JUS OT
( 223 avaient un méme but, le bonheur des indigenes ; mais, par malbeur,ils arrivaient à ces derniers avec des bannières différentes, Aussi, ne comprenaientils rien, ces enfans des bois, au caractère d'infaillibilité que chacun ne manquait pas de s’attribuer. De là, confusion immense. Et peut-on s'en étonner, quand de nos jours et chez nous, qui nous disons éclairés de toutes les lumières d’une civilisation avancée, nous sommes témoins journaliers de dissidences et de conflits irritans dans les vaniteuses prétentions d'honimes qui s'appliquent davantage à personnifier en eux-mêmes la religion qu'à en propager Ja sublime pratique?
Si le culte catholique don: les symboies et les cérémonies frappent davantage les sens était le plus propre à s’insinuer dans ces ames vierges, non loin de lui était le protestantisme, religion de la majorité des émigrés, qui avait autant à cœur de se montrer simple et austère que son ainée prenait de soin , elle, à se draper de vives couleurs et à se présenter aux néophytes dans toute sa riante et sublime majesté.
À notre humble avis, toutes deux arrivaicnt avant leur temps. Avant d'exiger de l'Indien qu'il chassàt son bon et son malin esprit pour faire place au vrai Dieu qu'il ne connaissait pas, il fallait d'abord le convaincre que ce changement était tout dans son intérêt. En le faconnant d'abord à lagriculture, en lui démontrant la prospérité et le bien.
ètre qu'amenaient apres eux l'industrie et le res-
pect dû aux propriétés, il eût bientôt compris aussi la beauté de cette croyance qui en est la source principale, et peu à peu il s’y fût façonné. Mais le heurter de prime abord contre un crucifix ou une Bible, c'était, quoique avec des conséquences moins barbares, agir à l'instar du féroce Valverde, compagnon de Pizarro, qui ordonna l’extermination de l’infortuné cacique Atahualpa et de sa famille, parce que ce dernier, portant à son oreille la Bible qui lui fut présentée, s'écria ingénument qu’il n’entendait sortir de là aucune des choses qu'on disait y être contenues !
Pour ces causes réunies, les indigènes n’accueillent la religion qui leur tend les bras qu'avec la plus grande métiance; beaucoup même s’en servent comme moyen d’assouvir leur gourmandise et leurs passions ; et ceci une fois accompli, ils la tournent en dérision.
Dans un ouvrage imprimé à Berlin, en 1770 (p.40, vol, 2 ), il est dit : « On prouva que parmi tous les sauvages de ce pays, il n’y en avaitaucun qui ne se laissÂt très volontiers baptiser dix fois par Jour pour un verre d’eau-de-vie et une pincée
de vermillon : on prouva que de tous les préten- \
dus convertis, aucun ne savait le moindre mot de la religion chrétienne. »
À la même époque, un Indien de distinction voulant définir le Christ disait « que c'était un jongleur, Françris de nation, que les Anglais avaient pendu à Londres ; que sa mère était Fran-
compris t la sour-
terminade sa faoreille la énument les choses
n’accueilu’avec la en servent se et leurs tournent
, en 1770 que parmi
vaitaucun .
r dix fois ne pincée es prétenre mot de
distinction c'était un s Anglais ‘tait Fran-
(225 ) çaise, et que Ponce-Pilate avait été lieutenant au service de la Grande-Bretagne. »
Il est à notre connaissance aussi qu’ils en sont de nos jours, à peu de chose près, au même degré de savoir qu'ils étaient il y «x près d’un siècle, car, ayant interpellé plusieurs Indiens à ce sujet, ils nous répondirent que les catholiques avaient pour Dieu une croix; les protestans, une Bible! |
Lors de sa mission aux États-Unis, M. Hyde de Neuville, dont la munificence ne laissait échapper aucune occasion (d'ajouter au lustre du nom français; dont les procédés publics élevaient le caractère du ministre, en même temps que les actes d’une charité éclairée, répandue avec profusion, plaçaient au même degré celui de l’homme privé; M. de Neuville voulut recevoir avec une distinction marquée l’une des plus importantes tribus indiennes qui füt jamais venue à Washington pour rendre hommage au président des États-Unis.
