‹ Notice sur le professeur KüssChapitre 4 sur 13 · JO · texte numérisé non relu

JO

« plutôt d’un irritant, les efforts que fait l’organe attaqué pour «défendre son intégrité et pour éloigner l’ennemi. S’agit-il « d’uii organe sécréteur? les sucs affluent, inondent la surface «en danger, l’agent destructeur est enveloppé, son activité est « émoussée en s’épuisant sur des matières organiques qui déjà «ne font plus partie de l’organisme et dont le sacrifice était « décidé à l’avance. »

Qui n’admire l’imagination de l’auteur mettant en œuvre les cellules et les épithéliums alarmés dans cette défense savante de leur intégrité, dans ce plan tracé d’avance par eux, qui consiste à sacrifier une partie pour sauver le tout? Si nous avons donné ce spécimen de description, c’est pour montrer la manière d’exposer de l’auteur, qui prend le fond dans l’observation anatomique attentive et minutieuse et qui le manie avec la fertile imagination du poète, qualités essentielles pour intéresser et charmer un auditoire impressionnable , mais qui toutefois n’est pas quelquefois peut-être sans danger, comme nous le verrons plus loin.

Dans ces doubles fonctions, Küss trouvait de nombreuses occasions de travail; libre de tout engagement, il pouvait se mouvoir à l’aise sur un terrain propice où son activité allait devenir féconde. Aussi peut-on dater de cette époque des travaux qui, dans un temps très -court, furent si importants qu’on en espérait une longue série, espérances qui, malheureusement, ne furent pas réalisées. Il prend part, comme anatomiste micrographe, à un travail de longue haleine entrepris par M. le professeur Sédillot sur le cancer*. Toutes les ana-

1. Gaz. méd. de Sôrasb. , 184.5 , p. 1 ü7; 1846, p. 85, 249, 363, 381.

lyses micrograpiiiques et les dessins de ce mémoire sont de Küss.

L’année 1846 surtout fut fertile. Küss communiqua à la Société de médecine, le 5 février, une notice sur l’épithélium de l’intestin’, le 7 mai, son travail sur la vascularité et l’inflammation*. Le 8 août, il publia sa thèse du concours pour la chaire de physiologie, intitulée: Appréciation générale des progrès de la physiologie depuis Bichat^^ à la suite duquel il fut nommé professeur.

Reprenons ces écrits et ces événements.

Le microscope produit chez ceux qui l’interrogent un véritable enthousiasme, excite l’imagination, et fait naître des espérances qui ne se réalisent pas toujours; ce qu’il donne de documents est à la fois si important et si éblouissant, qu’on comprend, facilement, chez ceux qui font des recherches, l’enthousiasme et le vertige, et aussi, chez ceux qui ne l’interrogent pas ou l’interrogent mal , comme réaction contre ces sentiments , le scepticisme et le dédain.

Quand Lœuwenhoek publia ses travaux, il ne lui fallut, pour les signaler, rien moins que le titre pompeux de Arcana naturæ détecta*^ qui n’empêcha pas un dédain de près d’un siècle pour ce précieux moyen d’investigation qui avait cependant révélé tant de merveilles et permis à l’auteur de montrer à Pierre le Grand la circulation du sang dans la queue

Page 1