PIASTRE
Résultat de trois essais de l'aucienne piastre, d'après le Cambiste universel de Kelfy (t. 11, p. 176 et p. SSg).
Piastre.. . .1787 0,402
Essai fait à ià raouDaie de Londres.
Deux essais de Bonnepille. | 0,406
Essayeur du commerce de Paris.. ) 0,408
' Ces trois essais réunis aux précéden té .
donnent pour la moyenne dé Tàn- .
cienne monnaie 0,404
En adoptant, comme je.Tai fût, pour le poids de Fancienne piastre 1 5»™"',a64^ 9 et pour celui de la nouvelle i x^'^^Jfii^eX pour le titre de la première o"'"-,4o4* et pour celui de la dernière o"""-,a874» et a 1 8^'',89 pour la valeur du kilogramme d'argent tel qu'il est pajé aux changea (j) 9 j^ trouve pour la valeur de Tancienne piètre en monnaie de France i'%35, et pour celle de la nouvelle 0*^,7^,^216.
TjC rapport des poids entre les deux piastres est comme a : 3 ; ^celui qui résulte de leur titre est comme 2^87 : 4o^; et celui de leur valeur intrinsèque est comme 8 : i5. •
Les monnaies de Tunis, ayant été données d'une manière fort inexacte dans plusieurs ouvrages, et aucun d'eux n'ayant fait connaître les noms usités dans les pays, il m'a paru utiFe de joindre à cette notice leurs valeurs respectives , d'après une note que je dois à l'obligeance de M. C TaUn , consul de Suède.
(k) Annuaire du bureau dts iongitades^ p. 4&
MOIV9AIES DE TUlTtâ.
Noms en usage dant le pays- Noms employés par lesAiropéens qui font le
commerce arec TddIs.
l3 j] fA^ii • • • Bourbines 12
=^ 1 Aspre
Bourbes
Asprés 3,'2S =r 1 Carroube
àJ « kdi^ .. . Carroubes 16 = 1 Piastre
Skj '■■
Piastres V. ... 4,5 = 1 Mahboub
La plus petite monnaie en cuivre^ actuellement en circulation 9 est la bourbe ou \ aspre ^ ce dernier n'étant qu'une monnaie û/léâ^. Les bourbines qui avaient autrefois cours ont disparu , ou ne se voient que bien rarement en C^ircu^ation ; cependant on en tient compte dans Içs opérations de change, et dans les comptes qui se tiennent en piastres de i6 carroubes r=:6a4 bourbines, ou autrement 5a aspres.
Une chose digne de remarque, est la coîncî-
(i) Note N.
dence parfaite qui existe entre le poids de Yaitcienne carroube et le gramme.
Ayant pesé -ensemble a8 carroubes d'ancienne monnaie, mais en assez bon état, j'ai eu un poids total de a 7''^"'y)95, nombre qui à 5 milligrammes près, donne un gramme pour le poid^ de chaque pièce; frappé d'une coïncidence aussi remarquable, j'en ai choisi six des mieux conservées , et les ayant pesées séparément, j'ai eu pour le poids de chacune le graipme juste : ainsi voilà Vunité de poids du système décimal^ qui j'est aussi de F ancienne monnaie de Barbarie*
S'il est vrai, comme l'avançaient les auteurs de ce système , qu'un grand avantage devait résulter de ce que toutes les pièces de monnaie pouvaient en même temps servir de poids ; il serait bien à regretter qu'en changeant le titre, on eut aussi changé le poids de la carroube , qui, sous ce rapport , devait même être f)réf!éréeku franc, puisqu'elle représentait à la fois l'unité de poids et de monnaie.
Si la France conserve la possession d'Alger, ne pourrait-on pas profiter d'un hasard aussi heureux, pour remplacer les n^onnàies bizarres (i) actuelle-
(i) Voy. TApercu sur l'état d'Alger publié par le Gouvernement français, lors de Texpédition en i83o, p» i65 , et le Vocabulaire de M. Fincenty publié au8«i à la même époque, et qui donne le tarif des monnaies d'Alger, établi lors du règlement avec le Dey et la France en i8a5.
(ar)
ment en usage, par cet ancien système monétaire, si bien en harmonie avec celui de la France ?
L'administration et le commerce en éprouveraient de grands avantages , et ne seraient plus exposés à la perte de temps et aux erreurs qu'entraînent les conversions, dont ils ne peuvent aujourd'hui se disjikoser.
Les relations fréquentes qui ont toujours subsisté entre Tunis et AFger, ont depuis long-temp& Êiit connaître dans ce dejnier pays les monnaies de Tunis : l'habitude de les voir, de s'en servir, disposerait d'avance le^ habitants en faveur de ce changement , quelque éloignement qu'ils aient pour tout ce qui, tend à froisser leurs anciens usages, auxquels ils tiennent avec une opiniâtreté, qui ne doit cependant pas nous surprendre , puisqu'elle se ren» contre parmi les peuples les plus policés de' l'Europe.