‹ Notice sur les principaux travauxChapitre 3 sur 18 · I. — Sur les Trématodes · texte numérisé non relu

I. — Sur les Trématodes

Annales des sciences naturelles, t. VIII, p. 276 (1847).

Les Trématodes formant un des ordres les plus considérables et les mieux caractérisés du groupe des Vers intestinaux, l’auteur s’est attaché à en faire une étude minutieuse. 11 a porté ses investigations sur une longue suite d’espèces appartenant à tous les genres principaux, de manière à pouvoir comparer entre les divers représentants de cet ordre naturel toutes les modifications d’organisation.

Après avoir constaté la grande ressemblance et les petites différences du système nerveux des Trématodes avec celui des Planaires et des Malacobdelles, l’auteur a fait un examen sérieux de cet appareil chez les Tristomes, où il n’avait jamais été observé, et chez les Distomes et les Amphistomes, où il n’avait été vu que d’une manière assez incomplète pour laisser à plusieurs naturalistes les plus grands doutes sur son existence même.

Le système x asculaire aperçu dans quelques espèces au moyen de la transparence des téguments n’était pas non plus nettement déterminé. La question de savoir s’il existait ou s’il n’existait pas de communication directe entre les vaisseaux et l’appareil digestif, s’est trouvée résolue à l’aide d’injections diversement colorées, introduites dans l’appareil alimentaire et dans les vaisseaux. En même temps les différences que les Trématodes présentent entre eux sous le rapport de leur système vasculaire ont été mises en évidence.

M. Valenciennes, rapporteur de ce travail, a dit à ce sujet :

« L’babile auteur du mémoire dont nous rendons compte nous a montré aussi

» les plus heureuses injections des vaisseaux de l’Amphistome. On voit sur ces » Vers, longs de 2 à â millimètres, les plus fines et les plus admirables rarnifiy> cations de vaisseaux cutanés, en même temps que les troncs plus gros naissant n de la grande couronne du pourtour de la bouche, et qui se renflent en petits » culs-de-sac arrondis. Cette disposition peut être signalée comme une tendance » de la nature vers la distribution du sang dans des lacunes des autres animaux. » Les organes de la génération étaient restés fort incomplètement connus, la continuité des parties n’ayant pu être suivie par l’examen microscopique au travers des tissus. Ou avait considéré parfois des organes de l’un des sexes comme appartenant à l’autre. En isolant chaque partie, par la dissection l’auteur en a suivi et représenté les détails. Comme la forme de ces organes est assez variable suivant les espèces, il s’est attaché à montrer le parti que la zoologie devait en tirer pour la caractérisation des groupes naturels.

§ 2. — Sur tes Cestoïdes-Ténias , etc.

Annales des sciences naturelles, t. X, p. 321 ( 1848).

On ne croyait guère à l’existence d’un système nerveux chez ces êtres si singuliers, et la petitesse de la tête est telle, dans la plupart de ces Annelés, qu’une dissection paraissait peu praticable. L’auteur s’étant procuré des Ténias dont l’extrémité céphalique a un volume un peu plus considérable que d’ordinaire, il a réussi à isoler les nerfs et les ganglions de manière à faire constater leur présence par plusieurs naturalistes, et notamment par MM. les commissaires de l’Académie. Le rapporteur a dit au sujet des Cestoïdes :

« En étudiant de nouveau chacune des principales espèces de ces groupes, » M. Blanchard est arrivé à généraliser plusieurs faits très importants. Il a » démontré l’existence des nerfs dans les Ténias du Cheval, du Loup, de la » Fouine, en suivant les filets nerveux qui partent des quatre ganglions placés » par paires autour de l’œsophage, pour se diriger, par plusieurs branches, » vers les ventouses, ou, par un seul long filet, à travers les articulations du » corps. Le Ténia de la Fouine est une des espèces où cette préparation peut » être faite avec plus d’évidence, à cause de la grosseur de la tête du Ver. Il a » découvert dans ces Helminthes les vaisseaux de l’appareil circulatoire : ils sont » doubles, et ils communiquent entre eux par de nombreuses ramifications vas- » culaires qui rampent sur la surface de la peau. Dans les préparations que » M. Blanchard nous a montrées pour appuyer ses observations, il avait eu le » soin d’injecter les canaux gastriques par un liquide différemment coloré de » celui qu’il avait fait pénétrer dans les vaisseaux sanguins. Ces pièces anato-

