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MONOGRAPHIE ANATOMIQUE ET PHYSIOLOGIQUE

Au point de vue de l’anatomie et de la physiologie, on s’était fort peu occupé de la classe des Arachnides, et cependant sous ce double rapport, il y a peu d’animaux qui offrent un plus véritable intérêt. En effet, les divers types de cette classe, malgré les affinités qui les rattachent les uns aux autres, présentent entre eux les plus remarquables différences et constituent pour les autres groupes d’animaux articulés des termes de transition qui permettent de reconnaître avec plus de facilité, dans tout l’embranchement, une uniformité de plan fondamental, malgré les diversités d’organisation presque innombrables qui s’y rencontrent. Les Arachnides les plus parfaits ont des rapports étroits avec les Crustacés décapodes ; les Arachnides inférieurs tiennent de bien près aux Insectes et les Arachnides les plus dégradés se lient à certains égards avec les Rotateurs et même avec les Vers. Or, sur cette classe d’animaux dont l’étude était si intéressante à tant de titres, tous les naturalistes le savent, on ne possédait que des observations anatomiques et physiologiques détachées, souvent fort incomplètes, et encore ces observations étaient-elles en très petit nombre.

L’auteur, dans une suite de mémoires sur les Arachnides, s’était efforcé, précédemment d’élucider les questions anatomiques et physiologiques demeurées les plus obscures ou même les plus ignorées, mais il a pensé arriver à des considérations d’un ordre plus élevé et à ces généralisations sûres qui sont le résultat de la connaissance approfondie de tous les détails, en poursuivant un travail dans lequel serait envisagé l’ensemble des modifications organiques dans tous les types de la classe.

Il ne saurait être fait mention ici des nombreuses particularités de structure qui ont été signalées pour la première fois dans cet ouvrage, ni des développements que l’auteur, par suite de nouvelles recherches, a été conduit à donner

aux questions qui ont fait le sujet de ses mémoires particuliers. Les résultats de quelques expériences et de plusieurs observations qui n ont pas été publiées ailleurs seront seuls indiqués.

Les expériences propres à faire reconnaître les fonctions des diverses parties du système nerveux sont très difficiles chez les Animaux articulés. Cependant l’auteur a tenté de ce côté tout ce qui lui a paru possible d’entreprendre, dans le but d’obtenir quelque lumière sur ce sujet.

On savait que des Insectes auxquels on a arraché la tète peuvent cheminer encore un certain temps et qu’ils conservent des mouvements réfléchis, malgré l’absence des ganglions cérébroïdes ou cerveau. Il y avait lieu de croire, d’après ce fait, que chez les Animaux articulés, la prééminence des centres nerveux cérébroïdes sur les noyaux de la chaîne ganglionnaire était assez faible. L’auteur a reconnu que dans les Arachnides et notamment chez les Scorpions, les fonctions étaient beaucoup plus nettement localisées.

Dans une première expérience, il avait, chez quelques-uns de ces animaux, piqué les centres médullaires cérébroïdes à l’aide d’une pointe d’aiguille. Tous les individus blessés de la sorte manifestèrent un grand trouble ; ils ne savaient plus se diriger, ils avaient perdu la connaissance exacte de leurs mouvements; toujours ils périrent en moins de vingt-quatre heures.

Dans une seconde expérience, la masse médullaire céphalothoracique fut piquée de la même façon que l’avait été le cerveau chez d’autres individus ; il en résulta seulement quelque gêne dans les mouvements des pattes. Les animaux n’en paraissaient pas autrement affectés, ils continuaient à se diriger comme s’ils n’avaient reçu aucune blessure et à menacer quand on les inquiétait. La mort n’arriva jamais qu’au bout d’un temps assez long.

Il a été ainsi démontré que chez les Arachnides, toute volonté, tout sentiment des objets extérieurs émanent exclusivement des ganglions cérébroïdes. Aucune trace de mouvements réfléchis ne persiste quand ces centres nerveux ont subi une lésion un peu notable, au contraire de ce qui a été constaté chez d’autres Articulés dont le système nerveux n’atteint pas le même degré de centralisation.

Par une série d’expériences dans lesquelles la chaîne ganglionnaire fut divisée tantôt sur un point, tantôt sur un autre, il a été rendu évident que, si la partie placée en arrière de la section conserve encore plusieurs centres médullaires, l’action de ces foyers d’innervation persiste pendant un temps assez long; que cette action s’éteint d’autant plus vite que les ganglions placés en arrière de la

section sont moins nombreux; qu enfin aucune action n’est transmise au moyen des grands cordons postérieurs, si au-dessous de la section il n’est pas resté un seul centre médullaire.

Dans les Arachnides, il existe autour de l’estoinac des glandes volumineuses, dont on n’avait pas examiné la structure, et que les anatomistes avaient fort mal désignées sous le nom de glandes salivaires. L’auteur, après avoir fait une étude approfondie de ces organes et avoir constaté que leur produit est versé dans l’estomac, a été conduit à reconnaître que ce sont des glandes pepsiquesou stomacales. Il a résumé ainsi les résultats de ses recherches sur les fonctions de ces glandes.

« Chez le Scorpion à jeun, l’estomac est vide et très peu mouillé à l’intérieur; si le jeûne a été extrêmement prolongé, les glandes stomacales sont affaissées et contiennent alors peu de liquide. L’estomac vient-il d’être rempli, une excitation est transmise aux glandes, leur sécrétion s’active, ses produits arrivent dans l’estomac, les aliments s’humectent, et au bout d’un temps assez court ils se réduisent en une pulpe de couleur brunâtre. Ces faits peuvent être constatés aisément si l’on observe successivement plusieurs individus, à des intervalles un peu variés, après leur repas. On se convainc alors que les parois de l’estomac ne produisent pas le suc gastrique, que ce suc est fourni par les glandes. Nous l’avons dit, cette sécrétion est toujours acide, mais son acidité augmente beaucoup pendant la digestion, comme le prouve son action sur le papier de tournesol.

