‹ Notice sur les titres et travaux scientifiques du Dr. MareyChapitre 45 sur 47 · LXXX. — Pression et vitesse du sang · texte numérisé non relu

LXXX. — Pression et vitesse du sang

(Loc. cit., page 337 à 371.)

Ce Mémoire a pour but de supprimer les causes d'erreur dont sont entachés les différents travaux dans lesquels on a étudié les changements de la pression du sang, et attribué ces changements soit à des modifications dans la force du cœur, soit à des changements de la résistance des petits vaisseaux. L'auteur montre la nécessité de connaître en même temps la vitesse du sang dans l’artère explorée. et indique un nouvel appareil qui permet d’inserire les variations de cette vitesse. Nous ne donnerons ici que les conclusions de ce travail, qui sera continué dans le prochain volume.

buste ser

CONCLUSIONS

1° La connaissance de la pression du sang dans les artères ne saurait suffire pour déterminer l’état de la circulation, car cette pression peut s'élever sous deux influences bien distinctes : soit par un accroissement de la force du cœur, soit par une augmentation de la résistance des petits vaisseaux. Inversement, la pression artérielle peut diminuer soit par l'affaiblissement de l’action du cœur, soit par le relâchement des vaisseaux ;

2° La vitesse du sang dans une artère ne saurait non plus, à elle seule, déterminer l'état de circulation, car cette vitesse, de même que la pression, peut varier sous deux influences : soit un changement dans la force du cœur, soit une modification dans la résistance que présentent les petits vaisseaux, suivant qu'ils sont contractés ou relâchés ;

3° Pour savoir, en toute circonstance, à quoi tient un changement qui se produit dans la circulation, il faut connaitre à la fois la pression et la vitesse du sang;

4° Les lois de Bernouilli, transportées aux conditions hydrauliques du mouvement du sang, montrent que si une élévation de la pression du sang s'accompagne d'augmentation dans la vitesse de circulation, c'est qu'il s’est produit une augmentation dans la force du cœur; tandis que l'accroissement de la pression accompagné de diminution de la vitesse exprime un resserrement des petits vaisseaux et un plus grand obstacle au cours du sang ;

5° La diminution de pression accompagnée de diminution de vitesse signifie un affaiblissement de l’action cardiaque, tandis que, si elle est liée à un accroissement de la vitesse, elle tient au relâchement des petits vaisseaux ;

MAREY. ; ll

ER Or . 6° Pour vérifier ces lois et pour faciliter les mesures de la vitesse du sang, et en général de tout liquide qui circule dans des conduits, j'ai construit un nouvel instrument basé sur le principe du tube de Pitot, Cet instrument semble plus sensible que tous ceux qu'on a employés jusqu'iei ; 7° On a l'habitude de distinguer dans la pression du sang deux éléments : l’un constant et l’autre variable; ce dernier tient à l’action discontinue du cœur. La même distinction, déjà faite par Chauveau, relativement à la vitesse du sang, est très-utile en pratique;

8° J'ai montré que si la pression constante s'élève, tandis que la pression variable diminue, cela indique un accroissement de la résistance, c’est-à-dire un resserrement des capillaires; tandis que si la pression constante s’abaisse, tandis que la pression variable augmente, cela exprime une diminution de résistance, c’est-à-dire un relâchement des capillaires. C’est ainsi que la mesure de la pression toute seule peut renseigner sur l’état de circulation, à la condition qu'on tienne compte à la fois de son élément constant et de son élément variable;

9° Le schéma de la cireulation permet de vérifier toutes ces lois dans des conditions bien déterminées de force impulsive du liquide ou de résistance à l'écoulement, tandis que, si l’on opère sur le vivant, on ne peut savoir a priori si l’action qu’on provoque s’exerce sur l’élément puissance (le cœur), ou sur l'élément résistance (les petits vais-

SEaUx ).

Page 1