Température des tubercules en gémination
(Bulletin de la Soc. bot. de France, t. XXXVII, 1890, p 169).
: Normalement les tubercules de la Pomme de terre sont toujours de l : à 2 degrés plus chauds que le milieu ambiant. Or, j’ai trouvé pour upl tas de Pommes dé .terre une température de 39 degrés centigrades, alors que l’air extérieur ne marquait que 18 à 19°. J’explique dans ma eom- ; munication à Ja Société de botanique que cette forte élévation de température.est due à des conditions particulières de faible déperdition de chaleur. Comme conséquence, j’en déduis que si le rejet continuel de la. chaleur produite pour les êtres vivants n’avait pas lieu, il. en résulterait probablement des troubles considérables dans les fonctions vitales. La dépense continue de la chaleur produite est une condition essentielle de la vie. C’est un phénomène comparable aux excrétions ; lorsque celles-ci s’accumulent dans les tissus, elles tendent à diminuer leur vitalité. ;
H. — Méthode nouvelle pour l’étude des atmosphères internes chez, les végétaux.
[Bulletin de la Société Philomathique, 8« série, t. II, 1890-91, p. HO, avec flg. dans le texte).
Aucune bonne méthode générale n’existe en physiologie végétale pour étudier les gaz confinés dans les tissus des plantes. La plupart de celles qu’on a. employées ne respectent pas les conditions essentielles de la vie, ni l’intégrité des sujets.
■ La méthode nouvelle que je présente consiste en principe à placer une atmosphère limitée en communication directe avec l'atmosphère des tissus vivants ; il faut que cette atmosphère ne puisse se renouveler qu’à travers ces tissus, que l’appareil soit disposé de manière à pouvoir faire des lectures de pression ou des prises de gaz aussi souvent qu’on le- désire, et que la plante continue à vivre normalement.
La figure contenue dans cette note représente une des applications les plus simples de la méthode. Une cavité creusée dans une Pomme de terre, constitue une lacune artificielle, à laquelle un tube clos d’autre part est adapté : le système renferme un air confiné qui ne peut se renouveler qu’en traversant les tissus. L’équilibre entre cet air et les gaz internes de la Pomme de terre a lieu au bout d’un ou deux jours, et dès lors il suffit d’analyser un peu de gaz contenu dans la lacune artificielle pour connaître la composition de l’atmosphère interne.
Ce système, modifié selon les circonstances, m’a rendu de grands services dans mes recherches. 11 présente deux avantages marqués : La vie de la plante est respectée et l’on peut faire des expériences continues sur le même sujet.
La méthode dont je viens de parler m’a permis de déterminer facilement la nature des gaz contenus an sein du parenchyme massif des tubercules et racines turberculeuses. II était permis de penser que l’air, avant d’arriver dans les parties profondes de ces organes compacts et volumineux serait privé de tout son oxygène, mais j’ai reconnu qu’il n’en
L’atmosphère interne des tubercules et'racines tuberculeuses contient toujours . de l’oxygène eu proportion notable.
Après cette constation j’étudie la manière dont se produit l’aération de ces tissus. Après avoir constaté la porosité des organes, et décrit succinctement quelques expériences décisives, je termine par les conclusions
« Les échanges gazeux des tubercules et racines tuberculeuses se produisent de trois manières différentes quicoexistentordinairement toutes ensemble et additionnent leurs effets :
1° Echanges par diffusion de gaz libres à travers les pores de l’enveloppe.
2“ Echanges par diffusion à travers la membrane à Vètal de gaz dissous.
3”, Echanges par courant de masse gazeuse à travers les pores deîenveloppe.
Ces résultats me paraissent applicables à toutes les plantes aériennes.
Cette comunication est le résumé des principaux points d’un travail étendu, en cours de publication, dont je parlerai plus loin(p. 22).
13. — Les échanges gazeux d’un tubercule représentés schématiquement par un appareil physique.
28 nov. 1890.)
J’ai cherché à vérifier sur un appareil artificiel la théorie du mécanisme des échanges gazeux que j’avais adoptée pour les organes végétaux massifs.
