ETATS
que nous, pour la pression du sang dans le cœur et dans l’aorte. Cela tient à la nature des instruments qu'il employait; instruments dont les indications n'étaient pas assez rapides. La transmition par l'air est à l'abri d'un pareil danger. |
5° L'interprétation des tracés de la pulsation cardiaque n'a pas paru suffisamment démontrée à certains physiologistes, c'est pourquoi j'ai essayé de l’appuyer de preuves nouvelles. Ces démonstrations m'ont conduit à analyser la pulsation : dans son origine musculaire et dans les conditions mécaniques qui la modifient.
6° Le cœur, considéré comme muscle, présente, avec les autres or- 0 , . L] ré L .
ganes musculaires, des analogies qui n'apparaissent pas au premier abord.
7° La systole brève de l'oreillette et celle du ventricule qui est sensiblement plus longue ne doivent pas être assimilées à des contractions, mais à des secousses, c’est-à-dire à l'acte le plus simple que puisse effectuer un musele. I] faut donc rejeter l'expression de contraction du cœur pour exprimer sa systole.
A l’appui de cette théorie, concourent des preuves de divers ordres : les unes tirées de la forme de la systole qui ést celle de la secousse, les autres, empruntées à l’action du chaud et du froid sur le muscle cardiaque ; au temps perdu qui précède la systole comme la secousse d’un muscle ; enfin, aux phénomènes de contraction secondaire ou induite : la systole n’induit en effet qu’une secousse dans un muscle de grenouille.
8° Les phénomènes mécaniques qui produisent la pulsation cardiaque sont intimement liés au mouvement du liquide à l'intérieur du cœur ; la pulsation n’a pas la même forme sur un cœur vide que sur un cœur .dans lequel le sang circule,
9° Dans les conditions de la circulation du sang, la pulsation du cœur se compose de deux éléments principaux qui se combinent pour lui donner naissance. Ce sont : 1° les changements de volume du cœur
suivant qu'il se vide ou se remplit; 2° les changements de consistance du ventricule suivant le degré de pression auquel le sang est soumis, à son intérieur, par les resserrements et relâchements alternatifs des parois ventriculaires. Sur certains animaux, la tortue, par exemple, on peut isoler ces deux influences pour l’analyse de la pulsation du cœur.
10° Les changements de volume du cœur s'inscrivent au moyen d'un appareil à déplacement d'air. Les changements de pression intérieure, au moyen de sondes cardiaques, de sphygmoscopes ou même d’explorateurs de la consistance du ventricule.
11° Quand on ajoute géométriquement le tracé des changements de volume du cœur à celui des changements de consistance, on reproduit le tracé de la pulsation cardiaque.
12° La méthode de Ludwig, avec certaines modifications, permet d'estimer le débit du cœur en un temps donné et de constater que, dans la plupart des cas, le volume des ondées que lance le ventricule diminue quand la fréquence des systoles augmente.
13° Pour déterminer la cause de certains détails de la pulsation qui manquent chez les animaux inférieurs, j'ai construit des appareils mécaniques au moyen desquels on peut reproduire plusieurs de ces détails.
14° Comme point de départ de la construction d'un bon appareil schématique, il faut imiter les caractères de l'acte musculaire qui constitue la systole des cavités du cœur. — On imite la forme du raccourcissement musculaire au moyen d’une came, et on reproduit les caractères de force de ce mouvement en le transmettant au moyen d’un intermédiaire élastique.
15° Avec le nouveau schéma, on peut reproduire tous les phénomènes de la circulation : ses bruits, sa pulsation et le pouls des artères. Si l’on inserit ces phénomènes, on obtient des courbes
assez approchées de celles que fournit ‘la cardiographie sur les animaux, pour qu'il ne puisse y avoir de doute sur la parfaite ressemblance des phénomènes artificiellement obtenus avec ceux qu’on observe sur l'animal ou sur l'homme.
16° On obtient, sur l'appareil artificiel, le contrôle de toutes les théories émises sur la signification des principaux éléments de la pulsation du cœur. Pour cela, il n’est besoin que de modifier, dans un certain sens, la fonction de l'appareil; on voit aussitôt. se produire dans les tracés les changements que la théorie faisait prévoir.
17° L'emploi de l'appareil artificiel sera d'un grand secours pour l'étude des caractères cliniques de la pulsation. Il permet, en effet, de reproduire artificiellement les différentes lésions du cœur, et fait. ainsi prévoir les caractères que la pulsation devra présenter sur l’homme dans le cas où existeront les mêmes lésions organiques.
EXXVIIL. — Du mouvement des ondes liquides, pour servir à la théorie du pouls.
(Loc. cit., page 87 à 121.)
On discute encore sur la nature du rebondissement ou dierotisme du pouls; quelques auteurs croient voir dans ces mouvements secondaires qui suivent chaque systole du cœur l'effet d’une contractilité des parois artérielles. Bien que ces idées aient été depuis longtemps réfutées par l’auteur (Voyez V), il a cru nécessaire d’entreprendre une longue série d'expériences sur le mouvement des ondes liquides, afin d'interpréter les différences de formes que présente le pouls sur différentes artères du corps et sous l'influence de certains états circulatoires. | er
Une série d’explorateurs de la pression placés sur le trajet d'un tube élastique, à des distances de 0®,20 les uns des autres, inserivent simultanément les changements de la pression lattérale en ces: différents points et donnent les courbes réprésentées figure 47.
