EUR
Le manche du coin ou outil tranchant D était placé dans la verticale du point de suspension et le morceau de bois E soumis aux épreuves était appliqué contre un bloc de plomb F pesant 100 livres et formant une masse immobile dépourvue d'élasticité.
Les morceaux de bois soumis aux épreuves étaient des parallélipipèdes droits à base carrée dont lé côté avait À millimètres environ (0,15 de pouce).
Muschenbroeck ne les a malheureusement soumis qu’à des essais de rupture transversale; il n’a donc essayé de déterminer que ce que nous avons appelé la résistance au cisaillement transversal, à laquelle il a donné fe nom de dureté. Il a d’ailleurs appliqué le même genre de mesure à un certain nombre de métaux.
Il a pris pour mesure de cette dureté, non pas le nombre de coups nécessaires pour produire la scission complète du morceau, mais ce nombre de coups divisé par le poids spécifique de la matière, en se basant sur cette remarque, que plusieurs corps de poids spécifique différent étant donnés, comme ils ne renferment pas la même quantité de matière sous le même volume et que les parallélipipèdes soumis aux essais ont la même dimension, ce n’est pas une même quantité de matière que le couteau divise; elle est plus grande pour les corps plus denses, moindre pour les autres, et, par suite, le nombre de coups portés sur le coin ne peut représenter la dureté qu’à la condition de le diviser par le poids spécifique de la matière qui l’a fourni.
Cette remarque judicieuse, qui donne ainsi la dureté rapportée à l'unité de masse, est très-importante et trouvera également son application à propos de la détermination des autres propriétés méçaniques des bois.
Résultats trouvés. — Je reproduis ici, à titre de renseignements, les principaux résultats obtenus par Muschenbroeck. Les décimales indiquées dans la colonne : Nombre de coups, proviennent de ce que la boule était élevée à une hauteur plus faible que la hauteur normale lorsque l'opérateur s’apercevait qu'après un nombre entier de coups, il n’était plus nécessaire d'en employer un semblable aux précédents pour terminer la scission.
J'ignore quel était le poids de la boule, la hauteur à laquelle elle était élevée et l'angle du tranchant du couteau, angle qui d’ailleurs a dù varier légèrement pendant le cours des expériences, l'outil s’étant trouvé par deux fois émoussé et ayant dû être aiguisé.
Ne
J'ai indiqué comme comparaison les duretés obtenues aussi pour quelques métaux usuels.
NOMS DES BOIS NOMBRE p et de ape DURETÉ des métaux. coups. spécifique, |
4 L'un de ces trois nombres doit étre inexact.
Ces expériences indiquent, comme on le voit, des nombres fort variables pour les différentes essences de bois, et se prêtent bien à une classification de ces essences d’après leur dureté, 4
Les résultats qu’elles ont donnés pour les métaux sont également fort remarquables et on les a trop souvent perdus de vue; il est certain, par exemple, qu’elles constituent un procédé.bien préférable au poincon Rodman, pour déterminer les duretés relatives des corps, car elles permettent d'obtenir une précision beaucoup plus grande ; et cependant, dans ces dernières années, on a eu souvent recours à cet instrument dans ce genre de recherches, en laissant dans l’oubli le procédé de Muschenbroeck.
En ce qui concerne les bois, ces expériences ne d'être reprises et complétées en opérant sur tous les bois usuels, mais en préparant les morceaux de bois éprouvés de façon à effectuer la scission dans les trois directions principales que nous avons indiquées : plus haut. Il y aurait lieu aussi d'apporter à l'appareil des modifications destinées à en rendre le maniement plus commode et plus précis.