La fête fut des plus belles et des plus animées. Elle fut ordonnée et dirigée avec un goût et une splendeur qui faisaient plus d'honneur à ceux qui la donnaient qu'à leurs hôtes principaux; car ces derniers ne se dériderent de leur sérieux accoutumé qu’à la vue d’une immense table sur laquelle tombaient des flots de lumières, qu'ornaient un servicesplendide et surtout un souper accommodé suivant les goûts indiens et européens réunis. Sous
chaque serviette et dans chaque assiette avait été
placé un cadeau de valeur, tel qu'une montre en or, des bracelets, un gobelet en argent, un couteau richement monté, des colliers, etc., etc. — De tout ceci, ils s'emparérent avec un sang-froid imperturbable, ne donnant aucune autre expression de leur haute satisfaction que l’ardeur avec laquelle ils serraient sans scrupule non seulement les objets destinés pour présens, mais bien encore tout ce qui était portatif, tel que serviettes, assiettes, etc.; de sorte que bientôt ils firent table nette et épargnèsent aux gens du ministre le soin de desservir sa table.
Mais dans le grand nombre de cadeaux qu'il fut assez difficile de varier à la satisfaction de tous (ils comptaient au moins vingt individus), se trouvait un fort beau crucifix attenant à une riche chaïne. Quand celui auquel étaient tombés ces derniers objets eut levé sa serviette et qu'il les eut comparés avec ceux de ses compagnons, il en montra un dépit marqué, secoua gravement la tête en signe de mécontentement, et par un signe sur lequel on ne pouvait se méprendre, il témoigna l'intention formelle de se défaire du crucifix pour ne prendre que la chaîne. Ce que voyant, M. de Neuville fit de suite remplacer le crucifix par des objets de plus grande valeur pour le Pawnee.
Tous alors se retirerent, contens d’une fête dont la bourse toujours si hbéralement ouverte du ministre aura dü se ressentir.
Nous donnons ce petit épisode autant pour rester
ntre en in couetc. — g-froid expresir avec lement encore tes , as- 1t table le soin
qu'il fut de tous se trouihe chaïlerniers )mparés ntra un n signe quel on itention prendre iville fit bjets de
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(227) dans notre sujet qu'afin de donner un bien faible témoignage, dans un moment où |: flatterie toute- {ois deviendrait fort inutile, de li npression indélébile qu'ont laissée dans notre pa: s lesactes multipliés de philanthropie et debientaisance de l’homme éclairé que nous y avons possédé en la double capacité de banni et de représentant de son pays, et qui dans toutes ces phases ne s’est jamais démenti.
D’après ces faits et beaucoup d’autres que nous pourrions citer à l'appui, il semble évident que si la propagande a fait quelque bien, ce bien a été plus que contrebalancé par la confusion qu’elle a jetée dans l'esprit des indigènes. Ici nous faisons nécessairement allusion à ceux qui se sont mis à l'œuvre sous l'égide seule de la foi ; car il est d’autres individus investis tout à la fois d’un caractère laïque et sacerdotal, dont la sphère d'utilité a été plus réelle, parce qu'ils se sont voués, sous la protection, il est vrai, et à la solde du gouvernement des Etats- Unis, à l’enseignement pratique de la jeunesse indienne.
L éducation apparut de tout temps aux hommes d'état américains, comme le levier qui devait, si un tel résultat eût été possible , niveler l’Indien au blanc. Ce fut la théorie favorite de tous, et surtout de Thoinas Jefferson , dont l’érudition a élevé son pays, aussi bien que lui-même, au rang le plus éminent parmi les philanthropes de son siècle. De bonne heure, ilse berça de l'espoir de rendre,
par la civilisation, aux Indiens ce que, en envahissant leur territoire, on leur ôtait des charmes de la barbarie; et c’est de ce côté que se tournèrent incessamment ses nobles efforts.
Il croyait l’Indien peu inférieur au blanc, et certainement très supérieur au nègre; opinion qui est entièrement partagée de nos jours par M. Gallatin. Telle fut également celle d’un autre homme d'état, brillant, lui aussi, de savoir et d'humanité, M. Crawford , dont la mort prématurée a créé un vide immense dans son pays.
