I. — Description
Il se compose essentiellement d'un limbe A divisé en grades et demi-grades {voir fig. 80 et 80 bis) et d'une couronne C qui, tout en protégeant ce dernier, est munie de 2 verniers B situés aux extrémités d'un même diamètre, et supporte en outre les montants F de la lunette et de l'éclimètre.
Tout l'appareil repose sur une colonne en bronze H fixée solidement au moyen des vis b et b' dans un trépied Q porté par 3 vis calantes Vp Vg, Vg. Cette colonne, qui est creuse, offre à l'intérieur une surface tronconique qui sert d'enveloppe à un axe G relié invariablement au limbe A par les vis c ei c. L'axe G est percé lui-même et sert à son tour de chemise à un autre axe I en bronze qui supporte la couronne C et toute la partie supérieure de l'instrument. Un écrou à clef J, vissé dans la partie inférieure de l'axe I, vient se loger dans une ouverture pratiquée dans la colonne en bronze H et maintient ainsi sans jeu toutes les parties mobiles. est une enveloppe fixée invariablement au limbe A par les vis d et d\ de façon à en suivre tous les mouvements ; elle porte à son extrémité inférieure un plateau P qu'on peut arrêter à l'aide d'une pince munie d'une vis de rappel R.
La graduation du limbe est faite dans le sens inverse de celle d'une montré. Les verniers donnent l'approximation de
d68 NOTICE SUR LES INSTRUMENTS STADIMÉTRIQUES.
5 centigrades, et deux loupes / facilitenl la lecture. Le limbe et la couronne qui porte les verniers peuvent être reliés par une pince munie d'une vis de rappel R'.
Fiff. m.
La lunette Lest une lunette anallatique basée sur le même principe que celle de M. le colonel Goulier, mais en différant
TACHÉOMÈTRE.
par les détails. L'oculaire est positif (Jig. 81); il est porté par un tambour ded'e' qui permet de le rapprocher ou de
Fig. 80 hiê,
l'éloigner à volonté du diaphragme porte-fils D par un mouvement hélicoïdal analogue à ceux précédemment décrits, et qui s'accomplit à l'intérieur du tube abc, ab'c'.
Le porte-fils ff est maintenu dans un deuxième tambour GG' auquel on peut imprimer un mouvement de rotation, lorsqu'est desserrée la vis v du collier de serrage HH' ; quand, au contraire, cette dernière est serrée, la bague HH' comprime le coulant IKFK' en rapprochant les bords des fentes dont celui-ci est muni à la partie antérieure, et le tambour devient immobile.
Pour la mise au point, on tourne un bouton molleté mm'
taisant corps avec un tube LML'M' qui porte à sa partie postérieure une vis MPM'P' dont l'écrou [fixe QQ' est supporté par |un coulant RSR'S' vissé dans la couronne TT' de la
Fig. 81.
lunette; des rondelles de drap rr'^ ss' rendent le mouvement plus doux. Tout l'ensemble de Toculaire et du réticule devant participer à ce mouvement qui est guidé par une pièce fixe uu, on a ménagé, dans l'intérieur du bouton molleté, une rainure dans laquelle entre sans jeu et à frottement doux une couronne hk' fixée au coulant IKI'K'. La pièce ww est fixée au tube ili'l' qui est lui-même soudé à la couronne TT' ; enfin, le tambour pqpg' du verre anallatiseur 0' peut être rendu immobile par le serrage de la vis î;'; quand on veut faire varier l'angle stadimétrique, on desserre cette vis, et le tambour devenant libre,, on approche ou ion éloigne, suivant le cas, le verre anallatiseur de l'objectif.
La lunette qui vient d'être décrite est susceptible. d'accomplir une révolution entière en entraînant un axe pouvant tourner dans l'intérieur de 2 chemises / que 2 petits appendices g emprisonnent dans les montants F {voir fig. 80). Cet axe est relié d'un côté à un limbe E divisé comme celui de la boussole nivelante, limbe qui peut tourner autour d'un cercle plein D fixé à la chemise /et portant 2 verniers v aux extrémités d'un même diamètre ; de l'autre côté il fait corps avec un tambour E' qui sert de contrepoids. Une pince
TACHÉOMÈTRE.
P" supportée par un des montants F et munie d'une vis de rappel R", peut, en serrant ce tambour, arrêter le mouvement du limbe. Les verniers donnent Tapproximation de cinq centigrades et une loupe /', qui correspond au vernier inférieur, rend la lecture très facile. L'ensemble du limbe E et du cercle D constitue l'éclimètre.
Une fiole fixe n, munie d'une vis de rectification, et reposant contre le cercle vertical D,:sert à caler l'instrument quand on procède par nivellement indirect. Deux anneaux a de la lunette reçoivent les jambes / d'un niveau mobile n' analogue à celui de la boussole de M. le colonel Goulier, et qui sert à opérer le nivellement direct ; cette dernière fiole est également rectifiable.
rr sont des vis tirantes qui permettent d'imprimer un mouvement latéral au fil vertical du réticule.
