‹ Notice sur les bois de la Nouvelle CalédonieChapitre 74 sur 211 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

RÉSUMÉ DES CARACTÈRES BOTANIQUES ET DES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES, MÉCA- NIQUES ET INDUSTRIELLES DES PRINCIPAUX BOIS DE LA NOUVELLE-CALÉ- DONIE 1.

Nora. On a réuni dans ce résumé les caractères botaniques les plus saillants parmi ceux qui peuvent servir à faire connaître les arbres sur pied ; on y a joint les indications sur les localités où ils se trouvent,

sur leur fréquence, etc., ainsi que les renseignements que l’on a pu recueillir sur les propriétés industrielles des bois mis en œuvre: ‘aspect, texture, couleur, qualités, propriétés mécaniques, facon dont ils se comportent sous l’outil, emplois, conservation, etc.

On a suivi dans l’énumération l'ordre de la classification d’Endlicher. : À

Une table alphabétique placée à la fin de ce travail, fait connaitre, pour chacune des essences citées, les numéros des échantillons qui font partie des principales collections recueillies jusqu'à ce jour, et qui sont conservées pour la plupart au musée des colonies du palais de l’industrie ; elle permet, en outre, en se reportant aux numéros d'ordre indiqués, de retrouver les renseignements recueillis sur les diverses essences et consignées soit dans ce résumé, soit dans les tableaux de la deuxième partie.

GYMNOSPERMÉES. Abiétinées.

Araucaria Cookii (R. Brown). — Pin colonnaire. 4. — + Cupressus columnaris (Forster). — Eutassa Cookù (Salisbury).

Arbre droit, très-grand, atteignant 35 mètres de hauteur et 50 à 60 centimètres de diamètre, garni de branches relativement courtes et de grandeur uniforme, qui lui donnent l’aspect d'un fût de colonne gigantesque.

1 Cette partie de mon travail a été rédigée en commun avec M. Pancher, ancien botaniste du gouvernement à Taïti et en Nouvelle-Calédonie.

ke, Le fou

Tant qu'il n’a pas dépassé la hauteur de 5 à 8 mètres, cet arbre conserve l'aspect conique de l'épicea et des pins en général ; à partir de ce moment, les branches inférieures cessent de croître en longueur et en diamètre, et à la naissance de chacune d’elles se développe dans le même plan horizontal un faisceau de nouvelles branches, formant comme les doigts d’une main, au lieu d’imiter la disposition rayonnante des pins ordinaires. Ces branches inférieures tombent successivement en laissant le tronc dégarni sur une hauteur de 10 mètres au plus.

Écorce dont la couche épidermique fendillée, grisâtre, se divise en bandelettes horizontales et s’enlève aisément en petites plaques, découvrant l’écorce proprement dite, assez épaisse, adhérente, rougeâtre.

Les feuilles, dressées dans le jeune âge, sont en forme d'alène (subulées) légèrement incurvées. Sur les rameaux du sommet elles s’élargissent et se raccourcissent, s’épaississant en forme d’écailles imbriquées, généralement longues de 6 millimètres, larges de 4 ; elles recouvrent les branches et leurs ramifications.

Chatons mâles au bout des branches voisines du sommet atteignant 15 millimètres sur 60.

Cônes en petit nombre, à l'extrémité des ramules des branches du sommet, plutôt ronds qu'ovales, de 5 centimètrestsur 8, dont les écailles arrondies sont terminées par une courte pointe recourbée, ce qui donne au fruit l’aspect d'un énorme capitule de chardon foulon (Dipsacus ) ; ces écailles se détachent à la maturité, le cône ne tombant jamais entier à terre.

Graines oblongues, presque planes, largement ailées.

Cet arbre pousse de préférence au bord de la mer, sur les plages sablonneuses, et au milieu des roches ferrugineuses de la côte.

La conservation de cette espèce exige peu de soins : il suffit de laisser quelques pieds destinés à produire des graines, de découvrir le sol avec précaution pour conserver un peu d'ombre, et d’en nettoyer un peu la surface.

L'araucaria Cookï ne diffère de l’araucaria excelsa (pin de Norfolk), que par sa forme, due à l'arrêt du développement des branches.

L’aire connue de ces deux formes, s'étend jusqu'aux Nouvelles- Hébrides.

Bois blanc, mou, filandreux, à grain fin.

Les fibres, fines, ne sont pas parallèles à l'axe, mais s’enroulent insensible-

ment en hélice; de là vient sans doute que ce bois, bien que facile à travailler, s'arrache sous la scie, et que débité en planches, il présente une cassure courte et sans éclisses.

Les nœuds d'insertion des branches, disposées en verticilles équidistants, sont recouverts d’une épaisse couche de’ bois, et s’enlèvent aisément en laissant autant de trous coniques. On ne peut donc utiliser comme bois de mäture et jusqu’à un certain point comme bois de menuiserie, que l’espèce de fuseau central de l'arbre que n'’atteignent pas ces nœuds ; et l’on ne doit employer à la confection des mâts que la partie inférieure des arbres dégrossis et débarrassés de leur couche noueuse. C’est faute d’avoir suivi cette règle que l'on a été conduit parfois à déclarer que le pin colonnaire ne pouvait servir de bois de mâture.

Ce bois se conserve assez bien à l’air et au fond de l’eau ; mais il est attaqué par de gros tarets, s’il est exposé allernativement à l’air et à l’eau. Il doit se débiter aussitôt après l’abatage ; lorsqu'il est sec il est très-dur.

Il peut s’employer avec avantage pour la menuiserie intérieure, pour la confection des planches, etc. Les missionnaires de l’île des Pins, et Paddon, l’un des premiers colons de la Nouvelle-Calédonie, pour l’employer à ces usages ne débitaient les troncs qu'après les avoir immergés pendant une quinzaine de jours, ce dernier opérait l'immersion dans l’eau de mer et les premiers dans un réservoir d’eau douce.

Les indigènes en font fréquemment des pirogues.

Étant verni, il est d’un beau jaune soyeux.

Résine abondante, d’un blanc opaque, que jusqu'ici Jon n’a pas trouvé le moyen d'employer ; elle se gonfle sous l’action de la chaleur, devient spongieuse et ne s’amalgame pas.

Densité : maximum 0,611, minimum 0,488.

moyenne 0,529.

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