Dans un rapport élaboré que fit ce dernier au congrès, il eut le courage civil, et c’en était un bien grand alors pour un homme que sa réputation populaire devait porter un jour aux portes de la présidence, d'affronter le mauvais vouloir des émigrés anglais et irlandais qui arrivaient par myriades aux États-Unis. Dans cet écrit, il demandait au congrès d'apporter des restrictions à cet immense envabissement de la part d’une population naturellement pétulante et qui, en touchant le sol de la patrie, semblait se croire tout d’abord appelée à s'immiscer dans son gouvernement et à en réformer la politique. En place et lieu de celle-là, il voulait appeler, par tous les moyens au pouvoir du gouvernement, la population indienne, plus exempte de vices, disait-il, que la masse de celle importée d'Europe; l’attirer par des traitemens humains, etencourager l’amalgame par le mariage
du blanc avec l'Indien. Ainsi qu'on l'avait prévu,
vahisde la nt in-
et cerhi qui . Galomme
ler au ait un itation
de la s émiriades lait au imense | natusol de pelée à | réforlà, il ouvoir , plus le celle temens nariage prévu,
l'expression honnète et indépendante de cette opinion attira sur son auteur l’animadversion d’une classe déja beaucoup trop nombreuse aux États- Unis, qui ne manqua pas, au moyen de la presse dont elle avait beaucoup d'organes dans ses intérêts, de fulmincr contre lui et de le signaler à la haine des partis. Il s'était ainsi placé dans un nid à guëpes, et long-temps il en entendit le bourdonnement menaçant dont une conscience des plus pures et des plus irréprochables qui fut jamais lui fit d’ailleurs ample justice.
Le projet de M. Crawford était empreint des considérations les plus élevées ; mais l’intraitable caractére des Indiens le rendit, comme bien d’autres, inexécutable ; de plus, les femmes blanches étaient peu portées aux sentimens tendres envers les peaux rouges, et celles indiennes, de leur côté, n'étant que modérément enclines de leur nature au culte de Cythère, l'union conjugale des deux races eût rencontré des difficultés insurmontables. Les temps ne sont plus aussi où l’on eut pu ou voulu se servir du stratagème auquel Romulus eut recours.
Après les moyens religieux, par l'intermédiaire des missionnaires , l'éducation parut donc ètre la mesure la plus efficace pour entamer l'œuvre de la civilisation. Mais ses progrès devaient nécessairement être lents. Les vieux et les adultes, parmi les Indiens, r’en voyant pas les avantages immédiats, et ennemis, d’ailleurs , de tout ce qui entra-
vait la rapidité de leurs mouvemens, se raidissatent
contre elle; ils faisaient même plus en se refusant obstinément à ce que leurs enfans ne fissent pas différemment qu'eux. Si, par bonheur, l'instructeur réussissait pendant quelques instans à captiver l'attention de ses prisonniers, ceux-ci savaient bientôt éluder les soins qu’on mettait à les garder, et ils prenaient la clef des champs.
Le gouvernement, à différens intervalles, plaça plusieurs jeunes Indiens à l'école militaire de West-Point, où un ou deux parvinrent à suivre avec fruit le cours régulier des études, et dont ils sortirent avec le grade de lieutenant dans l’arinée, auquel ils avaient droit. Habitués, ainsi qu’ils l’avaient été pendant trois ou quatre années, aux coutumes et à la discipline de l’école, lorsqu'on les vit enfin ceindre l'épée et porter l’épaulette comme leurs camarades, on dut les croire acquis à la civilisation. On pensait également qu’en re-
voyant leurs amis et leurs parens, ils se plairaient à raconter les soins et les attentions dont ils avaient été l’objet, et qu'ainsiils stimuleraient leur reconnaissance et leur ambition. Cependant ces jeunes
gens ne reparurent plus parmi les blancs, et l’on apprit qu'ils ne respirèrent pas plus tôt l'air des forêts, qu'ils échangèrent leur uniforme pour la couverture de laine, dans laquelle ils se drapèrent de nouveau comme au temps primitif.
