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Recherches sur les mouvements de la Sensitive

(Mimosa pudica, Linné. )

Comptes rendus de tAcadémie des sciences, 1867.)

Ces recherches expérimentales, entreprises principalement dans le but de comparer les propriétés élémentaires auxquelles la sensitive doit son impressionnabilité et sa motilité avec celles des éléments nerveux et musculaires des animaux, peuvent être résumées ainsi :

1° Les pétioles primaires de la sensitive, après s’être abaissés dans les premières heures de la. nuit, se relèvent avant le jour bien au-dessus du niveau qu’ils conserveront pendant la période diurne : celle-ci étant, contrairement à ce qu’on enseigne d’ordinaire, caractérisée plutôt par. l’abaissement que par l’élévation des pétioles primaires.

2" Les renflements moteurs situés à la base des pétioles et des folioles peuvent être considérés comme composés de ressorts faisant effort pour pousser la partie qu’ils meuvent du côté opposé à celui qu’ils occupent (Lindsay, Dutrochet). Dans les pétioles primaires, la valeur du ressort supérieur est à celle du ressort inférieur, dans l'état diurne, environ comme 1 à 3.

3” Le mouvement provoqué a lieu par suite d’une perte d’énergie du ressort inférieur, celle du ressort antagoniste n’étant nullement augmentée, et peut-être même un peu diminuée.

4" Il n’existe aucun tissu contractile comparable au tissu musculaire et déterminant le mouvement provoqué.

5" Les mouvements nocturnes ont lieu par suite d’une augmentation de tension des renflements moteurs. Dans les pétioles primaires, le ressort supérieur augmente d’énergie pendant la nuit ; le ressort inférieur, après avoir un peu diminué, augmente aussi consécutivement : de la puissance réciproque de ces ressorts dépend la position du pétiole aux divers instants de la nuit.

6“ Les mouvements rapides provoqués par une excitation et les mouvements lents, spontanés, qui constituent l’oscillation quotidienne, sont donc des phénomènes d’ordre tout à fait différent. L’éther les sépare les uns des autres, abolissant les mouvements provoquables, respectant les mouvements spontanés.

7° Ceux-ci reconnaissant pour phénomène antérieur une modification dans l’afflux du liquide que contient le parenchyme des renflements. Les autres n’ont pu être encore rapportés h une cause prochaine.

8° La sensitive se rapproche des êtres animés par la présence d’éléments qui transmettent les excitations et déterminent les mouvements (transmissibilité, excitatricité motrice), et par ce fait que l’excitabilité n’appartient chez elle qu’aux éléments doués de motricité ou de transmissibilité.

9° Elle s’en éloigne par l’absence d’éléments contractiles et par les rapports anatomiques et fonctionnels directs qu’affectent ses éléments excitables, transmetteurs et excitateurs, avec ses éléments moteurs.

M. Bert, disposant maintenant d’appareils enregistreurs, a pu recueillir des tracés qui expriment les différentes phases des mouvements d’abaissement et de relèvement du pétiole. L’exemple suivant (1) qui représente trois abaissements successifs de la même feuille, et, d’une manière complète le premier relèvement, traduit nettement les détails de ces divers phénomènes.

20. Mémoire sur la physiologie üe la Sèche (Sepia officinalis, Linn.).

{Mémoires de la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux, t. V, p. 115-139,

Nos connaissances sont maintenant assez avancées en ce qui concerne

l’anatomie des Mollusques, et notamment des Céphalopodes , mais leur physiologie, à l’exception des faits qui se déduisent de l’inspection anatomique des parties, nous est complètement inconnue. Je me suis proposé de remplir cette lacune, et de n’abandonner le sujet que lorsque la- physiologie delà sèche, que j’ai prise pour exemple, serait àussi bien connue que 'celle de la grenouille. Les mémoires dont je vais donner ici le résumé contiennent les résultats d’une première campagne faite dans cé but au bord de la mer.

