EXTRAITES DE MES DIFFÉRENS OUVRAGES
L'élément de toute maladie communicable présentera un danger d’autant plus grand, que les corps qui s'y exposeront, seront étrangers aux changemens apportés par cette maladie, et que ces mêmes changemens surviendront brusquement.
Plus les phénomènes , produits par la contagion , seront extérieurs et bornés à la périphérie du corps , moins de péril le malade encourra, et vice versa il y aura d'autant plus de danger que les symptômes seront plus intérieurs.
C'est dans les contrées où les saisons sont mieux établies, et plus régulièrement soutenues, et où l'atmosphère est moins souvent orageuse et troublée, que s’établissent le plus fréquemment les maladies générales contagieuses.
La contagion sévit avec d’autant plus de fureur , que les gens qu elle attaque sont plus robustes, et qu’elle a plus de peine à s’établir dans des temps et dans des lieux qui , par leur nature , semblaient lui être plus opposes. C’est même dans ces parages qu elle atteint de préférence les étrangers, à qui le nouveau climat ou ils arrivent , fait ressentir un bouleversementqui leur est moins que naturel.
Serait-il vrai qu’une maladie est en général d’autant plus contagieuse qu’elle s exerce davantage sur le système glanduleux ? A cet égard , je me bornerai à faire observer , i.° que les enfans dont les glandes sont si souvent , si facilement exercées et engorgées, éprouvent Je plus d’affections contagieuses ; 2.0 que les maladies qui , chez les adultes , présentent le caractère contagieux , portent leur action principalement sur les glandes; 3.° que les vieillards , dont le système glanduleux subit un décroissement qui augmente de jour en jour , ne sont pas facilement atteints d’affections contagieuses; et 4*° enfin , que si la disposition à prendre la contagion est d’autant plus grande que I on est plus jeune, il est encore à dire que, par une singularité constante , les maladies contagieuses ,
quand elles n épargnent personne , sont accompagnées d’un danger d’autant plus intense , qu elles ont lieu chez des personnes avancées en âge , ou les glandes disparaissent journellement , tandis que les memes maladies sont ordinairement bénignes chez les jeunes sujets. Cependant , il est encore à observer que ces memes affections, quand elles attaquent l'enfance , présentent un péril dont la certitude et l’étendue sont relatives au siège interne ou externe des lésions glanduleuses ; ce qui en effet est confirmé par 1 opiniâtreté et la terminaison, ordinairement funestes, des engorgemens glanduleux des poumons, du mésentère, des glandes thorachiques , etc.
Il est comme constant que la peste et la fièvre jaune reconnaissent une identité de causes , de circonstances , de siège , de symptômes et dé traitement. En effet, le rapport plus qu’exact des temps et des lieux où la peste d’Ovient et la fièvre jaune ont coutume de faire des ravages ; — la conformité plus ou moins parfaite des changemens qui surviennent dans 1 habitude du corps , quand l’une ou l’autre fièvre maligne s’établit ; — l’égale influence du scorbut, qui est contraire à l’apparition des deux fièvres ; —
la diminution de la fièvre jaune, ainsi que celle de la peste , quand la dyssenterie ou les fièvres intermittentes surviennent et dominent ; — l'analogie des affections fébriles qui en précèdent ou suivent l'invasion ; — l'irrégularité presque la meme de 1 intervalle qui s'observe entre leur invasion et leur solution'; — l'anomalie presque semblable de tous leurs symptômes ; — la parité du danger dans les deux, maladies, suivant la rapidité de leurs progrès , ainsi que suivant la céî érité avec laquelle la i.re période des deux fié vres se complique fréquemment de la diarrhée spontanée; — une dominance à peu près égale de la peste ou de la fièvre jaune, dans les temps ou la température chaude et sèche pendant le jour contraste avec les fraîcheurs de la nuit ; — futilité des sueurs qui surviennent au commencement de chacune ; — la turgescence cutanée que présente la fin de la première période de lune et de 1 autre; — 1 insensibilité de la peau , à mesure que ces deux maladies vont en avant; — l'inutilité de leur traitement, quand 1 organe cutané est parvenu à un certain degré d inertie, d anæsthésie , d’aridité et de débilité mortelle; — les infarctus du système biliaire, qui se manifestent souvent dans la peste comme dans la fièvre jaune; — les vomissemens bilieux , ærugineux, poracés , qui de temps à
