‹ Notice sur les instruments stadimétriquesChapitre 19 sur 64 · V. — Netteté des images · texte numérisé non relu

V. — Netteté des images

Une lunette astronomique construite dans les conditions où je me suis placé jusqu'alors, ne donnerait pas des images suffisamment nettes. Cela tient à deux causes :

En premier lieu, si je considère un objet AB qui occupe toute rétendue du champ de la lunette, l'oculaire ne recevra qu'une partie des faisceaux lumineux émis par les points voisins des points A et B, tandis que tous les rayons envoyés par les points voisins de l'axe principal viendront rencontrer l'oculaire. Il en résulte sur l'image une diminution d'éclat du centre vers les bords.

D'autre part, je n'ai pas tenu compte, dans la théorie des lentilles, de la dispersion de la lumière.

J'ai supposé que tout rayon tombant sur une surface réfringente n'éprouve, par la réfraction, d'autre effet que la déviation. Or, j'ai dit, au commencement de cette étude, que les différents rayons qui composent la lumière blanche sont inégalement réfrangibles ; il en résulte un défaut de netteté qu'il est absolument nécessaire de combattre. Ce phénomène est connu sous le nom à' aberration de réfrangibilité. .

Je vais d'abord indiquer le moyen à l'aide duquel on remédie à l'inconvénient résultant de l'inégale répartition sur l'oculaire des faisceaux lumineux provenant d'un objet qui occupe tout le champ de la lunette.

Fig. 20.

Ce moyen consiste à placer dans la lunette {lig, 20) un diaphragme dans le plan où se forme l'image réelle ; car

chaque point de cette image est le sommet d'un faisceau conique qui renferme tous les rayons émis par le point correspondant de l'objet. Si donc le diaphragme se trouve dans le plan de l'image, tous . les faisceaux dont le sommet sera un point de la paroi seront complètement interceptés, et tous ceux dont le sommet sera un point de l'ouverture passeront totalement.

On détermine la grandeur de l'ouverture par la condition que tous les rayons compris dans un faisceau, qui l'a traversée parviennent sur l'oculaire.

Je continuerai à supposer la lunette réglée pour la visée d'un objet situé à une très grande distance ; l'image de cet ^ objet viendra se faire sensiblement au foyer principal; je mettrai donc le diaphragme dans le plan mené par le foyer perpendiculairement à l'axe principal, et qu'on appelle pour cette raison : plan focal principal.

Soit ab la largeur de l'ouverture du diaphragme (Jig. 21); je joins le bord M de l'objectif au bord opposé R de l'oculaire, et je règle l'ouverture du diaphragme de manière que la paroi supérieure a s'appuie sur cette ligne.

jv

Fig. 21.

Il est clair que tous les rayons lumineux envoyés par le point A de l'objet dont a jest l'image, rayons qui sont tous compris dans le faisceau MaN, viendront rencontrer l'oculaire.

Je règle la paroi inférieure symétriquement par rapport à l'axe principal.-

Tous les rayons compris dans les faisceaux dont le sommet sera un point de l'ouverture parviendront évidemment sur l'oculaire.

Soit toujours p le rayon effectif de l'objectif, p celui de l'oculaire, et C celui de l'ouverture. La similitude des triangles NEM et RES donnera immédiatement :

d'où l'on tire :

et, par suite :

OE

OE -ÔO'

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