VI. — Emploi de la boussole à éclimètre mobile
La boussole nivelante présente l'avantage de permettre de faire en même temps le lever de plan et le nivellement.
Étant en station en un point quelconque, on fait porter au point voisin une mire sur laquelle la ligne de foi du voyant a été fixée à une hauteur égale à celle de l'axe optique de la lunette au-dessus de la station. On imprime à la boussole un mouvement azimutal et en même temps à la lunette un mouvement vertical, jusqu'à ce que le voyant^ soit dans le champ de la lunette. A ce moment, on serre les deux pinces et on amène la bulle dans ses repères à l'aide de la vis micrométrique I {voir fig. 50); puis, au moyen des vis de rappel, on complète le pointé.
. On lit alors sur la boussole l'orientement magnétique, puis sur le limbe l'inclinaison de la ligne visée ; et l'on se transporte à l'autre extrémité de l'alignement pour effectuer les opérations inverses.
En ce qui concerne la mesure des distances, nous croyons qu'il y a avantage, conformément aux conclusions prises à la fin du chapitre III, à opérer de la manière suivante :
Employer le ruban d'acier chaque fois qu'on pourra chaîner suivant la pente, et la stadia dans le cas contraire.
Quel que soit, du reste, le moyen employé, on pourra
BOUSSOLE A ÉCLIMÈTRE MOBILE.
inscrire les résultais des observations sur un calepin tenu ainsi que ci-dessous :
Pi «
Somme des lectures « et
hauteur de la boussole. ||
CD
iâ
le
si.
ig
Quand on opère avec l'angle stadimétrique de jt^c, la
demi-somme des lectures doit donner un chiffre sensiblement le même que celui qui indique la hauteur de l'axe optique de la lunette au-dessus de la station ; de là l'utilité de la colonne 3, au point de vue de la vérification {voir chap. III, § PO-
Les distances à introduire dans la colonne 6 sont calculées
en multipliant les distances provenant des lectures par le
cosinus carré de l'angle de la colonne 7, ou bien en utilisant
, l'échelle décrite au chapitre III, § III. Si l'on a employé la
chaîne, les colonnes 3, 4, et 5 sont laissées en blanc.
Il faut avoir soin de ne pas oublier la correction constante si l'on a opéré avec une stadia non corrigée.
Les chiffres à faire figurer Pte. 10 bis. dans i^s colonnes 8 et 9 s'ob-
tiennent différemment, suivant le mode d'appréciation des distances {voirfiff. 70 bis).
Si l'on a chaîné horizontalement, on écrira :
A = D tg j
Si Ton a chaîné selon la pente, on aura :
^ = L sin i
Enfin, si l'on a employé une stadia verticale^ et que / soit là distance déduite de la lecture ; comme on a D = / cos^ i, on en conclura :
A = D Ig i = / cos' i Ig / = / sin i cosi = ^^l sin 2^*
Les calculs seront facilités par l'emploi de tables de sinus et de tangentes naturels.
L'erreur de fermeture sera admissible lorsqu'elle ne sera pas supérieure à 0^,40 sur un périmètre de 1,000 mètres de développement. Dans ce cas, on la répartira sur les diflérentes cotes, proportionnellement à la longueur des côtés du cheminement; de là la nécessité de la colonne 41.
Au moment de mettre sous presse, nous venons de faire les modifications suivantes à la boussole précédemment décrite.
I"" Suspension de l'aiguille. — Ainsi que nous le ferons remarquer dans le chapitre suivant, il importe que l'aiguille soit placée le plus près possible du fond en cuivre rouge de la boussole. A cet effet, le levier / de la figure 50 a été reporté en dessous de la boîte; l'anneau qui le termine {voir fig, 71) entoure le noyau fixé dans le fond en cuivre rouge pour, supporter le pivot. Cet anneau vient de plus appuyer contre un ressort r qui a la forme représentée par le croquis ci-contre et qui est bandé contre le fond en cuivre rouge. Ace ressort est relié, au moyen de quatre goupilles a, 6, c, d, une couronne e qui, par suite de cette liaison, suit exactement tous ses mouvements. Quand on veut suspendre l'aiguille, on agit dans le sens convenable sur le levier / qui, en pressant le ressort, soulève la couronne et, par suite, vient appuyer contre la glace la chape de l'aiguille.
DOUSSOLE A ÉGLIHÉTRE HOBILK
^"^ Construction et fermeture de la boîte en bois ^—Ij^% boîtes des boussoles ont jusqu'alors été assemblées au moyen d'une simple feuillure. Nous avons pensé qu'un assemblage à queue d'hironde, en donnant plus de solidité à l'instrument, l'exposerait moins aux influences de l'humidité et rendrait les rectifications plus stables.
En second lieu, le mode de fermeture est défectueux; le bois se gonflant par les temps humides, il est souvent diflîcile, pour ne pas dire impossible, de retirer le couvercle. Pour obvier à cet inconvénient, nous avons, comme dans la boussole en bois de l'École d'application du génie et de l'artillerie, supprimé les rainures longitudinales, ne laissant subsister que celle du fond et remplaçant les premières par deux petits, crochets qui maintiennent le couvercle en place.
Enfin, comme il est très important que l'aiguille ne resté pas sur son pivot quand on n'opère pas, la course de la petite, manette qui fait jouer le levier / a été. réglée de telle sorte qu'elle dépasse suffisamment la face supérieure de la boîte pour rendre la fermeture impossible lorsqu'on a oublié d'appuyer la chape contre le verre.
3** Suppression du genou à coquille. — Le calage de la boussole à genou est lent, difficile et instable. Aussi avonsnous définitivement fait reposer la boussole sur un pied à
vis calantes^ et comme nous tenions essentiellement à n'augmenter ni \e volume ni le poids de l'instrument, nous avons adopté le modèle suivant qui est très solide, quoique très léger.
Le pied est à six branches {voir fig. 74 bis). Il est muni d'une pompe en cuivre P entourée d'un ressort à boudin et qui lui est fixée invariablement au moyen de trois vis v,vv". La plate-forme à oreilles A de ce pied est entaillée de telle sorte que la pompe puisse prendre toutes les inclinaisons nécessitées par le calage de l'instrument. Les rainures des trois gouttières g qui sont destinées à loger les pointes des vis calantes, sont tracées de telle façon que leurs prolongements viennent se rencontrer sur l'axe du trépied.
Celui-ci est relié au fond de la boîte de la boussole par un bâti B à trois branches dans lequel est fixé invariablement l'axe général G de l'instrument ; un contre-écrou E complète cette liaison. L'axe G, qui est en bronze, est rodé dans une chemise en cuivre D vissée à fond dans le trépied T. Il est maintenu dans son enveloppe par une vis et par une rondelle à carré qui régularise le mouvement. Une pièce en cuivre U, vissée sur le trépied, porte un écrou dont le pas est le même que celui de la vis de la pompe, et c'est par cet écrou que Ton fixe la boussole à son pied.
Les vis calantes N ont une forme spéciale représentée par la figure; elles sont en maillechort; leur écrou est fendu, et les vis V en règlent le jeu.
Gette disposition nouvelle a permis d'agrandir l'axe dans de notables proportions, ce qui augmente la stabilité et l'exactitude de l'instrument. Le maniement devenant plus régulier et plus doux, on a pu supprimer la vis de rappel du mouvement azimutal.
BOUSSOLE A ËGLIHËTRE MOBILE.
Fig. 71 bis.