arc dans les bateaux et les amenaient à leur place définitive. Leur déplacement, au fur et à mesure de l'avancement du montage, était facilité par un câble suspendu traversant la rivière et portant deux chariots qui servaient aussi au levage des pièces d’entretoi-

sement.

Les câbles de retenue, qui maintenaïent en position les parties d’are déjà montées, étaient

amarrés, au droit des piles-culées, à des sommiers ‘établis sur les panneaux pleins des tabliers

supérieurs; leur point d'attache sur l'arc était déplacé suivant l'importance variable du porte à faux. Ces câbles, au nombre de 8 paires par demi-arche, étaient en fil d’acier et formés chacun par 6 torons de 19 fils de 2"/:,7 de diamètre. Leur charge de rupture était de 80,000 kilogrammes par câble et correspondait à 120 kilogrammes par millimètre carré de section. Les deux brins composant chacune des paires de câbles étaient amarrés par dés têtes spéciales sur les sommiers fixés au tablier supérieur et allaient embrasser un sabot semi-circulaire placé transversalement sous la membrure de l’extrados. Les tensions de ces deux brins étaient ainsi toujours

égales.

Ces têtes de câbles méritent une description. On essaya d’abord de les constituer par le procédé américain qui consiste à détordre le câble, à en épanouir les fils dans une pièce en fer percée d’un trou conique, et à remplir les vides par une sorte de picotage fait avec des pointes d'acier et par une coulée de métal fondu. Cet essai ne donna pas de bons résultats : on reconnut que les fils avaient beaucoup souffert de ce picotage et que

plusieurs étaient coupés. On perfectionna ce procédé, et on arriva à un résultat excellent

ant t

en augmentant la conicité du trou, en épanou

régulièrement les fils tout autour du cône et en les serrant par un mandrin creux, également conique, ouvert en haut et percé d’un trou à sa base, que l’on chassait avec force dans le vide laissé par les fils épanouis. On repliait alors chacun des fils à l'intérieur du mandrin en les appuyant bien régulièrement sur le bord supérieur de celui-ci; et quand le,tout était bien disposé et serré, on coulait dans le mandrin un alliage fusible très dur, qui commençait par se répandre dans le bas et refluait le long des fils à leur sortie du càble; puis le mandrin se remplissait, et le métal noyait les

fils supérieurs. On formait ainsi une masse compacte, dans laquelle chaque fil était enveloppé

par l’alliage et occupait une position absolument invariable. La tête ainsi constituée résistait,

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