» iniques montrent que ces organes ne communiquent pas avec les canaux gas- » triques, et qu’ils appartiennent à un système tout à fait différent. »

M. Siebold [Manuel d'anatomie comparée ) considérait les Cestoïdes comme très imparfaitement connus sous le rapport de leurs organes génitaux, la difficulté d’isoler ces parties par la dissection n’ayant pas permis de les suivre en entier. L’auteur croit avoir résolu cette difficulté. Il a montré que si les Ténias se rapprochaient des Trématodes par la réunion des sexes, ils en différaient considérablement par la disposition anatomique de l’organisme.

Ses observations ont, du reste, été confirmées par les recherches plus récentes de M. Van Beneden.

§ 3. — Sur les Helminthes (. Nématoïdes ).

Annales des sciences naturelles , t. XI, p. 138 (184 7).

Les Nématoïdes, à certains égards plus faciles à disséquer que les autres Vers, avaient été déjà un sujet d’études pour plusieurs anatomistes, et principalement pour M. J. Cloquet. Cependant l’existence de leur système nerveux et de leurs vaisseaux était restée un problème. L’auteur est parvenu à mettre à découvert chez les Ascarides et les Filaires de très petits noyaux médullaires placés de chaque côté de l’œsopbage, et à reconnaître combien, sous le rapport de la disposition du système nerveux, les Nématoïdes s’éloignent des autres Vers.

M. Valenciennes, dans son rapport fait à l’ Académie en 18/l7, a résumé, dans les termes suivants, les nouvelles observations faites sur les Nématoïdes :

« Nous arrivons enfin à la classe des Nématoïdes. Ceux qui se rappellent ce » que M. Jules Cloquet a publié sur ces animaux, les doutes exprimés sur l’exis- » tence du système nerveux, ou la négation absolue de tout appareil circula- » toire, que les auteurs les plus célèbres ont consignés dans leurs ouvrages, » jugeront, comme nous, queM. Blanchard a fait une véritable découverte, en » montrant les vaisseaux injectés des Ascarides. On voit, en effet, sous la » trompe œsophagienne, un très petit renflement rougeâtre, d’où sort un vais- » seau qui se réfléchit en passant au-dessus de l’œsophage, et qui se prolonge » dans toute l'étendue du corps. Un autre filet sanguin sort du même cœur » rudimentaire et court sur toute l’étendue des téguments, au-dessous de l’in- » testiu. Je n’ai trouvé dans aucun auteur le moindre passage qui me fasse » croire qu’un anatomiste avait déjà entrevu cette organisation. Ces vaisseaux » suivent ces deux lignes blanches faciles à voir dans T Ascaride, et dont » M. Cloquet avoue lui-même n’avoir pu reconnaître la nature. Il faut bien » observer que les deux filets sanguins ne constituent pas la ligne blanche dont

» nous parlons. M. Blanchard a suivi, dans l’Ascaride, les nerfs, depuis leur » ganglion jusqu’à leur plus grande ténuité. »

D’une manière générale, l’appareil alimentaire et les organes de la génération étaient connus chez les Nématoïdes, mais il restait beaucoup de points à examiner, pour être en mesure de déterminer les modifications que subissent ces organes. L’auteur s’est efforcé de combler en partie cette lacune, en décrivant et en représentant avec exactitude ces systèmes organiques dans la plupart des groupes et des genres, et en les employant comme caractères zoologiques.

§ Ù. — Sur les Acantliocépliales.

Annales des sciences naturelles , t. XII, p. 9 (1849).

Les Acanthocépbales ou Echinorhynques sont les Vers chez lesquels certains détails d’organisation sont encore obscurs. L’auteur, après avoir fait une étude minutieuse de ces animaux, a fait reconnaître les points de ressemblance qui existent entre eux et les Nématoïdes.

