‹ Notice sur les bois de la Nouvelle CalédonieChapitre 36 sur 211 · PQ · texte numérisé non relu

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La boule d'ivoire pourrait être remplacée, par exemple, par un poids cylindrique suspendu à une tige métallique, de façon à former un pendule rigide qui serait d’un maniement plus rapide et qui frapperait le couteau plus régulièrement, à la condition de disposer l'appareil de telle sorte que le choc eût lieu au centre de percussion du système formé par le pendule et le poids. On pourrait encore substituer au choc du pendule celui d’un poids déterminé qu'on laisserait tomber librement d'une hauteur constante.

Relations entre les propriétés mécaniques et la structure intime des bois. — Ces mesures et surtout la comparaison des résistances élémentaires à la rupture des mêmes essences, dans les différents sens, conduiraient sans doute à des rapprochements intéressants sur les analogies que présentent certains bois sous le rapport de la facilité de travail par les différents outils; toutefois, dans l’état actuel de nos connaissances, ces expériences isolées ne pourraient donner que des renseignements incomplets sur la résistance des bois aux différents genres de travaux, résistance qu’il serait surtout important de con- naïtre au point de vue pratique.

Mais au point de vue scientifique, il nous paraît probable que les résultats numériques des mesures des duretés, dans les trois directions principales, complétés par les mesures des propriétés élastiques dont il sera question plus loin, et rapprochés minutieusement d’un examen microscopique de la structure intime des diverses essences éprouvées, donneraient sur la constitution des bois et sur la cause des variations de leurs propriétés mécaniques des notions intéressantes.

Dans un examen de cette sorte, on devrait évidemment rapprocher des résultats numériques des épreuves mécaniques les chiffres obtenus en comparant, dans les différentes essences, les données fournies par l'examen microscopique sur la forme, la grandeur et le nombre des cellules et des fibres, l'épaisseur de leur parois, leur longueur et leurs dimensions comparatives. |

Peut-être pourrait-on arriver ainsi à trouver une certaine relation entre ces différents éléments, de telle sorte qu’à l'avenir l’examen microscopique d’un bois pourrait permettre de prévoir, par analogie, quelles doivent être ses propriétés mécaniques.

J'avais conservé, pour chacune des essences de bois dont j'ai pu étudier les propriétés mécaniques à Nouméa, six petits cubes de quatre centimètres de côté qui, après avoir servi aux déterminations de densité,

devaient être utilisés pour effectuer des mesures de dureté par le procédé de Muschenbroeck ; je me proposais même de joindre à ces recherches une étude microscopique, en réclamant au besoin l’aide d’un

observateur expérimenté, mais les événements de ces dernières années ne m'ont pas permis de réaliser ce programme, et ces échantil-

lons restent en réserve en attendant l'occasion de compléter ces études.

Mesure de la résistance des bois à l’action des outils. — Quant à la résistance propre de chaque bois au travail de différentes sortes d'outils, le procédé le plus commode pour la déterminer par des mesures directes, paraît être celui qu’a imaginé M. Coquilhat, et qui est décrit dans les ouvrages qu’il a publiés sur ce sujet, de 1843 à 18501. Ce procédé, qui n’est applicable toutefois qu'aux outils qui travaillent par rotation, est indiqué sur la planche VI; il consiste à placer la pièce de métal ou de bois qui doit être travaillée sur le plateau d’un tour animé d’un mouvement de rotation convenable; l'outil, dont l’axe est placé sur le prolongement de l’axe de rotation du plateau, est porté par un charriot qui lui permet d'avancer progressivement, il est pressé sur la pièce qu'il s’agit de travailler par une force constante qui n’est autre qu’un poids que l’on règle à volonté et qui, par l’action d’une corde passant sur une poulie de renvoi tend à faire avancer le charriot.

Comme le plateau tourne en eutrainant la pièce travaillée, on empêche l’outil de prendre aucun mouvement de rotation et l’on mesure l’effort qu’il est nécessaire d’exercer à cet effet.

Cette mesure s’obtient en fixant horizontalement, au-dessous de la tige de l’outil et dans un plan normal à sa direction, un levier

rigide sur lequel peut se déplacer un poids convenable. On arrive |

assez vite à trouver par tàtonnement la position pour laquelle, en travail courant, le poids fait équilibre à la force qui tend à faire tourner l'outil.

‘ Si l’on suppose qu’un trou cylindrique de diamètre d soit déjà percé dans la matière attaquée et que l’outil, de forme quelconque, attaque à

1 Coquilhat. — Expériences sur la résistance produite dans le forage des bouches à feu. — Liége, Desoer, 1863.

Id. De la quantité de travail absorbée par le frottement dans le forage des bouches à feu.

1d. Expériences sur la résisfance utile produite dans le forage du

fer et de la pierre, ainsi que dans le forage et le sciage du bois. (Journal des armes spéciales, 1850.)

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