‹ Notice sur les établissements français de l'OcéanieChapitre 20 sur 31 · litre · texte numérisé non relu

litre

Les usines qui se livrent à l'exploitation de la canne sont au nombre de quatre. Elles emploient une centaine d’ouvriers et représentent un capital d’environ 175,000 francs.

Le prix du rhum, pour la consommation était en 1895 de

1 fr. 35 le litre, logé ; actuellement il est cle 2 fr. 4 U. Le droit de consommation est de 0 fr. H) par litre.

Café. — La production annuelle du café pour les îles Tahiti et Moorea, peut être évaluée à environ 10,0 JO kilos, celle des des Raivavae cl Tubuai à 14,01)1) kilos et celle de l'archipel des Gambier à 2,000 kilos. L’archipel des Marquises commence à produire.

La consommation locale est d'environ 30,000 kilos. Ouïe voit, la production actuelle ne peut non seulement fournir à l’exportation, mais encore est insuffisante, jusqu'à présent, pour les besoins du pays. Toutefois les nouvelles plantations de caféiers faites dans ces dernières années, ou en voie de création, vont apporter prochainement une augmentation sensible à la production.

Le sol de Tahiti et dépendances se prête admirablement à la culture du café dont la qualité est très appréciée ; aussi ce produit, trop longtemps négligé, est-il appelé à devenir une des principales ressources du pays, quand son exportation l’aura fait connaître sur les marchés de la France et de l'Etranger.

Cacao. — 11 existe à Tahiti quelques petites cacaoyères ; mais le produit de ces plantations est tellement insignfiant, qu’au point de vue commercial il ne saurait, quant à présent, être l'objet d’aucune indication précise.

Toutefois, la qualité du cacao de Tahiti est excellente* et comme le cacao y pousse très bien et qu’il produit abondamment, il pourrait y avoir, dans sa culture et son exploitation, une source de revenus certains pour ceux qui en feraient l’entreprise sur une grande échelle.

Tabac. — La culture du tabac est relativement très répandue dans les îles Tahiti et Moorea. Ce produit n'est l'objet d'aucune exportation, si ce n'est dans les archipels Tuamotu et Gambier où la consommation est très grande.

Le tabac indigène subit peu de préparations; après la récolte, les feuilles sont liées en carottes et livrées ainsi à la consommation peu de temps après cette préparation rudimentaire.

Il parait toutefois que le tabac pourrait, étant préparé suivant les méthodes européennes ou américaines, faire l'objet d’une exportation assez considérable. La culture en est très facile et beaucoup de terres tahitiennes s'y prêtent admirablement.

Arrow root el Manioc. — La consommation locale de la fécule d'arrowroot et de manioc est assez importante ; elle sert abondamment à la nourriture des bébés et à la confection de gâteaux indigènes désignés sous le nom tahitien de poë. Ces fécules remplacent l’amidon pour l’empesage du linge.

La consommation de la fécule d’arrowroot est surtout très forte dans l’archipel des Tuamotu où elle entre pour une large part dans la nourriture des indigènes.

Tahiti et Moorea produisent la fécule d’arrowroot et de manioc, mais en quantité relativement faible. C’est surtout dans les îles Tubuaï, Rurutu et Rimatara que cette fécule est produite abondamment. On peut évaluer au moins à 50,000 kilos le chiffre annuel de cette production.

Huile parfumée ou Monoï. — L’usage de l'huile est très répandu chez les indigènes qui s'en servent pour les soins de leur chevelure. Cette huile extraite de l'amande du coco, avant que celle-ci soit devenue rance, est ensuite parfumée par le procédé de macération avec des fleurs ou des râpures de bois odorant, tel que le santal.

Le commerce qui se fait de cette huile est assez important, notamment dans les archipels Tuamotu et Gambier.

On la prépare à peu près partout dans les Etablissements français de l’Océanie, mais principalement dans les îles Raivavae, Tubuai Rurutu et Rimatara.

Miel. — La production du miel a été autrefois relativement abondante et de grandes quantités en ont été expédiées en Europe et en Amérique ; malheureusement les résultats obtenus ont été des plus défavorables. La cause en était due paraîtil, à ce que le miel avait le goût et l’odeur de la térébenthine, ce qu'il faudrait alors attribuer aux fleurs du manguier qui est très commun à Tahiti.

Ce qui est certain, c’est que le miel provenant de ruches établies loin de tout manguier, à proximité d’orangers, a été déclaré de première qualité.

Aujourd’hui l’apiculture étant délaissée, on ne récolte que peu de miel et il n’en est pas exporté.

Seuls, la Mission catholique et deux colons font encore l’élevage des abeilles. Leur récolte est consommée en partie sur place, et en partie expédiée (par boites de 3 à 10 kilos) dans l’archipel Tuamotu, où les indigènes se servent du miel pour sucrer leurs aliments ou leurs boissons (thé, café, etc.).

Cire d'abeilles. — La cire provenant des ruches est en grande partie consommée sur place. La Mission catholique emploie pour son usage toute celle de sa récolte, soit environ 7 à 800 kilos. La même quantité à peu près est expédiée annuellement sur le marché de Hambourg, et 2 à 300 kilos sont consommés dans la colonie pour des besoins divers : cirage des parquets, voilerie.

Mêlasses. — La plus grande partie des mélasses provenant du sucre de fabrication locale est employée pour la distillation du rhum. On en consomme cependant une certaine quantité en nature, sur place et dans les archipels, pour les mêmes usages que celui (pii a été décrit plus haut, à propos du miel qui est expédié aux Tuamotu.

Fruits et légumes. — De tout temps Tahiti a exporté dans

les iles Tuamotu les fruits et les légumes frais, susceptibles (l’une conservation d’au moins huit jours, et dans ce cas sont : les oranges, les ananas, les bananes, les citrons, les feï, les mangues, les patates douces, les laro, les maiore, les ignames, etc. Depuis qu’un service à vapeur relie Tahiti aux Tuamotu, ces envois ont pris une extension relativement considérable qui, sans doute, ira encore croissant, tant à l’avantage des producteurs de Tahiti que de ceux des Marquises.

11 est toutefois regrettable que les bateaux à vapeur qui relient le chef-lieu des Etablissements français de l’Océanie aux deux principaux archipels, appartiennent à une compagnie étrangère, car, outre le prolil direct assez large qu’elle tire de ce service elle amasse aussi en faveur des intérêts anglais qu’elle représente dans les iles desservies, une somme de popularité et d’influence nuisible aux intérêts de notre commerce et à l'extension de l’influence nationale dans ces archipels.

Page 1