§ 5. — Sur les Aporocéphales ou Planariées .

| Annales des sciences naturelles, t. VIII, p. 143 et 271 (1847).|

Les animaux marins et fluviatiles, connus des naturalistes sous le nom de Planaires et désignés par M. de Blainville sous celui d’ Aporocéphales, avaient déjà été l’objet d’observations assez nombreuses et fort remarquables; cependant quelques points d’une grande importance restaient à éclaircir. Plusieurs anatomistes, observant toujours ces animaux par transparence, avaient cru y reconnaître un réseau vasculaire, et niaient l’existence d’un système nerveux. D’autres, au contraire, avaient vu une partie du système nerveux et refusaient aux Planariées un appareil vasculaire. L’auteur, ayant rencontré des Planaires de grande taille, a réussi à isoler leur système nerveux et à mettre en évidence deux chaînes ganglionnaires latérales très analogues à celles des Malacobdelles.

Quant à l’appareil vasculaire, l’observateur est parvenu à l’injecter et à l’isoler ensuite par dissection. Cette recherche l’a conduit à reconnaître que les vaisseaux principaux aboutissaient à une petite lacune entourant le cerveau. De la sorte s’est trouvée expliquée cette contradiction des zoologistes qui croyaient ne voir qu’un cerveau là où d’autres pensaient apercevoir un cœur, ou tout au moins un centre circulatoire.

§ 6. — Sur les Némer tiens.

Annales des sciences naturelles, t. XII, p. 28 (1849).

Chez ces Annelés, l’appareil circulatoire, étudié par transparence sous le microscope, avait paru ne présenter que trois gros vaisseaux longitudinaux sans ramifications. Malgré les. difficultés causées par la fragilité des Némertiens quand il s’agit soit de les disséquer, soit de les injecter, l’auteur, après beaucoup d’essais, a réussi à faire pénétrer un liquide coloré par le vaisseau dorsal, et bientôt il a vu se remplir les vaisseaux latéraux, pour vus de branches et d anastomoses nombreuses. Cette expérience a montré chez les Némertiens une complication dans le système vasculaire plus grande qu’on ne la supposait, et a permis de reconnaître une certaine analogie avec les réseaux vasculaires des Planariées et des Trématodes.

§7. — Sur les Malacopodes. — Genre Peripatus.

Annales des sciences naturelles , t. VIII, p. 37 (1847).

Un animal étrange, le Péripate, d’abord décrit comme un Mollusque, classé ensuite avec plus de raison parmi les Annélides errants, et regardé par de Blainville comme le type d’une classe particulière, méritait une attention spéciale. L’auteur ayant eu l’occasion d’étudier une nouvelle espèce de Péripate propre au Chili, s’est attaché à déterminer les rapports et les différences d’organisation qui existent entre ce type remarquable et les autres Vers.

§ 8. — Sur les Acanthothèques ( Linguatules ).

Annales des sciences naturelles , t. XII, p. 36 (1849).

Les représentants de ce groupe offrent des caractères qui les éloignent totalement des Vers et les rapprochent au contraire des Crustacés. Ce sont cependant les animaux dont les naturalistes se sont servis exclusivement pendant

longtemps pour démontrer l’existence des nerfs chez les Vers. Les anatomistes n’avaient vu néanmoins que la partie' inférieure du système nerveux, et avaient été ainsi conduits à penser qu’il n existait pas de ganglions supérieurs. L auteur a retrouvé ces centres nerveux supérieurs et plusieurs petits noyaux médullaires qui distribuent leurs filets nerveux à 1 appareil digestif. Cette observation a

permis de généraliser les caractères tirés de la disposition du système nerveux dans r embranchement des Animaux annelés.

M. Van Beneden, qui depuis a examiné une espèce voisine de celle étudiée par l’auteur, a confirmé le résultat obtenu par ce dernier.

« Le système nerveux nous a occupé ensuite, ditM. Yan Beneden, et le résul- » tat de ces dernières observations est conforme dans ses parties essentielles » avec les observations de M. E. Blanchard (1). »

Plus récemment, M. Valenciennes a vérifié encore les mêmes faits sur une troisième espèce, et a constaté l’exactitude des recherches de M. Blanchard.