C'était donc toujours avec peine que de temps à autre on parvenait à séparer quelques enfans de leurs parens ; mais rien ne lassa la persévérance de
acquis ’en reraient vaient reconjeunes et l’on des fo- [a couent de
temps ans de nce de
Thomas Jefferson , qui avait à cœur de mettre sa belle théorie de l'égalité des hommes en pratique. Bon nombre d’enfans furent, sous sa présidence, élevés, les uns aux frais de l’état, beaucoup aux siens; car de riche qu’il était, il est mort pauvre, lui. Il fut plus habile à augmenter la prospérité de son pays qu'à préserver son propre patrimoine. En opposition avec l’auteur des Recherches philosophiques , qui dit que le sauvage n’est susceptible que d’un certain degré de culture; « mais que chez eux, vers la vingtième année, la stupidité se développe tout d’un coup : alors, ajoute-t-il, le mal est fait; ils reculent au lieu d’avancer, et oublient tellement ce qu'ils avaient appris qu'on est obligé de renoncer à leur éducation et de les abandonner à leur fatalité ; » contrairement, disons-nous, à cet avis, Jefferson ne désespérait jamais, et, poursuivant sans intermission sa carrière d'humanité , il n’abandonna la partie que de guerre las. Et cependant , de tous ces efforts, de tant de sacrifices et de temps et d'argent, que reste-t-il maintenant? Rien, si ce n’est la preuve visible, d’ailleurs, par tout le pays, que le patriotisme éclairé et la philanthropie de ce grand homme étaient intarissables.
En 1797, des commissaires du gouvernement américain déclaraient à des Creeks assemblés qu’on i=ur procurerait tous les moyens possibles d’acquerir de l'éducation ; qu’il était de leur intérêt surtout d'apprendre à lire et à écrire afin qu’ils pussent eux-mêmes enregistrer leurs propres trai-
tés et toutes leurs autres affaires avec les blancs. A quoi lechefCussetah-Mico répondit! :«Les Indiens, « quand ils ont de l'éducation, ne valent plus rien ; «ils deviennent méchans et querelleurs, et don- «nent cause à des disputes continuelles entre eux « et les blancs. Nous avons, ajouta-t-il, beaucoup « d'exemples de cela et pas une exception. »
En vain leur représenta-t-on qu'il était vrai que quelques uns des leurs étaient devenus mauvais après avoir long-temps résidé parmi les blancs ; mais que c'était uniquement parce que, pendant leur résidence, ils s'étaient liés avec de méchantes gens tels qu'il s’en trouve partout; qu'à tout prendre, l'éducation rendait bonne la masse des hommes. Il fut impossible de leur faire entendre raison, et on se sépara sans pouvoir prendre aucune mesure décisive sur ce point.
La tribu des Seneca seule fit exception à la règle, en offrant d'envoyer neuf de ses enfans qui serviraient d’otages pour l'exécution du traité fait avec les chefs, et auxquels on donnerait les premiers élémens d'éducation. Mais la proposition fut rejetée dans cette forme par le général Washington qui tenait à leur démontrer qu’il avait une confiance entière en leur bonne foi: « Gardez vos otages, leur dit-il, et je vous enverrai deux hommes éprouvés et sages qui enseigneront à votre tribu à
1 Documens officiels sur les Indiens, vol. T, p. 602.
cs. À iens, rien ; don-
eux coup
i que u vais ancs ; ndant antes prenhomaison, e me-
règle, | serviit avec emiers t rejeon qui ifiance )tages, JInmes tribu à
labourer la terre et à cultiver le grain ;et un autre sage pour apprendre, chez vous, à lire à vos enfans. »
Afin de se convaincre du soin que le gouvernement a toujours mis à inculquer aux Indiens la nécessité de s’instruire, il est uniquement besoin de feuilleter les documens officiels des États-Unis. C’est ainsi que par les divers arrangemens en forme de traités on trouve , par rapport aux Cherokees , qu'une portion considérable des terres cédées était spécialement attribuée et leur revenu appliqué exclusivement à l'éducation des jeunes Indiens, ainsi que l’intérét annuel d'un million de francs ; qu’en outre de l'intérêt de 350 mille francs par an, les Chippawas recevaient 12 mille francs annuellement pour défrayer les instituteurs chargés de les instruire ; que les Choctaws avaient 54 sections équivalant à 35,000 arpens de terre environ, dont le produit, au fur et à mesure que ces terres trouvaient des acquéreurs, était affecté au même objet, en même temps que quarante jeunes Choctaws devaient pendant vingt années être élevés et instruits aux frais des États-Unis; que 15 mille francs étaient payés, par année, à des professeurs chez les Creeks; 5,000 francs par année pendant vingt ans à l’éducation de la tribu des
Eel rivers (Anguilles de rivière); que les mêmes
provisions étaient faites eu faveur des Foxes , des Illinois, des loways, des Kansas, des Kaskaskias, ces derniers jouissant, en outre, de 500 fr. par an
pour les émolumens d’un prétre catholique, chargé, à leur demande, d'enseigner les premiers rudimens à leurs jeunes gens; des Kikapoos, des Menomonees, et, enfin , de toutes les tribus, au nombre de cinquante-six , avec lesquelles le gouvernement a contracté des traités.
