LXIX. — Le transformisme et la physiologie expérimentale
(Loçons faites au Collège de France et publiées dans la Revue scientifique, 1°° mars 1873.)
Dans ces lecons, on montre qu'il existe une relation constante entre la forme d'un. musele et la manière dont celui-cieffectue son travail; que suivant les différentes positions de son attache mobile, chez les différentes espèces animales, un même muscle se trouve dans des conditions dynamiques différentes ; il prend alors des aspects différents : son tendon devient plus long et sa fibre rouge plus courte, si l'insertion a lieu dans le voisinage d'une articulation; le tendon disparaît au contraire et la fibre rouge s'allonge, si l’attache du muscle est plus loin de l'articulation.
Certains cas pathologiques montrent qu'un muscle dont le mouvement est devenu plus ou moins étendu que dans les conditions normales, se modifie dans sa structure pour s'adapter à sa fonction nouvelle, On peut, à volonté, modifier la conformation des muscles par un exercice approprié, Ces modifications deviendraient-elles héréditaires, telle est la question que l'expérience devrait résoudre pour soutenir ou pour combaftre l'hypothèse de transformisme.
La forme des surfaces articulaires est aussi dans un rapport constant avec le mouvement qui s'exécute entre elles, Les mouvements bornés engendrent des surfaces d'un grand rayon de courbure; les mouvements étendus, des surfaces d’un court rayon.
Les lois dynamiques du travail musculaire permettent certaines prévisions relatives à la conformation anatomique des êtres; elles ont conduit l'auteur à conclure que chez les oiseaux qui ont l'aile
Le JS courte et étroite, le sternum doit être long, tandis que le sternum doit être court chez ceux dont les ailes sont longues et à grande surface. L'anatomie comparée justifie ces prévisions.