L’appareil se compose d’une cloche remplie par exemple de graines en germination et fermée par une membrane de parchemin végétal percée de quelques fines ouvertures. Les graines représentent les tissus poreux en état de respiration ; la membrane représente l’enveloppe péridermique du tubercule. Avec cet appareil j’ai fait les,observations suivantes :
L’atmosphère interne de la cloche contient toujours moins d’oxygène et plus de gaz carbonique que l’air libre'. Quand la membrane est humide la proportion de gaz carbonique diminue, celle d’oxygène aussi. Quand la membrane est sèche au contraire les proportions de gaz carbonique et d’oxygène augméntent simultanément. Les mêmes phénomènes se produisent dans les mêmes conditions surune Pommede terre
Comme conséquence, on reconnaît qu’il doit se produire des changements de pression et des mouvements généraux des gaz, et l’expérience vérifie entièrement toutes les prévisions soit sur l’appareil, soit sur la
Le parallélisme est complet. Ce résultat est la preuve expérimentale de la théorie proposée car toutes les données delà Physiologie ont été transportées dans ce cas dans le domaine de la Physique pure.
14. — Hypertrophie des lenticelles de la Pomme de terre et de quelques autres plantes.
(Bull, de laSoe. de bot., janv. 1891).
Le tubercule des Pommes dé terre possède à sa surface des lenticelles qui servent aux échanges gazeux respiratoires, comme je l’ai démontré expérimentalement (1). Ces organès se développent beaucoup dans Pair humide et surtout dans l’eau, à la condition que le tubercule ne soit pas entièrement submergé, ce qui produirait l’asphyxie. Chaque lenticelle acquiert un diamètre de plus d’un demi-centimètre, et l’aspect crevassé du tubercule est alors d’autant plus curieux que l’air reste adhérent . sous l’eau à chaque lenticelle et rend le tissu d’un blanc argenté. "Ces formations, retrouvées chez d’autres plantes, semblent correspondre -à Vaèrenchyme de Schenck, et représentent une adaptation de la plante à des conditions de plus grande humidité extérieure.
1S. — Croissance des poils radicaux.
{Bull. dehSoc.de bol. de Fronce, janv. 1891).
La note a pour but d’exposer les variations apportées à la croissance des poils radicaux sous l'action de là lumière. Les racines de certaines
Graminées, poussant dans l’eau et à la lumière, portaient de petits cônes successifs de poils. J’observai qu’il se formait un de ces cônes chaque jour, et que les poils les plut; longs correspondaient aux régions qui s’étaient développées pendant le jour, c’est-à-dire sur des régions dont la croissance avait été très ralentie par la lumière. De cette observation on peut conclure qu’il existe un balancement entre la croissance de la raciue et celle des poils radicaux, fait que j’avais antérieurement signalé (1). Mais ici il est particulièrement frappant de voir qu’une courbe joignant les sommets des poils indiquerait sensiblement les retards de croissance de la racine.
10. — De l'Asphyxie par submersion chez les plantes et chez les animaux.
Bulletin de la Société de Biologie, janvier 1891. '
En partant des études expérimentales faites aussi bien sur des animaux que sur des plantes, je suis arrivé à conclure qu’en cas de submersion, la mort arrive pour les végétaux de la même manière que pour les animaux : par asphyxie. Une plante aérienne se noie au mèmè titre qu’un animal aérien. L’asphyxie est, dans tous les cas, produite par la suppression des principaux échanges gazeux; à savoir les échanges de gaz libres à travers des ouvertures respiratoires spéciales 1 .
17. — Sur la résistance à l'Asphyxie par submersion chez quelques insectes.
(Bulletin de la Société philomathique, janvier 1891).
J’ai fait des expériences de submersion sur des insectes aériens (Hyménoptères, Coléoptères) ou aquatiques (Coléoptères : Hydrophile , Dytisque). Chez eux, la résistance à l’asphyxie est toujours très grande, parl c I sment chez certains Hyménoptères de petite taille.
Quand on plonge une Fourmi dans l’eau, la perte de sensibilité et de mouvements disparaît en moins de 90 secondes, accompagnée de troubles nerveux évidents ; elle reste ensuite absolument inerte et paraît morte. Mais on peut la rappeler à la vie après plusieurs heures et même . plusieurs jours d’immersion complète. 11 suffit, pour cela, de la replacer dans l’air. J’ai obtenu un retour complet à la vie après plus de 60 heures d’immersion chez quelques sujets. J’ai vu un retour momentané après HO heures chez un petit nombre de sujets. Ceux-ci avaient donc passés près de 5 jours sous l’eau sans périr. Il est vrai que l’animal mourait ensuite, après avoir langui un ou deux jours.
Une telle résistance à l’asphyxie chez ces animaux présente non Seulement un intérêt scientifique, mais encore un intérêt pratique se rapportant à la destruction naturelle ou artificielle des insectes nuisibles à l’agriculture