En 1833, le nombredes écoles indiennes établies dans les différentes tribus, dont les dépenses étaient défrayées par le gouvernement des États- Unis sur des fonds réservés à cet objet, était de cinquante-trois. Les élèves de ces écoles montaient à dix-huit cent trente-cinq, plus, cent treize Choctaws élevés à l’académie de cette tribu dans le Kentucky.
De 185, à 1838, les fonds affectés à l'éducation des Indiens s'élevérent à 64,624 dollars ou 323,120 fr. ; le nombre d'élèves avait diminué, et n'était plus que de 1,313, ce qu'on attribuait à la petite vérole et aux autres maladies.
Mais l'épreuve n’eût été qu'imparfaite si l’on n’eût fait marcher de front les améliorations mo-
rales et une éducation pratique industrielle qui s’appliquât plus spécialement à l’agriculture. Tout inefficace qu’ait été l'issue de ces efforts, cepen-
dant il en est resté quelques légères traces, surtout dans la partie pratique. Dans chacun des traités que nous avons mentionnés , on trouve, à côté des professeurs, des instructeurs agricoles chargés d'enseigner l’art d’ensemencer les terres et d'en recueillir les “produits ; des architectes, pour la
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cation rs ou iué, et ait à la
si l’on 1s Mole qui e, Tout cepens, sures traià côté hargés et d’en
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construction des laboratoires et autres bâtimens qui en dépendent; des meuniers, et grand nombre de forgerons avec tous les instrumens et ustensiles nécessaires à la culture et au labourage. Semblable à l'enfant au berceau à la main duquel on confie la cuiller que lui-même sait porter à la bouche, on place dans celles de l’Indien les simples élémens de sa propre subsistance, qu'il n'a plus qu'à agiter ainsi que l'instinct le lui prescrit , pour s’eu servir utilement et en recueillir les fruits les plus abondans.
Sur la liste officielle des employés au service des tribus figurent cinquante-trois maîtres forgerons et armuriers, vingt fermiers ou agriculteurs , cinq meuniers et dix-huit professeurs; en tout quatrevingt-seize individus d’une moraleet d’une capacité éprouvées , recevant chacun une somme moyenne de deux mille cent cinquante francs par an.
De tout temps aussi on s’est appliqué avec ardeur à éloigner, autant que possible, de chez eux l'usage des liqueurs fortes, auquel, ainsi que nous l'avons dit , ils sont naturellement enclins; et ralgré la difficulté de garantir une aussi vaste étendue de frontières contre la cupidité des spéculateurs et contre la ruse des Indiens, les lois en ont prohibé le trafic, et les peines les plus sévères sont venues en punir les infracteurs. Malheureusement ces précautions ont souvent échoué devant l'appât du gain d’une part, et la soif inextinguible des Indiens de l'autre.
Nous remarquerons ici, et c'est un point sur lequel nous désirons instamment fixer l'attention, qu’en exposant ce qui a été fait en faveur des Indiens, c’est ( à part quelques éminens personnages que nous avons cités ) du gouvernement que nous avons voulu plus particulièrement parler , parce que c’est lui qui représente la nation, et que c’est d’après les mesures de cette dernière, prises collectivement , que, sous l'aspect moral, elle doit être appréciée. Il serait injuste, certes, de la rendre s0lidaire d’actes isolés, souvent cruels, presque toujours injustes de la part d'individus dont les mœurs .
sont loin d’être exemptes de blâme et de repro-
ches; de cette classe d'hommes qui, impatiens du joug des lois sociales , font, des frontières d’un pays, le théâtre de leur coupable industrie. On ne peut nier que, de la part de ces hommes réprouvés, les Indiens n'aient souvent eu à souffrir , et que c’est de cette source principalement que soit provenue l'aversion que quelques uns éprouvent pour jies blancs.