autre compliquent la première fièvre pestilentielle; — les éruptions pétéchiales, charbonneuses , glanduleuses , qui parfois se montrent dans le typhus ictérodes ; — la gravité des symptômes , le mode de propagation et de communication 9 qui sont les mêmes pour les deux fièvres ;
— la tendance qu’ en général le sang manifeste ordinairement dans fune et 1 autre maladie , à se convertir en hile et à se diriger vers le foie ;
— enfin , finoculation de la peste à l aide de la bile (laquelle indubitablement est aussi altérée dans la fièvre jaune ) , tirée de la vésicule du fiel des pestiférés , et injectée dans les veines des animaux : — tout indique qu il existe entre la peste d’Orient et la fièvre jaune les analogies les plus directes et les affinités les plus évidentes ; tout désigne que les formes sous lesquelles ces deux maladies se présentent , loin d'être essentiellement différentes , offrent plutôt un point de contact intermédiaire qui les rapproche et les réunit, de manière qu’il n’existe entre elles d’autre variété que par quelques symptômes simplement accidentels, et dont la présence, nullement nécessaire à l’existence de ces maladies , doit être considérée comme l’effet de quelques circonstances locales (lirées principalement de la condition de l’atmosphère et du pays , ainsi que de 1 étal du système abdominal) ,
dont la réunion , opérée à propos , avec d autres causes morbides, pourrait produire les mêmes symptômes qui ont été jusqu’à ce jour regardés comme propres à la fièvre jaune, qui enfin ne diffère de la peste d’Orient qu en ce qu’elle s’établit sous une température également chaude et humide , pendant que la dernière arrive dans les pays et dans les temps plus chauds ou plus froids qu humides.
Si la production des maladies contagieuses tient en général à la longue durée de l’influence des six choses non naturelles , et en particulier à l air trop long-temps le même , celle des maladies épidémiques doit être , au contraire , attribuée au ^différentes vicissitudes de l’atmosphère, etc.; aussi ces dernières sont-elles plus fréquentes à la campagne, où l’air est plus souvent agité, et où il éprouve des mutations plus prononcées et le jour et la nuit, tandis que les autres se montrent plus volontiers dans les villes populeuses , où l’atmosphère est plus tempérée, moins ventilée, et dont les habitans en outre sont tous en relation de travaux, de régime, de goût, etc.
C’est ici qu’il faut observer , i .° que les maladies contagieuses sont plus variables et plus sujettes à présenter différons symptômes que
les épidémiques qui ont en effet un faciès , un formel tellement constant , que les épidémies décrites par les anciens, sont les memes que celles d'aujourd'hui; 2.0 que les maladies épidémiques , dont la cause est plus générale et l’ action plus étendue , tendent à influer et à modifier les contagieuses ( dont l’existence est plus isolée, mais plus marquée, et dont la cause est plus spécifique), de manière à communiquer plus ou moins sensiblement de leur caractère à ces dernières ; et 3.° que s’il faut convenir qu Hippocrate parait avoir confondu les maladies épidémiques avec nos maladies contagieuses , en avançant qu elles sont presque toujours le résultat de la longue continuité d’une même température , l’on ne peut pas aussi nier qu’il ait réparé en quelque sorte cette confusion en disant en même temps que les maladies épidémiques étaient aussi produites par les écarts excessifs des saisons , ce qui donnerait nos maladies épidémiques proprement dites.
Il ne faut pas omettre de dire que c’est à mesure que les épidémies àQ\iexment populaires, quelles perdent plus ou moins de leur type particulier, vu que l’augmentation de l’influence réciproque des hommes entr’eux diminue d’autant l’intensité de celle de l’atsmospliere , de
telle sorte que dans cette circonstance on voit ces memes épidémies tendre à devenir contagieuses.
C'est après la cessation des calamités publiques que surviennent en général les maladies contagieuses , lesquelles toutefois ne se montrent point telles, tant que l'organe cutané n'a pas été antérieurement dans un état d’excitation : car une asthénie soutenue de ce meme organe est bien loin de favoriser la contagionabilité.
