‹ Notice sur les estampes gravéesChapitre 8 sur 10 · ADDITION DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

ADDITION DU TRADUCTEUR

Les questions qu'avait abordées de Murr ont été envisagées avec un soin particulier par un bibliophile marseillais, M. L. J. Hubaud, qui a publié en 1857 une curieuse Dissertation bibliographique sur un recueil de sonnets italiens de Pierre Arétin , in-8°, 16 pages. Ce travail avait déjà paru dans le Magasin eticyclopédique, 1815, tome V.

M. Hubaud commence par citer ce que Debure ( Bibliographie instructive, n° 5978) a dit de l’édition originale des Sonetli et ce que Nodier ( Description raisonnée d'une jolie collection , 184T, n° 670) a avancé au sujet d’une autre édition datée de Venise , 1566, mais qui parait avoir été exécutée en Suisse dans le cours du dix-huitième siècle. Il montre que Joubert, dans son Manuel de l'amateur d’estampes (1828 =

tome II, p. 409) s’est tout à fait mépris lorsqu’il a écrit le paragraphe suivant : « Les Amours des dieux , « suite de vingt petites pièces en hauteur, par Marc- « Antoine Raimondi, avec les vers de l’Arétin, à peu « près introuvables. On assure que cette suite a été « vendue 80,000 francs. » M. Joubert confond les 17 estampes (frontispice compris) gravées par Marc- Antoine, d’après Jules Romain, avec le recueil de Carrache, qui est en vingt pièces, mais qui ne comprend pas de vers, si ce n’est une octave :

Queste dell’ Aretin son le posture Quai per capriccio o per sua fantasia

Le nom de l’Arétin a pu d’ailleurs donner lieu à une confusion d’idées que dissipe l’examen approfondi des faits.

Quant au prix de 80,000 francs, il est évidemment très-exagéré, à moins qu’il ne s’agisse d’une vente faite en assignats, ce qui n’est pas probable (1).

M. Hubaud montre que le tirage original des gravures précède les vers de l’Arétin et qu’il fut fait un second tirage, auquel on adjoignit les fameux sonnets. On ignore complètement ce que sont de-

(1) Certains catalogues de ventes faites à l’époque du Directoire sont curieux par l’énormité factice des prix. Voici quelques exemples que nous prenons dans celui d’Anisson Duperron, 1795 : Durandus, Rationale officiorum , 1459, 1 10,200 fr.;Buffon, 58 vol in-4°, 300,000 fr.; Lavaler, 3 vol. in-4°, 55,000 fr.; Térence, 1717, 45,000 fr.; César, Elzévier, 1635, 21,000 fr.

venus les dessins de Jules Romain ; il est très-vraisemblable qu’ils ont été détruits, ainsi que les cuivres de Marc-Antoine et les épreuves que l’on en avait tirées. L’édition des estampes accompagnées de sonnets a pareillement été anéantie. Les réimpressions plus récentes n’ont pas de figures, et les planches, qu’on a voulu faire passer comme étant les reproductions des gravures de Marc -Antoine, sont en réalité tout autre chose.

Un iconographe anglais, Cumberland ( Catalogne ofprinls ), dit que les estampes en question sont détruites et qu’on n’en a rien vu, si ce n’est quelques fragmentsiquise sont produits, en 1812, à la vente Willett et qu’on prétendait appartenir à cette suite. C’est également par méprise qu’on a parfois présenté comme en étant la reproduction une mauvaise suite de gravures exécutées en Hollande au simple trait par Boitard, mort en 1715. M. Ch. Le Blanc, dans son Manuel, se borne à donner le nom de cet artiste.

Brantôme rapporte , dans ses Vies des dames galantes, qu’un imprimeur vénitien, établi à Paris, qui s’appelait Bernabo (Bernardin Trévisan), parent d’Alde Manuce et qui tenait sa boutique rue Saint- Jacques , lui avait dit et juré qu’en moins d’un an, il avait vendu plus de cinquante paires de livres de i’Arétin à force gens au prix de l’or. Comme à la page précédente , il est fait mention des figures de i’Arétin, nul doute qu’il ne s’agisse ici du Libro de i Sonelti qui accompagnait les gravures de Marc-Antoine. Les imitations de Carrache ne vinrent que longtemps après.

Le Musée de peinture et de sculpture , dessiné par

Reveil, avec des notices par Duchesne aîné, contient une partie séparée de 18 planches d’après le Titien, Annibal Carrache et Jules Romain ; elle est intitulée : les Amours des dieux. Signalons les sujets qu’elle présente :

1. Énée et Didon (ou Anchise et Vénus). Annibal Carrache. Cette composition se trouve à la galerie Farnèse.

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