IV. — Conditions d 'exactitude du tachéomètre
Voîci quelles sont les vérifications et les rectifications à faire subir au tachéomètre.
1** Vérifications et rectifications relatives à la planimétrie. Les vérifications relatives à la sensibilité et à la mobilité de l'aiguille se font comme pour la boussole nivelante.
ISSTR. STADIM. 12
Quant au défaut de rectitude de Taiguilie et de centrage du pivot, il n'y a pas lieu de s'en préoccuper ; les erreurs provenant de ces défauts se trouvent compensées, comme je Tai dit précédemment, en faisant en sorte que, dans l'orientation, le fil de repère du déclinatoire bissecte bien l'intervalle des deux pointes.
En ce qui concerne le viseur, les vérifications se font comme pour les boussoles nivelantes {voir § IV des Chap. IV et V). L'opérateur ne peut pas rectifier lui-même le défaut de perpendicularité de l'axe de rotation de la lunette à l'axe général de l'instrument ; mais il peut corriger le défaut de perpendicularité de Taxe optique à l'axe de rotation.
Pour cela, les zéros du limbe et du vernier qui est près de Toculaire étant en coïncidence, il se sert du mouvement général pour viser un objet très net à peu près de niveau avec l'instrument, afin de se mettre à l'abri des erreurs qui pourraient résulter d'un défaut d'horizontalité de l'axe de rotation de la lunette; puis il fait basculer cette dernière, et lui fait accomplir une demi- révolution autour de son axe vertical, après avoir desserré la pince de l'alidade. Si, après avoir accordé le zéro du même vernier avec la graduation 200 grades, le point visé tout à l'heure n'est plus bissecte, l'écart que l'on constate est double du défaut de perpendicularité.
En effet, soit AB (/?^. 86) la position de Taxe de rotation dans la première observation ; Taxe optique 10 faisait un angle a avec la perpendiculaire IP à l'axe de rotation, et on a visé le point M. Dans la deuxième observation, le point A est venu en B, et l'axe optique a pris une position 10' symétrique de 10 par rapport à IP, de sorte que l'angle 010' est bien double du défaut de perpendicularité. Voici alors comment on corrige ce défaut :
On agit sur la vis de rappel de l'alidade pour ramener sur le point M l'axe optique de la lunette ; l'axe de rotation prendra la position A,B, faisant avec AB un angle égal à 2a; et on lira sur le vernier 200 grades ±: 2a. Agissant alors sur
TACHEOMETRE.
• Vig. 86.
la même vis de rappel, on rétrogradera de l'angle a ; l'axe optique prendra la position IP et l'axe de rotation se disposera
suivant la bissec- / trice AjBj de
l'angle AIB^. Si l'on remarque que dans cette position la ligne IM est perpendiculaire à AgBj, on voit que pour assurer la perpendicularité de l'axe optique à l'axe de rotation, il suffira de ra* mener le premier sur le point M à Taide des vis r dont il a été parlé au commencement de ce chapitre.
Pour ne pas être obligé de s'astreindra à viser toujours par la croisée des fils, il faut que le fil vertical du réticule soit également perpendiculaire à l'ax^^de rotation de la lunette ; car lorsque cet axe de rotation sera horizontal, le fil sera bien dans la direction de la pesanteur, et on pourra viser par un quelconque de ses points. On fait la vérification en visant un point bien net que l'on fait bissecter par la partie supérieure du fil, puis on fait tourner lentement la lunette autour de son axe de rotation; si l'image du point reste sur le fil, c'est que celui-ci est perpendiculaire à l'axe de rotation ; si cela n'a pas lieu, l'écart constaté à la partie inférieure du fil indique le double du défaut. On desserre alors (voir fig. 81)' la vis du collier de serrage HH' et on agit sur le tambour GG' devenu libre, de manière à le faire tourner, à vue, de la moitié dp l'écart constaté ; puis on recommence, s'il y a lieu, la même opération jusqu'à satisfaction.
d80 NOTICE SUR LES INSTRUMENTS STADIMÉTRIQUES.
Pour s'assurer que le laitOH de l'instrument ne renferme pas de fer, on opère de la manière suivante :
Le limbe étant orienté avec le déclinatoire, on fait tourner très lentement l'alidade avec toute la partie supérieure de l'instrument, et on examine si, pendant cette rotation, l'aiguille conserve la même direction. Si cela a lieu, le fer que peut renfermer la partie mobile ne produit que des effets insensibles.
Cela fait, on place l'instrument sur une planchette bien horizontale, et on l'y cale; on donne successivement au trépied à vis calantes des positions diverses autour de l'axe vertical ; pour chaque position on oriente le limbe avec le déclinatoire, puis on vise un objet éloigné de 300 à 400 mètres, choisi de telle sorte que la visée soit presque horizon^ taie. Les orientements lus sur le limbe pour chaque position doivent être égaux entre eux.
