‹ Notice sur le pont du Douro, a PortoChapitre 3 sur 7 · CU I · texte numérisé non relu

CU I

sans traces de fatigue, aux efforts qui, dans les essais, amenaient la rupture du càble.

| L'expérience nous permet de recommander cette disposition pour toute attache de câble (1). |

Pour donner aux câbles la tension nécessaire, on soulevait, avec des verrins hydrauliques,

le bloc en fer portant la tête, et on introduisait des cales en fonte entre le bloc et le sommier. 1f

On est arrivé ainsi à régler très facilement cette tension, et c’est certainement à cette facilité A de réglage qu'est dü, pour une grande partie, le succès du système adopté.

Pendant le montage (voir planche IV) l’ordre des opérations relatives à ces câbles fut le | suivant: un échafaudage de 7 mètres de largeur avait été établi en avant de chaque culée | pour servir à mettre en place le panneau plein des retombées de l'arc et amorcer le montage | de chacune des fermes. Ce panneau placé, on suspendit son extrémité supérieure à une première paire de câbles, afin de ne pas surcharger l'échafaudage, et on monta le second panneau. A l'extrémité de celui-ci, on établit une seconde paire de câbles, ce qui permit de continuer e montage et de mettre en place deux nouveaux panneaux. Le porte à faux ainsi obtenu soulagea les câbles placés en premier lieu et permit de les dégager tout à fait, pour les

reporter à l'extrémité du quatrième panneau, qui correspondait au premier arbalétrier de la |

salée des reins. En continuant ainsi, on put bientôt dégager les câbles placés en second lieu

et les reporter à l'extrémité du cinquième panneau. Les deux paires de câbles déjà placées auraient été insuflisantes pour la continuation du montage, et avant d’aller plus loin on les doubla, de façon que chaque demi-ferme fut alors soutenue par quatre paires de câbles qui

suffirent à la maintenir jusqu’au moment de la fermeture. On put donc ainsi monter l'arc

complètement en porte à faux jusqu'à la clef, où la jonction se fit par l'intrados d’abord, | par l’extrados en dernier lieu (voir planche V). ||

L'ensemble des huit càbles qui supportaient chaque demi-ferme était au moment du plus {| grand porte à faux, tendu par un effort de 100 tonnes; comme ces huit câbles s’attachaient en deux points de la ferme très rapprochés l'un de l’autre, cet effort était parfaitement | déterminé et il n'était pas difficile à répartir également entre les huit cäbles qui avaient une

longueur très exactement réglée. Il comprimaît les piles métalliques, et donnait en mème {

temps une grande traction sur les tabliers horizontaux. Ceux-ci étant amarrés par de

robustes tirants en fer soit au rocher, du côté Porto, soit à la culée, du côté Lisbonne,

on n'avait à craindre aucun mouvement pendant l'opération. (ie

Lors de la rencontre des deux demi-arcs d’intrados à la clef, on put constater que | |

le travail à l'atelier et le montage avaient été faits avec assez de soin pour que, entre les deux portions d'arc, il n’existât, dans le sens horizontal, qu'une déviation d’un centimètre environ, qui disparut sous l'effet des broches de montage.

Dans le sens vertical, une plus grande latitude avait été réservée. L'élasticité des câbles, la flexion de l’arc pendant le montage en porte à faux, les variations dues à la température,

faisaient désirer qu'au moment de la rencontre des pièces à la clef, on püût disposer d’une

} (1) Une des têtes employées a été déposée à l'École des Ponts et Chaussées, qui a bien voulu accepter 1e

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