‹ Notice sur les Indiens de l'Amérique du Nord [microform]Chapitre 23 sur 38 · RÉ EE · texte numérisé non relu

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Les modes variés de se procurer l'existence influent puissamment sur le physique comme sur le moral de l’homme. Ainsi l’Indien habitant les pays accidentés par la nature, habile à la course , toujours prêt à escalader la montagne ou à franchir le précipice , n’a pas les mêmes traits que celui de la plaine et de la prairie, bien que comme lui aussi ses moyens de subsistance soient le produit de sa chasse.

Le premier, sans cesse à cheval, parcourt en tous sens la campagne. Ses exercices sont violens, et la chair des animaux est sa nourriture. li est généralement grand, musculeux, maigre, mais bien constitué, et parfois d’un aspect fier et courageux.

L’Indien pêcheur , au contraire, lui, trop indolent pour la chasse, qu, pour cette même cause, est descendu à une occupation semblant devoir à la longue amoirdrir l’espèce tant au moral qu’au physique ; le pêcheur, disons-nous, dont la vie se passe soit à se promener nonchalamment sur les rives , soit à se laisser voguer tapis dans son canot d’écorce, est en général court, mal taillé, cagneux , avec de grosses chevilles et d'énormes pieds plats. On conçoit aisément que le résultat de l'attrait de cette vie négative soit l'assemblage de ce qu'il y a de moins noble dans la race, qui, très certainement, s’éteindrait avec une plus grande rapidité encore, si elle n’était composée que de cette réunion d'hommes adonnés à la paresse et à lindolence; elle se compose principalement d'indivi-

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(139 ) dus que leurs penchans à la paresse , leur manque d'énergie, et souvent même leurs vices ont rendus inaptes à vivre en société avec ceux plus actifs et plus belliqueux.

Au nombre des tribus dont les habitudes équestres ont fixé l’attention, se trouve particulièrement celle des Corbeaux (Crows). « Ils étaient tous montés, dit Irving, hommes, femmes et enfans ; car les corbeaux ont un si grand nombre de chevaux qu'aucun ne va à pied. Les enfans sont de vrais diablotins à cheval. Parmi ceux-ci s'en trouvait un si jeune qu’il ne parlait pas encore. Il était attaché poulain de deux ans; maisil conduisait les rênes comme par instinct , et faisait jouer son fouet avec une prodigalité toute indienne. M. Hunt demanda l’âge de ce jeune jockey ; on lui répondit « qu’il avait vu deux hivers. » C’est presque réaliser la fable des Centaures ; et on peut s'étonner de l'adresse équestre de ces sauvages qui sont pour ainsi dire, à leur naissance, bercés sur le dos d’un cheval , et qui se trouvent, dès leur enfance, comme identifiés avec l’animal qu’ils montent. »

Les Indiens mâles du Missouri, assure M. Galla- Un, excédent en hauteur la moyenne des Européens; mais les femmes sont plus courtes et plus épaisses. L’angle moyen facial est de soixante-dixhuit degrés (celui des Chérokées soixante-quinze degrés ); la ligne transversale des yeux, rectiligne ; le nez aquilin; les lèvres plus épaisses que celles

des Européens; l'os jugal proéminent, mais non

140 ) inguleux. Les femmes se marient fort jeunes, ont des enfans dès l’âge de treize ans et jusqu’à quarante ans. Leur famille se monte généralement de quatre à six.

* Dans nos rapports personnels avec les sauvages, ilnous asemblé que ceux des parties du nord, nordouest, comme ceux des sources du Missour:, avaient les traits plus marqués, plus mâles, et cependant plus finement dessinés que ceux du midi, comme dans la Géorgie, la Louisiane et les Florides, et que ces derniers avaient le nez plus épaté et les lèvres plus épaisses; mais cette différence est trop peu sensible pour établir une conformation ostéologique différente.

Maintenant, ayant déposé notre imparfaite esquisse, et confié à des esprits plus versés que le nôtre dans les études naturelles, le soin d’apprécier les théories diverses sur les causes de la différence de couleur de l’épiderme dans les individus habitant souvent les mêmes latitudes, ayant exprimé l'opinion basée sur les faits à notre connaissance, qu'il n’est pas de différence ostéologique entre le blanc et l’Indien, suffisante pour en tirer la déduction qu'ils constituent deux races distinctes, nous ne pouvons guère mieux conclure qu’en citant, à cet égard, l’assurance donnée par M. de Humboldt que, « nonobstant la variété des climats et les élévations habitées par les différentes races d’honmes , la nature ne dévie jamais des modeles qu'elle s'est choisis il y a des millions d'années. »

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