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eux, notre mission sera des plus belles et ne devra avoir d’autre objet que de les faire harmoniser entie eux, chose qui ne sera pas des plus faciles sans doute , et de les convaincre que leur planche de salut est dans l’agriculture et l’industrie.
La disparité des rapports de diminution dans cette population , surtout depuis l’arrivée et l’établissement des Européens, lorsque cette décroissance est devenue de plus en plus rapide , rend les inductions à en tirer assez difficiles. Les prenant en masse, cependant, et suivant la proportion établie par M. Jefferson qui leur attribue un tiers dans soixante-deux ans, nos trois cent treize et quelques mille âmes ont perdu depuis 1 777, c’est-à-dire une année après la déclaration d’indépendance des États-Unis, environ cent cinq mille âmes/
Ainsi, au point de départ de 1777, les Indiens auraient été au nombre de quatre cent dix-huit mille âmes, lorsque nous étions, nous, deux millions six cent mille. Depuis cette époque ils ont perdu cent cinq mille, et nous, nous avons gagné dans le même temps quatorze millions.
Si, au lieu de décroître d’un tiers dans les soixante-deux années de 1777 a i83q, ils eussent doublé, progression (suivant une table à la page 64 du quatrième volume du Journal de Statistique universelle) existant dans la population espagnole, la différence serait encore de seize millions et plus en faveur de la population blanche des États-Unis; en faveur, disons-nous, de la main qui cultive et
fructifie un empire qui, sans elle, fût demeuré un vaste rendez-vous de pêche et de chasse. Et si l’humanité a quelque peu à souffrir ici, n’est-ce pas du moins un adoucissement que les larmes arrachées à la sympathie par ces ombres qui fuient, viennent à tomber sur le riant et vivant tableau qui les remplace ?