» D’après nos recherches, les glandes stomacales ont donc pour fonction de fournir le suc nécessaire à la digestion, l’analogue du suc gastrique. Pour l’observateur qui se décide à suivre la marche du phénomène, en portant ses investigations sur un grand nombre d’individus, il ne saurait rester d’incertitude ; cependant il nous a paru que ce n était pas encore assez; nous avons voulu recourir à une expérience décisive : il s’agissait d’avoir une digestion artificielle. Un obstacle très sérieux se trouvait dans la petitesse des parties et dans la faible quantité de liquide qu’il est possible d’en obtenir ; néanmoins, pouvant à une époque disposer d’une grande quantité de Scorpions, nous n’avons pas hésité à tenter P épreuve.

» Ayant mis dans une capsule de verre de petits fragments arrachés d’une

Mouche vivante, on prit les glandes stomacales de plusieurs Scorpions, et une gouttelette fut exprimée de chacune d’elles au moyen d’une pince fine. Les fragments de la Mouche, étant baignés par une certaine quantité du liquide extrait des glandes stomacales et un peu agités, disparurent bientôt : ils étaient dissous.

L’évaporation d’une aussi faible quantité de liquide que celle qui avau été obtenue étant, rapide, il resta au fond du vase un résidu homogène semblable à celui que l’on trouve dans l’estomac d’un Scorpion après la digestion. »

Personne 11e s’était inquiété de la manière dont se font les inspirations et les expirations qui produisent l’entrée et la sortie de l’air dans les organes respiratoires des Arachnides, l’auteur en a fait connaître le mécanisme dans les termes suivants :

« Les stigmates étant béants, ainsi que les orifices des lamelles pulmonaires, Pair s’y introduit naturellement. Mais l air doit être expulsé et sans cesse renouvelé ; dans cet acte de la respiration, les piliers musculaires de l’abdomen jouent un rôle important. Elevant par leurs contractions la paroi ventrale et abaissant la paroi dorsale, ils resserrent la cavité abdominale dans le sens de son épaisseur, et déterminent ainsi une pression sur les poches pulmonaires ; une partie de Pair s’échappe alors, il y a expiration.

» Les piliers musculaires se relâchant, l’abdomen se dilate, il y a inspiration. Ces mouvements s’aperçoivent sur l’animal vivant; bien qu’ils soient assez faibles, on les distingue aisément, en y portant une attention un peu soutenue.

» D’un autre côté, les stigmates se ferment et s’ouvrent plus ou moins; ces mouvements sont exécutés par des muscles que nous avons décrits. Les muscles latéraux transverses agissant, obligent les bords du stigmate à se rapprocher ; l’action du muscle oblique les force à s’écarter. »

La configuration générale des organes du venin était à peu près connue dans les Arachnides ; mais, chose étrange, on n’avait aucune idée des caractères physiques du venin lui-même. L’auteur a montré que ce liquide, ordinairement d’une certaine acidité, tenait constamment en suspension des corpuscules d’une forme déterminée et il se demande si ces corpuscules ne joueraient pas le rôle d’un ferment toxique.

§ 2. — Classe des Acéphales ( Mollusques ).

Cette partie de l’ouvrage sur Y Organisation du Règne animal est beaucoup moins avancée que celle qui concerne les Arachnides ; cependant l’auteur a déjà exposé pour les Pholades tout ce qui est reîatifà la structure de la coquille, aux muscles et aux mouvements qu’ils produisent, au système nerveux, à l’appareil

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digestif, aux organes de la respiration et à l’appareil de la circulation du sang, et pour les Solen et les Pecten , ce qui est relatif au système nerveux.

§ 3. — Classe des Reptiles.

Au point où en est arrivée la publication concernant l’organisation des Reptiles, il y a une exposition comparative du système osseux dans presque tous les types. Comme plusieurs d’entre eux n’avaient jamais été observés, les affinités naturelles de divers groupes de l’ordre des Sauriens se sont manifestées autrement qu’on n’en avait jugé d’après la considération du système dentaire et des caractères extérieurs. L’auteur a déjà fait connaître aussi la distribution générale des artères et des veines dans les Stellions, et le système nerveux grand sympathique dans un autre type de Sauriens (Scinques) ; on sait que jusqu’ici le grand sympathique n’avait été observé que d’une façon très incomplète dans la plupart des Reptiles.

§ 4. — Classe des Oiseaux.

L auteur a exposé ici les caractères ostéologiques de plusieurs familles de la

classe des Oiseaux, comme les Perroquets, les Pics, les Martins-Pêcheurs et l’Aptéryx. Dans ce dernier type, il a constaté la persistance des sutures entre les os du crâne jusqu’à l’état adulte; or, on sait que dans tous les autres Oiseaux les sutures disparaissent de très bonne heure. Il est donc impossible de ne pas voir là dans F Aptéryx un nouveau fait qui l’isole jusqu’à un certain point des autres formes ornithologiques. L’auteur s’est encore occupé de la disposition et du mode d’insertion des plumes.

§ 5. — Classe des Mammifères.

Jusqu’au moment actuel une seule livraison de cette partie de l’ouvrage a été publié. Elle contient l’exposition des caractères ostéologiques d un type de l'ordre des Primates, le genre Tarsier. L’auteur a particulièrement étudié les changements que subit la conformation de la tète depuis le moment delà naissance jusqu à l’état adulte.

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