L'air pesant , etc. , est bien celui où la contagion fait des progrès dans le corps de l'individu qui l’a reçue ; mais la transmission des miasmes , etc. , du corps contagié dans celui de X exposé a plutôt lieu par un temps serein, etc., dont au surplus f action sur nos systèmes est modifiée et meme diminuée, suivant que nos influences mutuelles sont augmentées.
Comme, à chaque instant , nos corps sont exposés à attirer , à absorber le moindre miasme, quand leur force àé expansion est de beaucoup inférieure à celle de contraction , et comme en même temps la dernière force est particulièrement favorisée par les affections attristantes de l ame , il n’est peut-être pas inutile d avancer que les courtisans, les esprits faibles et les esclaves , sont
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le jouet des contagions morales et physiques, et que l idée du danger de contracter de telles maladies devrait bien rappeler chacun de nous à sa liberté , à sa pensée , à son existence individuelle.
Tous les symptômes extérieurs , qui surviennent dans les typhus pestilentiels , ne sont pas toujours les mêmes; ils varient en effet suivant 1 état des viscères abdominaux , suivant la saison et la température de l'atmosphère , suivant le moral et le régime habituel du malade, en un mot , suivant que la contagion affecte immédiatement, ou le système de la reproduction ( les voies digestives ) , ou le système irritable ( le sanguin, le musculaire, etc. ).
Dans le principe des maladies pestilentielles, il paraît que la lésion des organes les plus extérieurs, et même de ceux qui sont à l’intérieur , a lieu par intumescence , par boursouflement, et qu’ensuite la vitalité diminuant, toutes ces parties naguère boursouflées , s affaissent ou se racornissent : mais cet épanouissement des organes intérieurs ne serait-il pas actifs tandis que celui des organes extérieurs serait passif ï
C'est, au reste , par la lésion de l’organe cutané que les symptômes morbides se manifestent d’abord directement dans le typhus oriental, ou
consensuellement dans îa fièvre jaune, où l’ictère qui paraît être le résultat de 1 état d inertie ou de mort de l’organe cutané, ne doit être considéré que comme la métaptose symptomatique du typhus américain.
Outre l’influence d une atmosphère proportiojinellement chaude et humide, il faut encore que chez les individus qui sont exposés a prendre la fièvre jaune, il existe un certain degré d irritation constante et établie ( par suite d’un régime de vie trop stimulant) sur les organes digestifs et le système biliaire. Mais tout comme 1 état d excitation antérieure du système biliaire prédispose fortement au typhus d’Amérique, de même l'invasion de la peste a lieu par suite d une irritation antérieure et habituelle de la peau, mais sous l’influence d’une température plus chaude ou froide qu’humide.
La peste d Orient et la fièvre jaune , naturellement transmises d’un individu à un autre individu» sont plus intenses que quand elles proviennent d’une action des causes générales : et ainsi, pour bien déterminer leur degré d’activité , il vaut mieux prendre en considération l’influence réciproque des hommes entr’eux, que celle de la constitution atmosphérique. Quant à la promptitude avec laquelle la mort survient, elle est en
raison de l’étendue du foyer contagieux, et du trouble général où l'exposé s’est trouvé au moment qu il a pris la maladie.
Dans les maladies pestilentielles, les progrès de la contagion auront lieu d’après le degré cl animalisation subie par les miasmes contagieux , et souvent la mortalité est moins en rapport avec la véhémence de ces maladies , qu’avec le nombre des malades.
Du reste l’énergie de la contagion de ces typhus est en général en raison du séjour plus ou moins long dans le foyer de l’infection, et de la dominance que chacun de ces typhus présente relativement aux autres maladies régnantes ou intercurrentes .
On peut raisonnablement craindre la propagation des miasmes délétères parmi les habitans d’un pays éloigné de celui où règne un typhus pestilentiel , quand la constitution atmosphérique est à peu près la même que dans celui d’où sont partis les individus qui sont porteurs de ces germes maladifs.