D'une autre part aussi, les états particuliers de l'Union dans lesquels se trouvaient les tribus , après avoir essayé en vain de les soumettre à leurs lois municipales , etse trouvant par là même forcément intéressés à leur émigration , témoignérent une impatience proportionnée à l’augmentation de leur propre population, et adoptèrent des mesures souvent empreintes d’une sévérité, et parfois d’un caractére de brusquerie qui contrastait singulière-
sur letion, les Ininages
nous parce e c’est ollecit être re 50-
ie tou-
nœnrs :
repro-
ns du 1 pays, e peut és, les 1e c’est venue Du les
iers de , après irs lois cément ine imle leur es sou- ’un cauliere-
ment avec la munificence , la douceur et l'humanité de celles du gouvernement général de l’Union. Ainsi donc, dans l’histoire indienne, plaintes amères et souvent méritées contre certains individus indignes du nom américain; gène et souffrance de la part des états, mais humanité et protection toujours du côté de la nation entière par l'organe de son gouvernement.
Ce n'est pas sans peine que ce dernier, s’ingérant comme protecteur des Indiens, est parvenu à modérer en leur faveur les procédés des gouvernemens des états; et chaque année, à mesure que la population blanche augmentait, des conflits avaient lieu entre l'arbitre suprème et les administrations locales. Le temps ne faisait qu'accroitre les difficultés de chaque jour ; et l'époque n'était pas éloignée à laquelle , par la force même des choses, les Indiens se verraient entièrement expulsés. Un seul et unique remede restait encore : il fallait de néces‘ité, et dans l'intérêt des Indiens , que le gouveruem:it fédéral de l’Union prit l'affaire en main, cest c> qu'il fit.
l’expiience était venue démontrer que tant au le: races rouge et blanche differeraient ainsi
largement entre elles dans leurs mœurs et leurs
coutumes, il serait de toute impossibilité qu’elles vécussent en commumauté. Déjà, en 1809, M. Jefferson lui-même, l'ami constant de l’Indien, prévoyait ce fâcheux résultat lorsqu'il disait à une députation de Cherokees : « Cherchez à l’ouest un
autre territoire qui puisse vous convenir; et, s'il n’est déjà occupé par d’autres Indiens, nous vous en garantissons la possession en échange des terres que vous nous abandonnerez de ce côté. »
En 1825, M. Monroe, alors président des États- Unis, considérant l’état précaire des Indiens, ne vit d'autre moyen d'améliorer leur sort et de les préserver d’une ruine totale que leur émigration et leur établissement permanent dans un lieu fixe et déterminé, et entièrement à l'abri du mouvement envahissant et continuel de la population blanche. Cette grande mesure, toute d'humanité, puisqu'elle a poar principal but la protection de la race la plus faible, fut , après wmñre délibération, proposée au congrès, qui l’adopta définitivement ; elle est basée sur les principes suivans :
13° Garantie solennelle du terrain qui leur est assigné à eux et à leur postérité en toute propriété ;
2° Prohibition entière de toute introduction chez eux de liqueurs fortes;
3° Non-intervention de toute autorité des États- Unis ou des états de l’Union dans leurs réglemens municipaux où ieurs affaires publiques et privées, si ce n’est afin d'empêcher, autant que faire se peut, leurs guerres intestines ;
4° Encouragement, par des moyens persuasifs, de partage et d'affectation personnelle de leurs propriétés, afin d’inspirer à chaque : ndien un in-
> et; nous hange de ce
Étatsjs, ne de les ration u fixe LOUVElation anité, de la ation, ment ;
ur est > pro-
uction
Étatsemens rivées, ire se
aasifs , : leurs un 1n-
(239 ) térêt proportionné dans la culture de sa portion individuelle ;
5° Protection, si elle devient nécessaire, par le moyen de la force armée des États-Unis, à celles des tribus qui, se dévouant à l'agriculture, se trouveraient en proie aux hostilités des autres, etc. ;
6° Enfin , la fourniture à toutes, aux frais des États-Unis, des instrumens aratoires qui leur seront nécessaires, ainsi que tous les instituteurs théorétiques et pratiques dont ils peuvent avoir besoin.
