‹ Notice sur les Indiens de l'Amérique du Nord [microform]Chapitre 22 sur 38 · ER · texte numérisé non relu

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! Voyages de Clark dans la Scandinavie, IX, 486 et suivans.

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( 192 nation générale de rouge-cuivré. y a toutefois parmi eux des nuances qui ne peuvent pas s'expliquer par la diversité des climats, puisque sous les mêmes latitudes, et côte à côte pour ainsi dire, on en rencontre maintes fois qui tranchent l’une sur l’autre.

C’est ici le lieu peut-être de faire observer les difficultés que présente ce phénomène dans l’application de la théorie des couleurs, de celle du calorique rayonnant et des autres lois de la physique. Nous ne pouvons pas, par exemple, nous trouver d'accord avec M. Aimé Martin, et, avec lui, nous déclarer satisfait, lorsqu'il nous dit dans son langage éloquent : « Partout le blanc est « opposé aux frimas; le brun, le rouge, le noir, « à la chaleur. Cette loi générale se perpétue dans «la couleur de la race humaine, noire sous les « rayons du soleil et blanche dans les régions tem- « pérées..... Il est bon de remarquer que les ex- « périences des physiciens viennent toujours justi- « fier les observations des vrais philosophes : l’un « explique les propriétés des couleurs , l’autre ad- « mire leur emploi dans le grand tableau de lPuni- « vers, et leur double science constate au moins «cette double expérience que, pour rafraïichir les «habitans des climats les plus chauds, comme « pour réchauffer les moissons des climats les plus « froids, ilsuffit à la nature d’un coup depinceau !»

1 Philosophie sociale, p. 245.

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L'excellent ouvrage que nous venons de citer traite le sujet avec cette chaleur entrainante , avec ce charme indicible que répand cet auteur sur tout ce dont il s'empare. On aime à se laisser aller au sentiment de sa plume et à la profondeur de ses idées, et l'on ne se sépare jamais de lui sans avoir et beaucoup appris et surtout vivement senti. Dans le cas présent, néanmoins, et jusqu’à ce que la physiologie verse sur nousde plus amples lumières , et nous explique la cause des contradictions qui, dans le cours de cet examen , obstruent notre voie, nous ne pouvons que déclarer qu’à notre avis, et pour ce qui touche les Indiens, le coup de pinceau qu'il attribue avec tant de grace à la nature est la propriété exclusive de lillustre biographe de Bernardin de Saint-Pierre.

Les Chérokées, par exemple, dans la Géorgie et l’Alabama sont plus clairs que leurs proches voisins. Les Quapaws, les Choctaws et les Creeks (ces derniers aussi de la Géorgie et qui les avoisinent) sont plus foncés et n’ont pas la teinte cuivrée.

Kalm, Lyon et Parry, attribuent aux £skimaux, tribus éparses depuis le cap Farewell à l’est, jusqu'à Tchuktchi en Asie, au delà du détroit de Behring à l’ouest ; puis au delà de l'Islande jusqu'au 74° degré de latitude nord; ces divers auteurs, disons-nous, donnent à cette nation habitante des régions glaciales une peau claire et transparente, et chez les jeunes personnes une peau

à peine plus foncée qu'une brunette prononcée; et, comme pour compléter la difficulté de la synthèse au sujet de l'origine et de la cause dela diversité des couleurs de l'épiderme, Humboldt place sur les bords de l'Orénoque, fleuve de la Colombie, par le 5° 5’ de latitude, pays où le manteau noir, brun où rouge de la nature ne pourrait, à plus juste titre, être placé par l’auteur que nous venons de quitter, plusieurs tribus telles que les Guiacas, Guajaribes et Arigues, qui ont une complexion blanche, quoique ces peuplades ne se soient jainais mélangées avec les Européens, et quoique aussi elles soient entourées par d’autres tribus d’une teinte brune foncée !

Lapeyrouse trouva les Indiens de la Californie, pays méridional et tempéré , « de la méme couleur « que les nègres et ressemblant beaucoup à ceux «qui n’ont pas les cheveux crépus. »

Au Brésil, il se trouve des tribus presque noires, et non loin d’elles, d’autres d’une teinte fort

claire.

Comparé à l'Européen, l’Indien a très peu de barbe, et l’on sait qu’il a pour habitude de l’arra-

cher , aussi bien que tout le poil de son corps, ce qui à souvent fait dire sans raison qu'ils en étaient entiérement dépourvus; quelques uns même, comme ceux du Brésil et du Paraguay détruisaieut également leurs cils et sourcils. On trouve, au reste, l’absence de barbe chez les Tartares, les Malais et chez beaucoup d’Africains.