Il n’est point de contagion absolue ; car la fièvre la plus pestilentielle et le plus fréquemment communicable, par exemple le typhus d’Orient , trouve des sujets réfractaires ^ lesquels.
quoique plongés dans une atmosphère miasmatique délétère ? ont le privilège de n’en ressentir aucune atteinte fâcheuse. Ainsi , voilà des individus dont X immunité attestera suffisamment que la peste du Levant n’est pas toujours invariablement contagieuse. Pourquoi cela ? parce qu’ils ne se trouvent point dans la même sphère de dispositions antérieures et actuelles que les sujets qui sont contagiès , et avec lesquels il faut que les exposés qui les approchent ou les soignent, présentent des analogies, des rapports d’organisation et de fonctions , pour qu’ils soient soumis à faction des effluves morbides fournis par les infectés. Aussi, est-on fondé à croire quil ri y a point de contagion à craindre pour ceux qui se portent bien. Mais supposons maintenant que les gens qui fréquentent les pestiférés se trouvent à peu près dans la même position physiologique ou pathologique que ces derniers présentent, bientôt ils se verront passer d’une opportunité maladive à un état vraiment pestL lentiel : et c’est dans ce cas que I on peut être fondé à se dire contagioniste.
La raison qui fait que les maladies par voie de contagion animale sont continues, et que ceïî es par miasmes marécageux sont rémittentes , est que les premières ont heu par l’acte de fassi-
milation cutanée, laquelle s’opère sans interruption* et souvent avec d’autant plus de facilite, que les vapeurs animales dont elle opère l’absorption, approchent déjà d’un état analogue à celui de notre propre substance , tandis que les dernières ne sont le résultat que d’une assimilation digestive , laquelle est moins parfaite et moins continue que la cutanée , et ne s’exerce que sur des substances hétérogènes qui, pour être converties en notre propre substance , ont besoin d’un travail vif et décidé , ainsi que d’une altération complète, et dont la texture permet la formation et le développement des miasmes qui leur donnent une manière d être très-différente de la nôtre.
La lièvre jaune paraît être moins contagieuse dans les Antilles que sur le Continent , probablement parce que , dans la première contrée , l’atmosphère est plus aqueuse, plus dense, le sol plus humecté, parce que les secousses orageuses y sont plus fréquentes , et enfin , parce que les maladies régnantes participent ordinairement du type rémittent.
Si le typhus ictérodes se manifeste plutôt dans les Antilles , etc. , qu’en Egypte , où cependant il a été observé, ainsi que dans la Nubie, en Perse , en Syrie , etc. , ce n’est point précisément
parce que ces îles de l’Amérique sont placées sous la zone torride; mais c’est plutôt parce que la masse d’eau dont ces groupes d’îles sont environnés , diminue et tempère beaucoup la chaleur que leur position particulière devrait leur faire contracter, tandis que l’Egypte, moins rapprochée de l’équateur , est cependant plus échauffée, à raison des sables brûlans qui l’entourent, et que traversent les vents qui se rendent en Egypte. Toutefois, en admettant quelque différence dans la faculté contagieuse des deux maladies pestilentielles , ne pourrait-on pas de-* mander si la fièvre jaune ne serait pas moins contagieuse que la peste, par-là meme que la constitution sous laquelle elle s’établit, est moins éloignée delà diathèse sanguine et inflammatoire , que la constitution pituiteuse sous l’empire de laquelle la peste d’Orient s’établit ?
Est-il constant que le germe des maladies pestilentielles se conserve bien plus long-temps, et qu il soit beaucoup plus actif dans son développement , lorsqu’il est apporté par mer , que celui qui nous vient par terre F
Le danger et l’énergie de la contagion varient suivant l’état défectueux de la transpiration, et suivant que l intus-susception de la contagion s’est opérée ou par assimilation ou par incorpo-
ration . L’on pense encore que cette introduction ou cette incubation des miasmes morbides , se fait moins par la voie de l’inspiration pulmonaire, que par l’inhalation cutanée. Au surplus, il est plus que probable que la sphéricité d’action ou d influence des nerfs g anglionair es (lorsque la maladie a été prise par l’organe cutané ) , doit différer de la sphéricité d’action maladive des nerfs cérébraux, comme les olfactifs et la 5.me paire, laquelle doit s’établir quand la contagion a été prise par le nez, par la bouche, etc.
