‹ Notice sur les manuscrits autographes de Pierre de Lestoile, sur ceux du cardinal de Retz, et l'édition nouvelle de leurs ouvrages;Chapitre 4 sur 8 · VIII. RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

VIII. RÉSUMÉ

Il résulte de l'analyse que nous venons de donner des douze manuscrits de Lestoile :

1° Que nous avons eu à notre disposition cinq volumes autographes entièrement nouveaux pour faire notre édition; 2° que, de ces cinq volumes, celui qui contient le Registre-Journal du règne de Henri III, produit bien au-delà du double de texte nouveau, d'un intérêt plus grand que les textes déjà publiés , et d'une importance historique tout autre que celle des Tablettes relatives au règne de Henri IV ; 3° que ce volume paraît être le seul travail historique et complet qui ait été rédigé par Lestoile ; 4° qu'il fut une mise au net de ce travail, écrite long-temps après l'époque à laquelle il se rapporte ; conséquemment hors de l'influence de passions passagères, et qu'il n'offre plus que dans leur véritable physionomie les faits du règne de Henri III; 5° enfin que ce Registre-Journal nous a conservé, avec une foule d'intéressants souvenirs, des pièces importantes, historiques ou littéraires; et parmi ces dernières on ne manquera pas de remarquer vingt-quatre sonnets inédits d'un poète transcendant du temps,

Amadis Jamio, qui les présenta au Roi en 1578 (i); 6° que, des quatre autres volumes qui sont des Recueils se rapportant aux deux règnes, il a été possible de tirer des pièces intéressantes pour différentes époques, et de compléter ainsi les narrations des Registres - Journaux , ces pièces étant parfois venues à la connaissance de l'auteur après la rédaction de ces registres-journaux ; 7° enfin que , pour les trois volumes de Tablettes. le dernier éditeur avait négligé un grand nombre de fragments intéressants, qui enrichissent aujourd'hui cette nouvelle édition.

A l'égard des notes historiques et biographiques, Petitot s'était contenté d'abréger celles qui existaient dans l'édition de Lenglet Dufresnoy. en y conservant les erreurs assez nombreuses qui les dénaturaient. Nous avons soigneusement revu ces notes, qui sont corrigées et abrégées partout où cela nous a paru nécessaire ; quelques- unes ont été supprimées, étant rendues inutiles par les narrations de Lestoile , ou comme relevant des erreurs qui n'existaient pas dans les manuscrits autographes. Enfin l'on pourra remarquer dans les notes nouvelles quelques pièces historiques qui nous ont semblé dignes d'être tirées de l'oubli.

Les additions que l'on trouve à la fin du Journal de Henri III , renferment deux paragraphes du Journal de Lestoile, qu'un remaniement dans une feuille avait fait oublier. Ces additions contiennent aussi plusieurs documents historiques, dont l'un est la Lettre autographe de Charles IX à son frère le duc d'Alençon, pour le prier de faire donner le collier de son ordre à l'assassin du commandeur de Mouy, huguenot. Les pièces qui accompagnent cette lettre originale, nous offrent aussi un exemple de la littérature répttbli-

(1) Page 107 de notre édition,

vaine en usage au commencement du xixe siècle.

Les pièces diverses contiennent, 1° le titre des écrits qui composent les Drôleries de la Ligue, et toutes les notes autographes de Lestoile, qui les accompagnent et qui ont été négligées par les éditeurs précédents; 2° le certificat de plusieurs seigneurs de la cour qui assistèrent le roi Henri III depuis V instant de sa blessure jusqu'à son décès, publié pour la première fois d'après l'acte original ; 3° le procès-verbal du nommé Nicolas Poulain, lieutenant de la Prévosté de l'Isle-de-France, qui contient l'histoire de la Ligue, depuis le 2 janvier 1585 y jusques au jour des barricades escheues le 12 may 1588; 4° et la Relation de la mort de MM. le duc et cardinal de Guise, par le sieur Miron , médecin du Roy Henri III.

Ces trois dernières pièces se trouvent ordinairement à la suite des journaux de Lestoile sur le règne de Henri III; elles ne sont qu'une simple réimpression. Les suivantes, au contraire, nous paraissent inédites ; le n° V est une lettre du duc de Mayenne au cardinal Alanus, relative à la mort de ses frères; le n° VI contient un témoignage des vexations auxquelles étaient en butte les catholiques présumés huguenots ; enfin les deux lettres de Henri IV, nos VII et VIII, se rapportent , l'une à la mort de Henri de Valois, son prédécesseur, l'autre au projet de campagne qu'Henri IV allait mettre à exécution.

Si l'on nous demandait les raisons qui nous ont déterminés à nous éloigner de la manière d'orthographier le nom de Lestoile , écrit plus généralement LEstoile, nous ferions remarquer que celle que nous avons adoptée se rapproche davantage de l'orthographe primitive , et qu'elle est conforme à celle qui a été adoptée par d'Hozier dans ses cartons généalogiques. Nous ferons observer en même temps que la véritable orthographe serait

peut-être Delestoille : c'est ainsi , du moins , que l'auteur a signé une quittance dont il a déjà été question, et qu'il écrit le nom de son fils dans ses Tablettes. L'acte d'une donation faite par Henri II au père de notre historien porte de Lestoile (manière adoptée par les généalogistes). L'on pourrait aussi indiquer, par différentes quittances des membres de cette famille, données à des époques plus ou moins éloignées , l'histoire de l'orthographe de ce nom. C'est ainsi, comme nous l'avons dit, que l'auteur des Registres-journaux signe Delestoille. Son fils, au contraire, sépare de sa signature le de , et écrit de Lestoille. Enfin , pour trouver la manière plus généralement adoptée, il faut descendre aux arrière-petits-fils de l'historien, aux Poussemothe , qui signent Pouscmothe de L'Estoile. Nous nous sommes ainsi conformés à un usage justifié par quelques exemples, et à l'autorité des généalogistes , assez bonne en semblable matière.

Nous pouvons donc espérer que cette édition d'un livre très connu, sera réellement nouvelle, et que le public indulgent encouragera par ses suffrages les efforts que nous ne cessons de faire pour rendre à la lumière des mémoires historiques ignorés, rendre complets ceux qui ne le sont pas, et ajouter ainsi des documents nouveaux aux annales de la France.

Juin 1837.

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