Des différences dans les valeurs de ces orientements prouveraient que du fer est contenu dans le laiton, soit du trépied, soit des vis calantes, soît de la pince P et de sa vis de rappel.
Enfin on remet l'instrument sur son support, et on donne aux pieds de celui-ci divers orientements sur le sol ; on cale l'axe, on oriente le limbe avec le déclinatoire, puis on vise le même objet que tout à l'heure, et on lit chaque fois les orientements indiqués sur le limbe horizontal. Si Ton constate des différences, tandis que dans les épreuves précédentes les orientements avaient été constants, ces différences ne peuvent tenir qu'au fer réparti dans les pièces de laiton du support.
Il reste une dernière vérification à faire en ce qui concerne la planimétrie ; il faut examiner si les zéros du vernier du tambour G correspondent toujours à des traits de division diamétralement opposés; si cela n'avait pas lieu, il y aurait un défaut de centrage ; dans le cas où l'erreur qui en provient ne dépasserait pas 5 centigrades, elle serait insignifiante ; dans le cas contraire, on pourrait l'atténuer en prenant la
tachëomëtrë.
moyenne des lectures sur les deux verniers, après avoir ^*etranché 200 grades de la seconde.
2** Véri/icatiom et rectifications relatives au nivellement. Il faut, comme dans la boussole nivelante à éclimètre fixe, assurer le parallélisme des directrices des fioles avec l'axe optique à zéro. Pour cela, on peut employer le procédé suivant :
On rend d'abord, par la méthode indiquée à la page 462, la directrice de la fiole du niveau fixe perpendiculaire à l'axe général de l'instrument. Cette fiole étant rectifiée, on cale ce dernier le mieux possible, puis on place l'axe optique de la lunette suivant une horizontale.
Fig. 87.
A cet effet, l'eutliymètre étant porté à une trentaine de mètres, on fait assurer la verticalité du montant et, après avoir amené dans ses repères la bulle du nouveau mobile, on fait une première visée : soit DV la lecture correspondante à cette visée {voir fig. 87).
L'opérateur fait ensuite accomplir à l'instrument une demi-révolution autour de l'axe vertical et, après avoir ramené de son côté l'oculaire de la lunette, remet dans ses repères la bulle du niveau mobile. L'axe optique prend une direction A'B' symétrique de AB par rapport à l'horizontale, et on fait une deuxième lecture DV; la moyenne des deux lectures indique le point V, qui correspond à la visée horizontale;
Cela fait, on serre la pince P", et, à l'aide de la vis de rappel R", on amène très rigoureusement l'axe optique sur le point V^.
Ce dernier étant horizontal, on agit sur la vis de rectification du niveau mobile pour mettre la bulle dans ses repères. Puis, en agissant sur la vis i, on met en coïncidence les zéros du vernier avec deux des divisions 100 du limbe.
Le petit mouvement que l'on a imprimé au cercle D ayant pu déranger le niveau fixe, on remet facilement la bulle entre ses repères avec un tour de clef.
Enfin, il reste à vérifier si les zéros des verniers correspondent toujours à des traits de divisions diamétralement opposés. Si la différence dépassait 5 à 6 centigrades, il faudrait prendre la moyenne entre l'une des lectures et le complément de l'autre à 100 grades.
3** Vérification de l'angle sladimélrique. Sur un terrain dont la pente est uniforme, on mesure, en suivant cette pente, une longueur de 80 mètres, par plusieurs épreuves et avec un décamètre préalablement étalonné. On installe le tachéomètre sur l'une des extrémités et l'euthymètre sur l'autre, le dos de la stadia tourné vers l'instrument (voir fig. 44)* En bornoyant le long d'une équerre à dessiner placée contre la stadia, on fait en sorte que les longs côtés de celle-ci soient perpendiculaires aux rayons visuels de l'observateur.
Celui-ci, après avoir mis très minutieusement la lunette au point, cherche, à l'aide du mouvement général, à faire bissecter, par les deux fils stadimétriques, les lignes de foî blanches qui sont peintes au milieu de voyants noirs sur le dos de la stadia.
Si cela ne pouvait avoir lieu, on vérifierait d'abord l'exactitude de la direction de la stadia et celle de la mise au point; puis l'on avancerait et l'on reculerait le tachéomètre jusqu'à ce que la coïncidence parût être parfaite. L'écart entre la verticale de l'instrument et l'extrémité de la base donnerait alors Terreur commise sur une longueur de
TACHÉOMÈTRfi.
80 mètres. On en conclurait proportionnellement les erreurs qui affecteraient toutes les distances lues sur la stadia.
On corrigerait cette erreur en modifiant la distance du verre anallatiseur à l'objectif, comme cela a été indiqué à propos de la boussole nivelante à éclimètre fixe.