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Washington Irving assure, dans son récent ouvrage intitulé Æstoria, au sujet des Chinooks, tribu des environs de la rivière Colombia sur laquelle régnait le chef borgne Comcomly, que « les « hommes s’arrachaient tout vestige de barbe, la «considérant comme une grande difformité. Ils «exprimaient un grand dégoût pour les favoris «et les mentons barbus des blancs;et,en dérision, «ils les appelaient Longues barbes. Les deux sexes « appréciaient hautement, au contraire,les cheveux « de la tète, qu'ils ont généralement noirs et gros- «siers, Ils laissaient croître longuement ceux-ci, en «étaient fiers , les soignaient, etles portaient quel- «quefois en tresses; d’autres fois, ils en entou- « raient capricieusement leur tête. La plus grande « insulte qu'on püût leur faire était decouper leurs «précieuses mèches de cheveux. »

Au reste, si, à Juste titre, la société accuse la mode de caprice, ce trait semble lui être commun avec celle des Indiens; car, si, d’une part, nous les voyons repousser la barbe avec horreur, de l'autre, nous trouvons que quelques Indiens de la Californie, d'après Lapeyrouse , avaient des barbes égales à celle d’un Turc ou d’un Moscovite.

La généralité des Indiens de l'Amérique du Nord, a l'instar de ceux du Pérou et du Brésil, se coupaient une portion du contour de l'oreille; à cette partie ainsi détachée, ils attachaient divers ornemens où autres objets de poids qui l'allongeaient

( 136 ) nécessairement et la faisaient pendre souvent jusqu'aux épaules.

Le cartilage du nez était perforé, et ils ÿ introduisaient des anneaux et des pendans de métal. Cette dernière coutume existe encore.

Près de la colonie d’Astoria était une tribu connue des blancs sous le nom de Vez percés, tribu errante, péchant et chassant alternativement; mais, d’ailleurs, assez encline au vol. Les hommes en étaient grands, actifs et de bonne mine; et les femmes plus belles que celles des tribus approchant la côte.

Chez quelques uns, l’aplatissement de la tète est considéré comme une grande beauté. — Afin d'obtenir ce résultat, la tête de l'enfant naissant est placée entre deux planches qui sont jointes par des liens, ou pressées parle moyen d’un poids, jusqu'à ce que la compression donne à la tête du nouveau-né Ja forme requise. «C’est un de ces exemples « du caprice humain, dit Irving, qui, ainsi que le « raccourcissement des pieds des Chinois, est tout-à- « fait incompréhensible. Cette coutume a principa- « lement lieu chez les tribus de la côteet chez celles « placées vers l’embouchure des rivières. On ne « peut au juste savoir jusqu'où elle s'étend. Quel-

ques unes des tribus au nord et au sud de la ri-

vière Colombia ont cette coutume; mais comme elles parlent toutes la langue chinook, elles proviennent aussi toutes probablement de 11 même souche, Autant que nous avons punous en as-

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cenfans. Cet usage absurde diminue à mesure que l'on s'éloigne des côtes du Pacifique; peu de traces s’en trouvent aux montagnes Rocheuses, et, aprés les avoir dépassées, il disparaît entièrement. »

Cependant nous savons qu’à l’est de ces régions les Choctaws ou plutôt Chahtas, aussi appelés pour cette raison fétes plates, conservent cet usage. Ils sont représentés par les auteurs qui s’en sont originairement occupés, comme ceux d’entre les Indiens sur la fidélité desquels on pouvait compter le moins. Toutefois, ce dernier trait s'appliquant également aux tribus mentionnées par Irving, et qui ont aussi la coutume de l’aplatissement , nous en confions les rapprochemens à la cranologie ou physiologie du cerveau, afin qu’elle en déduise telles conséquences qu’elle jugera à propos.

Mais une plus grande perversion de la nature était celle par laquelle les tribus de la côte du nordouest, décrites par Cook, Lapeyrouse, Vancouver, etc., se pratiquaient une seconde bouche au dessous de la première, dans laquelle ils introduisaient une sorte de coupe ou cuiller qui semblait placée là comme pour recueillir ce qui viendrait à tomber de l’autre. Cet usage dégoüûtant était prin- Cipalement pratiqué par les femmes. — Mais ceci est encore peu de chose auprès de quelques In-

diens de lOrénoque qui se contintaient la bouche

d'une oreille à l’autre !

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