Digestion. — Les deux bras dits à tort tentaculaires , que la sèche porte toujours enroulés dans des poches, sur les côtés de la tête, servent

la préhension de la proie et ne se déroulent qu’à ce moment.

Les glandes salivaires produisent un liquide acide. Le premier estomac est un simple gésier à parois épaisses, qui ne sécrète aucun liquide, et dans lequel cependant se fait là digestion, grâce aux sucs acides qu’y versent et les glandes salivaires et le cæcum spiral. Les aliments ne s’engagent jamais dans celui-ci, quintest donc qu’un réservoir sécré-

Le tissu du foie est fortement acide, sur le vivant même ; cette acidité est due à une substance soluble dans l’eau. 11 contient, en outre, beaucoup de sucre.

L’intestin, d’un bout à l’autre, présente une réaction acide.

Circulation. — Les veines caves, les veines efférentes branchiales, et, bien entendu, les cœurs veineux et artériels avec leurs oreillettes, sont spontanément contractiles et peuvent être excités; les artères aortiques et branchiales ne sont contractiles ni spontanément ni à l’excitation. Les mouvements vermiculaires des veines caves et branchiales sont aidés par l’action de la peau qui les recouvre.

Les deux cœurs veineux battent ensemble, environ quarante fois par minute; le cœur aortique bat dans les intervalles.

La communication entre les artères et les veines se fait, dans la peau,

dans les membranes de Vos et jusque sur les parois des grands sinus vasculaires, par un réseau capillaire dont les ramifications ultimes ont environ 0"”,015 de diamètre.

Sang. Le sang est blanc, légèrement bleuâtre, surtout dans les

veines branchiales; au contact de l’air, il prend une belle teinte bleu de ciel. Ce changement de couleur est dû au sérum, qui est donc, au contraire de ce qui se passe chez les vertébrés, le siège de l’absorption oxygénée respiratoire. Ce sang donne spontanément un très-petit caillot plus lourd que le sérum; il se coagule en masse par la chaleur ou les acides. Après la coagulation par l’ébullition, il conserve sa teinte bleue, lorsqu’il a été au préalable exposé à l’air. Sa densité est environ 1010; il contient: eau, 891; matières solides, 109, dans lesquelles: fibrine et globules, 3 4 4; albumine, 31. On n’y trouve pas de çlasmine.

Urine. — Chez tous les animaux, j’ai rencontré dans les sacs urinaires des agglomérations de cristaux donnant le murexide par les réactifs ordinaires. L’urine filtrée est acide ; l’ébullition y détermine un léger trouble. Je n’ai pu y trouver d’urée.

Liquides de l'œil. — Le liquide de la chambre antérieure est filant comme du blanc d’œuf ; cependant il ne se trouble ni par la chaleur, ni par les acides : il laisse 41 pour 1000 de matières solides, qui ne sont presque que des sels.

L’humeur vitrée n’est point filante; elle ne contient pas non plus de matières coagulables, elle laisse 37 pour 1000 de matières solides semblables à celles du liquide de la chambre antérieure.

Gaz de l’os. — L’os frais contient des gaz qui, recueillis sous l’eau, ne m'ont donné que des traces d’acide carbonique ; le phosphore y absorbe 243 pour 100 d’oxygène: le reste est de l’azote.

Articulation du sac locomoteur et de ïentonnoir. — L’adhérence des boutons cartilagineux du sac avec les boutonnières de l’entonnoir est due exclusivement à la pression atmosphérique; une piqûre d’épingle suffit à la détruire. De petites fibres musculaires font le même effet, en abaissant énergiquement la petite saillie du sac.

Ventouses. — Chaque ventouse possède deux muscles : un longitudinal, qui aspire ; un circulaire et marginal, qui fait détacher la cupule.

Contractilité. — Les muscles de la peau extérieure et intérieure au sac, ceux des chromatophores, les muscles des bras, de l’entonnoir, des branchies, delà poche du noir, du pénis, du sac locomoteur, se contractent à la façon des muscles striés des vertébrés. Au contraire, les muscles du tube digestif, des glandes rénales, de la glande dite pancréatique, présentent des contractions qui ne suivent pas immédiatement l’excitation, et persistent avec propagation vermiculaire.

