II
celte réserve qui, cirez des médecins, 11e peut avoir qu’un motif louable, doit-elle être pour moi une raison suffisante pour garder le silence, et pour ne pas songer à soumettre mon opinion à des collègues bien intentionnés ? IS aurais-je pas dû même réclamer plutôt sur certaines assertions que quelques écrivains se sont faussement attribuées, et appeler, plus que je ne l'ai fait, Inattention des praticiens sur ce que j’ai pu avancer relativement aux différentes affections contagieuses , tell es que la phthisie pulmonaire, la maladie siphililique , etc, etc,, au sujet desquelles je crois avoir dit quelque chose de nouveau ? car , au risque de m entendre accuser de présomption, j’avoue que toutes les fois que je parcours mon dernier ouvrage sur la Contagion , etc, , je suis étonné moi-même des aperçus étiologiques , pathologiques et thérapeutiques qui s’y trouvent, et qui, j espère , me feront pardonner quelques endroits un peu diffus et quelques répétitions d’idées, plus (fti moins intéressantes, sur les maladies susceptibles de se communiquer. A raison de cet aveu, qui annonce de la prétention de ma part , j’ai sûrement à craindre de choquer certains amours-propres, et de m’attirer l’animadversion de ces coteries où, à force de torturer la signification devS mots, d outrer la valeur des expressions, de fausser
( la )
les intentions dun écrivain , ou d’en taire les idées les plus saillantes, Ton gâte et Ton pervertit tout, pour établir un despotisme littéraire qui depuis quelque temps paraît régner tyranniquement dans la capitale? Mais bientôt, sans doute, viendra le temps où le sceptre de l’arbitraire sera brisé , et où la Babylone moderne sera moins injuste envers les auteurs des départemens et envers les praticiens étrangers à Paris; et alors les ouvrages publiés dans les différens lieux de la France pourront attester que la métropole n est pas la seule cité où se font des efforts et des découvertes utiles.
Balme, D. M. M. ,
Membre de plusieurs Sociétés savantes nationales et étrangères.
Lyon , le 12 février 1828.
PENSEES DETACHEES