Quand la lunette est sur ses fourches, le cercle D doit être fixe ; dans ce but, on lui a adapté un petit appendiceAqui, pendant les opérations,doitêlre constamment poussé contre un taquet i par une goupille k munie d'uii ressort à boudin. Seulement, quand on place la lunette sur ses supports ou quand on l'en enlève, il faut qu'il y ait un certain jeu, pour faciliter l'entrée ou la sortie de l'appendice. Pour atteindre ce résultat, le constructeur a donné à la goupille la forme suivante : l'une des extrémités b est carrée et pénètre dans une ouverture de même forme pratiquée dans l'une des branches du support F (voir fig. 82). Autour de l'autre extrémité b' qui est ronde et filetée, vient se visser un écrou à manette s; cet écrou s'appuie contre le tambour l qui renferme le ressort à bou-
Fig. 8a.
din R. Quand la manette est baissée, elle n'a pas d'action sur la goupille, qui pousse alors l'appendice contre le taquet; mais quand on la soulève, l'écrou vient presser contre l'extrémité du tambour t, et comme la gôupille.ne peut pas prendre de mouvement circulaire, le ressort se bande et l'extrémité b s'éloigne de l'appendice.
De plus, pour rendre l'éclimètre rectifiable, on a donné au taquet i la forme d'une vis dont l'écrou est supporté par l'autre branche du support F; on la fait tourner à l'aide d'une broche que l'on engage dans un des quatre trous percés dans sa tête ; on peut ainsi obtenir un léger déplacement du cercle D. Une fois que l'instrument est réglé, on fixe la vis d'une manière invariable à l'aide d'un contreécrou <: que l'on appuie carrément contre le support, grâce à un logement pratiqué dans ce dernier et dont une des parois est verticale.
En ce qui concerne la planimétrie, cet instrument sert à mesurer les angles, comme on le fait avec un pantomètre, à cette différence près qu'on obtiendra plus d'exactitude qu'avec ce dernier, par ce seul fait que la visée s'opère à l'aide d'une lunette.
La mise en station devant être obtenue avec une grande rigueur, la plate-forme sur laquelle repose le trépied à trois vis calantes est susceptible d'un mouvement de translation que l'on obtient à l'aide du mécanisme suivant :
Le socle A {fig. 83) du trépied est muni, à sa partie inférieure, d'une traverse BC mobile autour d'une de ses extrémités B. Celte traverse est percée d'une rainure dans laquelle s'engage un boulon creux E fixé par quatre vis à la plateforme. On rend cette dernière immobile en serrant, à l'aide d'un écrou à oreilles G, la traverse contre la partie inférieure du socle.
Si, au contraire, on desserre l'écrou, et si l'on agit sur la plate-forme, on fait glisser le boulon dans la rainure ; et la combinaison de ce glissement avec la rotation de la traverse produit le mouvement de translation dont j'ai parlé plus
TACHÉOMÈTRE.
haut, et qui est limité par la surface intérieure du socle. Dans l'intérieur du boulon pénètre la tige de pompe HI munie de son tambour K et de son ressort à boudin R.
Un crochet S fixé à la partie inférieure est destiné à supporter un fil à plomb que l'on peut faire ainsi 1res facilement coïncider avec la verticale du point de station.
Pig. 88.
La plate-forme est en outre munie d'un niveau sphérique. On ^ donne de plus au tachéomètre les propriétés de la boussole, en lui adaptant un déclinatoire T supporté par un inanchon M que Ton peut fixer à l'aide d'une vis sur l'enveloppe Ô, dont il a été parlé précédemment {voir fig, 80 et 80 bis).
Ce décUnatoire {voir fig. 84) n'est autre chose qu'un fube en laiton muni d'un oculaire de Ramsden, et portant à l'autre extrémité un verre dépoli b; une aiguille très légère c, à pointes recourbées, est suspendue à l'intérieur de ce tube, par l'intermédiaire d'une chape en rubis, sur un pivot d'acier.
Pig. 84.
Au-dessus de la chape se trouve une demi-lentille d dont le centre optique est sur la verticale du pivot, et dont la distance focale a été convenablement calculée pour que l'image de la pointe N, qui est la pointe nord, puisse se faire au-dessus de la pointe sud S ; un fil / tendu verticalement un peu en arrière de cette dernière, détermine, avec le centre optique de la lentille rf, un plan de visée dans lequel doit se trouver le pivot de l'aiguille.
Si l'instrument est convenablement réglé, quand le plan de visée dont je viens de parler se confondra avec le plan du méridien magnétique les deux pointes seront vues l'une audessus de l'autre.
Si l'aiguille n'est pas tout à fait droite, ou bien si le centre optique de la lentille n'est pas tout à fait sur la verticale du pivot, l'image de la pointe nord ne se fera pas exactement au-dessus de la pointe sud ; on établira alors la coïncidence du plan de visée et du méridien magnétique en faisant bissecter parle fil /* l'intervalle entre les deux pointes.
Il vaudra peut-être mieux même que cette imperfection existe, car on éliminera de cette manière le défaut de centrage du pivot, comme on Ta fait pour la boussole, ce procédé équivalant à une moyenne de lectures sur les deux pointes.
TACHÉOMÈTRE. 175