X. — Mise au point
Parallaxe optique. — Lorsque l'image se peint dans le plan des fils, et lorsqu'en même temps la dislance de l'oculaire est convenable pour que l'on voie nettement les fils et l'image, on dit que la lunette est au point.
La mise au point est facile avec des lunettes ordinaires; mais pour les lunettes un peu fortes, à larges ouvertures et à fils très fins, elle exige des tâtonnements que l'on doit faire de la manière suivante, d'après M. le colonel Goulier :
1** On fait mouvoir le tirage de l'oculaire jusqu'à ce que les fils paraissent bien nets ; puis on dirige la lunette sur l'objet qu'on veut viser ; et sans changer la position relative de l'oculaire et du réticule, on fait mouvoir le tirage de celui-ci ou celui de l'objectif, suivant le cas, jusqu'à ce qu'on voie très nettement l'objet qu'e l'on vise ;
2** On dirige, s'il est possible, la lunette vers le ciel, et l'on déplace de nouveau le tirage de l'oculaire, jusqu'à ce que les fils paraissent très noirs et très nets. Alors seulement les fils sont à la distance de l'oculaire qui convient à la vue de l'observateur;
3* Enfin, la lunette étant de nouveau dirigée sur Tobjet, on
fait mouvoir le tirage du réticule ou celui de l'objectif, jusqu'à ce que l'image soit parfaitement dans le plan du réticule.
Quand ce dernier n'est pas exactement dans le plan focal conjugué de l'objet visé, il en résulte, suivant la position de l'œil de l'observateur, un déplacement apparent de l'image par rapport aux fils, déplacement qu'on a désigné sous le nom de parallaxe optique.
Il est très facile d'expliquer ce déplacement {voir fig, 28). Je suppose qu'un point A fasse son image en a au lieu de la faire en a sur le fil mn. Quand l'œil sera placé en B, sur le prolongement de la ligne Oa, il verra l'image en a, au point de croisement des fils; mais si l'œil est en B', le point a paraîtra s'élever au-dessus du point a; il paraîtra s'abaisser au contraire si Tœil est en B". Il sera donc facile de reconnaître s'il y a parallaxe optique, en élevant ou en abaissant l'œil devant le premier verre de l'oculaire ; le défaut de coïncidence existe quand les points de l'image voisins du fil horizontal paraissent s'en rapprocher ou s'en éloigner.
Fig. 28.
Lorsqu'un observateur a mis une première fois la lunette au point, il ne doit plus faire mouvoir le tirage de l'oculaire, quelle que soit la distance de l'objet visé; l'écartement de l'objectif et du réticule doit seul varier avec cette distance.
La lunette étant au point, si l'on amène l'image c d'un point C de l'objet visé {voir jig, 26) eu coïncidence avec la croisée des fils, l'axe optique de la lunette pasge nécessairement par le point C ; on dit alors que la lunette est pointée fyW ce point G.
XL — Déplacement des fils du réticule.
L'axe optique des lunettes astronomiques devant satisfaire à certaines conditions de parallélisme ou de perpendicularité vis-à-vis d'autres lignes faisant partie des instruments auxquels elles sont ada ptées, il faut que ces lunettes soient munies de vis de vérification, qui permettent, d'une pari, le déplacement latéral des fils, et, d'autre part, maintiennent le réticule dans une position stable, quand on a établi la verticalité parfaite de l'un des fils, ainsi que l'horizontalité de l'autre.
En ce qui concerne le déplacement latéral d'un seul des fils du réticule, on emploie généralement l'un ou l'autre des deux procédés suivants :
Dans le premier système {i)oirfig. 27), la pièce D qui porte les fils est postérieurement taillée en queue d'hironde et peut glisser, sous l'influence de deux vis tirantes V, dans une coulisse trapézoïdale creusée dans un disque C ; ce disque est fixé d'une manière invariable, au moyen de deux vis v et v\ à la bague N dont il a été parlé précédemment. En faisant tourner les deux vis V en sens contraire, on peut donc déplacer latéralement le fil F.
Dans le deuxième système {voir fig. 29), le diaphragme D
Fig. 29.
peut également glisser dans une coulisse, mais le glissement se fait sous l'influence d'une seule vis butante V. Un ressort R fait opposition à cette vis et arrête le mouvement de glissement dès qu'on n'agit plus sur cette dernière.
Au liçu d'employer des fils, on a gravé des traits très fins sur la face intérieure de la lentille F ; et cette lentille se meut avec le diaphragme.
La figure 30 représente un système qui permet de déplacer les deux fils. Il y a quatre vis butantes et deux coulisses perpendiculaires entre elles. On produit un des mouvements en agissant simultanément sur les deux vis V et V^ et l'autre en agissant en même temps sur les deux vis V et V/.
Fig. 30.
Pour régler la position du réticule, on se sert d'une bague E {voir fig. 29) qui entoure à frottement dur l'enveloppe cylindrique de la lunette ; cette bague est traversée par la vis butante V.
Un anneau A, qui entre à frottement dans l'intérieur de la
lunette, est relié à la bague E par une vis T qui traverse l'enveloppe extérieure.
Quand cette vis est serrée, la bague E est immobile; si on desserre la vis et si on imprime à la main un mouvement circulaire à la bague, on entraîne l'anneau A et, par conséquent, le réticule qui lui est fixé. Des rainures ab et a'V laissent, pendant le mouvement, le jeu nécessaire au passage des vis V et T.