‹ Notice sur les titres et travaux scientifiquesChapitre 21 sur 47 · Migraine · texte numérisé non relu

Migraine

(Article du Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, en collaboration avec M. le D r A. Bordier.)

Parmi quelques observations neuves, je signalerai celle qui est relative à l’alternance d’anneaux blancs et noirs dans certains cheveux, chez une dame affectée de migraines intenses : les décolorations^correspondant à des périodes d’accès d’hémicranie ; et les portions colorées, à des moments de santé.

53. De la Cinésialgie, spécialement dans le Diastasis musculaire , et de sa guérison instantanée par la faradisation locale.

(Journal de thérapeutique, 1874.)

Ce mémoire, qui compte 63 pages, est consacré à] l’histoire physiopathologique d’une affection très-commune et qui n’avait encore trouvé sa place dans aucun ouvrage de médecine ou de chirurgie : je veux parler de ce qu’on appelle vulgairement les efforts, le coup de fouet, le tour des reins, etc.

Après en avoir étudié les conditions étiologiques, les symptômes, le mécanisme physiologique, je montre, par 33 observations recueillies durant quelques années par une série d’élèves de mon service à l’hôpital Beaujon, que l’électricité est à la fois le moyen le plus rapide et le plus sûr d’enlever les douleurs de contraction ( cinésialgie) résultant d’un effort (i diastasis ) musculaire. Le travail se termine parles conclusions suivantes, qui ne sauraient être résumées :

1° Parmi les myosalgies de nature inflammatoire et les névralgies ellesmêmes, se trouvent jusqu’ici confondues des douleurs qui, par leur mécanisme de production et leurs caractères subjectifs ou apparents, en même temps que par leur marche, leur terminaison et surtout par les agents thérapeutiques auxquels elles obéissent, doivent être nettement distinguées de toutes les autres affections douloureuses du système sensitivomoteur.

2° Ces douleurs attachées aux mouvements de. la région et issues d’une contraction défectueuse, en vertu probablement de la loi de transformation

des forces organiques les unes dans les autres, méritent la dénomination de cinésialgie s ou de kinésialgies (1).

3° Les cinésialgies se montrent indifféremment dans les deux appareils contractiles : à fibres striées ou fibres lisses, animés par les nerfs cérébrospinaux ou par ceux du grand sympathique.

Seulement^ elles sont connues sous des noms différents, selon leurs sièges et suivant les troubles fonctionnels par lesquels elles se manifestent.

4° Les douleurs cle contraction reconnaissent pour condition prochaine une modification structurale de la fibre musculaire, spontanée ou déterminée par une action mécanique, constituant tantôt un état protopathique et tantôt un symptôme réflexe de la lésion d’un organe éloigné.

5° Les cinésialgies traumatiques sont dues le plus souvent à une contraction excessive ou irrégulière, en rapport avec un effort voulu cm instinctif. Mais elles peuvent également se produire à l’occasion d’un mouvement très-modéré.

6° Elles sont le résultat d’une distension des fibres musculaires, pouvant aller jusqu’à la rupture partielle, et deviennent le signe évident d’une sorte d 'entorse musculaire à laquelle s'applique la dénomination de myodiastasis.

7° Le diastasis musculaire est favorisé par l’ incohésion de la substance charnue à l’état de relâchement, et s’explique par le défaut de synergie des diverses portions d’un même muscle ou des différents muscles congénères.

8° Les symptômes du myodiastasis se réduisent pour ainsi dire à la douleur de contraction et aux troubles fonctionnels qu’elle occasionne. Le diagnostic différentiel doit être établi par rapport à la brisure d’un os, à la rupture d’un tendon, ou bien à un rhumatisme musculaire et à quelques autres états morbides.

9° Le traitement palliatif se fait au moyen du massage, des frictions, des topiques stimulants ou irritants, de la chaleur, des bains de baignoire ou d’étuve, des émissions sanguines locales, des injections sous-cutanées ou intra-musculaires de substances narcotiques, etc.

10° Le seul agent absolument curatif est l’électricité.

11° La faradisation locale semble préférable aux autres procédés d’électrisation. Souvent elle emporte d’emblée la douleur; en tous cas, elle l’atténue considérablement en quelques minutes.

(1) Cette dernière expression a l’avantage de mieux rendre la prononciation du radical grec et d’éviter à l’auditeur un moment d’incertitude, par la suppression d’une corisonnance excessivement fréquente dans les mots les plus disparates, empruntés à la langue du père de la médecine (cynique, cyanique, synézizis, etc.). J’ai cependant cru devoir écrire « cinésialgie » parce que les dérivés français du mot xi'vr)<Tiç, à l’exception de kinésithérapie, qui n’est guère usité, sont conformes à cette orthographe (hypocinétique, hypercinétique, etc.).

Deux ou trois séances suffisent généralement à faire disparaître sans retour les cinésialgies les plus intenses, alors mêmes qu’elles persistent depuis plusieurs semaines ou depuis plusieurs mois et tendent vers la chronicité.

