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Notice Sur Les Modes De Germination Et De Ramification Du Glaux Maritima L

M. Chatin annonce à la Société qu’il existe, non loin de Mantes (Seine-et-Oise), un petit bois où il a été conduit par M. Lecurcur, pharmacien de cette ville, et dans lequel le Lilium Martagon est assez abondant. Bien que cette plante paraisse se maintenir depuis fort longtemps dans cette localité, M. Chatin pense néanmoins quelle s’y est naturalisée.

M. Duchartre fait remarquer qu’un Lis se naturalisant très-difficilement, l’abondance de la plante dans la localité signalée par M. Chatin pourrait bien faire croire à sa spontanéité.

M. Duchartre profite de cette circonstance pour présenter à la Société un Lis du Japon, dont il fait admirer l’éclat et la richesse de tons du périanthe. C’est le Lilium Thunbergianum (variété à fleurs rouge pourpre intense, et qui probablement n’existait pas encore en France).

Enfin, M. Duchartre entretient la Société des observations qu’il a faites sur l’anthèse de la Vigne et sur la fécondation de cette plante.

M. Eug. Fournier, secrétaire, donne lecture de la communication suivante, adressée à la Société :

MARITTMA L. ( par M Fr. KIItSCHLF.GER.

(Strasbourg, avril 1865.)

M. Fr. Buchenau, professeur d’histoire naturelle à Brême, vient de publier dans les Annales de la Société botanique de la province de Brandebourg , 1864, une fort intéressante notice sur l’évolution morphologique du Glaux

maritima L.

En 1861, M. Irmisch avait exposé, dans le Botaniscbe Zeitung, les modes de ramification et de gemmation souterraines de cette plante; mais ce savant et ingénieux morphologiste n’avait pas eu l’occasion de poursuivre la germination du Glaux, ni d’en voir les premières ramifications; il n’avait vu que la plante adulte vers la fin de l’automne.

En 1863, M. Crepin, dans ses Notes sur quelques plantés rares et critiques de la Belgique , 3 e fasc., s’exprime ainsi :

« Dans l’herborisation que fit la Société royale de botanique au commence* » ment de juillet dernier, le long des dunes de la Flandre occidentale, je fus « étonné, en déracinant le Glaux , de trouver ses souches pourvues de nom-

» breux rejets souterrains horizontaux, il est possible que ce fait soit connu, » mais je ne le vois mentionné nulle part. » M. Crepin, dit M. Buchenau, a fait son observation au commencement de juillet 1853 ; il a dû voir les ramifications sloloniformes très-développées, mais pas encore les gemmes de rénovation que l’on ne voit qu’en septembre.

M. Ascherson ( Flore du Brandebourg, 1864) décrit le (Baux xomme muni de stolons.

Lœsel ( Flora prussica , 1703, p. 13, tab. 3) nomme notre Glaux : Alsine bifolia, fructu Coriandri, radice geniculata. Ce dernier caractère est répété par Pollich (FL Pal. 1777).

M. Buchenau fait la remarque que ce mot de geniculata n’est intelligible que pour les initiés (c’est-à-dire que celte prétendue racine est une tige souterraine articulée-géniculée).

C’est donc à M.Thilo Irmisch que revient l’honneur d’avoir parlé le premier des stolons du Glaux, et à 51. Buchenau celui d’avoir, le premier, poursuivi cette plante depuis sa germination jusqu’à son état le plus adulte.

La planche de M. Buchenau renferme 28 figures, qui nous représentent de la manière la plus palpable les faits observés par l’auteur.

Les graines du Glaux sont longues de 1 m 111 ,5, brunes, à test assez épais et inégal. L’embryon, droit, gît dans l’axe d’un albumen corné. Lors de la germination, les deux feuilles cotylédonaires, vertes, linéaires, après avoir épuisé en grande partie le contenu ramolli et liquéfié de l’albumen, dépassent le sol ; et bientôt, dans l’espace de vingt-cinq jours environ, l’axe épicotyle se garnit de trois ou quatre paires de feuilles fronda les, vertes, décussatives, carnosulées, glauques. La racine pivotante se prolonge assez et se divise ordinairement en plusieurs ramuscules. Leur tissu est à cellules grosses, et le suc cellulaire est assez abondant ; ce qui donne à la racine un aspect plus ou moins charnu. Les cotylédons disparaissent ou tombent bientôt après les premiers temps de l’évolution, et la partie hypocotyle de l’axe est séparée de la partie épicotyle par une légère couslriction, où l’on voit ordinairement naître une racine adventive.

La jeune plante, produit de la première année d’évolution, dépasse rarement 0 m ,ü3 de longueur, les feuilles de végétation ne produisent pas de bourgeons axillaires ; mais, de l’aisselle de l'une des feuilles cotylédonaires, se développe une gemme de rénovation pour l’année suivante. Celte gemme commence par une paire de feuilles-squames, placées de gauche à droite. Les autres paires (3-4) suivent dans un ordre décussatif.

De la base de cette gemme se développe du côté de la feuille-mère (ici, l’une des feuilles cotylédonaires,) une forte racine adventive, que nous appellerons rapacée ou napiforme (semblable à celles du Ficaria ranunculoidcs ou des Orchidées). Elle est blanche et opaque, tandis que la racine primitive est diaphane, comme aqueuse.

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