Les muscles du sac locomoteur ne changent pas de volume pendant la contraction.

Innervation. — Des courants électriques qui sont incapables d’agir directement sur un muscle le font contracter énergiquement quand ils sont portés sur son nerf.

Les nerfs issus des ganglions sous-oesophagiens et palléaux paraissent tout à la fois sensitifs et moteurs. La motricité nerveuse, sur l’animal qui se meurt, se perd du centre à la périphérie.

Les nerfs qui longent la grande veine pour se rendre au cœur artériel et aux cœurs branchiaux arrêtent en diastole ces organes pendant une forte excitation galvanique.

Le ganglion sus-œsophagien est insensible, et son excitation ne produit aucun mouvement. Son ablation totale ne trouble en rien ni les mouvements respiratoires, ni les mouvements de locomotion ; l’animal reste sensible, se meut quand on l’excite et défend même avec ses bras

Fendrait lésé. Mais il a évidemment perdu toute spontanéité et ne manifeste plus nulle intelligence.

La partie antérieure du ganglion sous-oesophagien (ganglion en patte d’oie) est le centre principal de l’accommodation des mouvements des bras à des usages d’ensemble. Les petits ganglions situés à la base de chaque bras et reliés par un nerf circulaire sont aussi les centres d’actions réflexes d’un bras sur un autre; enfin, les nerfs de chaque bras, qui contiennent des cellules nerveuses, sont le lieu d’actions réflexes bornées à ce bras.

Le ganglion sous-œsophagien est sensible et excitable; sa partie postérieure est le centre des mouvements respiratoires: elle enlevée, ces mouvements s’arrêtent aussitôt. L’excitation d’un des nerfs palléaux a pour conséquence, grâce à l'action réflexe sur cette moitié du ganglion, un mouvement dans la branchie, la nageoire et le muscle du sac du côté opposé.

Je n’ai jamais pu obtenir d’actions réflexes dans les gros ganglions étoilés ; mais ils jouent le rôle de centres de renforcement. Un courant électrique très-faible, qui ne donne aucune contraction quand on le porte sur le nerf palléal, fait agir le manteau quand on le porte sur le ganglion étoilé. Lorsque l’animal est mort, on peut obtenir des mouvements en excitant le ganglion étoilé bien après que le nerf palléal est devenu inexcitable.

Mort. — Dans la mort par simple exposition à l’air, l’action volontaire disparaît la première ; les fonctions réflexes des centres ne aurent guère qu’un quart d’heure; puis disparaît en une demi-heure m motricité nerveuse, du centre à la périphérie, comme il a été dit, avec conservation, pendant quelques minutes, dans les ganglions étoilés. Les cœurs battent pendant deux heures environ ; enfin la contractilité dure de trois à quatre heures, se perdant d’abord aux viscères, et en dernier lieu à la peau. Les cellules chromatophores se meuvent pendant une vingtaine d’heures (température de 20 à 24 degrés).

La phosphorescence ne survient que de trente-six à .quaranto-huit heures après la mort, à moins d’orage ; elle n’a lieu que pour la peau, les muscles, les cartilages, la sclérotique, tandis que la peau qui recouvre lés viscères, les centres nerveux, les branchies, le foie, le testicule; l’intestin, le cristallin, exposés à l’air, ne deviennent jamais phosphorescents.

Mort par la chaleur. — Les sèches naissantes périssent par l’immersion durant deux minutes dans l’eau de 38 à 39 degrés. Elles sont encore contractiles, et leurs chromatophores sont très-excitables. Sur une sèche adulte, il est facile de voir que la chaleur abolit successivement l’action des centres nerveux, les battements du cœur, la motricité nerveuse, puis la contractilité musculaire. Le muscle prend alors une réaction acide. Le sang bleuit encore à l’air.

