ANIMAUX ANNULÉS
I* — Recherches sur l’organisation des Vers.
Un vol. in-4°, accompagné d’un atlas de 25 planches.
Il y a seulement une quinzaine d’années, les Vers, particulièrement ceux que l’on a qualifiés de Vers intestinaux , réclamaient, de l’aveu de tous les naturalistes, une étude approfondie. Ces animaux, recherchés avec persévérance, avaient été décrits et catalogués avec soin, et pourtant on savait fort peu de chose de leur structure, au moins pour le très grand nombre des types de cette grande division zoologique.
Les plus imparfaitement connus de ces Vers intestinaux, désignés sous le nom de Parenchymateux, étaient regardés par Cuvier (. Règne animal , 1 830) comme formés « d’un parenchyme continu simplement creusé de canaux. » L’illustre zoologiste ajoutait : « Si l’on excepte quelques vestiges douteux dans » la première famille (Echinorhynques), on ne distingue rien qui ait l’apparence nerveuse. »
Quinze ans plus tard, les naturalistes les plus autorisés, M. Dujardin en France (. Histoire des Helminthes ou Vers intestinaux, 1845), M. Siebold en Allemagne (. Lehrbuch der vergleichenden Anatomie, 1845), constataient encore l’état d’ignorance presque absolu dans lequel on demeurait à l’égard de l'appareil de la sensibilité chez les Vers intestinaux, et signalaient le défaut de
notions précises sur l’appareil vasculaire de ces êtres dont tout l’organisme était considéré comme extrêmement dégradé.
C’est à l’époque même où de toutes parts on déclarait la science si peu avancée relativement à l’organisation des animaux annelés inférieurs, que l’auteur entreprit ses Recherches sur L’organisation des Vers . Dirigeant successivement ses investigations sur les différents types et sur une longue suite d’espèces, de façon à être à même de contrôler les faits au moyen les uns des autres et à pouvoir s’élever à des généralisations, il parvint non-seulement à mettre hors de doute f existence du système nerveux, mais encore à en montrer la disposition et les modifications jusque dans les plus petits détails.
A l’aide d’in]ections, jusqu’alors jugées impraticables sur des animaux de très petite taille et de consistance molle, l’auteur réussit à mettre en évidence pour tous les yeux le riche appareil vasculaire dont les Vers sont pourvus, appareil à peine entrevu chez quelques espèces, nullement soupçonné chez les représentants de plusieurs des principales divisions naturelles [Cestoïdes (Ténias), Nématoïdes]. L’auteur a montré que les vaisseaux avaient des parois propres, qu’on parvenait à les isoler par une dissection délicate; que, contrairement à une opinion émise, il n’y avait jamais entre eux et les ramifications intestinales aucune communication directe.
Les naturalistes ont pu interpréter diversement le rôle physiologique de l’appareil vasculaire des Annelés inférieurs, mais tous les faits anatomiques consignés dans les Recherches sur L’organisation des Vers ont été, sans exception, reconnus d’une entière exactitude. D’ailleurs ces faits, mis sous les yeux d’un grand nombre de zoologistes de tous les pays, ont été tout particulièrement vérifiés par une commission de l’Académie composée de MM. Milne Edwards, Rayer et Valenciennes.
M. le rapporteur s’est exprimé ainsi :
a M. E. Blanchard a le grand mérite d’avoir répondu, d’une manière posi- » tive, à plusieurs de ces questions (les questions relatives au système nerveux » et au système circulatoire), et même aux plus difficiles. Il a montré aux » membres de la Commission , sur des préparations aussi délicates que bien » faites , et par conséquent fort nettes, les appareils de plusieurs de ces systèmes » généraux. Il faut aussi faire remarquer qu’il a eu l’adresse et l’habileté d in- » jecter les vaisseaux d’animaux qui n’ont souvent que 3 ou h millimètres de » longueur. Les observations anatomiques qu’il présente dans son travail ne » sont pas le résultat d’un examen des organes vus à des grossissements plus ou » moins forts, et à travers la transparence plus ou moins parfaite des tissus. » Nous devons louer M. Blanchard sur la méthode suivie dans ses recherches. » Il a donc été démontré que les Vers, regardés comme des animaux d’une ex-
traîne simplicité, possédaient au contraire une organisation fort complexe ; que leur dégradation se manifestait, non par la disparition des grands appareils organiques, mais par leur diffusion et par la répétition de parties similaires; ce qui apporte un fait considérable à l’appui des lois de perfectionnement et de dégradation de l’organisme dans les êtres animés.
En comparant tous les éléments fournis par de nombreuses observations, l’auteur a eu aussi pour but l’appréciation exacte des analogies, des affinités et des différences que présentent entre eux tous les Vers, et l’appréciation des caractères de leur organisation qui les rapprochent ou les éloignent des aqtres Annelés.
Le nombre et la variété des sujets traités dans les Recherches sur l'organisation des Vers sont tels, qu’il est nécessaire de donner l’indication des parties principales pour en montrer la nature.