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les hommes vivant en société compacte, où mille rapportsentre eux donnent journellement naiss’nce à des moyens de communication qui correspondent à ces relations multipliées; entre lui, disons-nous, | et l'être que toute sa propriété accompagne lorsqu'il a avec lui sa squaw (femme plutôt de charge | ! qu'autre chose), parfoisson papoo ou enfant, dont, e toutefois, il ne s'inquiète guère, sa carabine et son calumet. Il est naturel que sa manière de s'exprimer soit bornée en proportion de la nécessité d'en | faire usage. Cependant, et quelle que soit l'aversion
assez prononcée à prodiguer les paroles, qui carac- i térise l’Indien, et cette aptitude naturelle à se servir de la pantomime, qui en est la conséquence, il 4 n’en a pas moins aussi son langage parlé ; et c'est de celui-là que nous allons traiter en quelques mots.
On ne possède aucun vestige d’un langage in- | dien écrit. On sait seulement que, pour la tradition | d’événemens historiques et des discours de leurs | chefs , les Indiens se servaient d’une ceinture qui consistait en grains de poterie grossièrement ma- | nufacturés, qu'ils enfilaient et teignaient de diverses couleurs, et qui étaient disposés de façon à avoir, suivant leurs notions, une faible ressemblance aux objets qu’il s'agissait de décrire. Main- | tenant, on leur en manufacture en verre de cou- 1 leur et en coquillages. De cette manière aussi |
étaient conservés les procès-verbaux des conseils de la nation et les traités. Un chef principal avait {
la garde de ces documens officiels, et devait, à des époques fixes de l'année, redire tout ce dont ils traitaient, afin que chacun dans la tribu en connût bien l'histoire. On assure avoir vu chez les Wyandots, tribu qui fut jadis l’une des plus puissantes, une ancienne ceinture qu'ils disent leur ètre parvenue, dans des temps reculés, d’une puissante nation du sud-ouest. La substance de ce discours était qu'un animal étrange qui, suivant les définitions, ressemblait au cheval et à l'homme, «était récemment débarqué sur la côte, et que cet «animal commandait au tornerre et aux éclairs.» Il recommandait en outre aux Indiens de se tenir en garde contre ce monstre s’il venait à paraître chez eux. L'opinion générale à ce sujet est que ce futun discours envoyé par Montezuma au moment de l'invasion de son empire par Fernand Cortes.
Combien il est à regretter pour l’histoire que l’on n'ait pas pu rassembler et préserver tous les «wampum où ceintures que devaient posséder les principales tribus ! Mallieureusement ces dernières n'attachaient Jamais à ces objets l'importance qu'on ne peut leur reluser de nos jours.
On dait beaucoup aux études approfondies de quelques savans philologues américains, et principalement à celles de MM. Duponceau et Gallatin, qui commencent à jeter un grand jour sur les langages indiens; et cela, d'autant plus que, privés comme ils l’étaient, et ainsi qu'ils le sont encore, de tout document originairement écrit par les In-
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diens, et avec le seul secours de la science, il leur a fallu, en premier lieu, travailler dans l'obscurité, construire tant bien que mal un alphabet d'apres des sons vagues, puis procéder ensuite, sans compas ni boussole, du connu à l'inconnu; difficulté qui s'est encore accrue par le manque d’uniformité et par les variations d’intonation des diverses tribus.
Le premier de ces savans est celui qui s’est d’abord plus spécialement occupé de ce sujet. Il a eu nécessairement à baser son travail sur le dire de personnages qui avaient vécu chez les Indiens; car, pour lui-même, individuellement, il n’a pu ètre en contact qu'avec ceux qui sont venus à lui. Il a entrepris cet examen avec un zèle pour la science et dans un esprit de philanthropie dignes de sa longue et utile carrière. Afin de n'être pas, à l'entrée d’un tel dédale, tout d'abord épouvanté, il fallait être empreint de lardeur d’un néophyte, et c'est ainsi qu'il y est entré, inspiré qu'il était, par l'idée du bien et de l'humanité; car, à sa passion pour la science, est venu s'unir l'espoir qu’en fixant les regards du monde civilisé sur les Indiens il servirait par là une cause qu'il considérait comme opprimée. De la pitié à l'enthousiasme il n’est, chez les ames bien nées, qu’un seul pas, et c'est là ce qui explique cette haute admiration qu'il professe pour des parties du langage où il est parfois difficile d’apercevoir ce qui peut ainsi l’inspirer.
Dans le principe , M. Duponceau s’est principalement fondé sur les relations écrites et verbales
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