‹ Notice sur les bois de la Nouvelle CalédonieChapitre 24 sur 211 · SR · texte numérisé non relu

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plus ou moins influencées par les circonstances atmosphériques. I] peut donc être plus important, dans ces pays que dans nos contrées, de tenir compte de ces circonstances.

Mais, d’une façon générale, on peut déterminer, pour tous les bois, une époque à laquelle correspond certainement un repos momentané dans la végétation : c’est celle qui suit immédiatement l’arrivée à maturité des fruits.

En choisissant cette époque pour l’abatage, on est donc assuré de se placer dans des conditions avantageuses. Enfin, il y a encore avantage à opérer l’abatage dans la saison des grandes chaleurs, parce que les arbres conservent alors moins d'humidité.

En résumé, les règles adoptées à titre provisoire, sur l'établissement de la baie du Sud, pour faciliter la conservation des bois sont les suivantes : opérer l’abatage, autant que possible, après l'arrivée des graines à maturité et avant l'époque de l’apparition des fleurs, et choisir de préférence la saison des grandes chaleurs ; conserver les bois, à l'ombre, sous des hangars aérés; enfin immerger ceux qui peuvent supporter ce traitement.

Ces règles peuvent être fort difficiles à suivre d’une façon absolue, car elles ne conduisent pas aux mêmes époques d’abatage pour toutes les essences, et il n’est pas possible de songer, pour certaines d’entre elles, à aller exploiter çà et là des arbres isolés dans l’épaisseur des forêts.

Mais comme dans chaque cantonnement il y a une essence dominante, on se règle sur cette essence pour l'exploitation de ce cantonnement, au risque d'opérer l’abatage de quelques pieds isolés dans une saison peu propice.

2 19. Immersion des bois.

On a essayé, en Nouvelle-Calédonie, divers modes d'immersion. L'immersion à l'eau de mer n’a donné que de mauvais résultats : en général, là plupart des bois qui y sont soumis sont rapidement envahis par les tarets, qui attaquent même les plus durs et les meilleurs. C'est ainsi qu’une poulie, dont les joues étaient en orme et le réa en gaïac, a été trouvée, après un séjour de 8 mois dans l'eau de mer, complétement hors de service : les tarets avaient totalement perforé le réa, et les joues avaient disparu.

On a obtenu, au contraire, de bons résultats en immergeant les bois

dans une eau saumâtre alternativement douce et salée, condition qui se rencontre à l'embouchure des rivières et des petits cours d’eau.

Pour appliquer ce procédé, on a commencé la construction de deux grandes fosses, à l'embouchure de la petite rivière qui traverse le camp. Le mouvement de la marée y produit l'alternative cherchée, mais ces fosses, par leur situation, sont exposées à être comblées et détériorées lors des crues, et elles devront être remplacées par d’autres qu'il sera facile de créer, presque sans travail, dans le fond de la baie, en utilisant, à cet effet, le lit même des rivières, en dessous des derniers rapides. |

Ce lit présente, en effet, en ces points, des parties dont la hauteur d’eau varie de 020 à 0"50, à mer basse, dans lesquelles le courant est très-faible et qui formeront d'immenses fosses d'immersion naturelles. |

Une autre fosse d'immersion, commodément placée, pourra être aussi créée facilement, plus près du chantier actuel, en utilisant, à cet effet, la petite anse, dite du Jardin, ‘dont l'entrée est très-resserrée et qui forme un bassin peu profond très-propice pour cette destination 1.

& 20. Comptabilité et adininistration.

L'exploitation des bois de la baïe du Sud a été, dès le début, organisée pour le compte du service local qui en a supporté toutes les dépenses et en a versé les bénéfices à son budget. Tant qu’elle a pu être considérée comme un essai d’un caractère provisoire, on n'en a pas réglementé l'administration d’une façon particulière, et il n’a pas été installé d'agents spéciaux pour en centraliser la comptabilité. L’administration locale s’est contentée d’en suivre les comptes financiers, au même titre que ceux des autres services du budget de la colonie. Les achats et les envois de matériel pour l'exploitation étaient même opérés directement par les agents du magasin général, sans l’intervention d'un représentant du service et les matières et objets ainsi “envoyés n'étaient pas évalués.

