‹ Notice sur le viaduc de GarabitChapitre 2 sur 14 · DESCRIPTION GÉNÉRALE DE L’OUVRAGE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION GÉNÉRALE DE L’OUVRAGE

e viaduc de Garabit est établi pour une seule voie. Le rail, en palier sur toute la longueur de l’ouvrage, est à la cote 835 . 5 o au dessus du niveau de la mer et à i22 m ,20 au dessus de la rivière de la Truyère.

La partie la plus profonde de la vallée est franchie par une grande arche métallique dont la corde a 165 mètres de longueur 'et dont la flèche est de 5 i ”,858 à l’intrados. Cette arche supporte le tablier droit horizontal sur lequel passe la voie.

Le choix du système adopté pour l’ensemble de l’ouvrage résulte de la préoccupation que l’on a eue de ne pas dépasser notablement la hauteur des piles métalliques jusqu’alors réalisée

en France.

Un excès de hauteur des piles peut en effet n’ètre pas sans inconvénients et donner lieu, sous l’influence des vents violents, à des oscillations qui, pour un tablier d’une grande longueur, pourraient être dangereuses. On s’est limité pour le viaduc de Garabit, à une hauteur de 80 mètres environ, dont 62 mètres pour la partie métallique sous le tablier et 1 8 mètres pour

le soubassement en maçonneiie.

Les deux plus hautes piles, celles qui avoisinent l’arc, étant ainsi remontées le long des mes de la vallée, on a été conduit à les placer à une distance de .77", 72 d’axe en axe, et disposer dans l’intervalle le grand arc de ,63 mètres de corde.

Ce m-and arc offre quatre appuis au tablier droit supérieur qui porte la voie, dont deux is d'ans le voisinage de la clef et deux autres sur des palées intermédiaires spéciales, ; sorte* que le tablier dans cette partie de l’ouvrage est formé de trois petites travées ■ntrales de 24”, 64 et de deux travées latérales de 5 ,”,So.

Le reste du viaduc comprend cinq travées dont trois de 5 o",oo, et deux, celles des extre-

o Toutes ces travées reposent sur des piles métalliques. Le îtes, de chacune i ouïes

f orm é par des viaducs en maçonnerie qui en constituent les implément de la longueui est lormL p«u

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En présence de la difficulté que présentait le problème du passage d’une voie ferrée à une hauteur au-dessus de la vallée qui dépasse de 40 mètres environ les plus grandes hauteurs connues, la disposition adoptée avait l’avantage de ne pas présenter de solutions complètement nouvelles , mais au contraire de grouper des solutions dont chacune a déjà reçu la sanction de l’expérience.

Néanmoins, l’emploi de ces éléments a reçu, dans l’étude nouvelle, des améliorations d’une grande importance, dont voici les principales.

i° Dispositions nouvelles employées dans les piles métalliques

Au pont du Douro, les quatre arbalétriers des piles étaient constitués par des caissons rectangulaires complètement fermés, réunis par des entretoisements en cornières d’une faible rigidité et destinés seulement à résister à des efforts de traction. A Garabit, les grandes faces des piles, c’est-à-dire celles qui sont transversales au tablier et qui résistent à l’action du vent, sont constituées comme des poutres rigides à double paroi ; les arbalétriers ne comportent plus que trois faces formant une coupe en U dans l’intérieur de laquelle viennent s’insérer les entretoisements horizontaux et diagonaux, dont la forme générale est celle d’un caisson en treillis.

L’avantage de cette disposition est de permettre une visite et un entretien faciles de toutes les parties tant intérieures qu’extérieures de la pile ; de plus la forme en caisson donnée aux barres de treillis des entretoisements ne leur permet pas de flamber sous les efforts de compression, et la rigidité de la pile est considérablement augmentée par rapport aux efforts latéraux du vent. M. Eiffel a eu à justifier devant le Conseil général des Ponts et Chaussées, d’accord avec M. l’Ingénieur en Chef Bauby, cette solution des piles métalliques de son système breveté, parallèlement à laquelle M. l’Ingénieur Boyer proposait celle des piles creuses en maçonnerie.

Ces piles métalliques sont amarrées aux maçonneries de leur soubassement par de forts tirants qui prennent leur point d’attache inférieur sur des sommiers en fer logés dans des galeries qui en permettent la visite. De cette façon on intéresse à la résistance, et comme surcroît de sécurité, la plus grande partie du poids de la maçonnerie des soubassements.

2 0 Position de la voie dans le tablier supérieur

Dans les viaducs métalliques du genre de celui dont il s’agit, la voie avait toujours été placée à la partie supérieure du tablier, de sorte qu’en cas de déraillement ou de renversement

des wagons, comme cela s'est vu au viaduc de la Sioule, le train ne rencontrant d’autre obstacle qu’un léger garde-corps, était exposé à des chutes, qui au viaduc de Garabit seraient d'autant plus terribles que la hauteur de l’ouvrage est plus considérable.

En plaçant la voie à i m ,66 en contrebas de la semelle supérieure des poutres, celles-ci forment ainsi, de part et d’autre, une solide muraille capable de maintenir les véhicules dans le cas où ils sortiraient de la voie.

Cette modification a encore eu pour avantage de diminuer notablement la surface exposée au vent, puisque le train se trouve en partie protégé contre son action par les parois de la poutre.

Enfin la résistance horizontale du tablier se trouve ainsi -considérablement augmentée

parce que le plancher métallique qui la supporte forme une paroi horizontale rigide, qui, par

sa situation au milieu de la hauteur des poutres, est dans les meilleures conditions pour raidir leur ensemble.

Cette disposition a été également brevetée par M. Eiilel.

3° Forme parabolique donnée à l’arc

et rapprochement des palées

intermédiaires vers la clef

Pour .que l’arc travaille dans son entier à des efforts de compression, et que la courbe des pressions ne sorte jamais de l’arc, il est necessaire que le tracé de la fibre moyenne se rapproche le plus possible de cette courbe. C’est ce qui a déterminé M. Eiffel à proposer pour fibre moyenne une parabole du 2 e degré, de manière à avoir près des reins une très faible courbure, et c’est aussi ce qui a conduit à rapprocher autant que possible de la clef les palées intermédiaires par lesquelles le tablier supérieur s appuie sur 1 arc.

f Coupure des tabliers horizontaux au droit des palées de l'arc

Cette disposition, qui interrompt au droit des palées des reins de l’arc la continuité des tabliers, a pour but de supprimer les efforts intérieurs que produiraient, dans les poutres continues, les déplacements verticaux des palées sous 1 effet des charges dissymétriques agissant sur l’arc. Ces déplacements ne s’exercent plus sur la partie intermédiaire des poutres, mais seulement sur leur extrémité, où 1 on sait qu ils ont peu d’influence.

0 ° Dispositions diverses

Indépendamment des dispositions déjà indiquées, notamment dans les piles, pour faciliter la visite et la réparation de l’ossature métallique, des moyens d’accès spéciaux ont encore été prévus pour permettre l’approche de toutes les parties difficiles.

Une passerelle est installée à la partie inférieure du tablier métallique avec une voie de o m ,4o de largeur, sur laquelle des wagonnets de service pourront circuler d’un bout à l’autre du pont. Des échelles en fer et de forme hélicoïdale sont établies au centre et sur toute la hauteur de chaque pile.

Des cornières, destinées à fonctionner comme rails, sont fixées extérieurement aux semelles inférieures des poutres et permettent le service d’un échafaudage roulant destiné à la visite des parties inférieures des tabliers.

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