Telles sont les bases de la grande mesure en voie d'exécution , et qui est même probablement en grande partie complète en ce moment, car déjà l'an dernier la plus grande portion des tribus était en mouvement, et trente millions de francs avaient été décrétés par le congrès pour défrayer les dépenses de route seulement.
Ce grand territoire, maintenant le pays indien, est situé dans la région la plus tempérée des États- Unis. Au nordil est borné par la petite riviere Puncah, qui se décharge dans le Missouri ; à l’est sont les états du Missouri et de l’Arkansas; au midi, il a pour limite la rivière Rouge, qui le baigne, et la jeune et déjà florissante république du Texas; et enfin, à l’ouest,une ligne tirée de la rivière Arkansas à celle Puncah , à peu près comme nous l'avons tracée sur la carte jointe à cet écrit.
Ce pays a, dans toute sa largeur,un peu au dessus de deux cents milles, et six cents dans sa longueur.
( 240 ) Il a plus du double de l'étendue de l’état de New- York, dont la population est de deux millions quatre cent mille ames. Il est baigné par un bon nombre de rivières, dont plusieurs sont navigables et très poissonneuses, et contient en abondance des mines de plomb et de fer.
D’après un tableau officiel récemment publié, le nombre d’arpens de terre affectés à l’usage des Indiens, de 1829 à 1839 seulement, c’est-à-dire dans l’espace de dix années, monte à quatre-vingt-douze millions, et les sommes à eux payées en outre, à titre d’indemuités ou pour leurs dépenses, se sont élevées dans la même période à plus de soixantesept millions de piastres, ou trois cent trente-cinq millions de francs!
En supposant que les trois cent treize mille Indiens des États-Unis s'établissent en totalité sur ce territoire, ce qui n'est pas probable, par la raison que bon nombre, tout en acceptant les conditions pécuniaires du traité d'émigration, préféreront un établissement plus lointain, nous aurions, par le calcul le moins favorable aux Indiens, et en évaluant à quatre le nombre d'individus dont chaque famille est composée, une moyenne de onze cent soixante-dix-neuf arpens pour chacune de ces dernières, et prés de trois cents arpens par individu.
La France, avec trente-trois millions d’habitans,
occupe environ cinquante-deux millions d’hecta-
res, ou cent millions d’arpens, c'est-à-dire environ
New- 1S qua- | nomles et ce des
blié, le des In- *e dans -douze itre, à se sont ixantete-cinq
ille In- 5 sur Ce | raison iditions ront un , par le en évachaque ze cent de ces par in-
1abitans, d’hectaenviron
trois arpens par individu, et qui suffisent amplement à leurs besoins.
Tout en faisant observer que dans l'immense question de l’économie de lunivers la part faite à l’Indien n’a rien qui puisse inspirer la pitié, nous ajouterons que ce torrent civilisateur dont il gémit, et qui l’a envahi sans retour, a eu pour précurseurs, d’abord :
La religion, dont le flambeau régénérateur y à été porté par le zèle des missionnaires ;
L'instruction, au moyen de laquelle on espérait offrir un levier à une intelligence inculte ;
L'agriculture, par l'introduction d’une éducation rurale et industrielle ;
Une sévère prohibition de tout stimulant tendant à irriter où à enflammer les passions ardentes ;
La grande et utile découverte de la vaccine, dont
Thomas Jefferson , par des efforts inouïs et une
persévérance sans bornes, a été le propagateur parmi les indiens que décimait avant cela la petite verole ;
Et cnfin, quand tous ces moyens de civilisation ont manqué,
Par l'établissement à perpétuité, ainsi que nous l'avons démontré plus haut, d’un territoire à eux
seuls réservé, où, sans gêne ou contrainte aucune, ils pourront désormais et tout à la fois conserver
( 242) celles de leurs coutumes nationales auxquelles ils
tiennent d'affection et par tradition, et jouir de tous les avantages qui doivent découler du bon voisi-
nage d'un état civilisé.
*6re080 daDccce0er00m0808000000220060000% 00000008 000009 0004020008
elles ils * de tous on VOISI-