Ilrésultait de cette situation l'impossibilité, pour le directeur de l'exploitation, de se rendre compte des dépenses qu'entrainaient les travaux qu'il était appelé à ordonner et à diriger. Il ne pouvait connaître qu’en fin d'année et par l'intermédiaire de l’administration les

1 Cette fosse a été établie en 1870.

recéties et les dépenses totales du service, sans pouvoir établir leur répartition par nature de travail exécuté.

Cet état de choses a été modifié, à dater du 4° janvier 1870 ; le conseil d'administration ayant prescrit, à cette époque, conformément aux demandes du directeur de l'exploitation, l'établissement d'un système de gestion qui permet de tenir des comptes réguliers et complets.

D’après ce système, la comptabili!é matières du service est tenue, à la baie du Sud même, par l®chef de l'établissement qui rempiit, sous ce rapport, les fonctions atiribuées dans les directions d’artillerie coloniales aux chefs d'ateliers et aux gardes-magasins.

Il tient donc les inventaires, les carnets et les feuilles d'ouvrage. Celles-ci sont subdivisées en autant de parties distinctes qu'il est nécessaire pour suivre les comptes de chacune des opérations multiples qui composent l’ensemble de l’exploitation. Ainsi, il est ouvert un compte spécial aux travaux de construction et aux travaux d'entretien : des bâtiments, des routes et de l'outillage, et, dans chaque cantonnement exploité, aux travaux d’élagage, d’abatage, de halage, d'emmagasinage, etc. |

On peut ainsi apprécier l'influence économique de tel ou tel mode d'exploitation et se renûre compte des rendements comparatifs des différents cantonnements.

Un agent comptable spécial, institué au chef-lieu, y centralise cette comptabilité matières et tient la comptabilité : financière, en remplissant le rôle dévolu au garde comptable des directions d’artillerie. Il établit les états de cession des bois aux divers services et poursuit le payement de la solde ; il est chargé, en outre, conjointement avec les agents du magasin général, de l'achat et de l’envoi des objets de matériel et des approvisionnements sur les chantiers.

Cesystème permet de tenir une comptabilité aussi régulière et aussi détaillée que celle des directions d’artillerie et, par suite, de se rendre compte du prix de revient de tous les travaux exécutés; il donne au directeur du service le moyen de soumettre, chaque année, au conseil d'administration un compte d'opération complet et de mettre celui-ci à mème de statuer en connaissance de cause sur la marche à imprimer à l'exploitation 1. |

1 Voir, pour plus de détails sur l’organisation de la comptabünté de Fétablissement, la décision de M. le contre-amiral Guillain, gouverneur, insérée au Bulletin officiel de la Nouvelle-Calédonie, à la date du 25 janvier 1870.

& 21. Rocettes de l'exploitation.

Les bois recueillis dans les magasins de l'établissement sont cédés aux services de la colonie, d’après les demandes et les besoins de ces derniers. Le remboursement s'effectue au compte du service local, conformément à des tarifs fixés par le gouverneur en conseil d'administration.

Des cessions, aux mêmes conditions, ont été faites aussi à la colonie de Taïti. Les bois ainsi cédés ont été expédiés par des frégates se rendant dans cette île, et qui sont venues prendre leur chargement sur le chantier même.

Enfin, les particuliers sont autorisés à acheter les bois provenant de l'exploitation, lorsque la situation des approvisionnemen:s le permet, à la condition, toutefois, de les faire prendre à l'établissement. Le tarif de cession est, naturellement, plus élevé pour les particuliers que pour les services publics ; il est cependant assez faible pour rester avantageux au commerce; mais jusqu'ici le manque de moyens de transports a empêché les négociants de la colonie de profiter de la facilité qui leur est ainsi accordée.

Le premier tarif, établi pour les cessions de bois de charpente, est daté du 20 avril 1869. Des tarifs successifs ont été publiés au Bulletin officiel de la colonie, à mesure que de nouvelles essences de bois ont été recueillies en assez grande abondance pour pouvoir donner lieu à des cessions.

Les prix de cession aux services publics de la colonie variaient, d’après les premiers tarifs, de 22 à 28 francs le mètre cube, mesuré au cinquième déduit, pour les bois de charpente les plus communs (bois de fer et chêne-gomme), à 40 et 50 francs pour les bois d’ébénisterie. Des prix moindres étaient prévus pour les bois blancs communs, les bois de faibles dimensions, les bois de chauffage et les menus produits de l’exploitation.

Pour les services étrangers à la colonie et les PACHOUREE les prix fixés étaient plus forts de moitié environ.