Mort par leau douce. — Immergée dans l’eau douce, une- sèche s’agite violemment etmeurt en dix minutes environ. Leschromatophores sont paralysés en diastole, les muscles de la peau immobilisés, les cœurs branchiaux arrêtés ; mais les muscles du sac et leurs nerfs sont à peu près

Poisons. — La strychnine et le curare agissent sur les sèches de la même manière que sur les vertébrés. Seulement il faut, pour les tuer, une dose énorme de curare, tandis qu’elles sont extrêmement sensibles à l’action de la strychnine.

21. Résistance à l’asphyxie des animaux à sang chaud nouveau-nés. (Bulletin de la Société philomathique, 1864.)

Cette résistance n’est pas due, comme on l’enseigne partout, il la

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persistance des voies circulatoires fœtales ; en effet : 1” on observe, chez • tes rats âgés de quelques jours, uti moment où ces voies sont oblitérées, et où les jeunes animaux résistent encore longtemps à l’asphyxie ; 2* chef un canard qui vient d’éclore, ces voies sont encore perméables, et cependant la mort par asphyxie survient beaucoup plus vite (1” 1 /2) que chez les adultes (10 à 15 minutes).

. 22. Résistance à l'asphyxie par submersion de diverses espècèS d’animaux à sang chaud.

Énumération d’expériences faites sur une trentaine d’espèces. Parmi les oiseaux, les canards se placent au premier rang pour la résistance (10 à 15”), puis les râles (4“), et ensuite, les grèbes (2 à 3”) qui paraissent, cependant, si bien organisés pour l’acte du plonger.

23. Des Mammifères plongés dans Veau attirent-ils le liquide par ration dans leurs poumons?

Preuves multiples que l’eau pénètre dans les poumons. Réfutation des idées de Beau sur l’influencedes nerfsde la cinquième paire; division delà submersion en trois périodes: l’une pendant laquelle l’animal, ayant conscience de sa situation, cesse volontairement tout mouvement respiratoire; la seconde, pendant laquelle, la volonté ayant disparu, surviennent des mouvements respiratoires inconscients, qui amèpent l’eau dans les poumons; la troisième, pendant laquelle tout mouvement respiratoire a cessé, le cœur battant encore. L’eau introduite dans les poumons s’y absorbe avec une rapidité extraordinaire. Dans le traitement des noyés il convient d’insister plus qu’on ne le fait depuis l’intro-

duction dans la pratique de la respiration artificielle, sur les procédés (frictions, réchauffement), qui activent la circulation et hâtent l’absorption de l’eau entrée dans le poumon.

24. Différences présentées par l’asphyxie dam t acide carbonique et dans - l’azote , par des mammifères nouveau-nés.

(Bulletin de la Sociitt philomathique, 1864.)

Dans l’azote et l’hydrogène, la mort est beaucoup plus lente à survenir que dans l’acide carbonique ; ce dernier gaz possède donc une véritable action toxique, fait très-important pour la théorie de la respiration et de l’asphyxie.

25. Asphyxie dans une atmosphère confinée des vertébrés à respiration

(Bulletin de la Société philomathique, 185».)

1° Air atmosphérique. — Les oiseaux laissent dans l’air où ils ont succombé de 2 à 5 p. 100 d’oxygène; les mammifères et surtout les rongeurs en laissent moins encore (dans un cas, présenté par un rat, seulement 0,25 p. 100). Les reptiles, en été, épuisent beaucoup moins l’oxygène de l’atmosphère.

2) Atmosphère suroxygénée. — Les animaux à sang chaud y meurent après avoir formé de 25 à 40 p. 100 d’acide carbonique. Les reptiles, quand ils en ont formé de 15 à 18 p. 100 seulement.

Les reptiles redoutent donc beaucoup plus l’acide carbonique que les ifnimaux 4 sang chaud. Remarques paléontologiques à ce sujet.

Démonstration directe de la consommation de l’oxygène de l’air dissous dans l’eau, par des grenouilles qui y ont été immergées.

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