NOTICE SI R LES PEINTURES
XVI. Prophète peint sur le second pendentif du côté nord de la nef.
XVII. Prophète peint sur le quatrième pendentif du côté sud de la nef.
Sur les grands murs du transsept, sauf l’appareil figure et la bande ou litre que j ai déjà décrits, on ne voit d’autres traces de peinture qu un grand saint Christophe presque entièrement effacé, et qui ressemble beaucoup à celui de Cunault. D après quelques vestiges fort incertains d’ailleurs, on peut présumer que cette figure est du XVe siècle. Je ne la crois pas exécutée à fresque, mais peinte en détrempe sur l’ancien badigeon.
On aperçoit quelques restes de peintures représentant des anges ou des saints dans la chapelle du transsept nord. Le nom de l’un d’eux, Gabriel, est encore visible. Ces peintures touchent à la statue d’ange dont j’ai parlé plus haut.
Autrefois la voûte du chœur était entièrement couverte de peintures; mais, par suite du délabrement de la toiture, l’humidité a fait tomber l’enduit de presque tout le haut de l’hémi¬
cycle. Sur quelques rares écailles encore adhérentes aux moellons on a reconnu un fragment d’un nimbe crucifère colossal, puis un autre nimbe plus petit dans lequel paraissait une tête d’oiseau . C’en est assez pour faire deviner le motif de la composition. L oiseau nimbé étant évidemment l’aigle de saint Jean, la voûte devait représenter le Christ entouré des attributs symboliques des quatre évangélistes. Aux retombées de la voûte, et dans les niches placées au-dessus des arcades, on a découvert sous le badigeon plusieurs grandes figures, fort effacées il est vrai , mais dont l’attitude et même le caractère sont encore reconnaissables. Il y en a quelques autres semblables , peintes sur les piliers du transsept du côté qui regarde le chœur. Plusieurs ont des vêtements pontificaux, des mitres et des crosses.
La plupart sont nimbées. Toutes, d’ailleurs, ont tellement souffert de 1 humidité et des insultes des badigeonneurs, qu’il serait bien difficile aujourd’hui de les reproduire par le dessin. Ce ne sont plus que des ombres colorées, dont l’œil saisit l’ensemble à distance et qui, de près, deviennent des taches confuses.
Les archivoltes des arcades du chœur sont ornées d’une bordure et de chevrons, dune disposition originale, peints en rouge, en jaune et en blanc. La vignette n°X a fait connaître cette disposition. Des rinceaux de motifs variés, tous très-simples et un peu lourds, couvrent l'intrados de l’arcade qui sépare le chœur du transsept, 1 ébrasement de quelques-
DE L’ÉGLISE DE SAINT-SÂVIN. 43
unes des fenêtres, on bien sont jetés çà et là dans des entre-colonnements entre les fenêtres des chapelles. Les différents motifs de cette ornementation ont été réunis sur le frontispice de cet ouvrage.
La chapelle de Saint-Marin (n° 4) a conservé des vestiges plus distincts d’une décoration fort élégante. A l’intérieur, comme dans toutes les autres chapelles, règne une arcature à hauteur d’appui. Dans chaque arcade on voit une figure de saint peinte, de proportion médiocre et sur un fond jaune uni. Les archivoltes sont peintes en vert et entourées de bordures rouge et jaune. D’autres saints en buste occupent les pendentifs de l’arcature, et autour d’eux se groupent de petits anges vêtus de longues draperies, dans différentes attitudes.
On lit auprès de deux personnages peints dans l’intérieur de l’arcature : HELISABET [sic) et ZACHARIAS. Dans un des trumeaux au-dessus de l’arcature, on distingue une figure en buste d’assez grande proportion, la tête entourée d’un nimbe ailé, et tenant un livre à la main. Cette décoration sera reproduite dans une des planches de cet ouvrage. On voit dans la même chapelle un autre sujet de plus petite proportion peint également sur un trumeau : deux personnages nimbés déposent dans un cercueil une figure nimbée aussi, et revêtue d’une longue draperie noire; une main divine sort du ciel et se dirige vers le bienheureux qu’on va ensevelir. D’après le nom très-ancien de la chapelle, je suppose que c’est l’enterrement de saint Marin qu’on a voulu représenter.
Dans la chapelle voisine (n° 5), paraissent encore quelques grandes figures de saints et d’évêques fort semblables à celles du chœur et tout aussi altérées; auprès de l’une d’elles on lit SCS. NICOLAVS.