D'un inventaire établi au 15 octobre 1869, il résultait que rie tion avait livré déjà, pour les services publics de la colonie ou pour Taïti, 475 mètres cubes de bois de diverses essences, ayant produit, au taux réduit du tarif des cessions aux services publics, une somme

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de 10,200 francs environ. Il restait, à cette date, en magasin, 211 mètres cubes de bois valant environ 5,000 francs,

2 22. Personnel.

Le personnel attaché à l'exploitation se composait, au 15 octobre 1869, de :

1 sous-officier d’artillerie, chef de l'établissement ? ;

1 second sous-officier adjoint au précédent pour la tenue de la comptabilité ;

1 distributeur appartenant à l’administration pénitentiaire et chargé du service des vivres;

i En ajoutant à ces chiffres les bois exploités depuis cette époque jusqu'au 4er décembre 1874, on arrive à un total de 1,977 mètres cubes, sur lesquels 1,075 ont été livrées aux services publics, produisant une recette de 31,000 francs environ. Les 902 mètres cubes, restant en magasin à cette époque, représentent, d'après les mêmes bases d'évaluation, une valeur approximative de 30,000 francs.

La valeur des bâtiments de l'exploitation pouvait, à la mème époque, être évaluée à la somme de 33,390 franes, et il y avait, sur l'établissement, en outils, machines et matières en approvisionnement, une valeur approximative de 46,500 francs. (Dans ce chiffre figure la scierie locomobile estimée 12,000 francs.)

Pour apprécier la production de l'exploitation, au point de vue économique, il faudrait, du total général de ces valeurs, soit 110,560 francs, rapprocher le chiffre des dépenses réellement faites pour la création de l'établissement et l’entretien du personnel. |

Nous n'avons pas les renseignements nécessaires peur faire ce calcnl exacte-, ment.

Nous savons toutefois qu’au 45 octobre 1869 il avait été dépensé 23,000 francs pour les premiers frais d'installation et les dépenses d'entretien et de solde du personnel pendant les trois années. Nous ignorons quelles ont été les dépenses des anné:s 1870 et 1871, mais il ne semble pas qu’elles aient dû atteindre 20,000 francs. En ajoutant à ces sommes la valeur de la scierie, non comprise dans cette estimation, on arriverait à un chiffre approximatif de 55,000 francs pour les dépenses faites depuis la création de l'établissement jusqu’au 4er décembre 1871.

Il ressortirait de là que l’excédant de la valeur créée par l’exploitation, sur les dépenses failes, serait également d'environ 55,000 francs, non compris la valeur des travaux des routes, jelées, fosses d'immersion, aménagements, etc. Ilne faut pas perdre de vue, d'ailleurs, que cette estimation est faile à un taux excessivement bas, puisque l’on a pris pour base d’évaluation de la valeur des bois les prix réduits du tarif de cession pour les services publics. Quant à l’évaluation de la valeur des bâtiments, elle est faite aussi à un taux très-faible,

2 C’est le brigadier d'ouvriers, Fournier, qui avait été mis, dès le début, à la tête du chantier. Il a été promu, au bout de peu de temps, au grade de sousofficier, puis mis hors cadres, et enfin, dans le çours de l’année 1870, il a été nommé garde d'artillerie, pour rester attaché à la direction de cet établissement qui lui est surtout redevable de sa réussite.

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3 surveillants commandant le détachement de transportés et dont l'un était chargé, à titre provisoire, sous les ordres du chef de l’établissement, de la direction du chantier du fond de la baie ;

2 ouvriers d'artillerie, chargés, l'un de la forge, et l’autre de la ma-, chine ;

5 indigènes chargés du service de l’embarcation, des fonctions de courriers et du transport des vivres aux détachements travaillant au loin ;

Enfin 60 transportés.

On a indiqué ci-dessous, à titre de renseignement, la répartition de ces 60 hommes, par profession, telle qu’elle existait réellement à l’époque indiquée plus haut, bien que ce ne fût pas la répartition que réclamaient les besoins du service, maïs seulement celle que l'on avait pu obtenir, faule de mieux, en l'absence d'hommes de certaines professions. |

On y a joint l'indication de la répartition que l’on avait reconnue nécessaire pour un détachement de 90 hommes demandé, depuis longtemps déjà, en vue des premiers travaux d'installation du 2° chantier, mais qui n’avait pu encore être envoyé.

RÉFARTITIONS d’un détachement de

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