‹ Notice Sur Les Modes De Germination Et De Ramification Du Glaux Maritima LChapitre 2 sur 4 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

A la lin delà première époque de végétation, toute la jeune plante (produit de la germinatiou) meurt ou se flétrit; la gemme ( hibernacle ) seule persiste pour continuer la vie de la plante l’année suivante; elle reste munie de sa racine rapacée , et elle semble comme posée librement sur la terre.

Au retour du printemps, cette gemme (hibernacle) se développe en une petite 4P très-délicate. Mais, avant de pouvoir produire des fleurs, la jeune plante a encore besoin de plus de deux années de roboration ; chaque année la racine rapacée augmente de grosseur.

J’ai eu l’occasion de rencontrer cet été quelques-unes de ces jeunes plantes, où la racine rapacée avait abandonné sa fécule pour le développement de nouveaux entre-nœuds; par la perte de fécule, celte racine rapacée était devenue comme transparente, et alors on distinguait difficilement cette jeune plante, âgée de deux à trois ans, de celle de la première année, produite par la première évolution de l’embryon. Un petit cercle noirâtre, situé au point où l’hibernacle s’est détaché de la plante-mère, fera distinguer la plante produite par la gemme, de celle qui s’est développée de l’embryon.

i\l. Buchenau ne peut pas indiquer exactement le nombre des années de roboration de la jeune plante qui s’est développée de l’hibernacle: mais, après ces années, la jeune plante étant assez réconfortée , on voit se produire des bourgeons axillaires qui vont prendre la forme stolonée. A la base, on voit naître du nœud inférieur un bourgeon (ou gemme) de première évolution axillaire; au troisième nœud, le rameau stoloné a plus de développement ; et au cinquième nœud se produit un bourgeon axillaire de deuxième évolution, muni d’une racine rapacée assez forte et accompagnée de deux radicelles adventives ; le stolon continue sa marche jusqu’au-dessus du sol, et montre alors des feuilles frondales. Mais ce n’est que le bourgeon axillaire de ce stolon, bourgeon muni à sa base d’une racine rapacée, qui, l’année suivante, se développera en plante florifère, qui nous montrera à sa base la racine rapacée, le bout du stolon et une ou deux racines adventives; puis le développement de la gemme à quatre entre-nœuds assez étirés ; à chaque nœud, on trouve des feuilles-squames minimes et des rudiments de bourgeons qui ne se développent pas; au cinquième nœud se produisent des bourgeons stolonés, indéfinis, ou bien, vers le quatrième ou cinquième nœud, on voit se développer un bourgeon axillaire qui grossit et produit de nouveau une assez forte racine rapacée.

Au delà de l’émergence des deux stolons sur l’axe primaire, celui-ci produit, aux nœuds, des rameaux aériens, à feuilles frondales habituelles, à aisselle florifère. Les racines rapacées atteignent en septembre-octobre des dimensions très-fortes, de manière que leur gemme paraît comparativement très-petite, t es racines rapacées sont très-riches en fécule ; elles paraissent charnues, peu flexibles, plutôt fragiles, de couleur blanche ou rosée. L’écorce de cette racine présente une double couche de cellules tubulaires, puis vient

un parenchyme à cellules allongées, cylindracées, atténuées au bout, à suc aqueux, ne renfermant pas d’albumine, composé de nombreux granules amylacés (rarement sphéroîdaux) ne présentant pas de couches superposées et réunis par groupes. Dans le centre de la racine se trouve un faisceau vasculaire formé de vaisseaux scalaires, spiralés, très-ténus.

La coléorrhize de la racine rapacée est presque nulle ; celle des racines adventives, au contraire, est assez notable.

En automne, le bourgeon corrélatif à la racine rapacée présente quatre ou cinq feuilles-squames blanches ou roses, sans chlorophylle; ce n’est qu’au printemps suivant que les feuilles ultérieures atteignent la lumière et que la chlorophylle se développe.

La racine rapacée du G/aux a la plus grande analogie avec les racines grumeuses du Ficaria et des Orchis, si bien décrites par M. Irmisch (Ophrydées). Dans les feuilles frondales, la décussation n’est pas toujours régulière, et quelquefois c’est la neuvième paire qui est placée exactement au-dessus de la première.

Les premières feuilles des rameaux frondaux sont placées à droite et à gauche de la feuille-mère.

La fleur est axillaire sessile, sans préfoliole (ou prophylle).

La fleur, par rapport au premier axe développé de l’embryon, appartient à l’évolution d’un cinquième axe (1, première tige; 2, deuxième tige, produite par un développement du bourgeon à l’aisselle d’une feuille colylédonaire ; 3, stolon; h, tige florifère; 5, fleur). Si le stolon manquait, ce qui peut arriver, la tige florifère appartiendrait au troisième et la fleur au quatrième degré d’évolution. M. Buchenau a trouvé des fleurs tétramères, dont le sépale supérieur était opposé à l’axe, et les quatre étamines alternaient avec les quatre sépales.

A propos de cette notice sur la morphologie des organes souterrains du Glaux maritima, nous nous permettrons d’exprimer un pium desiderium. Jusqu’ici, toutes les flores locales ou générales de France n’ont été que spécificatrices , destinées aux commençants, afin de leur faciliter la connaissance des espèces; dans ces dernières années, la distinction d’un grand nombre de petites espèces est devenue une sorte de manie universelle chez les botanistes, malgré les protestations de quelques contradicteurs français très-autorisés, tels que MM. Decaisne, Naudin, etc. Pour contrebalancer celte tendance uitra-multiplicatrice, je proposerai la rédaction d’une Flore française morphologique , publiée par monographies de familles ou même de genres. Le travail serait divisé entre trente ou quarante botanistes. Il s'agirait de voir venir la jeune plante depuis les premiers temps de la germination jusqu’à la maturité de la graine. Les plantes annuelles et bisannuelles exigeraient peu de développements. Mais ce sont les herbes vivaces qui demanderaient un examen approfondi de leur évolution ; cet examèn serait accompagné d’une

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