§ 9. — Sur les Siponcles (Sipunculus).

Annales des sciences naturelles, t. XII, p. 51 (1849).

Les Siponcles, animaux très singuliers, classés tantôt parmi les Zoophytes, tantôt parmi les Vers, avaient été considérés en dernière analyse comme ayant un système nerveux consistant en un simple cordon et en un collier œsophagien sans ganglions. L’auteur a observé le premier les centres nerveux supérieurs, et a reconnu l’existence d’un système nerveux viscéral très distinct. Ces observations ont été faites sur deux espèces de la Méditerranée : les Sipunculus nudus Lamk, et Sip . rufo-fimbriatus Blanch.

II. — De la propagation «les Vers qui habitent le corps de l’homme

et «les animaux.

Comptes vendus de l'Acad. des sciences, t. XXVI, p. 355 (1848).

On sait combien la plupart des faits touchant la propagation des Vers étaient restés obscurs jusque dans ces derniers temps. L’auteur s’est d’abord attaché à prouver que les êtres sur lesquels on s’est le plus souvent appuyé pour soutenir l’hypothèse des générations spontanées, sont les mieux partagés peut-être sous le rapport de la fécondité ; chez eux, en effet, les ovaires occupent la plus grande partie du corps, et l’on compte d’ordinaire les œufs par myriades.

Ensuite il a montré, avant toute observation directe sur ce sujet, que beaucoup de Vers intestinaux, comme les Trématodes, devaient vivre dans des conditions biologiques différentes pendant les premières phases de leur vie.

(1) Recherches sur V organisation et les développements des Lingualules ( Mémoires de l’Académie de Bruxelles , t. XV, part. I, p. 188 (1849), et Annales des sciences naturelles , t. XI, p. 313).

Pour la Douve du foie, si abondante chez les Ruminants, il a le premier constaté que les œufs passent des canaux biliaires dans le canal cholédoque, puis dans l’intestin, et arrivent enfin dans le rectum, pour être bientôt expulsés au dehors.

Les recherches récentes des zoologistes sur les migrations et sur le développement des Vers ont confirmé de tous pointsles opinions émises par fauteur d’après certaines données qui lui avaient paru concluantes.

III. — Mémoire sur un animal appartenant au soiis-enilirancliement

des Vers. Le genre Malacolnlelle (J faiacobdelitt de Blaiuville).

Annales des sciences naturelles, 3* série, I. IV, p. 364 (1845).

En 1799, Othon Müller faisait connaître, sous le nom de Hirudo grossa , un Annele qui avait été découvert entre les branchies d’un Mollusque acéphale du genre Venus. Près de trente ans plus tard, M. de Blainville rencontrant un animal très analogue chez un Acéphale du genre Myie, en forma le genre Malacobdelle, qu’il plaça dans la famille des Hirudinées.

Néanmoins, tout à peu près était demeuré inconnu à l’égard de l’organisation de ce type, lorsque l’auteur eut à son tour l’occasion de l’observer. La peau, les muscles, l’appareil alimentaire, le vaisseau dorsal, ont été représentés et décrits dans son mémoire ; mais il s’est attaché surtout à faire connaître le système nerveux de ce Malacobdelle. Il a montré que les ganglions cérébroïdes étaient rejetés sur les côtés de l’œsophage et unis par une large commissure, et qu’au lieu d’une chaîne médiane comme chez les Sangsues, il y en avait deux, descendant le long des parties latérales du corps. L’observateur s’est appliqué à suivre ce système nerveux dans ses moindres détails et à faire ressortir combien cette disposition anatomique, à peine entrevue alors chez quelques autres Annelés, éloignait les Malacobdelles des animaux parmi lesquels on les avait rangés d’après la considération seule d’une certaine ressemblance dans la forme extérieure.

Les Malacobdelles ont fourni l’exemple le plus parfait que l’on connaisse encore du système nerveux bilatéral particulier aux Annelés inférieurs ; aussi les ligures que fauteur en a données ont-elles été reproduites dans un grand nombre d’ouvrages étrangers.

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