RESULTAT
QUELQUES ESSAIS FAITS POUB DETERMINER LE TITRE DES PIASTRES, TANT ANCIENNES QUE NOUVELLES DE LA RE- GENCE DE Tunis.
Dans les pays les plus civilisés de l'Europe , où des lois fixent le titre des monnaies d'une manière invariable, et où l'on met en usage les procédés les plus parfaits pour y parvenir, il n'est cependant pas rare de rencontrer des pièces de la même valeur, dont le titre n'est pas rigoureusement le même; ce fait est trop bien connu des essayeurs , et de ceux qui s'occupent du commerce des matières précieuses, pour que je m'étende sur ce sujet : on ne sera donc pas étonné de voir que les piastres que j'ai soumises à l'essai n'offrent pas absolument le même résultat, quoiqu'elles soient de la même année, surtout quand on se rappelle , que le gouvernement qui les frappe , est maître d'en altérer le titre , toutes les fois que cela convient à ses intérêts , au moins tels qu'il les entend.
J'ai commencé par prendre le poids (i) total de
(i) Pour faire tous ces essais, je me suis servi d'une balance et des poi ds de Fortin y vérifiés avec le plus grand soin.
( «3) huit nouvelles piastres de l'année 1829, que j'ai trouvé égal à 91 «"""-,845, ce qui donne pour le poids de chaque piastre 1 1 «""•,48 1 ; il aurait été à souhaiter que j'en eusse eu un plus grand nombre à ma disposition pour pouvoir obtenir une moyenne encore plus sûre; cependant, je ne crois pas que la différence eût été bien grande , puisque ces huit piastres étaient k fleuri-coin ^ et n'avaient jamais été en circulation.
Pour montrer combien il était nécessaire d'en prendre ainsi le poids moyen , j'ajouterai, qu'en les pesant séparément, j'en ai trouvé deux qui offrent entre elles une différence de i^"",o68.
En opérant de même avec un nombre égal d'anciennes piastres de diverses années (i), j'ai eu un poids total de i2ia^'",ii4, ou pour la valeur de chaque piastre 1 5«^""-,264; la différence entre la plus forte et la plus faible, est de o«^'",9i6(2),
de l'hégire. Année de J.-C
(i) iao8 1793
Idem Idem. , ^ ,
^ y Selim.
laio . 1795
iai7 i8oa
1222 1807 . . . Mustapha.
1234 . . , . 1819. . . Mahmoud.
(2) Note M.
Les subdivisions de la piastre m'ont offert, entre elles, des différences encore plus considérables, et contre lesquelles il est bon de se mettre en garde, soit pour les essais, soit pour les opérations de change.
Des essais d'argent par le moyen de la coupellation exigent une habitude si grande pour pouvoir y réussir, que ce n'est qu'après avoir confronté mes résultats avec ceux d'un très-habile essayeur du commerce, yi. (T Hennin ^ que j'ai osé me fier à leur exactitude.
Dans le nombre des piastres de l'année 1829 que nous avons essayées , il s'en est trouvé une qui a offert un résultat si peu conforme aux autres que j'ai jugé nécessaire de répéter mon essai jusqu'à trois fois par la voie sèche, et même d'avoir recours à la voie humide pour lever tous mes doutes : les mêmes motifs ont engagé M. d* Hennin à répéter avec les plus grandes précautions ses premiers essais. Cependant, nous avons toujours trouvé à peu près le même résultat.
Cette anomalie confirme ce que j'ai déjà dit sur les erreurs qu'on peut commettre en se rapportant à des essais qui n'auraient été faits que sur quelques pièces de monnaie, fussent-elles de la même année.
Toute monnaie étant un alliage de métaux précieux avec d'autres de moindre valeur, son homogénéité dépend du plus ou moins de soin qu'on aura
( '5) mis à brasser le bain que ces métaux formaient quand ils étaient en état de fusion; car sans cela, l'alliage ne serait point homogène à cause de la différence de pesanteur spécifique des divers métaux employés ; la partie inférieure de cet alliage contiendrait le métal le plus pesant en plus grande quantité que la partie supérieure.
Aussi pour bien s'assurer de l'exactitude du titre d'une monnaie comme celle de Tunis, il faudrait fondre un grand nombre des mémes^ pièces, bien brasser le mélange à l'état de fusion , et ensuite essayer le lingot qu'on obtiendrait de leur masse.
semble 0,287 }
Moyenne 0,287 4
Piastre àe la même année, mais qui offre un titre beaucoup plus bas que les trois autres.
Moyenne 4e 4 essais 0,239 M. d'Hennin.
Moyenne de 3 essais 0,242 ]
knnée de riiégire.
âeJ.-G.