12° Cette efficacité constante et cette merveilleuse rapidité d’action des courants induits sont la meilleure preuve à invoquer en faveur de l’opinion : que les douleurs du myodiastasis, étrangères à la rupture des muscles ainsi qu’à tous les désordres anatomiques grossiers, dépendent uniquement d’un état moléculaire particulier de la fibre contractile, tiraillée et distendue pendant l’effort.

13° L’électricité se montre presque aussi irrésistible vis-à-vis de plusieurs autres sortes de cinésialgies.

Nous en avons constaté la puissance dans la cinésialgie par contusion musculaire, dans les affections a frigore et rhumatismales des muscles, même quand il existait concurremment de la contracture et des douleurs permanentes.

Elle nous a donné d’excellents résultats dans la pleurodynie.

14° Quant aux cinésialgies viscérales, connues sous les noms de coliques et dé tranchées, elles me paraissent devoir être traitées plus avantageusement par le calorique, dont l’influence est prépondérante sur les muscles lisses des appareils de nutrition.

15° Cependant il ekt probable que les sphincters de l’anus, formés de fibres striées, se comp'orteront à la manière des muscles entièrement soumis à l’empire de la volonté. Et tout fait espérer que la douleur de la fissure anale, qui est vraisemblablement une cinésialgie réflexe, cédera comme les autres à l’action des courants faradiques, pourvu que l’élément ph^ogistique ne représente dans le phénomène qu’un facteur négligeable.

54. Note sur la composition des gaz qui infiltraient le tissu cellulaire dans un cas d'affection charbonneuse chez l'homme et sur leur analogie avec le gaz des marais.

(,Société de biologie , 1855, et Gazette médiealc, 1856.)

La nature de ce gaz qui était évidemment le produit de la décomposition des tissus ou des liquides organiques, et qui fut reconnu par l’analyse chimique pour de l’hydrogène carboné inflammable, a conduit l’auteur à émettre cette idée : que dans les marais où pullulent les espèces animales inférieures, pareille décomposition doit avoir lieu, et que les produits de cette décomposition jouent probablement un grand rôle dans l’intoxication palustre, qu’il ne faudrait pas mettre tout entière sur le compte des matières végétales. J’ai fait aussi remarquer, après Bally,

que, dans un cas de ce genre, il pourrait survenir une sorte de combustion spontanée.

55. Mémoire sur la sécrétion et la composition du lait chez les enfants

nouveau-nés des deux sexes.

(Société de biologie, 1855, et Gazette médicale, 1856.)

J’établis, en m’appuyant sur des recherches nombreuses, que, dans l’immense majorité des cas, tout enfant, quel que soit son sexe, fournit par les mamelles, dans les premiers jours de sa vie, une sécrétion plus ou moins abondante et durable, que l’analyse démontre n’être autre que du lait proprement dit, et semblable, si ce n’est identique, à celui de la mère. Je rapproche ce fait des gonflements mammaires qu’on observe, soit chez les jeunes gens à l’époque du développement des organes sexuels, soit même à la suite de certaines affections des testicules, et qui s’accompagnent parfois de la sécrétion d’un liquide rare et séreux, qui offre avec le lait de gi’anies analogies.

56. Oblitération de la vésicule biliaire par un calcul; analyse du liquide

muqueux dont elle était remplie .

(Société de biologie, 1850.)

L’analyse a été faite par Quévenne. Ce liquide, très-visqueux, ne renfermait pourtant qu’une minime proportion d’une matière protéique, différente de la plupart de celles qui sont décrites, associée à des chlorures alcalins et à des phosphates terreux. Il offrait une assez grande ressemblance avec le liquide de certains kystes.

57. Note sur la présence de la graisse libre, fluide, dans les liquides résultant de la fonte purulente ou gangréneuse des tissus adipeux.

(Société de biologie et Gazette médicale, 1856.)

Ce fait n’avait pas encore été signalé par les chirurgiens : il s’agit de la fonte purulente d’un énorme lipome de la région scapulaire sous l’influence d’un érysipèle. Le pus phlegmoneux, recueilli dans un vase cylindrique, est surmonté d’une couche assez haute d’une substance jaune, demi-solide à la température oi’dinaire, que l’analyse chimique a démontré n’être autre que de la graisse, composée d’oléine, de mar-

garine et de palmitine. J’explique la mise en liberté de cette graisse par la destruction des cloisons fibro-cellulaires des tissus en suppuration et par celle de l’enveloppe albumino-flbrineuse des vésicules adipeuses! J’avais déjà vu s’écouler de l’huile provenant de la fonte de la moelle osseuse, dans un cas de fracture mal consolidée chez un malade du service de M. le professeur Velpeau, et, plus récemment, j’ai eu l’occasion d’observer un phénomène analogue à la suite du sphacèle en masse des membres inférieurs chez une femme atteinte de diabète albumineux. (Maladie de Bright.)

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