‹ Notice sur les Indiens de l'Amérique du NordChapitre 10 sur 27 · II · texte numérisé non relu

II

L’examen de ces deux tables démontrera que, prenant même en considération le désaccord qui semble exister dans chacune , relativement aux populations environnantes de la rivière Colombia et les rives de l’Océan Pacifique , différence d’ailleurs peut-être balancée dans l’appréciation plus exactement faite en raison des temps, des tribus plus rapprochées en i836, plus des deux tiers, sinon les trois quarts de la totalité de la population indienne, se trouvent sur le territoire dont la juridiction appartient aux États-Unis.

En exécution du système adopté par la nation au sujet des Indiens, et qui est meme a cette heure en voie de pleine exécution , la presque totalité des 1 cent sept mille et quelques âmes à l est du Mississipi va se trouver transportée à l’ouest de ce fleuve sur le territoire reserve aux Indiens ; et cette émigration, qui se fait aux frais du gouvernement et par l’intermédiaire d officiers conducteurs nommés par lui à cet effet , donnera des moyens certains d’en spécifier exactement le nombre dans un recensement officiel. Dès lors , le devoir de la statistique deviendra plus aisé; mais ce que nous en savons déjà peut amener à des rapprochemens qui ne manquent pas d’être curieux.

On voit, par exemple, qu’en admettant chez les

1 Quatre-vingt-un mille ont déjà émigré ; il n’en reste plus, à l’est du Mississipi , que vingt-six mille six cent quatre-vingt-deux , qui seront aussi bientôt rendus à l’ouest. ( Rapport au congrès de 1858-59, p. 412.)

tribus indiennes qui, en ceîa , ont quelque ressemblance avec les anciennes populations féodales, le rapport de vingt pour cent pour les hommes capables de porter les armes , la masse qui va incessamment se trouver compacte en quelque sorte dans son nouveau territoire de l’ouest pourrait bien un jour , si elle était réunie , opposer une force de vingt mille hommes de guerre; et que si, par un lien de confraternité, elle venait à s’aboucher avec les autres nations déjà établies à l’ouest et au nord du fleuve, ces dernières apporteraient un contingent de quarante mille, en tout soixante mille individus armés pour une cause commune, et prêts à fondre à chaque instant sur les parties les moins bien protégées de notre immense frontière. Ce résultat , il est vrai, est peu probable , par la raison , d’abord, que tous n’émigrent pas par force, et que, par conséquent, ceux qui sont de bonne volonté en entraînent beaucoup d’autres après eux. Il n’est pas non plus probable qu’ils s’entendront mieux entre eux qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent ; car leurs jalousies sectionnelles sont invétérées et forment un des traits caractéristiques des Indiens : beaucoup nous resteront amis, et, de plus, ils n’auront ni chef, ni centre commun. Ce résultat, nous le répétons, n’est pas probable, mais néanmoins est possible. C’est là, au reste, un motif de plus à ajouter à tous ceux que prescrivent la religion et la morale pour les traiter avec humanité et avec justice. N’ayant; plus aucun intérêt litigieux avec

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