Chron. 50 V.D.
F1G. 47. Mouvement des ondes liquides dans un tube élastique fermé.
En étudiant les différentes conditions : de volume de l’ondée envoyée dans le tube, de vitesse d’impulsion, d'élasticité du tube, de densité du liquide, ete., on arrive aux conclusions suivantes :
CONCLUSIONS
1° Lorsqu'un liquide pénètre avec vitesse, et d’une manière intermittente dans un conduit élastique déjà plein, il se forme, dans la colonne liquide tout entière, des ondes positives qui se transportent avec une vitesse indépendante du mouvement de translation du liquide. Ces ondes semblent soumises aux lois générales des mouvements ondulatoires; des appareils spéciaux permettent de les étudier. ,
2° La vitesse de transport d'une onde est proportionnelle à la force élastique du tube; elle varie en raison inverse de la densité du liquide employé; elle diminue graduellement pendant le parcours de l’ es elle croît avec la rapidité d’impulsion du liquide.
3° L'amplitude de l'onde est proportionnelle à la quantité de liquide qui pénètre dans le tube, et à la brusquerie de sa pénétration; elle diminue peu à peu pendant le parcours de l'onde.
* Quand un afflux de liquide dans le tube est bref et énergique, il peut se faire, sous l'influence de cette impulsion unique, une série d'ondes successives qui marchent les unes à la suite des autres. Ces ondes secondaires, formées suivant les lois du mouvement vibratoire, ont des amplitudes graduellement décroissantes; en outre, elles peuvent être suivies plus ou moins loin sur le trajet du tube : les dernières formées, étant les plus faibles, s’éteignent les premières.
5° Quand une onde est suivie d'ondes secondaires, on peut mesurer la Jongueur de chacune d'elles, d’après l'intervalle qui sépare deux
NO ee sommets consécutifs. La longueur d’une onde augmente quand diminuent sa vitesse et son amplitude.
6° Si, au lieu d'introduire du liquide dans le tube, on en retire, au contraire, une petite quantité, il se forme une onde négalive qui est soumise aux mêmes lois que l'onde positive, et peut être suivie d'ondes négatives secondaires.
7° Lorsque le tube sur lequel se forment les ondes est fermé, ou suffisamment rétréei à son extrémité, il se forme des ondes réfléchies qui suivent un trajet rétrogade et reviennent à l'origine du tube. Ces ondes réfléchies, se distinguent des ondes directes, en ce que la compression du tube en aval du point exploré augmente l'intensité des ondes directes, tandis qu'elle supprime les ondes réfléchies. Au lieu où se fait la réflexion, l'amplitude des ondes augmente, ainsi qu'on l’observe à la surface d’un bassin, quand les ondes viennent en frapper les parois.
8° Si le liquide pénètre avec une grande rapidité dans un tube à parois peu extensibles, on voit se former ce qu'on pourrait appeler des vibrations harmoniques ; elles sont surajoutées aux ondes principales ; leur nombre est un multiple de celui des ondes. Ces ondes n'apparaissent pas à l’orifice d'entrée du tube, mais seulement un peu plus loin, et disparaissent près de l'extrémité opposée.
9 Quand le liquide pénètre dans le tube, en grande quantité, et pendant assez longtemps, son afflux prolongé s'oppose à l’oscillation rétrogade qui fait naître les ondes secondaires. Toutefois, celles-ci peuvent apparaître à une certaine distance de l'orifice de l'entrée du tube.
10° Dans les tubes branchés, de calibres et d’'épaisseurs semblables, il se fait un un mélange très-compliqué d'ondes qui passent d’un tube dans l’autre. Mais, dans des conditions de la circulation du sang, l'aorte ne permet pas le passage des ondes d’une artère dans une autre, L’aorte a ses propres ondes qu’elle envoie dans toutes les
st: GDS artères où elles se transforment plus ou moins, mais elle éteint et
absorbe comme un réservoir élastique, les ondes que chaque artère lui apporte, et ne les envoie point aux autres.
11° Quand de petits tubes de longueurs inégales sont branchés sur un tube plus gros, comme les artères Le sont sur l'aorte, chacun de ces tubes est le siége d'ondes qui lui sont propres, qui se forment à son intérieur et dont la longueur varie avec celle du tube.
LXXIX. — La méthode graphique dans les sciences expérimentales.
(Loc. cit., page 123 à 167 et 275 à 278.)
Deux articles dans lesquels sont indiqués, aussi méthodiquement qu'il a été possible, Jes moyens de recueillir, de transmettre et d’inscrire les différentes sortes de mouvement avec des applications nombreuses à la physiologie et à la médecine. Ces deux Mémoires doivent être suivis d’une série d’autres, sur le même suje!, qui paraîtront dans les volumes suivants.