LTIeliciirysum arenarium au bois de Boulogne
(Société de botanique, 1862.)
Je signale la présence au bois de Boulogne de cette plante, qui n’avait encore été rencontrée qu’en Alsace et en Lorraine. — J’en décris soigneusement l’aire géographique, en faisant voir qu’elle occupe l’emplacement des rivages de cette ancienne mer qui, partant de la Baltique, couvrait toute la largeur de la Russie d’Europe et s’étendait jusque dans les déserts de l’Asie. Je rappelle à ce propos qu’il n’est pas rare de trouver, dans un pays quelconque, des plantes originaires de contrées plus ou moins éloignées, et dont le mode de migration est difficile, sinon à expliquer, du moins à préciser. Je me demande enfin si les individus de cette espèce que j’ai rencontrés confinés en assez grand nombre dans un petit espace, prospéreront et trouveront des conditions de terrain et de température assez favorables pour produire indéfiniment des graines fertiles.
Depuis la publication de cette note, je me suis assuré chaque année que la colonie d 'Helichrysum arenarium ne périclite pas. J’ai même découvert plusieurs localités nouvelles de cette belle espèce au bois de Boulogne, l’une contre le cimetière, les autres dans l’avenue du Cèdre.
117. De la mer comme source de calcaire pour les plantes du littoral.
(Bulletin de la Société de botanique, 1861.)
J’établis dans ce mémoire que le sable siliceux de certains rivages de la mer, ou 1 on rencontre un assez grand nombre d’espèces ne vivant que
dans les terrains calcaires, renferme des quantités relativement considérables de chaux. Je détruis ainsi l’une des objections que les botanistes, qui n’accordent d’importance réelle qu'à l’influence de la constitution physique sur la distribution géographique des espèces, adressaient à ceux qui la font surtout dépendre de la nature chimique du sol. Je prouve en outre que ce calcaire est fourni par la mer aux rivages qu’elle baigne, et par différents moyens : tantôt en rejetant broyées, et mêlant au sol siliceux de la plage, les coquilles des animaux qu’elle nourrit ; tantôt en déposant directement sur le sol les sels terreux tenus par elle en dissolution, ou bien en suspension dans l’écume. Ce dernier moyen ressort évidemment de la cimentation du sable par ce que j’appelle la vague de plus longue portée, et surtout de la production d’un tuf calcaire, comparable aux incrustations des fontaines pétrifiantes, et dont j’ai, le premier, signalé l’existence et décrit le mode de formation.