Point de durée précise pour chaque période des maladies contagieuses. En effet , celle de la première est subordonnée au type et à X acuité de la fièvre. Le développement de la seconde période , qui est celle de la contagion pour les exposés , ne reconnaît pas des époques plus fixes. Malgré celte irrégularité, il est généralement admis que le danger de la propagation ou de la manifestation hors de X infecté ne dépasse pas 4° jours , en comptant de 1 incubation du miasme, et que la longueur de cet intervalle diminue suivant qu’il y a plus de malades réunis, et que leurs rapports avec les exposés sont augmentés, soit dans l’usage de plusieurs éïo s six choses surnaturelles, soit dans l’état d’organisation des parties qui doivent absorber les miasmes fournis par les mêmes parties du contagié.
Des differentes propositions établies ci-dessus, il résulte, i.° que la maladie la plus contagieuse ne F est pas nécessairement toujours; 2.° que quand elle lest, ce n'est point dans tous les temps ou stades, mais seulement dans la fin du 2.% ou au commencement du 3.% qui est celui de la réaction expansive morbide qu éprouve le contagié ; 3.° qu elle peut n’être d abord que sporadique , et qu ensuite , par la réunion de quelques circonstances tirées du malade et de Y exposé , elle devient susceptible de se communiquer et de s’étendre à différens individus ; 4.0 que le faciès de toute maladie contagieuse doit varier suivant le climat, l'individu, etc. etc.; et 5.° qu’une maladie primitivement et simplement épidémique, c’est-à-dire résultant de Faction des six choses non-naturelles sur le corps des gens habitant la même contrée , peut souffrir quelque dégénération , ou plutôt quelque élaboration en se développant chez d 'autres personnes étrangères qui apportent, en abordant dans cette même contrée, une telle disposition maladive commune et individuelle , qu en se trouvant soumis à l’impression de la première maladie épidémique , elles en présentent bientôt une nouvelle dont la marche et les symptômes revêtent le caractère contagieux, qui, par la suite, peut à son tour modifier facilement la première
affection e'pidémique des indigènes, au point de rendre celle-ci egalement contagieuse.
S’il est vrai que l’organe cutané et le système digestif soient les plus compromis dans la fièvre jaune et la peste du Levant, c’est principalement sur eux que doit être dirigée l’action médiate ou immédiate des moyens préservatifs et curatifs.
La ventilation ou flabellation , conséquemment l’exercice modéré, la propreté et les lotions aqueuses, froides surtout, empêchent le séjour des miasmes contagieux sur nos corps, ou du moins tendent à diminuer sensiblement l’énergie et le nombre des attaques partielles fébriles dont se compose une fièvre pestilentielle proprement dite.
Quoique l’on soi t forcé d’avouer que , dans certains cas, des pestiférés négligés guérissaient mieux que ceux qui étaient bien médicamentés , que plusieurs savans praticiens n aient parfois employé, avec quelque apparence davantage, que des boissons simples, comme le petiL- lait , la limonade , etc. ; qu’en général il n’existe pas de méthode curative régulière pour la fièvre jaune, etc., et que l’observance des lois de 1 hygiène était ce que Ton avait de mieux à faire, toujours faut-il en même temps convenir que le meilleur préservatif de la peste, etc., consisterait dans
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l emploi de tout moyen capable d exciter , favoriser, entretenir Y exhalation cutanée , et simultanément de diminuer Y absorption de la peau. C’est pour parvenir à remplir ces differentes indications que i on doit recourir à la sobriété, à un régime doux et même amaigrissant, à une humidité du corps, mais seulement instantanée, à laide de lotions aqueuses simples ou acidulées, plus ou moins souvent réitérées, après lesquelles on ne prendra que des linges et des vêtemens bien secs, et souvent renouvelés, et que l’on remplacera de temps en temps par des frictions huileuses, par des bains entiers ( par immersion de quelques instans), par des fumigations d’acide muriatique, nitrique, etc. Ces différens préservatifs simples ne peuvent qu’être utiles dans le cas d’intus-susception des miasmes pestilentiels , surtout si on y joint le changement de lieu. Relativement aux remèdes à donner à 1 intérieur, il n’en est peut-être qu’un dans lequel j’aurais confiance; ce serait l émélique administré dans le bain , tandis que son emploi de la manière ordinaire ne me paraîtrait que dangereux. Je ne prétends point imposer aux médecins une pratique qui, quelque rationnelle quelle puisse être, est susceptible de différentes modifications , etc. etc. ; et n’exclutpas toujours d’autres précautions , d’autres secours, etc.